‹ Charlotte de CordayChapitre 1 sur 89 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

A LA UimAIRIE HISTORIQUE DE LA RÉVOLUTION

l'T.ACK ItK l'okATOIHE du I.OL'VRF. , 4j et chp7 Tecïiener , plare du T.oin rc . lî.

AVAINT-PROPOS.

11 y a près de quarante années, sept ans seulement après l'attentat qui immortalisa naademoiselle de Corday , je m'étais proposé d'écrire sur cette héroïne une notice qui fit enûn connaître sa personne et les véritables motifs de son action.

Bibliothécaire de l'Ecole centrale de rOrne, puis Secrétaire intime du Préfet, je recueillais avec zèle et soin, pour l'histoire et la statistique de ce département important, une large quantité de matériaux dont quelques uns ont depuis été employés dans la grande Statistique infoL, les cinq premiers Annuaires? et le

ij AVANT-PROPOS.

Journal que je lëtligeai à Alençon pendant plusieurs des quinze années que j'ai habite cette ville. Une autre partie de ces matériaux m'a servi pour des ouvrages spéciaux, tels que mes deux Notices sur l'illustre conventionnel du Friche de Valazë, et sur Odolant Desnos, historien d' Alençon et de ses Seigneurs j tels aussi que mon histoire civile, littéraire et religieuse de l'Abbaye de la Trappe, et beaucoup d'articles ëpars dans mes Archives Normandes, et dans le journal de Gaen et de la Normandie.

Nëe sur le sol du département de l'Orne, dans la commune dont fut seigneur Gilles de Caux (auteur de la tragédie de Marins, et, comme cette illustre femme, issu du sang qui nous donna le grand Corneille) , la célèbre Charlotte de Corday (i) nepouvait rester étrangère à mes recherches biographiques, dans lesquelles j'ai été récemment bien secondé

(i) Sa faïuillo, tics ancienne, tirait son nom de la terre de Cordai ou Corday, située en la commune de Boucé , arrondissement d'Arfjcntan.

AVANT-PROPOïi. iij

par M . Vaul tier,professeurà la Faculté des lettres de rAcadémie de Caen, et par M. Frédéric Galeron (i), procureur du roi à Falaise, tous deux justement distingues par de savantes puJDlications.

J'avais, dès 1 799, adressé à l'astronome Lalande, qui m'honorait de son amitié, et qui me les avait demandés, les premiers fruits de ces investigations. J'en attendais d'autres pour les lui donner aussi.

Une lettre, que je reçus du fils de Valazé,lequel n'était alors qu'un jeuneécolier et qui vient de mourir (2) , lieutenantgénéral du Génie, suspendit les recherches que je fesais et le travail que j'allais entreprendre. Je l'avais prié de voir M. Caille^ qui avait à Caen, en 1792 et 1793, occupé avec distinction de hautes fonctions publiques, et qui depuis, injustement proscrit dans sa ville natale, s'était retiré à Paris, où il exerçait les fonctions d'avocat. Voici ce qu'à la date du 8 pluviôse an VIIl (28 janvier 1800),

(i) Mort à 44^iis, le i8 juillet tleinier. (?.) Mort à Nice, le 26 mars i838.

AVAKT-VROPOS.

répondit à mes lettres le jeune Valazë : (( J'ai vu le cit. Caille..., je lui ai parle » de votre projet ^ il a été enchanté de » trouver encore, au fond d'un départe- » ment apathique , de l'enthousiasme » pour les grandes et belles choses. Il » m'a parlé avec feu de la belle vie et de >> la mort de Charlotte Corday. Il a ras- » semblé tous les matériaux propres à » écrire l'histoire de cette femme immor- » telle.... Il veut bien, avant de publier » ce petit ouvrage, vous communiquer ^) tous les renseignemens que vous dési- » rez. ^)

D'après cette lettre, et voyant qu'une plume habile devait écrire l'histoire de mademoiselle de Corday, je ne crus pas devoir importuner M, Caille; je renonçai à la publication prochaine que je méditais, et me bornai à rassembler, vaguement et de loin en loin, quelques notes exactes. L'affaire en était restée là ; j'attendais la production de M. Caille. Je me livrai à divers travaux qiii me firent perdre de vue pour longtems celle que

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