Scène !'•. — La demeure de Duperret. — Charlotte, seule
— Encore si loin de neuf heures! s'écrie-t-elle; — avec quelle lenteur les heures passent dans l'attente! — Long développement donné à cette idée. — Ce que je médite réussira-t-il?
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l'iiu telle iiîcertiliidc ot la plus ciiiclle <i«'s torliirL's!... Mille morts ne pourraient être comparées à un le! supplice!
ScKNE II. — Charlottk, Dufkrhkt. — I>iij)erret a rem de bonnes nouvelles de la province. Klle se d<Vlare contre la Montagne. — La victoire de la Gironde est assurée. — Duperret dissuade Charlotte de Taclion qu'elle a conçue. — Elle persiste avec énergie. — - Vous nie connaissez mal, lui dit-elle, si vous crovez que je me repente; ce qui une fois me parait bien me parait toujours tel.
ScKNK III. — Les précédknts. Lux. — Lux crie à la trahison.— On veut établir un ti iiiiii\ ir.it ; — les canons sont prêts, les Sections sont séduites; — la Convention est trahie. — On ne l'osera pas, répond Dnperret. — Lrx : Rien ne pourra empêcher ce projet. — Cuaiu.ottk : Je le pourrai, moi, si personne ne le peut!... Duperret veut la retenir, mais elle s'échappe.
Lux est frappé de la beauté de Charlotte : il demande (|ui elle est, et ce qu'elle veut. — l)uperret lui répond qu'elle a formé le projet de tuer Marat. — Lux vent la provenir et la sauver.
ScÈNK \W — L'habitation «le Marat. — Chariott» , Jkan.
— Jean hiit entrer Charloile, et lui apprend (pirsnn maître e»t au bain et se fait coilfer paire (juil doit être proclamé triumxir.
— Chai lotie {jarde le silence. — Jean s'en va. — Cii aklottk, seule. — Llle s'as>ure qu'elle a bien le poi(fnard sur elle, n' petit instrument d'un {;ranil acte. — LUe rêus>ira; elle frappera Marat d'un seul coup ei lui ùtera la vie. Quant aux coiimJquences «le «ette action, aucun «eil ne peut les entrexoir. — Cet événein. m l«)mlH'ra-t-il «lans l'océan de la ré\olution sans laisser d«' traces, comme la pierre «{ni se détache du haut de la colline et disparaît «'Utrainé»- par le torn'iit , «)U bien s'élèverat-il comme un nouveau soleil, et di^^ipera-l-il h> ténèbre*, eu répandant une lumière éclatante? Qui le sait?
Sc.KNK V. — Cii\nn»rTJ , Mahat entre.
Chahi.ottk, à part : (î'e>t bien ainsi «pie je me le n"prt'*«*ntais. C'est bien la H(;ure d'un tyran! - Marat lui d.iiian»le if qu'elle délire de lui. — C'est, dit-elle, le bien de ILlal qui m'amène. — Vous venez de («un? lui ré|>ond Marat; \ou>
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avez sans cloute à me nommer les noms des conjurés? — Charlotte lui remet une liste de soixante-dix noms, et lui fait remarquer que parmi eux il y a des pères de famille qui ont des femmes, des enfants, et elle clierche à provoquer sa pitié à leur égard. — Mais Marat est impitoyable; Tenfant doit payer pour le père, la sœur pour le frère. — Et vous ne ressentez ainsi ni compassion ni repentir? — Cette mauvaise plante ne pousse pas dans mon terrain...
Marat ajoute quelques compliments équivoques à l'adresse de Charlotte, et après avoir parcouru sa liste : Bientôt ils seront tous guillotinés! — Charlotte : Tu as prononcé toimême ta sentence de mort ; retourne à l'euFer qui t'a envoyé ! . . . — *^l]e le frappe. — Marat tombant : a Ah! j'expire! Quoi! sitôt la mort! 0 mes plans! mes plans* ! »
Scène VI. — Charlotte, Jean, gardes nationaux, — Jean entre dans l'appartement, et s'aperçoit que son maître est mort! Il appelle au secours. — Un officier de garde nationale se présente et arrête Charlotte. — Celle-ci avoue son action et s'en glorifie.
Scène VII. — Jean, seul. — Jean a la pensée de voler son maître. Mais dans le tiroir il trouve des notes de Marat, dans lesquelles on voit que V Ami du périple voulait faire tomber Robespierre, et se faire nommer dictateur. — Il pense dès lois qu'il pourra tirer parti de ces papiers, et que Robespierre les lui payera bien.
