AVIS
Puisque nous nous adressons aux amateurs de recherches historiques, nous ferons appel à leur concours, et nous solliciterons ceux qui seraient posseurs de documents relatifs à Charlotte de Corday, et voudraient les publier, de vouloir bien nousen donner communication. Le travail, dont nous commençons aujourd'hui la publication, n'est, à vrai dire, qu'un Recueil où peuvent trouver place tous les renseignements qu'on voudra bien y insérer et qui paraîtront avec l'indication religieusement conservée de leur origine el de leur propriétaire.
Nous signalerons comme documents à rechercher, et qu'il nous a été impossible de découvrir, jusqu'à présent :
i.° L'interrogatoire subi par Charlotte de Corday, entre celui du 43 juillet, qui est constaté par le procèsverbal de flagrant délit, — et celui du 46, qui eut lieu devant Montané.
L'existence de cet interrogatoire est prouvé par la lettre de Charlotte à Barbaroux , les œuvres de Lanjuinais, par les anecdotes d'Harmand de la Meuse.
La Convention ordonna que rinterrogaloire de CliarioUe Corday fut imprimé avec le rapport de Drouel.
Nous avons bien trouvé le rapport de Drouet imprimé, — mais non l'interrogatoire , qui aurait dû y être joint.
2." L'interrogatoire de M. de Corday d'Armont, père de Charlotte de Corday.
L'auteur de l'ouvrage intitulé : La Guerre des Vendéens et des Chouans (Paris, 1824, in -8, 4 vol.), donne un extrait de cet interrogatoire. (T. 1, p. 415 et 416.)
Nous nous sommes assuré qu'en effet l'interrogatoire avait été subi à Argentan, le 20 juillet, par M. Corday d'Armont. Les registres des délibérations de la municipalité d'Argentan constatent que i\L d'Armont fut interrogé, et que l'on lit une perquisition qui amena la saisie de deux manuscrits. Une copie de l'interrogatoire et les pièces saisies furent envoyés à la Convention. — Nous avons fait de vaines recherches aux archives pour trouver ces documents qui seraient si curieux. — La minute du procès-verbal n'est pas à Argentan. Voici les seules traces que nous ayons trouvées de ces documents dans les registres des délibérations de la municipalité :
« Aujourd'hui 20 juillet 1793, l'an 2.' de la répubii» que française.
t Le Conseil permanent de la commune d'Argentan, instruit par les bulletins de la Convention nationale des séances de lundi et mardi derniers que le citoyen Marat, membre de la Convention , avait été assassiné par la nommée Marie-Anne-Charlolle Corday, ci-devant d'Armont, et que le père de cette fille demeurait en celte commune ; considérant qu'il éloit possible que dans les