ACTE PREMIER
Scène I". — Charlotte et Robert ' . — L'enfant lui apprend que Barbaroux veut l'épouser. — Il lui remet une lettre que Barbaroux a reçue de Duperret. — Charlotte lit cette lettre, qui contient un exposé de la situation politique et qui retrace
les menées de la Montag^ne, les menaces de Marat, etc
Duperret termine en appelant instamment l'arrivée de l'armée de délivrance. — On entend retentir la Marseillaise. Ce sont les volontaires qui arrivent....
Scène IL — Discours de Petion aux volontaires. — Marat mort, Danton et Robespierre doivent tomber. — Cris des volontaires : Vive Petion ! A bas Marat !
Scène III. — Charette survient. — Il voudrait s'unir aux Girondins. — Mais il s'étonne et s'afflig^e de trouver le parti de ceux-ci aussi faible... aussi inactif. — Il faudrait, pour sortir de cet abîme, une levée en masse de la nation; il faudrait une Jeanne d'Arc ^ !
Charlotte, placée sur un balcon, entend ce mot, et pousse une exclamation ! — Charette reproche aux volontaires de
^ Robert..., c'est le nom que M. Esquiros a donné à l'enfant auquel Chariolle de Corday laissa son carton à dessins en quittant Caen pour se rendre à Paris. Le fait en lui-môme est exact : seulement le jeune Lunel, auquel ce présent fut fait par Charlotte de Corday, s'appelait Louis et non pas Robert. Ce nom est de l'invention de M. Esquiros.
2 Ce passage est tiré presque textuellement d'Esquiros, p. 32 : « Charlotte Corday écoutait attentivement et recueillait une à une dans son cœur les paroles des orateurs girondins. Barbaroux présente un tableau sombre et lamentable des maux de la nation : « Sans une » nouvelle Jeanne d'Arc, s'écria- t-il en finissant, sans quelque libéra- » trice envoyée du Ciel, sans un miracle inattendu , c'en est fait de la » France! » Ces derniers mots fixèrent irrévocablement les destinées de Charlotte Corday. »
l)H CIIAKI.OTTE 1)K COUMAY. ccccxxxiii
rester froids à son appel, tandis qu'une jeune tille en est touchée. — Il s'éloigne. — Les volontaires partent en chantant tristement la Marseillaise. — Rai baroux, resté seul avec Prtion, lui avoue l'anjour (pril a conçu pour Charlotte d»; Coniav, et Petion le lui reproche comme un crime envers la patrie.
ScÈNF IV. — La nuit est venue. — Charlotte de Cordav, restée sur son balcon et se vovant seule, donne tout haut un libre cours à ses pensées; le mot de Charetle lui revient; Jeanne d'Arc!... c'était le rêve de sa jeunj'sse, la j;rande figure qu'elle adorait entre toutes : les iirsiincts de l'enfance sont des prophéties. — Ici, Rarbaroux s'appro<-he du balcon; il veut entretenir Charlotte de son amour; elle ne lui ré|K)nd qu'en lui parlant des malheurs de la France, en lui montrant Marat, dont le nom seul est nn déshonneur pour Tcspère hniiiaiiic.
Comujcnt se fait-il «pie ce monstre respire encore, que Barbaroux ne parte pas à l'instant pour lui donner la mort an milieu du pandapmonium de la Convention? — Harbaroux recommence ses déclarations; il presse Charlotte de lui din* qu'elle l'aime. Elle répond : »< Tant que la patrie attendra un sauveur, je ne connaitiai pas rhomme que j'aime. Baubahoi X. — Dois-je donc désespérer?
CuARLOTTF. DK CoRDA^. — Oui , s'ïl faut dése«p«'rer de la France elle-même ! »
11 s'éloigne. — Charlotte reste seule. — Monologue. — Elle s'affermit dans la résolution de s'immoler pour délivrer son pays, a Jeanne d'Arc arbora Tétendaid des batailles; moi, je veux délivrer uion p«uple des orages de la guerre, ramener des temps moins sombres, faire luire |)Our les Francaiii un jour plus radieux, et arrêter la marche de la guillotine comme Josué arrêta le cours du soleil — »
\r:\v. I)FXXiï:mi:.
