DE CHARLOTTE DE COHDAY
CCCCtIXXT
Nous ne nous sommes pas il(''couragé : noiM avons demandé à ses hériliers un extrait du manuscrit, aux journaux les comptes rendus qu'ils ont dil publier lorsque la pirre a été représentée sur le Théûtre-lioyal de Copenhapue... Nous n'avons pas encore rr^u de réponse ( \[) février I87'J,.
P. S. La réponse nous parvient, mais elle est ne^'alue. 11 n'a pas été possible à nos correspondants de se procurer les documents que nous attendions. M. Gotschalk, de Copenhague, laisse encore une porte ouverte à l'espoir. Si nous recevons la pièce ultérieurement, nous la joindrons sous forme de carton à la présente publication.
RECAPITULATION.
Après avoir énuméré les manifestations seénique^ auxquelles Cliarlolte de Corday a donné lieu, il nous rote a les classer.
Mais avant cette récapitulation, ccrtain<'> n* lili. .iiiun^ sont nécessaires.
C'est à tort que nous avions retranché de notre liste les Catili.nas M()i»Kn\Ks ou /a Mort de Mnnit , de Ferru (ils '. Nous avions pensé que Charlotte de Corday ne figurait que dans la coulisse, et ce d'après le compte rendu qui se trouve dans le journal de Ducrav-Duminil les Afliihr%, annonces et avis divers). Mais la pièce avait été remumi-; dans son premier état , Charlotte de Cord*» p.ir.ii^s.iit
• El non Ferou. Les Aflichrs, annonci* cl an* divfr* d« » «ralAie an II porlonl l)U'n Fon)u. Mais lo ïi ' idrisii •••
pièce «le vcrsau jourriil, il ('ro|'-i- (!• i îin>* : rrmi
Ois. Éliennc el Marlainvillf i l auâM AVr»-
ccccLXXXvi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
sur la scène ; les Administrateurs de Police , Froidure et Baudrais, eh furent choqués : l'auteur dut retrancher « un personnage dont la présence ne pouvait qu'exciter l'indignation ' », et se borner à ce seul titre : La mort de Marat. La pièce, qui d'abord était en deux actes, fut refondue en trois et perdit son premier titre , le sous-titre seul lui resta. Sous cette nouvelle forme elle n'eut aucun succès , et disparut de l'affiche après la troisième représentation. Ceci nous importe peu. Ce qui nous intéresse, c'est que dans le plan primitif de l'auteur, Charlotte de Corday avait un rôle, et même un rôle assez important pour avoir éveillé les susceptibilités de la censure. C'est donc une œuvre dramatique à reporter à notre actif.
Mais, d'un autre côté, le numéro YII doit en être retranché, le Véritable Ami du Peuple, ou la Victime du fédéralisme , que nous ne connaissons que par une annonce du journal le Républicain français, est un drame révolutionnaire en trois actes, par l'acteur Destival, qui n'a aucun rapport avec la mort de Marat ni avec Charlotte de Corday. C'est encore à M. Ménétrier que nous sommes redevable du rapport de police qui contient l'analyse de ce drame. On y lit ce qui suit :
a Dans une grande ville départementale, un pauvre peintre, mais patriote et doué de talent, encourt la haine du Maire, qui est dévoué au Fédéralisme. Il est emprisonné et sur le point de périr, quand il est délivré par un Représentant du Peuple et par une armée républicaine...
» Cette pièce, pleine de chaleur et d'enthousiasme, mériterait un autre théâtre que la scène impure de Nicolet. »
Si donc nous avons à ajouter à notre catalogue les Cati-
* Rapport de police à nous communiqué par M. Ménétrier, qui a bien voulu nous faire connaître tous ces détails.
DE CHARLOTTE DE CORDW. ...riMuu
linas modernes, nous avons a retrancher la / alun,- du fédéralisme. Les chillres restent les m«?mes.
