‹ CHARLOTTE DE VALOISChapitre 15 sur 18 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

CSMielnilmi et morallié.

Que conclure de tous ces malheurs? c'est que la beauté est un don trop souvent funeste, surtout si la coquetterie s'en mêle ; que les vertus naturelles de douceur et bonne volonté sont sans mérite et sans fruits, si on ne gravite avec force dans la route de la vertu, où Ton ne se maintient qu'avec efforts et au prix de mille sacrifices; que la force duca*

ractère, bonne en elle-môme, peut avoir de

to

funestes résultats si elle dégénère en violeiice; enfin, que la grâce de Dieu, peut ^eulo nous maintenir dans la bonne voie si nous y sommes, ou nous y faire rentrer, et qu'on ne l'obtient que par la prière persévérante.

Srra DE Ll LETTRE DÏÏTRODDCTDl

« Vous voyez, mon cher ami, que j'ai usé largement de la liberté qu'on a de traduire et de compléter une chronique assez tronquée; puisse t-elle ne pas trop vous ennuyer. Je croîs devoir maintenant vous faire quelques observations sur l'auteur primitif et son écrit :

t <'» Il se trompe, je crois, en nppp'ant le coupable Jacques de Lavergne ; mes rochcrchcs m*ont fait découvrir qu'il s'appelait Pierre de LaVergne, qu'il était gentilhomme du Poitou et veneur du comte de Maulévrier ;

€ 2» Peul-étre n'est-il pas assez constant que Charlotte ait eu des relations coupables avec le duc de Nemours. Tout ce que j'ai pu découvrir à cet égard se trouve dans un article de journal sans caractère authentique; car le grave, indiscret et irrémissible Moniteur n'existait pas à cette époque, ni même le Journal des Débats, si habile à dévoiler tous les scandales des bagnes, des maladreries, des cours de Miracles, des Porcherons, etc. ;

< 3<» L'absence absolue, de journaux alors laisse aussi la date de la mort de Charlotte à la discrétion de qui voudra s'en servir à son gré. J ai trouvé des écrivains qui la font mourir en A 470, en 74 , 72, 74, 76 et 77 ; Jean de Troyes, dans sa chronique, dit que c'est dans la nuit du samedi au dimanche 6 juin ; d autres, dans la nuit du >l 4 juin ; et cependant sa lombe^ f eoouverte en cuivre jaune, portait la date du 5 juin ; mais le P. Anselme dit que c'est à tort, et lui-même, dans deux articles séparés, donne deux

LETTRK DINTRODUGTlOIié 509

dates difli^ntes, et la fait mourir à Romiers^ près de Dourdan.

c 4^ Le traître dénonciateur, valet de cbam«* bre du comte de Maulévrier, s'appelait Piçpe Lapothicaire^

< Mais, sur quoi je ne puis vous laisser dans le doute, mon cher ami, et par oit peut*étre j'aurais dû commencer, en vous Tannonçant dès mon début, c'était de vous prémunir contre ridée que vous pourriez attacher qudques croyances à de criminelles prédictions, ou à de coupo^les prophéties. Tout ce que vous avez vu à cet égard, dans cette chronique, est puisé dans la liberté que je me suis donnée d ajouter ce qui me paraîtrait pouvoir répandre deFintérèt; mais c'est de pure imagination, et cela n'y a été inséré que pour mieux donner l'idée des mœurs du temps. Souvent, à cette époque, l'ignorance, jointe à un fait ^ple, a pu confirmer quelques esprits faibles dans leur crédulité, parce que

040 eBARLirrra be Vâteift#

tks évéïleBients umi venus coneeiiirir av«e dis ' prévisions hasardées. Dieu meroi, <M ite toH plus de semblables superstitions que chez des gen$ tout à fait dépourvus d'in$tfuction, ou faible d'esprit et de foi, ou, chose étonnante, chez les personnes qui se donnent les airs prétentieui de ne pas eroin ep. DieurU. LllK^mme • m H besoia d^uno croyànos iiinii(iiF6llc que Isnqu'il ne vaut pas emrn aux mytHkK$ ^ la févélâiio» t^ qui poiârraidiit gèoar aea PMMm m $0i balxtudet, il aa rattacha vdontîers k éB$ idées superstilkttaes.

< A Dieu ne plaise que lès drconataiieas da ce iécii puissent confirmer qui que ce soit dans d'aussi coupables croyances; el pour prala$l(^ contre toute interprétation ou iuduclicm qw Ton pourrait m tirer, ja vou9 U népèt^^ a'ast pour mieux peindre Tépoquii et 1^ caraatèra sa^ perstitieux de Loui&Xtl^ qsi aa sa ftiistH pPÎltt faute da çrrâre fm\6mmii^ ff^i Oow4i^i^lm

haitia ou MiHlUtîauai 4ouv«l^t mimimm

LBTTA£ b'iNTiiODlCTIQK. 51 i

priée, et qui parfois à*eo est fait une arme dé-r terminante.

