LIVRE TROISIÈME
dumiiia
eomiem et Mvaltvwîtr «ni lai apprend la ebaiede sq» m$t% *^ Andteftce du t^l. — Propmltiotn «ne ftiir s. ai., qtil te ra^ #eilc let propoMlc» d« i« Mpicliif al. - Andiente de l^ mn$, ^Lfe |;tatil dunphln Charles. » La dame de Baujea. •*• La prl»-
Lavcrgne partît coiivciiabloAcni (?quîpè, et m tristement la roule qu'il croyait ne devoir plus retrousser. Une fois arrivé à Paiîs., il dettîancla promptemenl ses audiences au roi et t la reine; elles se firent attendre dix jours pat ôulte d*iitîporl:inles affaîies qui se traitaient alorà. Enfin il reçut Tordre de se rendre
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chez leurs majestés, h sept heures du matin^ en commençant par le roi. L'heure nous étonne aujourd'hui; mais il est à rappeler qu'alors on se levait vers quatre heures du matin, et les boutiques étaient déjà outertes; alors on déjeunait h six, et on dînait à dix dans la matinée; on soupait vers cinq heures après midi, et tout le monde était couché à huit.
Au moment de se rendre aux ordres du roi, Lavergne reçut un message de la comtesse de Maulévrier, qui lui annonçait que son mari, PB visitant des travaux de réparation que Ton faisait aux fortifications, ne s'était pas aperçu d'une profonde excavation que Ton répai*ait, qu'il s'était trop avancé, était tombé d'une hauteur prodigieuse, était très souffrant, et le demandait au plus. tôt.
. Lavergne, fort troublé de cette nouvelle» se renidit auprès du roi. Quand il fut près de sa majesté, il mit un genoux en terre et lui présenta le message dont il était chaîné. A cette
époque, on considérait encore que toute, au* tôrité venant de Dieu, c'était devant lui que
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Ton s'inclinait, lorsqu'on pliait le genoux devant la puissance; et avec de la foi, c'était un prestige qui avait bien ses conséquences utiles pour ceux qui commandaient comme pour ceux qui obéissaient.
Louis XI n'était point si négligemnlent vêtu que de coutume ; le deuil l'avait obligé à se vêtir de neuf. Il avait un surcot violet en tirfaine de grosse laine, comme il convenait dans les temps d'affliction; son haut-de-chausse était de même étoffe, ainsi que sa large chaussure; il n'y avait pas jusqu'à son chaperon;
d'une forme particulière au roi , qui ne fût Aeuf, avec de petites images de plomb pla* qoées tout autour. Il aurait presque eu Tatr d'un assez bon bourgeois, n'eût été le collier de Saiut-Uflicfael, qu'il avait au cou, et là dague au, côté. Sa phyt^ionomîe, bien qu'habituellelaoent dure, ne manquait pas d'un certain air 4p supéi'iorilé. Quand il voulait, il imposait / ou se familiarisait^ suivant les circoustauccç* Ce jour-là un léger sourire l'éclairait ; ses yeux perçants se fixèrent sur Lavergne, dès les premiers mots qu'il prononça. Le roi mît ses lu-
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nettes» invenlinn uouvelle alors, lut ses lefrr Xxe^ puis, reportant ia vue sur rcnvoyé,U lui prouva bonne mine. II causait voloutiera avec le premier venu, lorsqu'il était de bonne hu<r tneuv. Bouilleurs Tristan FHcrniitc, que Liivert gne vit sortir, lui avait peut être amioncé que son compère venait de faire pendre quelqù'iuu toujours est-il qu'il était souriant, qqUl dapanda à Lavergne des nouvelles de sa sœur e\ de sou filleul Louis; il voulut même avoir des détails sur leurs occupalions. Celuî-ci répondis en bons termes, avee esprit, et eut le rare bonheur de plaire au roi, qui voulut savoir on qu'il était auprès du eomte de Maulévrier^ i^aveigne le lui dit, en lui expliquant les causes de leur intimité,
. «--«Cbimnent te nomiaês^o? refait i4ittisK|*
— « Jacques de Lavergne, répondît Vcnroyé; mes deux oncles, Amaury de Lavergnc de Lafjiyette et Gaucher de Lavergne de Tressa»
sont an service de votre majesté.