Scène I à VI. — L'intérieur de Danton. — Déjà Panlon «I triste et découragé. — Julie, sa femme, cioif qu'il ne l'aimr p|„s. Danton la rassur.'. - Détails gracieux, mai. qjii mseraient à leur place qu'une anné. plus tard, en .ixril HUi el
ccccxxxiv BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE '
non en jiiUlet 1793. — Camille Desmoulins arrive. — Long entretien entre les deux amis. — Camille veut que Danton se fasse proclamer Dictateur. — Danton lui demande s'il est fou. « Tu refuses, dit Camille. Eh bien, tu seras un second César, tu seras trahi comme lui ! » — Ici, changement à vue. — Le théâtre représente les arcades du Palais-Royal. — A droite, des magasins de modes. — A gauche, la boutique d'un coutelier. — Des crieurs se font entendre : « Les saucisses sansculottes toutes chaudes à deux sous la pièce, des tartes à la Danton, des gâteaux à la Marat ! au plus juste prix 5», etc., etc. — D'autres offrent des chemises à la Robespierre. — Des enfants se réjouissent de n'avoir pas d'école le lendemain, parce que c'est la fête de la Bastille. — Samson (le bourreau) plaisante avec eux, et leur tire les oreilles. — Charlotte, qui est survenue, demande au coutelier quel est l'homme qui joue avec ces enfants. — Samson, qui a entendu la question, se présente lui-même et décline son nom à l'étrangère : « Je suis le citoven Samson, l'Exécuteur de Paris. — Très-bien, dit Charlotte avec un sourire forcé. La République fait des progrès si les enfants grandissent sur les genoux du bourreau.
Samson. — Rien d'étonnant. Ma guillotine est la meilleure manière d'instruire la jeunesse.... Le jour où j'ai exécuté le Pioi, je veux dire le citoyen Louis Gapet, les jeunes gens en ont plus appris que dans tout le cours d'une année chez le maître d'école.... Qu'étaient les Romains auprès de nous! Ils bannissaient leurs rois, nous autres modernes nous les traitons plus radicalement. Où s'arrêtera le progrès de l'humanité bbiis l'impulsion de Marat le Grand? »
Les voix précédentes : « Pâtés à la Marat, pâtés à la Marat ! »
Samson, à Charlotte. — Entendez -vous, citoyenne, les pâtissiers eux-mêmes célèbrent son mérite !
Charlotte ne répond pas, et examine la devanture du coutelier.— Celui-ci lui vante sa marchandise; il lui offre un poignard à manche d'ébène, une pièce unique dans son genre, trancliant comme la hache de Samson, et qui couperait des têtes comme du beurre.
Samson. — Quel besoin la belle citoyenne peut-elle avoir
DE CHAULUÏTK DE COHUAY. •..ccxwv
d'un poi(;nard? De si ravissantes mains ne convienneiii pas pour verser «lu sanj;. Permettez-moi de vous demander voirt» nom, aiinaljK' citovenne?
Charlotte, le regardant fixement. — Pourquoi ? S.AMSON. — Ah ! pardon.... Vous ne me connaissiez pas, vous êtes étrangère. Vous me voyez inoccupé aujourd'hui, parce que la République se prépare à fêter la prise de la Bastille. Mais si la maladie de foie de notre {;rand Marat lui permrt de revenir après-demain sii'gor à la Convention, nous aurons bientôt de magnifiques spectacles à vous faire voir; car il v a dans les prisons deux cent mille suspects que 3Iarat veut confier à ma machine. Je serais heureux, dans ce cas, de vous offrir itne place commode pour assister à ces représentations grandioses. Vous vous inlércssez, sansdoulo, aux rxf'cutions? C'est uniquement dans (c but que je vous demande votn* nom. CuAHi.OTTK, s'inclinant légèrement. — Vous l'apprendrez
quand il sera temps
Des crieurs viennent vendre VAmi du Peuple. — Samson fait la lecture publique d'un de ces numéros. — Marat réclame le supplice des deux cent mille détenus qui manyrni le |>aiu des ritovens; ceux-là exécutés, ce sera le lour de deux cent milb-' autres dont il donnera la liste...