< Encore^ pt pour la troisième fûis^je n'm trouTé dans aucune histoire du temps uq fait ep {rapport a?ec la bobémienpe de cet épisode historique ; elle s(x\ tout entière de mon cerYeau, «09101e. Minerve est sortie de celui de ^iitpiler»

f J'ai biçQ gfieprQ un scrupule que je dois vous confier : ?ous trouferes une quantité de réminiscence^ de nm lectures, ou dps discours 'que j*ai entendus, et je ne les ai pas noléesou ia- (}iquées ; ce n est pas que je veuille me parer des plumes di) paout ^^ refuser de rçndrc a chacun (26 qjuî lui appartient; mais comment faire? la plupart du temps je me souviens du passage, de la pensée^ sans me rappeler de qui ils sont.

• Si le c^a: 4es pensées est invention, comme on Ta dit plus spirituellement que judicieusement, je reconnais toutefois volontiers, et de tQul mon cœur, que ce qui peut se trouver de IfOfL da^s cet opuscule m'est venu des au-

3>i2 CHARLOTTE DE VALOIS.

très, et que ce qui s*y trouve de mauvais vient de mon propre fonds, sauf les faits positifs, constants et historiques que je ne puis pas changer ; d'ailleurs, ce n'est pas un ouvrage d'érudition à consulter, et j'aurai atteint mon but, si j'ai pu distraire utilement, en donnant le désir d'étu* dier du point de vue catholique la plupart des &its de rbistoire, si étrangement interprétés par la généralité de nos écrivains.

« D'autres plus scrupuleux , et à juste titre peut-être, pourraient me reprocher le sujet de mon canevas : je serais tenté de leur donn^ raison ; mais les circonstances et les lieux me Tout fourni , et je ne Vei pas choisi positivement ; j'ai dû seulement chercher à le présenter sous une couleur religieuse, afin d'en atténuer le danger : ai-je réussi? vous en jugerez.

c Enfin, si vous trouvez dans mon récit des fautes de construction, je voudrais que votre indulgence put les attribuer : aux idiotismes que Ton contracte en pays étranger, surtout

LETTHË d'iNTRODOOTION. 545

lorsqu'on y a été élevé ; ou mieux encore au contact du vieux langage des chroniques que j'ai dû feuilleter ; 1 Important pour moi , est que vous

n'y trouviez pasdenéologismes. Non que je mé* prise la science , ie génie et le jugement qui in* ventent ou établissent des mots nouveaux , car après la vertu, je crois que le plus précieux ornement de Tesprit humain est la science qui perfectionne toutes les facultés naturelles ; mais aussi de toutes nos facultés , le jugement est le plus estimable, car cette faculté dirige et gouverne les autres ; or, je trouve que depuis longtemps, on fait en littérature un étrange abus de ces prétentieuses hardiesses , ce qui ne prouve pas en faveur de la société actuelle. Aussi, combien devons nous comprendre et approuver cette lutte engagée avec tant de force, d'éloquence et de dignité par notre clergé, avec Tépiscopat à sa tète, dans la question de renseignement ! Nous tous cathoHques, nous devons avoir des entrailles de mère , pour la jeunesse dont il est néces-

Si 4 CHARLOTTE DR VAL^S,

8a>re de former le cœur et le jugement , car alors rame peut contracter Tbabitude de se raidir contre la paresse naturelle à Thominei» et elle devient capable de comprendre les occupations utiles et sérieuses.

€ Je vous donne tout ce qui précède comm^ appendice, puis je continue ipa lettre.

c Vous saurez donc que la belle Diane, qui avait eu une conduite irréprochable pendant li vie.de son niarit et qui le regretta sin#ài;çinent, en porta le deuil toute ^ vie, mém lorsque Henri H était son maître. Il en existe pour moi une preuve dans un petit salon qu*e)la avait fait orner dans son château d'A^net, appartenant aujourdhui au comte Adolphe de Caraman. En homme de goût éclairé, il fait restaurer ce qui peut rêtre,9u milieu de ces ruines magnii^ques; il a fait rétablir les ornements de ce salon, dont les peintures des caissons du plafond sont siir fond npir, avec les oruenients d*or et d^argent, sauf les couleurs naturelles du bois et celles d<¥

LITTRE D*lflTRODUCT|0!f. SIS

armoiries ; on sait que pour lès rois, las prineas et les grands, Tor, Tàrgent et le noir formaient

le deuil.

c Je ne sais si <hi a femarqué ailleurs que Diane était arrière-petite-fiUe de Logis XI, par sa grand'mère Marie, fille de ee prince et de Marguerite de Sassenage^ qui avait épouM^ Ày* mar de Poitiers, seigneur de Saint- ValUw» ot que cette petite-fille a épousé un petit-0!s de Charles Vil, Louis de Pri^zé, filir da Charlotte dont vous venez de lire l'histoire,

« En passant devant l'église d'Anet, on ne peu V trop regretter qu'Albércmi, qui en^vait été nommé curé, ait trouvé cotte charge au-dessous du fils dun sonneur d'égh'^e ; nous n'eussions pas vu peut-être tous les bouleversements politiques que cet ambiifteux ministre a œcask^néf dans son temps.

