LE TEMPLE
La Reine, la Princesse Royale, Madame Elisabeth et le Dauphin, en scène au lever du rideau (discovered), et en grand deuil.
Cette scène est très-belle. Elle commence par une prière grave et touchante que la Reine prononce à genoux à haute voix. Suivent des détails qui, à la représentation, devaient produire un grand effet sur les spectateurs. Nous ne pouvons en extraire qu'un dialogue remarquable entre la Reine et le Dauphin , « cet enfant qui était le premier du royaume à sa naissance, et n'occupe plus cette place suprême que par le malheur. » Marie-Antoinette a dit qu'elle aurait supporté tous les revers de la fortune, que cette prison serait encore pour elle un palais, si son maître, son Roi, son époux vivait...
Le Dauphin. — 0 ma mère, qu'est-ce qui sera mon père maintenant?
La Reine. — Le Dieu du Ciel ! le Père de ceux qui n'en ont plus! C'est lui, mon pauvre enfant, qui veillera sur tes pas, c'est son amour céleste qui, t'entourant de sa douce chaleur, sera ton gardien sur une terre où tu n'auras plus d'autre secours.
Le Daiphin. — Me prendra-t-il sur lui et me caressera-t-il comme faisait mon père?
La Reine. — Oui, mon cher enfant, car il est l'ami des orphelins, le chevet sur lequel les malheureux appuient leur tête, le sein où les misérables trouvent enfin le repos.
Le Dauphin. — Je voudrais alors être assis sur ses genoux d'un côté, et vous, ma mère, vous seriez de l'autre. Viendrat-il à nous?
DE CHARLOTTE DE rODDAY. ccrxLXXi
La Reine (à part). — Mon cœur se brise! — >V.n. nous irons à lui.
Le D.AiPHiN. — Vous vous moquez de moi, bien sûr, car il nous est impossible d'aller à lui, puisqu'ici loules les portes sont fermées '.
La Reine (cfun accent profond . — La morl oun rira le* verroux et nous rendra la liberté!
SCKM II.