; — € Comment dis-tu? Jacques de LavergneT
*— « Oui, Sire. .
Et le front du loi s'était a8i^ai|)â;î| r^S^
-^ fç Vaux tu owtfer à rnoa^fvji^^r : ■ ^ f Sîre^ il y a jicu d'heure» <jvi* i*ei|$ifp répondu : oui ; maintenant , des nouye|Uîg^ ç|^euçe$ que je rpç^i$ 9^ l'iasiairt, $ur ^l) (r^cîdeiit nrrivq au çomto de Maulévi*ioi*| û^ œe I# pj*metteu4 piis;pU^ t;u'd,âi Je roi me coq* sierve le3. wémea ba»t^« jVerjilçatçfla^^
l'efiet^
; — € CJ^ailoVe estoelle |Piyou^^ ^ïl© ?
— € Oh ! oui, Sire, plus que jamais ! > . t'^xpvesslw. aveq laquflte Uivergue pro-
Voii ne voit nqlle part ce witaen^ ntpéK pi^' 4'^rf^ que par Louis .TJ, îrsembleliii appartenir en propre; (fautov|L jiorneQit de ims rois notm ^it étélnmsi^s pat* iraft* tome, d4R9 up ^tt^triiw e}ll:9I^>Jlf]^
« Par le Jomr-Dieu lui •accé(la , — pitriei TUI.
iroi, qui, dqiais l'entrée de Tenvoyé, Fétudiait tnstiDctiveinent.
— c Tu demanderas à Charlotte si elle aé souvient de notre promenade dans les bois de Vincennes, lorsque je n'étais que dauphin, et de la troupe de bohémiens avec la vieille Mot«ehigaï. «
Enfin Louis XI le renvoya, non sans lui donner des marques d'intérêt pour Louis de Èrézé, son filleul, et pour la comtesse de Maulévrier, dont il rappellerait peu^ètre le mari sons peu, s'il continuait à se conduire loyalement. En attendant, il lui souhaitait prompte guérison.
Après le congé du roi, Lavei^e se rendit à l'appartement de la reine Charlotte de Savoie. Cette princesse I n'avait guère plus de vingt* sept ans. Elle l'attendait dans un de ses salons tendu de gros drap gris, avec galonst franges et lambrequins de laine noire ; elle était assise sur sou fauteuil à dais, égalomentdrapé de gris et de noir, .vêtue de longues et laides robes noires de grosses étoffes sans taille ui plis fixés mais serrées par une cordelière de chanvre
couleur naturelle; elle avait un long voile de crêpe noir sur son bonnet à barbe, qui ne laissait voir nulle trace de cheveux, car la guimpe en toile blanche encadrait la figure entièrement; les pleureuses, aussi en toile blanche, relevaient le parement de ses larges manches. Auprès d'elle, k sa droite, la princesse Anne, Agée de onze ans, et déjà fiancée à Pierre de Bourbon, seigneur de Beaujeu, faisait présager, par son maintien et son regard, la femme supérieure, volontaire, un peu hautaine, et telle qu'elle se montra plus tard, lors de sa i*égence sous Charles YIII. A sa gauche, Jeanne de France , qui avait neuf ans à peine. Cette jeune princesse, contrefaite, avait le malheur de déplaire au roi, qui ne le lui cachait pas; car il la traitait avec une sorte de brutalité dédaigneuse : aussi la prisait-on tout au plus pour complaire à Louis XI; mais Jeanne, malgré son jeune ftge, avait sii correspondre 4le
bonne heure aux gr&ces de Dieu : aussi , loin
de s'affliger des humiliations dont elle était Tobjet trop fréquent, se réjouissait-elle de prendre sa part des abaissements de sou divin
insAt^e. EHq faisait l^ipprentiss^içe de plus flrniUJlQ did^iitui encore qu*él]c devait éprouyçr de la paît de son fuUir époux, auquel oq'lV yâitdéjà fiancée, «t qui devait la répudier plu^ tar^, Ioi*sqi4*il ipoQterait sur le Ijône de Fiauw. C**>st ainsi pres(|ueioujouvs, par Taf/iicaon et les buxniliations, que Dieu prépare lés vpiq^ à ses éhnB} et si Jeanne a éprouvé lés mépri^ du inonde pendant sa vie, nous la voyons aur jourd^Jiui )H>noi*ée Sur nos autel» depuis des fièeles« .