Nous avions exprimé un doute sur la prétendue Irapedic de Charlotte Corda y, composée h \a Force par Cliampa^ni«m et Adam Lux ( V. ci-dessus, p. ciaw), et ce doute e^l devenu une certitude : la tragédie en question n'a jamais existé.
Nous avons retrouvé la personne qui avait donné a fea M. Alboizc les renseignements à l'aide desquels il a\ail écril dans les Frisons de Paris le passage que nous avons rapporté, voir ci-dessus, p. ci.wiv. Cette personne n*e>l outre que M. Ménétrier; il nous a aflirmé (ju'il n'avait parlé i M. Alboize ni des Mémoires de (lliampagneux , ni d'une tragédie de Charlotte Cordai/ que ce dernier aurait composée en collaboration avec Adam Lux; il lui a>ail signalé seulement les Notices placées par Cliampagneux dans son édition des œuvres de madame Uoland, comme renrprmant des détails intéressants sur la prison et 1»'^ d't«i>ii> iî«> U Force pendant la dévolution .
Or ces Notices ne disent pas un mol d'une tragiJie de Charlotte Cordât/, elles di>enl m<^me le contraire; car Champagneux raconte que pour < harmer les loisini dr sa captivité ' il avait composé un drame dont il »'tait lui mOroe l'objet; et jamais il n'a eu aucun rapport avec l'héronie d« (laen. Il v a plus : après cette conlideiire sur ses eswii drêmati(jues, (lli.imfj.igneux parle d'Adam Lux; il rn parle
' t La lotiL'uciir de I * ' '"* * '"'-
poser une coinrdie ou ; •"
mes amis qui le crut digne dr parailn» au IheAln-. I <
(jui il le rnonlra n'en j ' m émr. M
un t'vénevutit trai et -^ . nnW; i
resscr qu'apn'S le retour entier aui principe de f.. •»
Je crois tpie (]iiand cnlte <^|><Hjue ^'
oubli»' que j'ai l'ail un drame dan»» nu \ . ♦
land. Paris, liidaull, an VIII, I. Il, p 40H i
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longuement; il raconte son genre de vie à la Force , la liaison qui s'était formée entre eux ; il n'ajoute pas qu'il y eût une collaboration quelconque avec son compagnon de captivité , et ce silence est d'autant plus concluant que Champagneux est amené à prononcer le nom de Charlotte de Corday! (V. p. 409, loc, cit.)
Il est vrai que Champagneux annonce qu'indépendamment de ses Notices il laissera des Mémoires pour ses enfants ^ On pourrait se demander si ce ne serait pas là ce qu'Alboize aurait eu en vue. Mais les papiers de Champagneux sont entre les mains de M. Faugère, dépositaire de tout ce qui se rattache à madame Roland, et il veut bien nous faire savoir que « dans ces papiers il n'y a rien d'anecdotique , pas un mot sur Adam Lux ou Charlotte de Corday. Les notes laissées par Champagneux contiennent surtout la justification de sa conduite antérieure, et des détails au sujet de sa détention. » (Lettre du 19 juillet 1871.) Il faut donc rejeter le récit des Prisons de Paris comme une fable, et nous nous applaudissons de n'avoir pas compris dans notre énumération la pseudo-tragédie d'Adam Lux ou Champa- [>neux. Peut-être môme trouvera-t-on qu'une réfutation si longue était superflue; mais la puissance de l'erreur est telle, surtout lorsqu'elle se présente sous des dehors séduisants, qu'on ne saurait la combattre avec trop de soin. En pareille matière, il faut craindre bien plus l'insuffisance que le luxe des démonstrations.
Puisque nous avons parlé des erreurs des autres, il en
est une qui est à notre charge et qu'il ne nous coûte nulle-
1 (I Je composai aussi en prison les Mémoires de ma vie; comme ils ne peuvent présenter de l'intérêt qu'à ma famille, je ne les donnerai point au public; c'est un legs que je destine à mes enfanis; ils leur serviront de lecture pendant quelques soirées d'hiver : je me flatte qu'ils y trouveront des motifs d'honorer et de chérir la mémoire de leur père. » (Loco citato.)