< Vous savez que c'està La Ronce que je vous écris tout ceci , dans cette ferme où Charlotte^ ^IrQp, vint boire dM lai|, avApt d'aligr k Soine]^

34B tUARLOTTE De VALOIS*

en passant par la Ventroûîllerie ; que c^est après avoir vu les ruines de ces châteaux. 11 reste peu de ruines à Sorel ; cependant la porte d'entrée après les fossés, qui paraîtrait dater de la Renaissance, mériterait d'être conservée précieu«sèment ou d'être transportée ailleurs.

€ Vous saurez encore que La Ronce est devenu une aimable et bonne retraite, où LuUi, qui Ta habité, a sans doute composé de beaux motets pour Saint-Cyr, sur la demande de madame de Mainlenon ] c'est là peut-être qu'il a écrit celui qu'on y a chanté jusqu'en >I790 : il commençait par ces paroles : c Dieu ! sauve le rai!... > Et les Anglais, ccmime de beaucoup de choses plus graves, s'en sont approprié la musique, en y appliquant leur < God! save the king !...% et ils soutiennent encore que c'est un air national. C'est ici que, depuis, madame la vicomtesse de Sourches a ramené la vertu et le bonheur pour ceux qui l'approchent • elle y a fait séjourner d'autres illustrations : NN. SS. les

LKTTRE D ■INTRODUCTION. 547

cardinaux de La Farre et de Latil, les évêques de Gand, de Chartres, d'Hermopolis, et d au-» très encore ; le dernier, enccHre abbé, y a écrit certainement quelques-unes de ses admiraUes conférences, que j*y ai lues dans un exemplaire donné par Fauteur,

c L'auguste fille de Marie-Antoinette, la digne petite-fille de Marie-Thérèse, et Marie-Thérèse elle-même, plus illustre par ses vertus et ses malheurs incomparables que par sa haute nais^ sance, étant dauphine, y est venue déjeuner en avriH828.

c Hier, 24 septembre 1845, une aimable et nombreuse couvée de neveux et de nièces est venue déjeuner dans ië parc, au même lieu, et 4ous semblent participer à la douce influencé des qualités supérieures, et gaies en Éièmt temps, de Texcellente châtelaine.

• € Notre ami Ernest est ici ; sa gaité juvénile ^t franche, amuse. A la campagne, un enfant devient une distraction souvent utilç; jsongoût

SIS CBàaiOTTR DE VALOIS«

|H>ur la musique, la douivur de son caractère, lui font pardonner facilement ce que son naturel peut avoir quelquefcMs d'un peu abrupte; on veut bien iraii^r avec indulgence sa jeune inexpérience. Eu voici une preuve : notre pieuse et zélée châtelaine a bien voulu acoueillir avec em- (N^essemant Tidée quil lui a donnée de placer dans son salon, à la campagne, un tronc pour Tœuvre si admirable de ia Propagation de ta , foi; elle est trop peu connue dans le grand monde, et cependant elle est Vœuvre par excel* lence, puisqu'elle est la continuation de la mia^sion de Jésu&-Christ (h) .

€ Demain je partirai à regret, et quitterai oa aalme séjour ; il faut laisser la place à d'autres. On attend la famille de Saint-Priest, qui doit yei* nir prendre sa partdes bontés de la obère tante. Le vicomte de Saint-Priest , duc d'Almazan, 4oat un des ancêtres a épousé Isabeau de ValoiSt fille légitimée de Louis XJ^ est «i ce mo»

{%) VairlâiMtaàbflndaTelttiiie.

ment à Berlin, où d'auguslei^ volontés l*<nit ap.^ pelé, et où il se trouve en royale compagnie i on y compte) dit'^oD^ «êpt létes couronnées, Vingtsept princes souverains de la confédération ^r^ manique, et soixante-dix autres princes leurs agnals ; c*est une espèce de congrès. Dieu veuille bénir les instruments de ses volontés miséri^ cordieuses sur nous; mais j'aumi toujours bien de la peine à croire que ce soit avec des élé^ me&ts schismatîques H h^H^ques ffut sa Providehce nous manifestera ses grâces, ses bien* feitS) ses faveurs, et bénira nos espérances^

« MaiSi me dîrea^vous^ au mjet de ces der« nières lignes, comment cela floira^tHyif le vwi répondrai : par l'imprévu.

^ Tout ce que nous pouvons faire, ce semble, c'est de ne compter point sur les choses ou les hommes qui sont naturellement, ou qui se mettent en avant; confions^nous en Dieu seul; demandonsrlui que son règne arrive; son règne c'est Tordre : Tordre amène Tordre ; et de là, ce

520 CHARLOTTE i>P. VALOIS. -

qui est dans Tordre vous m'entendez bien.

u Quant aux moyens, Dieu ne nous a donné que des lumières excessivement bornées, et il nous étonne à tout instant par des coups inatr tendus, imprévus. Quoi de plus imprévu, en effet, que la catastrophe du >I5 juillet de TanDée dernière? Les hommes y ont41s été pour quoi que ce soit? Et cependant que de calculs renversés!

- c Je yoos avouerai donc qu'après ma profession de foi religieuse, mon système pour Tavenir de ce monde ne s'appuie que sur Vimprénu; ce qui ne le sera point pour vous, c'est Tassumnoe de mon amitié. »

La RoKce» S9 scptfmbrt 1813.

(a) Rouvres pag. 22.