Scène VIII. — l ne place publique à Paris. — Des citoyens causent entre eux. — On vient leur apprendre la mort de Marat. — Ils s'entretiennent de cette mort, et se demandent d'où est parti le coup, et s'il faut l'attribuer à la Gironde. — On leur annonce que Charlotte va passer dans une voiture. —
* Ces paroles nous semblent très-bien placées dans la bouche de Marat, un homme à utopies, qui voulait régenter l'univers, et croyait le régtmérer par ses idées. II doit en effet tenir plus à ses rêves qu'à l'existence, et son dernier mot sera : « Mes plans, mes plans ! » C'est en chs pareil que l'on peut substituer l'invention à l'histoire. Les paroles de Marat mourant sont naturelles, mais vulgaires. Le poëlo dramatique en les modifiant use de son droit, surtout alors qu'il les remplace par des mots puisés dans le sentiment du personnage.
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Lux parait à la tcir dune tioujjo armée. - 11 t\liortt> le peuple à délivrer Gharlolte. — La voiture s'ouvre, Cliarlotlc en descend.
Scène IX. — Elle se place au pied de la slalue dv la Lib«'iii'^, et liaran{;ue le peuple. — Danton s'élanre pour lui rép<nitlrf.
— Lutte de discours entre lui et Charlotte. — liii-nlôt un combat s'en(}aMe entie la force armée et la troupe d'Adam Lux.
— Ce dernier succombe, il tombe à terre percé de coups, el Charlotte est arrêtée; elle va cire conduite à r.Vblave; mail son père et sa sœur Louise surviennent. Ils l.i reconnai»M;iit.
— Scène d'adieux, — Le peuple veut qu'on les traîne tou« devant le Tribunal et à récbafaud. — Charlotte >cule est emmenée par des (jardes nalionau.x. — .Marie '^s<rin- de Robespierre) console M. de Corda v et sa Hlle. Charlotte a commis une faute : mais c'est une noble erreur qu'un (;rand cœur pouvait commettre... ^îarie Robcspii-rre leur offre un asile dans la maison (Tune de ses amies, qui demeure dans le voisinage.
ScK>t: X. — La demeure de Robespierre. — lieiiriot lui apprend la mort de .^larat. — Robespierœ ne regrette pas riionnue, mais le plan qui \.i iMan»iuer. Quel sera le troisième triumvir'... — Pnnds-en un autre, dit llenriot. — l*ers«inne ne peut le remplacer. — Tu es encore sous le coup du ressentiment. — La scène chan{,M'. Cependant je cours chercher Panton. — Monolojfue de Robespierre. On voit peicer chez lui la pensée de profiter de la mort de Marat |>our se défaire de Danton, el substituer au triumvirat «ju'ils avaient projeté, la dictature, le trône...
ScÈNK XL — Jean apjKirte à Roix'spierre le»» papieis trouves chez Marat. — Rolx-spieire s'étonne d'abord des révélations etran{;es (ju'il v déctiuvre, puis il comoit la pensiv tie s'approprier les plans laissés par l'Ami du {Miiple. — Mais le secret le plus ab>oIu lui est nécessaire. — Jean connall-il cc^ papier»?
— Le misér.ibic a rimpruden<«' d'a\t)uer tju'il en a pri» connaissance, et il demande son salaire. — Pour toute réjM»n»«s RoU'spicrre le fait arrêter et l'envoie A Fouquii i-Tnv ilh-, ionnue coupable de l'assassinat dr son mailri'.
ScKXK XIL — UonispiFRRi:, seul, se parlant à ht'ini'nit. —
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La liberté n'est pas possible, les esprits sont trop divisés! Point de scrupules donc! la dictature d'abord, ensuite le diadème. — 3ïais Danton ! il y aspire aussi sans doute, et il a une grande puissance! la parole... Eh bien, qu'il tombe! qu'il périsse comme quiconque se placerait entre moi et mes projets... Scène XIII. — Dialogue entre Robespierre, Danton et IIen- RioT. — La mort de Marat les occupe moins que l'approche de Barbaroux, qui vient à la tête d'une armée de rebelles attaquer Paris. — Robespierre propose de demander au Comité de Salut Public de pleins pouvoirs, qui les investiront de la souveraine puissance; les membres du Comité leur sont dévoués, ils ne refuseront pas. — Danton se charge de la Convention , Henriot des Sections.