DE CHARLOTTE DE CORDAY. n cxLXxm
ment de confesser : nous avons doniu' Mm nt ilam le .tnntcnain comme Topiivre de Cammaille Saint-Aubin : ci» M)nl les Intrifjnnts démasqués qui sont de cet auteur, et vf^i à Mathelin, autre dramaturfje non moins obscur, que roionl l'honneur d'avoir composé Mnrnt datis to xnutfrtnif} , épisode de 170'2.
Après ces préliminaires, nous arrivou'^ a po«.(>r le chiflre définitif des représentations scéniques dont nous venons de dresser le catalogue.
11 s'élèverait à 37.
Si l'on élimine les n** 3, 5,0» 8, îl, applicables à des productions qui, tout en méritant d être mentionnées comme manifestations ihéùtrales, ne constituent pas des pii^e» proprement dites ;
Si l'on retranche encore la tragédie de Schiller, qui ne fut que projetée , et les deux traductions de S*'j)t heuves cl de la pièce de Ponsard, qui ne sont que des reproductions . il resterait vin^t-neuf pièces originales, ou trente cl une y com[)ris les deux traductions.
Elles se décomposent ainsi :
Di\-lmil pièces «'n français, dont huit en ven»; Dix ou huit en allemand, dont sept en vers; Deux en anglais, toutes les deu\ en vers; Une en danois.
Nous avons avancé que nid sujet lu-^lorique n'avail ùXî^ traité autant de fois. Nous savons que celle proposition nou% sera contestée ' ; nous In maintenons loulefoi* . cl pour que
' M Goizel nue nous ne ronnai-^ionn p.i4 lor«quo n^o* fji»t«»ft«
imprimer ces Iii^ne-i, noy^ • ^w^ t-^m,
Quichotte, 59 Jeanne d' Ar, , -lao» r »-
bUf..., Ole.
Nous nous inclinons devant U". ^r»i rvaoïe* n «
ccccxc BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
Ton ne pense j3as qu'il y ait de notre part amour-propre d'auteur mal placé, nous nous hâtons d^ ajouter que si le sujet de Charlotte Corday est celui qui a été traité le plus souvent, c'est aussi peut-être la pièce qui a été le moins jouée.
Nous ne craignons même pas d'avancer qu'à vrai dire elle i\di jamais été jouée.
Si en effet on écarte la comédie de salon de Régnier d'Estourbet et le vaudeville du Gymnase, tombés en naissant , on ne voit rester quelque peu au théâtre que le mélodrame de Victor Ducange , indigne mascarade qui ne rappelait ni le nom ni les traits de Charlotte, et la pièce de Ponsard, à laquelle des mutilations inouïes n'avaient laissé que le nom sans la réalité du personnage. Nous croyons donc pouvoir dire, et ceci sans paradoxe, qu'à l'heure où nous sommes, sur les trente pièces énumérées, pas une seule n'a encore été représentée d'une manière complète et sérieuse.
Si nous sortons de ces calculs statistiques pour entrer dans le fond des choses, les œuvres qui nous paraissent avoir une incontestable supériorité sont :
Le drame de M. de Senkenberg, 1793-1797; L'essai dramatique de madame L. Colet, 1842; La tragédie de Ponsard, 1850.
Molière, mais nous répondrons qu'il ne s'agit pas pour eux de tragédies ni de sujets tirés de l'histoire. Quant à Jeanne d'Arc, il faudrait savoir quelle est la nature de ces pièces; souvent son nom a été pris pour attirer le public et déguiser des œuvres qui n'ont rien de dramatique*. Nous n'avons d'ailleurs parlé que d'après la Bibliographie de Delandine (V. ci-dessus p. clxi), et il ne nous en coûterait nullement de céder la priorité à Jeanne d'Arc, qui a certainement le privilège de l'ancienneté, puisqu'elle a près de quatre siècles de plus que Charlotte de Corday.
