I.T jACovfifi DE nnÈxà. SMS
s'échapfpèreat du cœur gonflé de la reiae ; puis elle ajouta : ,
-TT « Remerciez le comte et la comtesse de yaulévrier de leur lettre ; je suis fort toucbée de ce qu'ils me mandent à roccasion de la f erte que j*ai faite de mon frère biea-aimé ; j'aurai grand plaisir à les revoir quand ii pliima au i^oi de le permettre ; le sire de Brézé ne peut douter de mon estime personnelle pour ses qualités d'autant plus lionorableSf qu^elIes sont rares partout, et même près de nos personnes royales.
« J'ai à vous charger encore d'une commission que le comte de Maulévrier vous autorisera certainement à remplir; vous ferez faire un service d'oM/ dans l'église de Notre- Dame de Chartres ; — voicfi mille livres dont j'ai destinées une partie à cet effet , et l'autre partie à y élever une chapelle à l'un des mystères de la sainte Vierge.
— c Que ce soit madame et chère mère pour le mystère de l'Annonciation, » demanda Jeanne, car cette jeune princesse avait déjà une dévotion particulière pour le mystère quenous
iM CfllitlOtTfe vit ¥àlW9
iétbûè considérer comme les fMréA^èes de notre rédemption ; et ce fut dans le l>ut éê fh(Mfter atee plm de fruit, qu'elle fonda t^ius tard les religieuses de l^Ânnonciade 1 Boui^es, où elle s'était retirée.
^ c Soif, f y consens, * reprit la reine, qui èongédia Larergne en le efaargeatit *us»i éà éùa MttTMir pour l*évèqttedaGhar»e», qfà'Mn ÈrAî en grande estime >
;'«r.îi ■> .-.'';*.
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ite de Haoïévrler* — Ses retretf. ~ n rend eoniptc é^ wà
— ËUMBcmc^i de tous. -> Bxpileailoii v«rtlellc «a'elle tft «MMié* ^ MÉMUW ÉCdaddMM dfe la OMlené**»* nqwilntl^BidnK li«iiatlfa.-*.ta oublie to«| eaoov^
Ëh arrivant & KôUvreiJ» ^acqueà dé Lavêrgnè irôuva le comte roîeux qu'il ne $*y âltendaii, qîioiqû'alité pai' suite d'une ft^acture à k jàmbé; il iregrettâ vivement de û'avoiï^ pag profite des propositions du roi, car il s'aperçut Bientôt que le danger deviendrait d^autant iplus grahd pôiir lui , qU'il allait se trouvei" àanb des rapports cotitlnuelsavec la comtesse 4è ^lilé vrier pfk ^u lit dâ sbn marL
256 CBABt.OTTK DE TAf OIS
Après les premiers embrassements, les in* quiètes interrogations et les réponses plus rassurantes, Lavérgne avait rendu compte de sa mission ; il n'oublia point de rapporter à Charlotte que Louis XI désirait savoir si elle se souvenait de leur promenade dans les bois de Vineennes, de la troupe de bohémiens et de la vieille Motchigal.
Une scène étrange suivit aussitôt cette in* terrogatiouy dont la mystérieuse réserve ne pouvait être comprise que de Qiarlotte* D'à-' bord excessivement embarrassée, elle roi^pt/ •erra les dents et fut prise d*une affreuse attaque de nerfs qui la faisait se tordre les bras ; elle se roulait par terre, et elle finit par perdre tout-à-fait connaissance, malgré les soins empressés dont elle avait été Tobjet aussitôt.
Ses femmes et Lavérgne eurent une peine ex* trême à vaincre la force de ses mouvements nerveux, et ils se trouvaient dans le plus grand embarras. Que Ton juge de la désolante stupéfaction du comte de Maulévrief , qui n*a« Yâit jamais vu sa femme dans cet état, et de rétoiuiement douloureux de Lavérgne,
ET- JACQUES DE BRÉ2t. ^87
cause innocente de cet affreux état ; il Feh* tourait des plus tendres soins, et ne pouvait expliquer à Jacques de Brézé le mot de Vè* Digme qu'ils cherchaient en vain tous les deux.