Hurlements de la foule contre les prisonniers : « A TAbbaye, à Bicétre, à mort les traîtres qui mangent notrt* pain ! Faisons lin nouveau Sej)tembre! Vive Marat, le père du peuple! Dansons la Carmagnole en son honneur! — Samson au milieu de la ronde. »
(".nARi.0TTK,yc/a/ï^ un truste regard sur la fouir. — Le *ang dii monstre tt» guérira de ta folie; c'est moi qui le préparerai le bain dont tu as b<>soin, peuple malade. {Prenant le poignard.) Au fait, ce |)oignard me convient, je l'acbèle.
Au iroisième acte, la scène s'ouvre chez Ma rat. — Il e»i nialade, ai{jri, p;u\enu au dernier degié dirrifation. Il sVuipoi te ( outre AIIm rtine, qui , dit-il, veut rem|)oi*onner. Il nie Dieu ou il le blasphème. 11 veut guillotiner tout, ju»qu'à l'Iiabil qu'il ne |>eut uler |)Our >e nu'ttrc au bain. Vain<nirnl Albertine lui parle-t-elle de son amour pour lui. - l.'iimour i*»l un erime; car « *»si un iiu'nsonge llair. mépriMT ou craindrr.
(xccxxxvi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
voilà notre nature. Nous sommes tous sortis des dents d'un drageon.... Tuer vaut mieux que vivre. » D'où vient son mal? De la rage de ne pouvoir faire tomber assez de têtes avant de
mourir — Legendre, Maure et Chabot viennent visiter
3Iarat. — Long entrelien sur le Vieux Cordelier de Camille Desmoulins (un anachronisme), sur les événements du Calvados, etc. — Gliarlotte se présente. — Après les divers incidents qui suivent son entrée chez Marat, elle reste seule avec lui. — II l'interroge. — Elle lui raconte ce qui se passe à Caen. Sept des Girondins réfugiés y ont implanté la rébellion. — Marat lui demande leurs noms, — Elle les lui dicte, et chacun de ces noms est de sa part l'objet d'un commentaire. — Petion, Lanjuinais, Buzot, Guadet, Louvet, Duchâtel, sont aussi passés en re\ue. — Et quel est le septième?
Charlotte, d'un ton plus bas et tremblant légèrement. — Le septième... c'est Barbaroux !
Mabat. — Ah! toi aussi, mon Brutus; toi, l'Antinous des dames! C'est bien, citoyenne, la République vous remercie.
Charlotte. — Et quelle peine réservez - vous aux sept proscrits ?
Marat. — Dans quinze jours la guillotine sera leur récompense.
Charlotte. — Et toi, voici la tienne. {Elle le frappe de son poignard.)
Marat. — Au secours !
Charlotte. — Point de secours! Ton haleine empoisonnée est éteinte pour jamais !
Suit la scène ordinaire de l'arrestation, seulement l'auteur y a mêlé Henriot et Danton.
Le quatrième acte est rempli par diverses scènes qui forment autant de hors-d'œuvre. — Une explication entre Danton et Robespierre. — Une séance (secrète) à la Convention dans laquelle on brise le buste de Mirabeau pour inaugurer celui de Marat, etc. — A la fin, Robespierre propose de brûler le Vieux Cordelier de Camille Desmoulins, etc.