Voici ce que l'on trouve dans la géographie de Èàuêràn^ édition de 1682, au mot :

« RoBUR, RouvHES; vicus galliae, in'Belsia provineia ad ve- « geriam amnem? aliasque oppidulum carnutum satls eultum «* et antiquum, ubi Druida; sacrificia habebant, vit dimidia « leuca distat ab Ânéto Castro ; in eo obiit anno 1476. Carola « flUanaturalid Garoli Vil francorurn régis. »

« DrOCUM^ DUROCASIIS, DllOGiBOU DROCJE, DREtX;

« Leacis à Carnuto. Fuere etiam magi seu sacerdotés gallU « ^11 praecipu0 inter earnutes degebant et sspissime sacri-^ « ficia habebant in Boboribnê sacrîs in anttqua traditions ; K Abi nunc vicus de Hoborihuê dictus Rouvrei tulgo, a{{ « vegram amnem »

La MARTmiltie, édition de i768, a Tair de traduire un de €tid flassages à Tarticle :

41 Rôo?REd, lieu de France dans la Beauce, diocèse dé « Chartres, élection de Dreux j il est situ^sur la Vesgrjs, à

« une demi-lieue du château d'Ânet. C'était anciennement ui « gros bourg des Carnutes, Ton croit que c'était le lieu ou « les Druides faisaient leurs sacrifices. »

André DU Chesne, dans ses descriptions' des villes et châteaux de France, dit :

<c . ... Ceux qui veulent tirer le mot Dreux de Druyde « ou Dry 8^ qui signifie un chêne ^ à cause de

« Ils furent appelés driiydes du mot grec qui signifie chei" « nier, »

Il est constant que les druides avaient un grand nombre d'autels et d'établissements dans les Carnutes, le principal était situé entre Chartres et Dreux, dans un lieu appelé aujourd'hui la Garenne de Poisvilliefs -, et leur souverain pontife avait son siège au lieu appelé les Goutières.

Au mot Rodvres-sdr-Veghes, dans le nouveau dictionnaire complet de la France, par Briand de Verze, revu par Varin-Thierry (1843), on lit que c'était jadis le «éjour remarquable des prêtres druidiques, et que c'était aussi un lieu considérable où les rois de la seconde race avaient un château dans lequel mourut une fille de Charles -le- Chauve.

Boudot, dans son dictionnaire latin au mot Robur, Texplique ainsi :

« Le Roovrë^ c est une espèce de chêne plus petit, plus « dur, plus noueux, sur lequel croit facilement ie guy. »

Le Dictionnaire de V Académie ûaane la même définition aux mots Rouvre ou Rouue. .

Il résulte clfiiiement pOur moi de ce qui précède, que le village de Rouvres a pour origine un bois de chênes ûams lequel les druides se retiraient pour leurs sacrifices. On sait qu'il y en avait beaucoup dans le pays des Caroutes, qui habitaient cette partie de la Gaule celtique, qu'on a appelée depuis le pays Chartrain, et que Jules-César eût tant de peine à réduire.

Il existe aussi en Lorraine et en Bretagne des Heax de ce nom, qui ont certainement la çiéme origine; car la Gaule armoricaine surtout, a longtemps conservé le culte de la lune '

dirigé par les druides. Les druides étaient eux-mêmes partagés en cinq classes.

Les vacies pour les prières et les sacrifices.

Les séronides pour les sciences et l'nistruclion. ^ Les lardes^ poètes et musiciens, pour encourager aux combats et à la vertu.

Les cubages pour la science divinatoire et prophétique, tirée des sacrifices, des astres , etc.

Et les causidiqùes pour rendre la justice.

Les druidesses étaient aussi divisées en trois classes.

Un de mes parents possède, près de Dinan, le château de bouvres qui est encore entouré de bois de chênes.

Ce qui doit confirmer noire opinion, c'est qu'on sait que dans le midi de la France, et surtout en Espagne, la lettre h se prononce indifféremment 6 ou i?, et que Tétymologie de beaucoup de noms propres ou de mots s'appuie sur cette altération dans la prononciation 11 n'est pas éîonnant que de semblables, et même de plus graves altérations, aient eu lieu à une époque où la science d écrire était une exception.

A lappui de ce que nous venons d'émettre, nous citerons encore deux noms de famille qui prétendent à la même origine, et qui portent des armoiries semblables, qu'on appelait parlantes, parce qu'elles rappelaient le nom de ceux qui les portaient ; c'est en Italie l'illnstre famille délia Rovere dont étaient les papes Sixte IV et Jules H, qui ont fourni un grand nombre de cardinaux, les ducs d'Urbin et les princes de Cûmerino. En France la famille Grimoard du lloure : elles ont toutes deux pour armoiries un chêne noueux dessiné de la même manière, on les biasonne ainsi : d'argent, au chêne de sinople^ englantè d'or.

Quoiqu'il en soit et malgré mes recherches, il m'a été impossible de découvrir l'origine plus récente du château-fort qui a existé dans ce lieu, ni l'époque précise de sa destruction ; toutefois son existence ne peut êîre révoquée en doute. La tradition du pays est constante à cet égard, et il en reste encore quelques légères traces.