* V. par exemple VÉpée de Jeanne d'Arc, vaudeville, etc., etc.
DE niIAn LOTTE DE CORHAY.
Pour nous, le mérite de ces composilions esl en rai!»oQ directe de leur liJélité à l'histoire. De lu un intértH a rerherclier quelles sont les sources dont les auteurs ont fait usapp; elles ont eu une iniluence trùs-appréciable sur les pièces qu'elles ont produites.
Ceux qui ont écrit les premiers n'ont guùre eu à leur disposition que les débats du procès insérés dans les journaux. Zschokke et M. de Senkenberp le disent expresMSment, et l'auteur anonyme de la tragédie de I7î»r> rapporte in extenso les lettres de Charlotte à son père el à iUirbaroux comme pièces justificatives venant à l'appui de son œuvre.
On sait déjà quelles heureuses inspirations M. de Senkenberg a su tirer de cette seule lecture.
L'auteur de la Judith moderne (1707) s'inspire, lui, du Mémoire de Couet de Gironville qui avait [)aru l'année précédente (an IV, 17î)0), et la manière du dramaturgie ol digne du style du prétendu biographe, avec cette seule différence que l'un travestit la liiblc et l'autre Tantiquitè, tous les deux remplissant le >ide de leur ouuage par le mauvats^ goût de leur érudition.
Nous ne pourrions pas assigner d Origine au dr.ime de Sept Heureify « prolem sine maire creatnm. »> La pièce de Régnier d'Kstourbet sort é>idemment des souvenirs rèvohilionnaires remués par les événements de IS'JO cl les publications (pii en furent la suite.
L'œuvre sérieuse de madame L. Colel procède du premier ouvrage sérieux qui ait paru sur Charlotte, de U liiographie de Louis Dubois.
Le roman historicpie de M. l'.squiroN .1 m^» u im u i.iu-
deville romanes»jue de MM. CLiimlle cl l»t: r. Il a
en outre fourni a tou^ \r> .nitrurs de ihiAlrt uf aui
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historiens , tout un arsenal de fantaisies dramatiques qui ont passé de son livre sur la scène.
M. Digand nous a appris lui-même qu'il s'était aidé de Desessarts.
Les Girondins de M. de Lamartine ont produit :
Le vaudeville du Gymnase pour partie; La tragédie de M. Gasc; Celle de Ronsard.
La filiation se fait encore sentir dans Rommel, Von Appen et Girndt.
Julius Bamme se rattache à YHalbgesprœch de Jean Paul.
L'anonyme anglais a emprunté à Paul de la Salle l'épisode de Franquelin; il s'en est non-seulement inspiré, mais enivré, et il a porté le fabliau du portrait à son maximum de galvanisme théâtral, et il faut le dire, d'exagération.
Ici revient la grande question de savoir si le sujet de Charlotte de Corday est propre à la scène ou s'il doit en être banni?
Nous avons vu que deux opinions contraires se sont produites parmi les critiques les plus éminents.
Les uns, M. Gustave Planche en tête, tiennent pour l'affirmative.
La négative est soutenue par M. Théophile Gautier, et, il faut bien le reconnaître, la revue des pièces que nous venons de parcourir semble lui donner raison, puisque sur trente tragédies trois seulement nous ont paru dignes de ce nom et du sujet traité.
Il ne faudrait pas cependant se méprendre sur notre pensée. Suivant nous, la fidélité à l'histoire n'implique pas l'assujettissement servile du poëte dramatique à ses lois. S'il
DE CHARLOTTE DE COKDAY. cccociii
est une notoriété qu'on doit respecter, il eî»l une latitude qui reste du domaine de rin>enlion. S'il est des vérités cl des vraisemblances qu'on ne peut pas méconnaître impunément, il est aussi certains tempéraments qu'on peut se permettre. La ligne de démarcation est souvent délicate, difficile a tracer ou à suivre; elle n'est pas impossible a trouver, cela suffi!.