La qualrièmc scène se passe dans la salle du Tribunal Révolutionnaire. — Les débats sont terminés. — Chauveau-Lagarde présente la défense de Charlotte de Gorday. - Adam Lux, qui
iJi: <:H.\1UJ>TTK l)K COUDAI .:cu:\x\vii
est dans l'audiloire, U' remercie hautement, et jette son nom aux jurés et au Tribunal. — Les jurés se retirent. — (Charlotte adresse des paroles de remercîment à l\trarijjer <]ui a éle\é la voix en son honneur. — Elle croit entendre dans ces paroles les premiers accents de rimmortaliié. — Condamnation de Charlotte. — Klle remercie ses juges. — Montané exprime le reg^ret de n'avoir pu prononcer une condamnation plus douce, car, dans sa conviction, la malheureuse est folle et n'a pas conscience de son crime. — Charlotte s'avanc»- au milieu de la salle et pioteste en son nom, au nom de son sexe condamné à une existence tellement insigniBante, qu^ine ft'iiuiie est traitée d'insensée quand elle se sacrifie pour la patrie! u Ce que j'ai fait, dit-elle, je l'ai accompli dans la foi profonde que vous étiez indignés du joug de la Terreur et d<'*cidés à renverser le despotisme de la guillotine. I.a France se déshonore, et la RéNolution se noie dans tles flots de sauj;. Mais nous, vous n'êtes que les valets des valets du bourreau — I.a liberté est un rêve, le peuple est une omhre. J'étais républicaine! J'abjure mon erreur. Vi\e le Roi ! I!t maintenant j'attends votre hache !
Ada.m Lix. — O fille céleste! In fiis pâlir la gloire de IJrntus ' ! )»
CINOriKMi: .\CTE.
Charlotte est dans sa prison. — Mlle dort. - Richard, le geôlier, et sa femun» admirent son courage. — Ils ne veulent pas l'éveiller, tt dé|M)sent pi es «l'elle une fou|>e lie vin cl d'eau. — 1.» femme Richard veut s'éloigner : les yeux fermés de Charlotte lui font ptur; il sendih' <ju'elle soit déjà uiorte' u Oh ! plût à I)i(ii <|n'elle le fût! »> dit Richard.
La fkwmk RicHAiii). — Je ne crois pourtant p.is qu'elle >oil (oupabh'... pas plnsqu»* moi.... Si je ne craignais pa* la guillotine, je lui doinierais du poison î
Richahi). — Sans donl«', mais .M.rlon^ doucinieiil a\ec les clefs.
» En criant : Vive le Roi ! l'inadvertance de l'auteur etl ëlrtufr,
en vérité.
ccccxxxviii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE '
Gharloife, restée seule, s'est éveillée. — Longue dissertation sur les bienfaits du sommeil.
Charlotte s'attendrit en voyant les soins que les époux Richard ont pris pour elle pendant qu'elle dormait. — Bientôt on vient lui couper les cheveux. — Puis Samson entre. — Il est saisi d'effroi en reconnaissant la jeune fille qu'il avait admirée au Palais-Royal, u Elle, elle, condamnée! s'écrie-t-il. 0 Richard, charge-toi de ceci! ;> Et il lui jette le manteau
rouge.
Derniers apprêts de la toilette. — Dernières recommandations de Charlotte. — Elle refuse un prêtre, et elle charge Richard de remettre une boucle de ses cheveux à l'un de ceux qui délivreront la France de ses tyrans (Barbaroux évidem- ^ ment). — Elle marche ensuite à la mort —
Scène VI. — Il fait nuit. — Le théâtre représente la place des exécutions. — L'échafaud est recouvert d'un drap noir. — Danton, Julie, sa femme, Camille Desmoulins et LuciJe viennent contempler le lieu où a péri Charlotte. — Desmoulins veut les arracher à ce spectacle. — Danton s'asseoit sur les marches de l'échafaud. — « Un ange Fa consacré aujourd'hui ! » s'écrie Lucile. — Desmoulins reproche à sa femme la part qu'elle prend au destin de Charlotte. — Elle avoue qu'elle ne peut s'empêcher de l'admirer. — Danton l'approuve. — Longs discours avec Camille Desmoulins. — Sinistres pressentiments. — Il îlnnonce que la lutte est engagée entre Robespierre et lui, qu'il faudra que l'un des deux monte par cet escalier sur lequel il est assis.