Enfin» danfii la prctfoude embi*asure ^e la croîséey si^r un.lar^e escabeau de bbis/ drapé de gris^ le dauphûi Charles qui- Bavait pas trois ans» i6uait av0e4es enluminures et avec Ij^agrs^Qts de ijifa^jeâne et l>éaâ lévrier de la reîue^Au nooipent où Lavérgne f lït intituluit, .le .dauphin^ debout sur son iescabeàu, appuyé eontre le meneau d^la Xi^néti^, s*^ei4aiti!vec une certaine joie : .
-s^ « Oh! papas*en va!...
^ .-^ < Preue? garde , rpeti Charlet, ^ït lîr rein^ ep le vpyant debop^ : çh}ev eofgoÇQn, veuf
«11^ tQpbar , dç8e^4«ï viiÇf »
Et uc()ue$ nxt BKtzKt ftM
Et ajisViti^t la piinresse Jipanne de^qurir à $on fi ère , pour le faire asseoir çoi^nie U ,4^^ avant*
£{1 effigt. après raudieii.ce donnée à Laver^ gne , Louis XI claît rno|iié h cheval pour ^Qjrtk ^cconfipagné de lord Cra^vford qui CQmvfifax^ dait une conipagnie de sea 0ers ^t BOJ^^sJp^Ç'^ archers écossais. .
T/env(^*é, après le cérénwnja| ^d'u^s^ej remit «à la reine la lettre dont il était char;gé«<4 peine en eùt-elle commencé la Iççture.i^aue Charlotte de Savoie se mit à fondre en larmes^ le dauphin 5^en aperçut; il descendît et ço^jut ^ à la Véine^ se hissâ av^c pqine sur ses seag^x, "et* ossuYaît lès joiies de sa mère avec sea.Bôtifes mains que Lyrà léchait à son tour comme pour partager la doweur poma)uiie; cette honne bête semblait coniprendre ce qui sft passait ; elle aussi, une [mtiesur lesgeuoux de sa maîtresse, et Tautre repliée, suspendue eo Tair, tournait la tête, regardant fixement tantât la reine, tantôt le dauphin.
— c Maman, chicre maipan, disait celui*ci, faut pas pleurer, le roi est parti, va pas ve^âr.
252 CHARLOTTE DE TALOIS.
' — < Madame et très chère mère, reprenait Jeanne, il me semble que d'après les dernières lettres de notre très honorée tante , nous devrions nous réjouir de savoir qu'il plait à Dieu de manifester sa puissance et de glorifier son serviteur, par les miracles qui s'opérèrent à son tombeau et par son intercession. Oh!
madame, prions seulement qu'il plaise à Dieu de nous réunir un jour h cet oncle vénérable. >
Les caresses du dauphia, les sages paroles de Jeanne , avaient momentanément calmé la douleur de la reine ; elle avait embrassé son fils et l'avait remis à terre ; puis l'enfant et le chien retournèrent en courant, jouer sur l'escabeau.
— c Oui, ma fille a raison, dit la reine ; mais Dieu nous permet de ressentir nos douleurs, il en défend seulement Vexcès et ne veut point de nos murmures; mais hélas ! de qui désormais puis*je espérer de bons conseils dans les pénibles et difficiles positions où il a plu à la Providence de me placer ? •
Quelques soupirs, quelques larmes encore