526 NOtE$.

Quant à la ferme de la Couronne^ il en existe toujours luie de cjn nom, probablement au même endroit où était l'autre, car nous n'avons pas la prétention d'affirmer que ce soient les mêmes constructions.

[b) Cartes pag. 84.

C'est une erreur assez généralement répandue que Tinvention des cartes date de Charles VI, pour qui on les aurait imaginées afin de distraire ce malheureux roi dans ses accès de mélancolie. Les cartes nous viennent d'Asie et nous sont parvenues au retour des Croisés, sans qu'on sache précisément chez quelle nation elles ont pris naissance. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'avant d elrc fixées connniniément au nombre de cinquante-deux pour chaque jeu, elles avaient souvent subi des modifications, soit pour les figures, soit pour la quantité, soit pour la grandeur. 11 existe encore en Espagne, en Allemagne, en Sui.ssc et en Pologne, à notre connaisisance, des caries qui ne sont point faites comme les nôîres, ejt dont les persoimages ainsi que les figures dessinées différemment ne portent, ni les mêmes, noms ni les mêmes couleurs. On peut se procurer en France des cartes de Tarot ^ qui sont au nombre de soixante dix-huit pour chaque jeu, et dont U« figures et les images n'ont pas de rapport avec celles dont nous nous servons habituellement ^ on eu fabrique à Besançon. Mais il est vrai que ce fut yac^^/e mm Gringonneur^ peintre de la cour, qui, le Giroux ou le Susse de l'époque, donna aux personnages et aux figures des cartes, une enlumi- "Hure moins grossière qu'avant ; de plus, le nom d'un personnage célèbre fut attribué à chaque figure. Jacquemin Gringonneur les présenta au roi qui en fit son amusement ; de là cette vogue des jeux de cartes qui n'a fait que s'açcroiire depuis, par des combinaisons multipliées, sous différents noms, et qui font le délasR'mcnt ou malheureusement loccupation de tant de monde.

[c) De I mitatione J .'C piig. |2{.

Nous avons suivi dans cette chronique lopiulon commuij^i

KOTES, Ç^J

surtput à cette époque, et nous ne prétendons en aucune mapière décider la question si souvent et si savamment agitéjB. de savoir quel est le véritable auteur de ce livre admirable. Ceux qui Font attribué au moine Gersen, ce sont évidemment trompés parla pqnfusjpnijiCils oqt hi^ ?V6Ç l| QQiq du seyant ^t piejiq^ Gers(;Hi^ chanpine et çba^qeiUçr df }'^^is^ de P^pis; si pe n est pas V^M^Te dç ç^ cjocte pçfsoni^ff^^i ^^^11$ fjpuf âtr^ attiribMée ^u'au^ipt moijae à &empi$.

Aujourd'hui la question parait élre solidement établijç pfiv |i|B^ gf(¥^|its, qjui ep Jçnjt hpinjeif aja jctençe^ier ff p: spn. jLa c^éq^çnçiiB }a plus profitable qi^ie ^'9,1» puisse ^rer ^e rin? Giertj^tu^e 9$ 9P a ^té si lopgt^mps ^ qet f|;ard, p'^t qije fig diVjin pgYr<|g^ p§t le f|*uit de$ }|ii^dItaUojg|s profoufjef de \1^^ OHUl^ la g^jeujL pxen ée, puisqpe T^iq^ii^i' n y a ^ ra^^pç Jattaché son nom de son vivant.

Qn p^t consulter Ips ((ernlèrps dissectaliqns pp|)lijéf$ sur c^^ ^piortant puvragp ip( notamment la vipdu çl^gncelier Gef; son, par Onésyme Lerqy.

. (.rf) Prieqner lîyrp imprima a Paris. . . • • pag. 124.

En donnant ici Topiiiion de Gabriel Naudé dans sou addition à Hiistoire de Louis XI, nous sommes loin d'affirmer c^ que nous répétons après luf .

Tout le monde sait, que c'est Jean Guttemberg quia Inventé Tiçiprimerie ; mais des savants prouvpnt aujourd'hui que les frères Ulrich ou Udaïrich ne sont pas les premiers imprimeurs de Paris; ce serait, suivant eux,' ^lichcl Fribur^er, Udaïrich Quering, et Martin Rrantz, qui s*kablircnt' rue Sfti^Wacqpe^ .QM à la Sprboiipe. Lef pepso^n^ fljji fefafeni| curieuses délire ijne dissertation dpci^ive et intéressante 4 pe sujet, doivent sç procurer le iicfu^ kifVii^^i ^^ fi/^lf^" ductiçn de l imprimerie à Par^s, par M. ^. Taillandier ; on le (rouve en euiier dans le treizième volume des Mémoires sur les antiquités puWès par la Société royale

dei aniiquaireM de France. D'après cet auteur, le Spéculum vUœ hufnanœ serait le dixième ouvrage imprimé à Paris, et non le premier.

{e) Vierge mère pag. 150.

Pour des chrétiens instruits, le don de prophétie ne suppose pas nécessairement la sainteté dans celui qui en est ho* noré ; la foi même ne peut que s'affermir du témoignage d'un ennemi.