Lorsqu'enfin Charlotte revint à elle, son mari cloué sur son lit, mais dans la plus grande agitation, ne manqua point de l'interroger avec inquiétude sur les causes de son trouble et de son mal ; il voulut savoir ce que voulait dire le souvenir de la bohémienne. Malgré tout son art dans rexercice de la duplicité, Charlotte fut d'abord embarrassée, et en effet il y avait de quoi ; cependant elle finit par se remettre, et après avoir encore cherché à éloigner une explication, que le comte exigeait d'autant plus impérativement, qu'on semblait vouloir la lui dissimuler : sa femme lui rapporta sa rencontre avec le dau^ phin; mais quant à l'horoscope, elle lui dit : Que cette vieille Motchigai , après lui avoir prédit les plus beaux succès, lui avait annoncé que son mari tomberait dans la disgrâce, et
elle dans un grand malheur. Elle trouvait.
tVI csàrlovte de vAimi
ajoutart-idUe » que lu diagrAce étant amyée»
}} ^taU 1)1^11 erud au roi de lui rapp^r eette eincQAstajQçe.
I4 fsçinte, traMquilHaé par cette confideoce^ fut de Tavis de Charlotte, et il en prit un ad< çroisçement de répuUion centre i»ouis XI; Xavergpe pi'ût ^pasi avoir çompri», daprè?
ce}i(, po4Arqi)oi la i^mt^sse a'étail; d'a))ord Ijrouiblée, et ppurqnoi elle ayait voulu recule? rexplicatioQ ; mais il ne put s'em pécher d'étro lui-même Ixès piéoCiCupé dç cet aveu, foii^q incomplet cependant. iQu'eûtK^e été a'il av^il f^)nnn la véritétout entière?...
Cef te femme était donc ^iissi capable d'être 4))raAlée? JSUie était donc biep «vprtie?..,
Maif elle a*était livrée aana combat à aa ter» rible fi> funegte paasion; au^M Charlotte, l^pur ^'^tourdir, X^edpubls de séduj^tioci envers JUivergne, »t pUq parvint, peM de joura apr^i à lui faire .ou|)lier tputes ses bonnes ré^lur tiens. Il pbtint cependant la permission d^ ç*p|)âentet' troi^ jours pour aller à Cbai'trey au* p^ës 4e Tévéque, afin de remplit* la commis sio^ de |a VQJpe.
ET MCQI]p;S DR p^Éz£, 2^ft
Ï^Pe WPjbe passée, pomine nous la wvQns, QJ^Iigeai^ la CQmte de Mau}évrier k garder ^ ïjt- La prieur, encore une foi», profita de rficcqsion qui se présenta pi^Qcb.e (}e l'appar-r teipsnt (ju lïjalade, ppur rappgltîi? k Uyergne, lof* dQ SOI) pe^our de Chartres, qn'il p'étei!; pp heuye^ÇJ et qu'il ne pagyait p$^ l-ôtre, d'après 9e$ propres aveu?:, en violant aîn&i lea )ois de Dieii pt de l'ho$pitq]it.é ; i) jui r4péto que la vie de ce monde n'est pa§ i)p but, pals i^f ulemept un moyen d!^rriyei? k la v^njable y\e ; qu'on fie l'obteqait que par la viclojre ; qij'ii faut vaincre jusqu'à )a f|n... Qu'il n y a de glQÎie qu'après les souffrances, Jeç peiqea, les douleurs, les sacrifices de toute- patqre.
L^yergpe ne souffla qu'un se^) piot :
^ ? Eb pfliifqupi, mon père... tant de «g?
fijpîfic^?.,.
— c Hélas! mon fils, quelle idée vous fait#fe
V9W dftuc de U^ vie ? PJ'est-ce pas un tableau ]^u9 çn Tïims gai, plus pu moins brillant,
plus ou moins triste sur les premiers planst jMàf^ dpsit }e fpnd e^t toujours orageux et sombre cpmmiç Ja dispoîjition dç yotrcAuie?,.,
260 CnAIlLOTTE DE VALOIS
Mais dites-moi encore, mon cher et bien cher enfant, malgré vos fautes, voire cœur aurait-il déjà corrompu le raisonnement de votre esprit au point de le porter à la révolte contre Dieu, en voulant savoir ce qu'il nous a caché? C'est la révolte de nos premiers parents que vous renouvelez; avez-vous oublié que le péché originel, cette cause mystérieuse, cette raison suprême de tous les maux d'ici-bas, nous a fait décheoir... »
On fut interrompu en ce moment par la voix du comte de Maulévrier, qui appelait Lavergne. Celui-ci promit au P. Donatien d aller le revoir bientôt, et il courut près du malade... Mais ce bon père n'avait plus qu'à prier, à demander h Dieu de faire cesser l'offensé, de punir môme dès ce monde le coupable , si le châtiment pouvait sauver son âme.