ScKNE VU et dernière. — Une patrouille passe. Elle emmène un prisonnier. — Camille Desmoulins reconnaît Duperret. — Qu'a-t-il fait? — Il a annoncé à Caen la mort de Marat. — • " Voilà notre liberté ! » s'écrie Danton, et le rideau tombe.
DE CHARLOTTE DE CORDAY. ccccxwix
CHARLOTTK COUDAY, A Play, in four Ach. — London, Simpkin, Marshall and Co. 1870. Grand in-12 de cinquante et une pages. (Cil AliLOTTK CUlU DAY, pièce en quatre actea. — Londres, Simpkln, Makshall et C". 1870. In-S" anglais de cinquante et une pages. Sans nom d'auteur '.)
La pièce est précédée d'un court préambule que nous traduisons dans son entier, parce que l'autour fait connaître ses vues sur le théûtre et les circonstances au milieu de^- (pielles sa pièce a été composée.
« L'autf.ur s'est ris<jiié à présenter un lait historique bien connu, sous un eosluuie nouvtMu, npproprir «'xrlusiveinent i% la scène [Staye). Il pense qu'un épisode, (pii remua le rœnr de l'Kuropc, uiruir au milieu de la nè\re de la Révolution el de la {juerrc, doit, s'il est habilement traité, exciter encon» «le rintérél. |)ans le cas <ni la pièce ser.iit jouée rt tomberait, la faute n'en serait imputahlc qu'à Ini-mrme; <ar en ih'pit de* théories récemment im.ijjinérs sur la «i «lécadence du draiiien, il lui a été impossible de trouver une œu\ n* d'un mérite n'vl el convenablement représentée, qui n'ait pas en de sucré». Kn An[jleterre, les amateurs de théàtn' ne demandent apK»» tout, sui\aiit l'opinion de l'auteur, rju'une rhos>e, c'est la même diétéljjpie <jue par h* passé. Aujourd'hui comme autrefois, les Dieux ' applaudissent <(uand la Ui'aute et la VrrUi umi
^ Nousavonsjipprisquerautrurest M. C. E. <Ji ' il! —
' Gitds, ce (lue nous appelons vulpain-menl W i - > ii n ^j -t
les Anglais appellent aus>i par ironie YOUjmpf, len Ihrux. crux qui
occupent les places les plus élev(^»s de la salle.
Une partie iW cette préface nVsl nuire cliOhC .|u une moMJqur
ccccxL BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE *
vengées de leurs ennemis; de nos jours comme dans le siècle d'Homère ou de Shakspeare, il faut pour émouvoir la fibre populaire " des farces de bouffons ou des scènes de combats ' » ; maintenant comme toujours, « le fretin du parterre ^ » passe alternativement du rire aux larmes avec une é(}ale facilité, « ayant donné son argent pour s'amuser de confiance ^ » ; enfin, dans notre âge comme dans tous les temps, u les Demi-Dieux des régions moyennes viennent seulement pour voir une pièce ou deux, résignés à accepter tout ce qui est supportable % et
formée avec des citations de Shakspeare. L'auteur n'a pas indiqué les pièces d'où ces citations sont extraites, et cela pouvait être inutile en Angleterre. Nous croyons devoir en agir autrement pour ceux de nos compatriotes moins familiers avec le théâtre de Shakspeare, et, avec l'aide de M. Giles lui-même, nous signalons les sources auxquelles il
a puisé.
• Such a show
« As fool and light is. »
Vers 18 et 1 9 du prologue du roi Henri VIII.