Sans parler des sybilles dont les auteurs sacrés et profanes font mention, nous voyions dans TAncien^-Testament : que Balaam , enchanteur de la gentilité, prophétise la naissance de Tenfant Jésus ; dans le Nouveau-Testament nous lisons : que le grand prêtre Caîphe prophétise qu'il fallait que Jésus- Christ mourût pour le salut de tous.

Le récit des auteurs profanes sur les âmideeêet de Chartres, peut donc avoir un certain degré de véracité que nous nous garderons bien de révoquer en doute.

Ce que nous av(xis lu, il y a peu d'années dans les annales de la Propagation de la Foi^ sur la sauvage prophétesse des ilei GamJner^ du nom, de Toapéréy viendrait au besoin à Tappui de ce que nous avançons ; les faits dont nous parlons sont curieux et ont tant de rapport avec ce qui nous a occupé dans cette citation, que nous ne pouvons résistera la teutation de les mettre sous les yeux des lecteurs qui pourraient en être curieux.

C'est l'extrait d'une lettre qui se îrouve dans les Annales de la Propagation de la Foi^ tom. 14, pag. âSâ et suiv., années 1842, nunoéro 82.

Extrait d'une lettre du R. P. Laval^ miseionnaire de la société de Picpus^ à un P. de la même communauté, en date des îles Gambier^ le M man 1840.

« Je veux maintenant vous parler, mon â. P.,

d'un personnage dont le nom est ou ne peut plus célèbre dans nos tlet . 11 y a des-i^hoses si singulières dans sa vie, que je

crois devoir vous les communiquer, ne fût-ce que pour vous prier de nous en donner votre avis.

« Il s'agit de la propbétesse Toapirê. J'ai déjà pstié de cette femme; mais, au cas que mes précédentes lettres se soient égarées, je vais répéter ici les mêmes détails, en y joi« gnant les nouveaux documents que j'ai pu recueillir sur ses prédictions. Ce n'est pas un témoin seulement, c'est la popi^latiim entière de file j4katnaruy ou plutôt ce sont quatre îles qui attestent que tout ce que je vais vous raconter de Toapéré est réellement ce qu'elle a dit cent fois en public et devant quiconque a voulu l'entendre. J'ai interrogé une foulé de personnes en particulier; et en comparant leurs dépositions, je les ai toujours trouvées conformes. J'ai exigé particulièrement et j^ai reçu par écrit celle du chef d'AkamarUy parce qu'il a vécu dans la conflance particulière de Toapéré^ en sa double qualité de Taûra (prêtre des idoles) et de parent de la propbétesse. Je crois donc avoir des renseignements très certains, eu égard au grand nombre et à la sincérité des^ témoins oculaires, et aux précautions que j'ai prises pour ne pas être trompé. Après ces préliminaires, je viens à mon récit.

« Toapéré était de la classe du simple peuple, et ce ne fut que vers l'âge de trente-cinq à quarante ans, tandb qu'elle vivait dans son ménage occupée à élever sa famille, qu elle commença à se dire inspirée des dieux. C'était sous le règne de Mapururèy grand-père du roi actuel. Durant quelque temps, elle ne différa pas des autres prêtres ou prêtresses qui abusaient le peuple avant sa conversion. Elle poussait comme eux des cris inarticulés et finissait, selon l'usage, par demander des fêtes ou des présents, au nom du (£eu dont elle prétendait être possédée. Mais bientôt après, la scène cbangea. Toapéré se mit à parler distinctement, et les premières paroles qu'elle prononça surprirent étrangement les naturels. Je traduis ses expressions telles que je les ai recueillies : « Nos dieux sont vaincus, s'écria-t-elle. Voici le ff Dieu de l'étranger ; cette terre va bientôt passer sous sa

fm

« puissance. Kncore un peu de temps, et des hommes bons *'vorit arriver ici. Je Tai vu, ce Dieu, maïs qu'il est grand ! « il remplit les ténèbres et la lumière : je Tai vu, sa lèvre su*

V pérFenre touche au ciel, et sa lèvre inférieure descend jus-

V qu'aux abîmes. Nos dieux ne sont rien auprès de ce grand w Ûiéu ! «

o £lle ajouta que cet événemeut devait éire précédé (Jiç )af rivée de quelques navires daps le port cjie G9q[4>j^i^ j <^? {es insulaires n'en avaient encore vu que de loin. »> Ces élraar ft gjSfs, disait Toapéré^ ne sont pas tous bons ^ fis auront des .fc ^omièlés avec les habitants de 1 ile. Mais après eu^, il vieaj ^ra un vaisseau de 1^ parfie de la krre qui est ^p bas, au- 5 dciîsous (}e nos pieds. C e^l ce navire qui vou$ apportera « des ^ommjBs bons \ il vous enseigneront une ^ouveU^ par < ^le, pelle que Ton en^eigqe au l>a$ de la Urre. Le peuple « (es écoutera, et se soumettra à leur graad Dieu ; iQass vom ^ devfsz essuyer auparavant une grande mortalité, et il n'y « ^ura que les forts qui verront ces étrangers. »