' Jacques de Brézé trouva Lavergne triste et pensif; il lui demanda s'il souffrait, et sur sa réponse négative :
— € Èh bien , cher ami , voici vîngt-et-un jours que ma femme ne me quitté pas, je t'at*
LT JACQUES DE BRÉZÉ. 26t
tendais pour te la confier; il fait beau, vous allez partir pour aller à Sorel, puisque c'est ainsi que Charlotte a baptisé son castel ; vous allez voir où on en est, j'y voudrais passer les mois de convalescence, j'y serais plus près de la forêt et de la chasse. »
Lavergne fil quelques objections qui furent facilement levées par le mari et la femme. On partit donc, et les meilleures résolutions furent effacées encore une fois.
} .if-;..
cB&pnRE mu
Xkummtnt l« convalescence dn comte inl permit ût se transpev* ter à filorel. — Nulle sécurité pour les coupàbléft. — De la vénfçanee tialnense dn vieux concierge Humbert. — les énCtfnii ait Charlotte pour leur santé coucbent malbeurensement i la ferme de la Gouronnè. — GombleB ma faiérae bMMélc ^H tréveitaent erimiiielle.
Cependant, la côn\âlesCèncé et râutomnè arrivèrent; le castel de Sorel était habitable, qUojqiie non tèrittîné ; îê comté et la comtesse de Irfâulévrier s'y établirent jusqu'au* prémiers froids. Pendant ce séjdur, it y ëutquefqtiés fêtes, et suHout dès parties de chaésè âalis lèS belles forêts des ênvîrohâ. Cèé Jfiurà^ lîi, Châtlôite se rèiidalt à ftou vrèâ, et y rétrod'vahLavérgné.
264 CHAHLOTTfi DE VALOIS
II ne faut pas croire que les coupables n'eus* seiit que des joies , presque toujours ils se croyaient découverts; ils tremblaient d'inquiétude au moindre mot, à la plus simple brusquerie, qui n'avait aucun motif sérieux ; mais non, par suite d'une permission divine, nulle prévision, nul pressentiment ne devait les avertir du fatal moment où ils seraient découverts, la bombe devait éclater au moment où ils s'y attendraient le moins. Il semble que Ton pourrait comparer la menace qui, commcf l'épée de Damoclès, était souvent présente à leurs yeux, à la menace de la mort, qui peut nous frapper à tout instant; et cependant, comme eux, nous passons la vie dans de continuelles alternatives d'inquiétudes, de craintes et de sécurité fallacieuse.
Ces visites à Rouvres, par leur fréquence,
éveillèrent la curiosité d'un vieux concie^e,
Pierre Humbert de nom, qui, fort de son ancienneté dans la maison, se prévalait de sa charge pour exercer de petites injustices sur de plus faibles que lui. Quelques plaintes avaient été portées au commandant, pt bailli
ET JACQUES D£ BRÉZt. 2^
de Rouvres» qui, aprcsmûrexameuy condamna le concierge; il Tobligea à restitaer non-seulement ce qu'il avait extorqué par abus de pouvoir, mais il lui imposa une amende en dommages et intérêts. Le jugement était bien rendu, il était juste, mais il excita chez Humbert une animosité vive, persistante, rancuneuse, et il jura de se venger de Lavergne. A cet effet, il épiait toutes ses actions.
Les fréquentes courses de la comtesse de Maulévrier à Rouvres ^ pendant le séjour de Sorel, obligeaient Humbert à se tenir en haleine; d'abord, il n'y fit pas attention, puis il s'étonna* réfléchit, examina, et son espionnage habituel des pas et démarches de La vergue, finit par soulever le voile quijusqu'ici avait toutcaché. Un méchant est toujours plus habile à soupçonner le mal et à le découvrir , il semble se retro^iver lui-même , et sa nature, pervertie, l'identifie en quelque sorte avec les circonstances du mal, qu'il devine plutôt encore qu'il ne les voit; d'ailleurs, là où la charité envers le prochain est éteinte, <}uelle place immense pour les jugements téméraires, injurieux, eu-
Stfê ClfARLÔTTÉ 6É VALÔIâ.
yîetii, surtout s'ils peuvent servir la haine t..
