J.-B.-M. MONTANÉ
« Paris, ce i22 juillet, 2e de la République. »
Observation. — Loin d'être un lâche, Doulcet de Pontécoulant avait fait ses preuves de valeur militaire au siège de Lille, etc., et montré le plus grand courage civil à la Convention, notamment lors du procès de Louis XVL Nous ne parlerons point du duel à dix pas raconté dans les mémoires de M. de Girardin {Mém. de Brissot, vol. III, p. 172, à la note) , mais de sa conduite dans le duel à mort engagé entre la Gironde et la Montagne. Buzot, dont on connaît le noble et austère esprit, a payé à Doulcet et Pontécoulant l'hommage
le plus honorable dans sa relation des événements des 31 mai et 2 juin.
« Doulcet est inconsolable, dit-il, d'avoir été effacé du registre des proscriptions : aussi manifeste-t-il chaque jour un courage qui doit lui mériter l'honneur d'une réinscription, j)
(Mémoires de Biixot, chez Béchet. — Paris, 1823, in-8% p. 311.)
Une personne qui a beaucoup connu M. de Pontécoulant nous a affirmé lui avoir entendu dire plusieurs fois : « Si j'avais su que mademoiselle de Corday m'avait chargé de la défendre devant le Tribunal révolutionnaire, j'y serais allé. » Il ajoutait : « J'ai toujours regretté d'avoir ignoré le choix dont j'avais été l'objet, et je le regrette encore aujourd'hui. »
Les écrits de Doulcet et Pontécoulant^ ses lettres, ce que l'on sait de son caractère , autorisent à croire que son regret était sincère, et qu'il n'aurait pas décliné le périlleux honneur de défendre mademoiselle de Corday (1).
(1) V. Charlotte de Corday et Doulcet de Pontécoulant, par M. Renard, p. 10 à 12. — Mémoires de M. Doulcet de Pontécoulant , p. 217.