Suivant M. Guizot, ce prologue est attribué à Ben Johnson : il traduit les mots cités par ceux-ci : « Une pièce gaie et hcencieuse. » Quel que soit notre respect pour une pareille autorité, nous nous permettrons de lui opposer l'interprétation de M. Giles, qui explique ainsi ce passage dans une lettre qu'il a bien voulu nous écrire : « Fool and fight refers to the low delight taken by the audience in the jesters and mock battles of the stage in Shakspeares time. »
2 a The lower world of groundlings », littéralement : « Le bas peuple des melets », espèce de petits poissons, expression empruntée à Shakspeare pour désigner le parterre. V. Hamlet, acte TII, scène ii, conseils donnés aux comédiens.
a It offends me to the soûl, to hear a robustious... fellow lear a passion... to split the ears of the groundlings. »
3 Vers 7 du prologue de Henri VIII déjà cité ci-dessus :
Such , as give
Their money out of hope they may believe , May hère find thruth too.
« Ceux qui donnent leur argent, dans l'espoir de voir des pièces susceptibles d'être crues, trouveront ici la vérité. »
* Vers 9 du même prologue :
Those , that coine to see
Only a show or two , and so agrée ïhe play inay pass.
<< Ceux qui viennent pour voir une pièce ou deux et convenir que la pièce |)eut passer. -
1)I- illlAlUJiTTK m: (,n|',h\>
(plus désireux, dil-oii, de inoiitur leurs iiohies personnes (iiie de re(jarder le spectacle) ils prouvent par leur calme indifférence, qu'ils ne sont bien réellement n ni de la ferre ni du ciel ' " .
L'auteur se soumet \olontieis à être ju(;é par cette cour, parce qu'il cioit que ses verdicts sont justes, en somme, et jpie ses arrêts quels qu'ils soient sont déBnitifs. Les critiquer* m* trompent souvent; mais les décisions du publie sont (jénéralement basées sur le sentiment du vrai, quand il ne s'a(;it pas de vérités d'un onire trop élevr.
L'auteur dédie donc cette esrjuisse au peuple hritannique; et si la fanfare {juerrière, si peu a{;réable aux Anj^lais, retentit en ce monuMit, il faut >e rappeler que l'oiivrajje fut écrit en 18(ji), dans ces jours de paix, ou les pavsans de l'Alsace et des bords du Rliin se reposaient tran((uillement sous leur» treilles, sans que personne son(;eât à les effrayer.
Juillet 1870.
Pf':HSO\i\AGES REPfiÈSKyTÈS.
Monsieur (>orday, j)ére de Charlotte Corday. Franquklin, amoureux de Charlotte Corday. IU)HKfiT Lamont, amoureux d'EU$e.
liARUAIlOLX, j
Petio.n, > Députés Girondins fugitifs.
BlZOT, ] '
Uti ollicier de l'armée. — Aftichcur. — Compaj^nie de police,
Soldats. — Geôlier. — Citoyens. — Orateur. — Artiste. Marat, le chef excitateur du peuple.
Des priMJtiniers daii> la proon il'Aitîenlan. Lanze {sic) i)K Perrkt*, un Députe (itromiin à Tarif. Madame di: Hrbttkvii.lk, tante de Charlotte Corday.
' u Nor of tNirtii iu)r lu'd\on •; les Dcu.r Gentilslunmnry ,. l acte V, scène iv. Ncrs 78 :
W ho 1») ri'|Miilaiio- is iiot sati^ln <l . Is nor of ht'avon , nor «'artli .
«. Celui qui n'e«l pas dégarnir par !«' r«jMutir iir^l m 'In « - i > i .! . terre. >•
ccccxLii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE .
Charlotte Gorday, jeune fille normande.
Élise, sa sœur.
Martha , U7ie vieille servante.
La femme du geôlier. — Une mère et son enfant. — Femmes. La pièce se passe en juillet 4793.