Madame de Brézé ayant eu des inquiétudes
pour la poitrine de trois de ses enfants, avait
làu t^toat de Sorèl et d'après les conseils de
physiciens expérimentés, arrangé une cham-^
brè pour eui près de Tétable h vache de là
ferme de la Couronne ; elle se rendait la, pai*
tinë voie ostensible qui avait été pratiquée,
en jetant un pont léger sur les fossés. Il se
trouvait, par une circonstance extraordinaire
mais surtout malheureuse, que la pièce de ses
enfants pouvait communiquer par uiiè oûVer-
tut'e masquée; quoique facile, à la chambre
secrète dont nous avons déjà parlé y et voîcî
feommfent on l'avait découverte et établie;
souvent Lavergne accompagnait Charlotte qiîi
journellement allait voir ses enfants le soir au
moment de lem* coucher; C'ctiiit ordîtiaîre-
meht ITiéure qui précédait le couvre-feu, etle
fcommatidant partait de là pour faire sa ronde;
il visitait tiattirellement la chambte seclètc ,
de iJr, quelquefois, il avait cru enf eridrè la voit
de la comtesse de Maulévrier. Un jour qu'il
était enrhumé , il eut dan^ cette pièce Uflb
^Ititë d« toUï dont les sons arriyèi^ent danlï Ift êhidirrln*è de Tétablè o était Charlotte, dé fbrent de« quéstidtig et dèâ rèehérched jusqa*à lèeqiie l'on e#t décoiiytrl (inè uneietine ËôrtjhmuDicatioD fermée légèrement déjib}^ Ibti^^ temps ^ ê< dont on ne d'âpércetdit {)as, ca- ($hé« qii'eUe était dans le r^tifdhcement A'iihfe vdûte.
Cette déeou vertd parut précieuse à Chai^lôttë qui li'etit de rq>os qu'après avXïîr ôbtehti t[il'()n l*étab)tt Id communication dont elle avait sëtilé ladëf fet le secret^ mais qui pouvait lui procurer ses entrées i^ans ti-avèfser les coulbirs éôlttel'raiils qui lui ftllsàièUi p^ur quelquefïtfé. . î
©h aurait tort liéanniôiils de croire que toui feës rendei-votis se pas^sàsseùt satlâ peines, sans larmes et sans doulem*sf Nous l'avons déjà dit, et on ne saurait trop le répéter, souvent Lavergne, honteux de lui-môme, et pas asse2 corrompu pour que sa raison ne lui reprochât pas sans cesse les désordres de sa vie profondément coupable, faisait partager à Charlotte les pénibles émotions de son âme »
CHAAU>TTË Dft VALOIS.
€* étaient alor» de tristes moments, on répaudait Inen des ]armes inutiles, car elles n étaient pas celles du repentir, mais la conséquence naturelle dn désordre dans lequel on s'était laissé entraîner.
Et à quoi ne s'exposait elle pas^ la malheureuse comtesse de Maulévrier? le déshonneur pour elle» pour son mari, pour ses enfants K.. n semble véritablement que les fautes de la femme participent ici-bas, plus que celles des hommes, aux suites du péché orig^inel ; car ses conséquences ne s'arrêtent point à elle seule, la faute plane autour d'elle, sur tout ce qui l'entoure, même sur ses enfants 1 quelles stimulantes réflexions pourrait faire une femme qui s'oublie, si elle voulait seulement placer sous ses yeux la moindre partie de cea tristes résultats.
aurmimin
iMM «atl wiUturtm état W Ê ùrt A était Uivcrfae — MÊêaO&m et pcMécfl Mir la fcaat m c «c l'Iionune «ni ooklic la loi ëUflM, — Lt conie ftt-u ta«t-à-flyt w«n»i».
I^vei^ne souvent eût voulu rompre, comme on Ta déjà remarqué. La simple raison le lui prescrivait, ses remords s'étouffaient fréquemment ; il sentait tout l'odieux de sa po* sition, il eût donné sa vie pour changer alors, et il ne savait pas comment rompre des chatnés qui pesaient de tout leur poids sur sa conscience opprimée par le remords ; il eût rendu
St70 CHARLOTTE DE VAIOIS.
grâce h celui qui eût pu lui ôter reiisténce en effaçant tous ses crimes, car sa foi, quoiqu'affaiblie, n'était pas éteinte. Il osait à peine prier, mais il faisait prier de tous côtés pour qu'au moins Dieu lui fit la grâce de se repentir et de mourir chrétiennement..
