ACTE CINQUIÈME
Scène P*". — Une plaine près de Paris. — Barbaroux et Raimond entrent avec des troupes. — Barbaroux annonce à ses soldats qu'ils ne sont plus qu'à une lieue de Paris, qu'ils peuvent se reposer, afin de retrouver toutes leurs forces pour le lendemain matin. — Un paysan vient apporter à Barbaroux une lettre de la part de Duperret. — 11 lui apprend que Marat a été assassiné le jour même. — u Ce ne peut-être, s'écrie Barbaroux, que de la main de Charlotte de Gorday — » — Le paysan est étonné de voir Barbaroux si bien instruit. — II raconte à Barbaroux ce qui a suivi la mort de Marat : une insurrection piomptcment étouffée, le jugement de Charlotte, etc., la délégation de pouvoirs illimités au Comité de Salut Public, l'arrestation des députés, notamment celle de Duperret. — D'après le messager, Duperret conseille à Barbaroux de ne point chercher à entrer dans Paris, mais de marcher vers le Midi, où l'attendent des renforts importants. — Barbaroux expose la situation à ses troupes, et leur laisse le choix entre ces deux partis. Elles répondent par un cri unaniiiH; : Paris, Paris I...
Scène II. — La Conciergerie. — Charlotte de Gorday seule. — Elle est désespérée. Elle avait réussi. La liberté, la gloire, l'attendaient, et maintenant c'est la mort Mais tout peut
DE IIHAKLOTTK DE COKDAY. ccccxxix
encore chanjjer; il est possible que Barbaioux ntnporlc la victoire; ce sera pour elle-méine le trioinplie, l'apolliéoM'...
Scène III. — Son père, sa sœur, vienneut la visiter dani^ son cacliot. — M. de Corday père condamne s<^*vèrement Parte de sa fille. — Elle se justifie. — Mais à la fin elle est vaincue par les raison neinents de son père. — Klie tombe à terre $,in$ mouvement. — On entend «lu bruit.
SchNF. IV. — Combat lisn} dans Paris par les Girondine. — Raimond, blessé, annonce la (b^faite des siens. — Rarbaroux, llrnriot. — Harbaroux est sommé de se rendre. — 11 refuw. — Il lombe. — Les Girondins sont anéantis ju><]u'au dernier.
Sci.NK V. — UoBKSi'iKHRK Cl .Mahik, sa socur. — IloUspirm' annonce à sa sœur (ju'après la déf.iite des rebelb'>, la ra(^e du peuple est à son comble, que b? Comité est tout-|)ui<>sant et qu'il va a(jir. On saura alors ce que c'est que la \ raie Terreur.
Marie Robespierre dissuade son frère de ces extrémités. — Elle lui rappelle ses premières années, les labeurs de sa jeunesse, les souffrances ih' son obsi'uritè ; maintenant il est (jrand, puissant, et cependant n'esl-il pas plus malbeuivux qu'autrefois? etc.
Robespierre reste inflexible : il veut ré(;ner par le meurtre et pour le meurtre. — Sa sœur Tabandonne aux «lieux infernaux, et se retire en le maudissant.
ScK.NK VI. — La C<>ncier{jerie. — Le {;eûlier en « bel .ipprend à M. de Corday que sa fille est en quebjue sorte devenue folle. Elle crovait assister à la bataille li\rée dans !*aris par Barb.iroux. Elle l'appelait à b.iule voix, et, ebo$«« merveilleuse, à cba(|ue coup <|u il poit.iil à ses adversaires, elle frappait en même temps (|ue lui; à cbat|ue blessure qu'il nrexait d'eux, elle la ressentait, et b>r><ju'il i^t tombé moit, elle est lomUV a\ec lui. Puis b- repos a succédé ù cette ajjitation, et depuis re moment elle est étendue ù terre. — Longues réflexion» de M. «Ir Cortiay sur les féeries du rêve. — Cbarlotle, toujour» endormie, appelle son bien-aimé. — Il \a partir. Elle ne veut |>a8 s'en séparer. — Elle se réveille. — Elle ^e rap|H-lle «lor» avoir rêvé d'un combat, «l'une «léfbite de *ou p.iih; M'rail-<^ xrai? — Rarbaroux a-t-il ecbappe. — .Non, lui ré|^iid miii pert', il est mort avec tous le» nien». — Il actëhlv M fille dr
ccccxxx BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
reproches. — Celle-ci espère encore que Barbaroux aura cvité la mort et qu'il peut venir la délivrer.
Scène VII, — IMarie Robespierre entre dans la prison. — Elle raconte à la famille de Gorday qu'elle a rompu avec son frère, qu'il la chasse de Paris. — Charlotte lui demande si tout est décidément perdu, s'il n'y a plus rien à espîérer pour elle. — « Quoi! lui dit son père, tu ne peux donc te séparer de la vie?... » Et Marie Robespierre répond qu'elle a vu la tète de Barbaroux au bout d'une pique. — a Ainsi, réplique Charlotte, il est bien mort, vous ne vous trompez pas?... » Et elle demande encore avec instance à parler au peuple.
^larie Robespierre lui affirme que telle est la fureur de la multitude, que ce serait inutile. — Elle prie alors M. de Corday de la prendre auprès de lui comme servante. Elle aime mieux servir que d'être malheureuse dans l'éclat du pouvoir. M. de Corday l'adopte pour sa fille à la place de Charlotte, dont elle prendra le nom désormais.
Charlotte accepte cet arrang^ement, elle appelle Marie Robespierre sa sœur, et la remercie affectueusement; elle sera pour son père une meilleure fille qu'elle ne l'a été; elle la prie en outre d'être pour Louise plus qu'une sœur, une mère !