Ainsi , lorsque pour sonder les desseins de Charlotte un auteur suppose un dialogue entre elle et le prêtre dont elle refuse les secours, nous applaudissons, quoique ce,dialogue n'ait jamais eu lieu.
Lorsque, dans une autre pièce, Marat s'écrie en mourant : (( 0 mes plans, mes plans! » nous applaudis>ons encore, quoique le seul cri qu'il ait poussé soit tout autre, parce que la fiction vaut la nature quand elle e>t naturelle elle-même, et (ju'a un mol iii>i;:iiiliant elle substitue une parole qui expriine une pensée ju>te.
Pareillement nous avons défendu la rencontre des (firondins et de Charlotte de Corday congédiant les faneuses, quoique cette rencontre n'ait rien d historujue, parce que, si elle n'est pas conforme à la vérité, elle n'a rien de contraire à la >rai>emblance.
Lnlin , c'est par les mêmes molds que nous a\on$ décerné des éloges sans restriction a la scène du bain de ConsUoi Berrier, un modèle du genre. Certes cet entretien n'eut pas de témoins, et Charlotte ne l'a pas raconté; mai^ chaque parole est si bien dans la situation des deux persunnage» qu'on croit les entendre, et cpioicjue le denoùmenl >oil prévu, I intérêt >a touj«)urs en grandissant jusqu j la ratastrophe finale , parce que chaque parole de Maul qui % abuse est un pas vers la mort. (Comparer a^ec lou'» le* tuUct auteurs qui ont tenté de mettre ce dialogue sur U scèoe.)
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Généralisons :
Toutes les fois que nous avons rencontré une pensée originale, un mot trouvé, un trait ou de nationalité ou de caractère, nous l'avons reproduit ou traduit en soulignant, sans regarder s'il était du domaine de l'histoire, nous contentant qu'il fût digne d'en être.
Lorsqu'au contraire nous nous sommes trouvé en face de fictions monstrueuses, comme la mort d'Hérault de Séchelles dans le Comité de Salut public, ou celle de l'Ami du Peuple dans la Convention , comme le siège de Caen par Marat, ou celui de Paris par Barbaroux; lorsque nous voyons des rapprochements hybrides tels que l'intimité d'Adam Lux et de Chauveau-Lagarde élevés ensemble! ou l'amitié de Gorsas et de M. de Corday; lorsque des inventions parasites semblables au dévouement de Marie Robespierre qui remplace Charlotte Corday, ou à la rencontre de Charlotte et de Sanson au Palais-Royal , lorsque des combinaisons si étranges sont introduites sans nécessité dans le drame , et dans un drame tout préparé, nous ne pouvons que détourner nos regards et plaindre les auteurs qui se sont donné tant de mal pour violer tout à la fois les règles du théâtre et la vérité de l'histoire.
Une autre question est celle de savoir quelle place l'amour doit occuper dans une tragédie de Charlotte de Corday; là encore les auteurs et les critiques se sont divisés. L'anonyme de 1795 repoussait cette supposition comme une calomnie. M. Paul de Musset regarde au contraire l'introduction d'une passion amoureuse comme une nécessité. M. Théodore de Banville aurait voulu que la passion allât jusqu'à la réalité physique. Le tableau suivant nous paraît juger la question en montrant l'inanité des elforts tentés par leur nombre.
DE CHARLOTTE DE CORDAY. cccocf
Hérault do S^'chellcs. — Salle.
Adam Lux. — Madame Westpualen, Regmiei dTstooubt,
Jllils Bamme.
Beisuncc. — Bareau, MM. Clairville et Duma^ioii, A. bi
Plate \.