Lavergne avait encore un tort; il pouvait être la suite de ses premiers égarements, qui avaient peut-être obscurci la rectitude ordi* naire de son jugement. Il se croyait dans une condition exceptionuelle, et, isous ce rapport, il M croyait plus nrnlhem^eux qu'un autre, et sous le jougd'iina^spèoe de fataKté. La seide pensée qu'on est [>eut-être une exception dans ce monde est déjà un malheur, sous quelque jour qu^on la considère ; le moindre est peutêtre (l'ajouter h pp|;re 92Qour?pniopm si fafiile ^ Agiter. Il n'y ^ d'Qxç0p|îoo quo dass ks grâpq e^traorii^inairf^ Aqikt Hîm conàA^fpiAi guffpjs rhHraHi^ 4^s. saints, et i^wrlk 0|»
s'fio 4outeç!Motfvçpt ppjpt. Il «mKe quelque--, foi^ eiiû^rj^, mff fHxfiVû^ui tf^eAe fsénin &ott yju dpp g^çf^fOiipa^^di; mai^Qur à lepluj qui g'tei; fy\l {)4s Tfisf^ ppur leqi^l il Tp reçu;
Pouf oDSrnous tout-â-fail e^j^cusisr r^y^^gle^ meot du camtade M.aqlévxier ? N'a4rii pas à ^^ ri^pt'ocb^r.unpeusa tcupviv^ ^eu4>'f 9^ P9ur «afemme ? Ne luilpbstût-ii pasi^uâsi |;|?op d'aip? pire Bw }ui, qu'Ole fascîfiait d'ua/s oif^ièrQ qui p'es( ^9S dajus l'ordre? i-ao^CHu; dp W}^ avait-il toujourB Qu la prexnièrq plaœ ^n^ IpD jCQpup?Et la 'ei;éaj[m*(^ n'y était-ejle J^îen gu'à la seconde? Sans daul^e $oq ^(fecfioM é^it légitJwe, mais encore avec ee carai^l^èr^ QJAh gatûtre^y^a^tril des i^gles primitiyes g^'.ofi n$ doit lamaijs oublier.
Ons'éJonn^era peiut-étre que Layçrgnf ^ çfy^^ lequel 09 jpeat d'ailieui*», et piajgr^ &ei» ^i-? Iilessçs cçupable^, recoim^itre d^9 sef^^inif^its élevés, ef qui^ par cou^quent, ne .deyaif fobftt estimer CharloUe, pûjt rester ^i |^pg<; $ea^ sous un joug qui lui pepit si l(Hiiv4!^7 ment, joug dont il rougissait «ans cpî^fe mV' tj(>utkrsqu'iL levait Jes y§u^ sur son fv^e... f t^fpdççiui-ci lui teudait une m^\u t^i^h^j 0^! quelquefois alors des larmes Ip^gteiQpf retenue^ se faisaient jour tqLUt-à-coup^ ;e| J^Ct ques de ^^'ézé surpris, supposant des peine^
Î72 CHÀHLOTTE DE VALOIS
de cœur dont il était loin de soupçonner Tobjet, redoublait ses affectueuses tendresses*
Hélas ! ne nous étonnons pas si la grâce s'était retirée de Tânié de Lavergne, le bras de Dieu n'était plus avec lui, et son ange, après s'être voilé la face, s'en était retourné pour adorer l'Éternel immuable.
Qui donc, sans les lumières de la révélation, pourrait expliquer ces terribles secrets de notre nature déchue et corrompue? Que) sujet de confusion pour l'homme? Dans quels profonds abaissements il se voit descendre devant la majesté de celui qui l'avait créé à soniniage? et n'allons pas, comme le Phartsien, nous croire meilleurs que d'autres ; l'a» bus de beaucoup de grâces nous rend aussi coupables que qui que ce soit; d'ailleurs, une fois la grâce retirée, il n'y a pas de crimes dont nous ne soyons capables.