« Toapéré alla jusqu'à désigner précisément le lieu où ils devaient aborderl » Ils descendront là où je suis, ils vien- « dront commencer leurs prédications à jékamaru ; ce ne « sera que plus tard qu'ils passeront à la grande île. » Enfin elle annonça, contre toute apparence, la royauté future de Maputéoa^ le roi actuel : « Tu verras ces changements, lui « disait-eHe à ïui-méme ; et alors ce ne sera point Matua^ ce « ne sera point Makopunui^ ce ne sera point... (ici elle citait « un troisième nom que je ne retrouve pas), ce sera toi, « Maputèoa^ qui régneras ! » Elle avait aussi prévu sa pro-^ t)re mort, et elle l'a mille fois prédite en public. « Que vous *« serez heureux avec ces nouveaux venus, mes petits en- * fants ! car vous qui êtes jeunes, vous verrez toutes ces « choses; mais moi,' je ne les verrai pas. Je dois mourir au- " paravant, ainsi que le roi Mapururè. » Elle ajoutait : « Voici une marque de la vérité de ce que j'annonce : lorsque « je serai morte, ce sera alors que ces étrangers arriveront.

' pour se fixer parmi vous, et bientôt vous rendrez témoi- « gnage A roa parole. »

« D'après mes ronseignements, toutes ces choses ont été clites avant que les événements pussent être prévus, et les na* turels prennent plaisir encore aujourd'hui à me faire observèf qu'elles se sont vérifiées à la lettre.

M J'oubliais une circonstance de la prophétie de Toapéré* £Ue avait annoncé que ces hommes venus des antipodes, introduiraient dans les Iles de nouvelles plantes alimentaires et des animaux inconnus, qui remuent les feuilles sèches et fa poussière r c'est ainsi qu'elle les désignait.

M J'ai déjà ait qu'à l'époque où notre sibylle vendait ses oracles, aucun navira n'était encore entré dans Je port de Gambier. Depuis, il en. vint plusieurs à différentes époques, •t souvent les équipages malti'aitérent les naturels ou en furent maltraités. A la vue de ces vaisseaux, on courait vers Toapéréj pour lui demander si c'étaient là les hommes bon^ dent elle avait promis Tarrivée. f Quoi, ces gens^i? répdn-* c dait-elle, non, non, ne vous mêlez point avec eux, ce sont « des hommes mauvais, pt puis, suis^je morte pour que les « hommes i)ons puissent arriycr? » Une fois, dans un accès d'enthousiasme, elle s'écria au milieu du peuple : n Frappez « vos toga, frapi)ez vos réréki, pi*enez vos plus beaux or- « neinents! Le voilà, ce navire, il vient, U arrive! les voilà, 9 ces hommes bous, qui doivent enseigner ici une nouvelle « parole, et vous rendre tous heureux I « On prit «es parolsè 9 )a lettre, on se prépara comme ppur une fête; puis on vint demander à Toapéré où était donc le navire qu'elle annon- |ait. <« Att/endez que je sois morte , répondit-elle encore ; atr « tendez ; ii est sur le point de venir, le voilà, il airive sans « aucun obstacle. »

« Enfin, TV^P^^ mourut à Tépoque de la mortalité qu'elle avait elle-même prédite. l'Ile pouvait éim âgée alor^ de soixanle à soixante-cinq ans. Le vieux roi Mapururé décéda aussi dans la même année, ou du mointi! peu de temps après, i^'est-à-dire vers 1803. Téikatoflra,sQ(i fils, était mbrt avant

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lui, dévoré par uu rcquiu, et Mapuléoa, son petit -flls, de* vint ainsi héritier de la couronne. Mais il ne se trouvait rien moins qu'assuré de régner, parce que McUua, qui avait été chargé du gouvernement pendant la minorité du nouveau roi, et qui jouissait en outre de beaucoup d'autorité, par sa qualité de grand<^prétre et par l'étendue de ses domaines, comptait bien profiter de tous ces avantages pour se substituer à la place de son neveu, dont le parti n'était pas en état de s'opposer à l'usurpateur. Le jeune Maputéoa allait donc infailliblement succomber, à la première occasion, lorsque la Péruviana entra dans le port, et nous déposa, le R. P. Caret et moi, sur le rivage de Tiie jékamaru, le 7 août iSM. Ce fut à Akamaru que nous commençâmes nos instructions religieuses, et nous ne portâmes h parole du salut à la' grande Ile, que quelques mois après. Le premier effet de notre arrivée fut de suspendre l'exécution des projets ambitieux que tramait Matua, et enfin de les lui faire abandonner, lors de sa conversion au Christianisme. Nous avons procuré aux habitants , sans compter beaucoup de fruits et de plantes étrangères, des pigeons, des poules, des canards, des dindons , des chèvres, des moutons, des porcs et môme des chats. D'autres leur ont apporté des chiens.

« De tout cela , faut il conclure que Dieu, afin de préparer ce peuple à la réception de l'Évangile, a réellement inspiré la préâ'esse Toapéréi Je n'en sais rien , et nos Pères ne savent non plus ce qu'il faut en penser ; mais le fait est que les événements présentent une conformité bien singulière avec la prophéiie, si Ton peut toutefois appeler de ce nom les oracles dont je viens de donner la traduction fidèle.

« Je me recommande à vos prières.

