‹ Charlotte de CordayChapitre 22 sur 89 · AUX RÉDACTEURS DE LA CHRONIQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

AUX RÉDACTEURS DE LA CHRONIQUE DE PARIS

Paris, 20 juillet, l'an il'' de la République.

Citoyen,

Après que le glaive de la loi eut frappé l'assassin do Marat, le nommé Legros, l'un des assistanspoui l'exécution, ayant saisi la tète pour la montrer au peuple, se permit d'appliquer plusieurs souftlets sur la face de cette tête inanimée qui n'était plus coupable : cet acte de barbarie fut improuvé par le peuple, et le citoyen Miclionis, administrateur de police, ne put s'empêcher de donner une correction à cet homme qui, s'il n'est pas barbare, commit une lâcheté. Le tribunal, instruit de cette indécence, a cru devoir donner une leçon au citoyen Legros en le mettant en prison, et se propose de lui faire une remontrance coram populo.

J'ai cru devoir faire connaître cet acte de justice au public qui, toujours grand, toujours juste, approuvera ce que l'Ami du Peuple approuverait lui-même, s'il eût survécu à sa blessure. Il était trop grand pour apjjrouvcr une pareille bassesse ; il savait, et tout le monde doit savoir que, quand le crime est puni, la loi est satisfaite.

Quelques personnes trompées ont cru que c'était l'exécuteur lui-même qui avait commis cette faute. C'est une erreur : Sanson est un très bon citoyen, et trop instruit

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pour donner dans un pareil travers ; il en fut au contraire très affligé.

Salut et fraternité.

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