Nous voyons tous les jours, même dans le grand monde, même dans la société la plus recherchée, des hommes que l'éducation, la supériorité de leur esprit et de leurs connais^ sances distinguent parmi les autres, rester
ET JACQUES D£ BEÉZÉ. 273
SOUS le jong de femmes corrompues et viles qu'ils méprisent!... Quelquefois encore, faut-r il l'avouer, des femmes entourées dé tout ce que la délicatesse la plus raffinée a pu imal^ner pour les élever avec une recherche mé:
ticuleuse, et qui, s'étant oubliées une seule fois, demeurent en rougissant de colère et de haine , dans les chaînes qu'un homme quelquefois brutal et dépravé leur a rivées aux pieds, aux bras, au cou en se riant délies, et qui, à leur connaissance, vont encore porter ailleurs le g^uie infernal de leur effroyable corruption?...
Oh I mon Dieu ! que de motifs d'humiliation pour l'homme déchu ! et cependant on apei^ çoit encore dans son intelligence, au milieu de ces ruines lamentables, des traces magnifiques et sublimes de sa beauté primitive!
Combien aussi est grand celui qui cherche et qui parvient à reconstruire cet édiSce créé d'abord à l'image de Dieu, et qui, malgré tant d'obstacles, arrive à se façonner de manière à ne pas être rejeté, lors de la construc^
tion du temple mystique et éternel dont Jé-
is
274 CHUtLOTTË DE TILOIS.
Éuii-CfifiÉt est la pierre angulaire et la clé dé nûtèé
(jèrtes nous n'avons pas la prétention vaine et perverse de dévoiler tous les mystères de là tfdrrUption de notre être ; quel bien pourrait^il M rédalter? Il lioud suffit d'affirmer qu'un eddfesseur en sait à cet égard plus que tout abf r0 homme, car il a mission pour cela ; il ]^tiût et doit sonder la profondeur des replié les plus cachés, poUr arriver à les purifier de la fange qui y fait de si affreux ravages, M donner à ceux qui se confient h leur ministère les moyens d'éviter de plus complets naufrâ^ gés; que ceux qui ne le savent point par expé- Hencë en fassent l'essai, et ils seront stupéfaits des lumièi'es surnaturelles qu'ils trouveront ftAtts ces hommes simples en apparence, qui lie vivent point au milieu du monde, et qui )è connaièseut mieux cependant que ceux qui y pissent leurs jours, parce qu'ils le voient à travers le cœur humain dégagé de tous lei Voiles dont l'a mou r-propre s'entoure pour se laire illtts^iou à lui-même.
En résumé qu'est-ce done que l'homme li^
ET lAr.QUÊS DE BUÉZÉ. 278
vré à lui-même? Inconséquence!... Il veut quelquefois le bien, mais plus et trop souvent il fait le mal... Aussi, l'homme livré à la fougue de toutes ses passions, ne doit il récolter que dégoût de cœur, ennui d'esprit, et affaissement moral, le pire état de tous.
diPim mir
Gmbombc le Tleiix ■unkert Tint * s'aycrcevstr f«e êùm étmît tronpé. — Sa dénonetatloB perfide. — to^evr te eonle de ManléTrier* -^ Set «npilMet Jalooiet. — Ses meaacet h Hmiiliert. — Nonvelle dénonclattoii — Preiet de ^mm deeovTrir la vdrlie.
Vers le commencement de Tannée 4476, le temps était froid, humide, pénétrant ; Cfaar« lotte, un soir, arriva transie dans cette malheureuse chambre de la ferme, où Lavette s'empressa de réunir des sarments et de les allumer dans la cheminée. La clarté de la flamme éclaira cette pièce plus que de coutume, et bien que Touverture qui donntil èur
S78 CnÂRLÔTTE DE VALOIS
les fossés fût étroite, elle était dominée par la barbacane qui éclîiîraii h\ lore du concierge Humbert, laquelle se tronviâl en face. Ëtonné de voir ce lieu éclairé, il ouvre sa croisée, regarde, et à trav£rs le peu de jour que les menealix et le plomb laissaient de libre aux petits morceaux de verre, il reconnaît d'abord Lavergne, puis Charlotte; il ne doute plus de la réalité de ses conjectures. Cette découverte funeste augmente la surveillance de ce Wàtft*, \\t désormais acquis un point vùlnè- ^•aWifr, i\ étudiera les circonstances et 11 se vengera!... Sa joie infernale fui fermetés yeux sur les résultats d'une dénonciation, il ne voit point les douleurs inépuisables de ses maîtres, il ne voit qu'un fait, sa vengeance, 0L i\ tl'ion9f)liQ»
.. 4})[|aml eti&i tlumbert s'^est niSs en iBesorè 4e prouver m dénonciation, il va tpoovef ié 4S90ite, et apl'èB avoir amené les clios«ft éè ioiiu comme pour aunoucer un malheur, il i^it même trouver des larmes et finit parlais^ «er ^4)a{)per ie fatal secret.