Barbaroux. — Madame Loil^e Colet, I*on>aiid , vox XrtKS ,
GlRNDT.
Guadet. — Villiet.
Marat. — La Judith moderne. Constant Berrikr Villiet.
D'Aiglemonl. — L'auleur de la Jwlith.
Alberto (ne faisant qu'un avec Théodore . — Etre.
Corbigny. — Z-ciioKkE.
Maurice. — De Platen.
Pierre Grolier '. — (!onsta>t Berrier.
Robert. — i
Chaumonl — Dicand.
Constant. — I
Raimond. — Von Ai'Pkn.
Durand. — H. Kommkl.
Franquelin. — Gasc, Giles.
Fualdès. — Madame Lolise Colet.
Tous CCS auteurs claient ilaiis le faux. Le seul qui ait rencontré juste est le baron de Senkenberg, el ce n'csl aucuik des prétendants mis en lij:ne " !
» Pierre Grolier, frère supi>use de Louise Grolier, qui Icniil Tbôiel de la Providence, me i\c> Vicux-Au^uslias, ou docrndil riurloilr de Corday en arriv^nl de Caen à Pari». M. Conslanl Uerr.er en (jii un commis de M. (^orda> d'Armonl.
2 Celait Bougon-Longrais (V. ci-des.-u» p. cc%i M tuiproposition inverso est-elle vraie? Cliar!
rail-il dai ' It à la |>«lrie un . , .., ,• -"^
1er a reii 'Arc ëprisi' de Ta l)^»i • Vni*, dii Ir camlt
de Platen, il y a une chose que je trouve trop f '***''!***T'. -
. . ,. <« lord tadMft. •
inspirée s (^prenr:- û lL-«
Kt le comte de P . , T7 J^
ten.ps (jui, après Girthe, a vout< à l'art le culie le plu# fene«l. t»
rappelait, ses rriliques mAmes, le froid v ' ■ - '' '"' " "" •^'J 6^*. Buzot ne pos-^'-dail pas la puissance ar: pas les aspirations plastiques du comte de I*
l'autorité que lui donnait la ■
qu'il avait vues de près :■ fcL . ^j^b
genre..., rimonvenancr saule aux jeux. » Ce lui ^«» critique, pui*M'-l-il *lre le dernier!
ccccxcvi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE. *
Nous ne pouvons pas terminer cette récapitulation sans une dernière observation que nous suggère l'examen de la liste que nous avons dressée : c'est l'intinie variété des conditions de ceux qui la composent.
Les uns sont placés à l'extrémité supérieure de l'échelle sociale, tels que M. le baron de Senkenberg et le comte de Platen; les autres sont à l'extrémité opposée : Jules Prior, Villiet, Digand, simple receveur des douanes belges.
11 y a des littérateurs de premier ordre : Schiller, Zschokke, Ponsard, et des dramaturges de profession : V. Ducange et Anicet Bourgeois, Destourbet, Dumanoir et Clairville.
Des femmes : madame "Westphalen, madame L. Colet, mademoiselle A. Schwartz^ et la pléiade des écrivains amateurs : C. Berrier, Bœhm, J. Bamme, Bommel, Von Appen.
Des contemporains de l'événement : Salle, Gassier Saint-Amand, Ferru, Barrau, Eyre; et des contemporains de notre époque qui datent leur œuvre d'hier : Girndt, Giles.
Enfin, des auteurs de tous les pays : Français, Belges, Allemands, Anglais, Danois.
Qu'en conclure? Qu'il est des événements qui ont le privilège de frapper l'imagination publique; que certains personnages de l'histoire exercent sur les esprits une sorte d'attraction, et que la liste déjà bien nombreuse que nous avons laborieusement dressée est peut-être encore incomplète , ou près de le devenir au moment où nous l'achevons.
La Bibliothèque
Université d'Ottowa
Échéonce
The Library
University of Ottawa
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