> l^aatiiiiéur "deiaoqaasdeBrézéfattbiliB^à
eetto nouvelle inattendue, qu'îlne put aux premiers in^tanta faire un 6^ mouiremrat d'aucun de ees membres; un tummlilmnAÉt CDpvuUrf le saisit ensuite ; mnis reprroaot aeé espritSi il voulut punir rinfôni^ qui m pMr« niejttgit de jeter un soupçon %w la rertu da M femme. Humbert connnû^iaant h vîolaMt dea premiei's mouvements du comte, s'était prudefnment assez éloigné de lui pour mettet dos meubles entr'eux deux ; m^ua il tiat hait et offrit sa vie s'il ne parvenait à prouvai* ea qu'il avançait. U trouva encore dang aon vieM dévouement pour Tbouneur d^ ses rnpllrea> de spécieux prétextes pour col^ref d'un verntl reapectable la démareti^ que la vengeani^a çeule lui faisait faire m ce moment.
L'infortuné comte après un lon|^ entrelienj agité des angoiases de lineiBrtiuidëi AieiaaçK Bumbert) malgré ses anciens aervieea pi^ de ses parents et dans sa nmi^on, de lui M^ h vie, s'il n'an ivait im dans un court délgi^ k donner des preuves de sa cruelle dénaneiat tion. Le vieux traître sollicita fri; finit |^ ab» tenir quatre mois.
280 CHAllLOtt£ D£ TALOIS«
A partir de ce moment) Jacques de Brézé bourrelé d'inquiétudes, dévoré de chagrins et dissimulant toujourç» étudiait ainsi avec soin les pas et démarches des deux accuses ; mais son âme généreuse et grande, n'arrivait point à distinguer le moindre indice qui put confirmer son malheur. Déjà le vieil Humbert avait été plusieurs fois sur le point de tomber victime de son infâme délation. Son âge et Fancienneté de ses services, ainsi que les vecomtiibndations du père et de la mère du eornt^ avaient seuls retenu son bras.
Deux mois, bien longs pour le comte de Maulévrier, se passèrent dans ce douloureux martyre sans que Humbert pût rien découvrir de façon a surprendre un rendez-vous d'avaui^ ce. Enfin dans les premiers jours de juin i 476, il parvint h savoir qu'une réunion était projetée dans la ferme de la Couronne pour le pre* mier jour où le comte irait à la chasse. Celuici en fut traîtreusement prévenu aussitôt; et bientôt aussi, une partie de clmsse est organisée pour le samedi 8 juin.
COAPIÏKI nîY
!• CMBtc «e lUimCvrler toit tcniMMit 4« yutir pour la clwMe. — Il reotre et va ekei le traître Hnmbert. — Il ne peai «Milcr 4e fon «Mlkeiir. — Il va retrouver les coupaMca et les transperce de son épée. ^ Lavergne demande le P. Do- MdtaB* ^ Charlotte reçoit rabsointton et rend ràne sans •¥olr vm proaoBcer nn senl mot.
Jacques de Brézé devait, disait-il, aller coucher dans la forêt, pour être dès le lendemain, à Taube du jour, h courre le sanglier qui faisait d'affreux dégftts, ajouta-t-il, et s'arrêter ensuite à un couvent des environs de Dreux pour Toffice du dimanche. Il partit donc ostensiblement de Rouvres vers six heures du soir, et rentra sans être aperçu dès la
282 CHAHLOTTE DE VALOIS
chute du jour: il s'était caché chez Humbert.
Après le souper Charlotte, suivant son habitude, fut assister au coucher de ses enfants dans la ferme.
Lavergne après avoir fait sonner le couvrefeu, et fait sa ronde ordinaire, se rendit à la ferme de la Couronne, par Tissue souterraine, et le comte de Maulévrier, qui veillait à la croisée du concierge , fiit bientôt convaincu de son malheur.
Ne consultant que sa furenr, draié d'tiil poîgoftrd et de son épée, il vole plutôt qu'il ne ikficoud AUX souterrains ; il arriva à la porte secrète, l'ouvre et s'avance vers la chambre par le couloir de communication.
Lavergne entend marcher, il écoute et prévient Charlotte que le comte seul peut venir, car seul après lui , il peut pénétrer ^ans ce lieu ; après quelques efforts qui dppnent a i'iofidèle épouse le temps de fuir, la porte cède'; elle s'ouvre, et Lavergne se jette au*de-f ¥ant du comte outragé, en lui présentant sa poitrine , qui est transpeivcée aussitôt de paît
en {«rt, sans que le coupabi» oi^m^ à o^
ET lÀCQUES DK-^BnÉlt. S8S
peser h moindre résistance, il tombe en ar^ rière, et ïé\)ée est retirée par le meurtrier qui P0 veut pas s*eu dessaisir*
Charlotte éperdue a voulu fuir; elle s'est jetée dans la chambre de ses enfants , elle les a pris tons les trois dans ses bras pour s'en faire un ren:parl, un bouclier; le comte parait!... Charlotte échevelée, se répand en cris et en pleurs, ainsi que ses malheureux en»
fants, qui ne conçoivent ni la douleur de leur mère, ni la fureur de leur père ; elle se précipité à genr )ux , demande grâce , au moins la vie; le comte est sourd, aveuglé par son ressentiment, il frappe sa femme de son épée à la tête , elle se baisse et reçoit dans le dos, répée déjà dégoûtante d'un autre saug que lu sien ; Tarme pénètre près du coBur^ et ne lui permet plus de prononcer un mot intelligible.
Les enfants terrifiés et craignant le mèmt «ort que leur mère, se préci[)iteut en fupnt . dans les corridors et dans la ferme, tout k monde est réveillé, les, sentinelles ne conçois* vent rien à cette surprise inattendue ; on sa liie les uns sur les autres» on ae questionna
284 CHAULOTTË DE VALOIS
8ur la cause de cette alerte, on soune Talarme sans savoir pourquoi , le désordre est k son comble sans qu'on ait pu s'en rendre raison.
Cependant les enfants que leurs sanglots , la peur et la suffocation ont rendu quelque temps inintelligibles , finissent par balbutier ce qu'ils ont vu. On se précipite vers la ferme, dans les corridors inconnus au plus grand nombre. La nuit est obscure, mais calme , et contraste avec l'agitation des hommes. Les lumières sont rares, elles vont et viennent, et souvent sont éteintes par les courants d'air.
Lavergne respire encore, il implore le pardon de son maître, celui de Dieu ; il demande à ceux qui s'empressent autour de lui, défaire venir promptement le prieur. On court à sa cellule, mais on né l'y trouve pas ; on .réveille les religieux qui présument que le P. Donatien, suivant son habitude, est dans sa trihune a la chapelle. En effet on l'y trouve absorbé dans la prière qu'il fait pour les pécheurs Dès les premiers mots, il a tout
compris comme par intuition , il se précipite et
accourt près de Lavergne , qu'il exhorte à la pénitence, en offrant sa vie comme expiation de ses offeiises. Le malheureux est bourrelé dé remords, et ne peut supporter l'idée de paraître au tribunal de Dieu sans que le comte lui ait pardonné.
Le P. Donatien que son expérience près des moribonds a rendu expert, entrevoit que son malheureux enfant peut avoir encore quelques heures de grâce avant de rendre son âme h Dieu; il veut se rendre auprès dû comte qu'il entend gémir près de là ; il passe dans l'au • tre pièce, elle est si peu éclairée, qu'il heurte un corps qui le fait chanceler; il s'arrête et regarde, mais il a peine à distinguer les objets; il approche la lumière, un terrible spectacle se présente à sa vue; le meurtrier fuit, et le prieur en s'approchant de la comtesse dont il avait heurté le corps étendu par terre, baignant dans son sang, la voit dans les derniers symptômes de l's^onie; il lui parle, un serrement de main , convulsif peut-être , lui fait supposer qu'elle peut l'entendre encore; il
CllAnLOTTE DE VALOIR.
profite de cee courts instants pour lui donner rabsoluiion. Elle expire aussildt après la dernière parole du ministre Dieu.