« F. HoNOitiÊ Laval ) Mii$. apost. »

(/"jR 'cluse pag. ^61.

Nous sommes entrés à dessein dans de longs détails snr cette réclusion; on n'a qu'à les comparer aux faits exposée dans un trop fameux roman, et qu'on juge de la bonne foi

avec laquelle ils sont rendus ! Est-il probable qu'on eût enfermé dans le réclusoir de la tour Roland une espèce de foUe, sans ravoir éprouvée et connue, ainsi que le prescrivait rigoureusement la règle à cet égard? L'évéque seul pouvait ré-* dure, et cela ne s'est jamais fait légèrement. C'est à tort également qu'il rappelle sachelte ; Tordre mendiant des sachets et des sachettes n'existait plus, il avait été supprimé depuis plus de deux siècles par le concile de Lyon. Si on devait juger de la vérité des récits de Tépoquechoisie par cet écrivain célè»> bre sur ce qu'il dit au sujet de sa récluse, on pourrait craindre qu'il n'eût singulièrement altéré la vérité pour la faire, plier ^ dans un but qu'il ne m'est pas donné de qualifier, mais qu'il regrettera'sans doute un jour, car il n'a pas toujours présenté des tableaux aussi perfides contre la religion et Tautorité. Quel regret de voir profaner un si beau talent, où le génie étincelle quelquefois, et qui eût pu se faire louer san^ restriction, pai* tout ce qui est estimable.

[g) lAivent. ...... pag, 489.

Ce fut sous Charlemagne que le temps de la préparation au gratïd avènement de l'enfant sauveur fut réduit à quatre semaines ; cependant quelques églises ont conservé les six semaines de préparations, l'église de Milan, l'église de Tolède sont de ce nombre; le schisme grec a conservé aussi toute la rigueur de l'ancienne discipline à cet égard, on fait maigre et on jeûne tous les jours depuis le 12 novembre jusqu'au 24 décembre ; on y commence également le grand carême au lundi de la septuagésime.

(A) La Propagation de la foi, . . . pag, 547,

Nous croyons utile à nos lecteurs (si nous en avmis)^ de leur donner une notice ou aperçu de VOEuvre de la Propagation de la Foi, pour le cas où ils auraient le malheur de ne pas la connaître, et celui de ne pas y contribuer.

Cette Œuvre, comme son titre l'annonee» a pour but de

propager la Foi, la Foi catholique, joscpi'chix ettréoiités dit monde. Cette Foi divine rencontre des obstacles dé tout * genre: ignorance profonde, stupide indifférence, hostilité déclarée ] absence des choses les plus indispensables, pas d'é^ glises, pas de prêtres, pas d'écoles, pas de lÏTres, pas même rÈvangile ; et dans certaines contrées, de sanglantes perses entions qdi rappellent les trois preitiiers sièeles du CtoistivnlsHie, et par la cruauté dés bourreaui, et par rbéroïsme dés martyrs.-^L'OEuvre de la Propagation de la Foi est, depa& plus de 21 ans, le principal moyen par lequel il a pAu à Diétt de pourvoir dans le .monde entier aux divers besoins^de su Sainte Religion, de soulager toutes les misères des chrétiens, de soutenir et d'encourager les efforts de nos intrépides missionnaires : Œuvre d'autant plus agréable au Père commua de tous les hommes, que, née dans le cceur des plus humbles servantes de Jésus-Christ, et bientôt secondée par d'éminents personnages, elle appartient aux pauvres comme aux riches, et qu'il n'y a pas un coeur catholique qui ne puisse, au moyen d'un léger sacrifice, participer aux glorieuses victoires que la Foi remporte dans les différentes régions de l'univers^ servir ainsi d'instrument à la miséricorde ïn^pié du Dieii Sauveur et Rédempteur, et mériter les gnUt»^ spirituelles que les Souverains Pontifes ont attachée^^^es simples et consolantes pratiques : ^-

Cette OEuvre qui a éî^ plusieurs fois l objet d'une recom-jmandatîon pressante'du Saint;rSiège, a pour but d'assister les Missions étrangères dans les deux mondes. Pour être membre de l'pEuvre, il ne faut que deux choses bien simples : 1*» Apj^iquer une fois pour toutes^ k sod intetitioti, le paÈer et Vave de la prière du matin ou du soir de chaque jour, et y Ibindre chaque fbis cette invocation : Saint- Fran^oiè Xanier^ priez pour nous! îi» Donner en aumône pour Ifes Mifesldilk un sou par êetnaihe.

Les souverains Pontiftes I*ie VII, Léon Xlf, Plë VIII-, et 'Grégoii^ XVI. par rescrits des 45 mars 4825, 11 mai 18^, 18 septembre i S ;i9, âo septembre 1851, 15 novembre 1853

et 42 janvier iS57, ont accordé à tous les Membres de VQE^t vre de la Propagation de la Foi dans les diocèses où elle sera érigée du consentement des ordinaires, tant en France que dans tous les' lieux unis à TOEuvre de France, eoimne aux personnes de toutes les nations qui concourent ^ Qett# OEuvre par leuis aumônes.

i° Indulgence plénièrey aux fêtes de rinvimtion de U Sainte Croix et de Saint François Xavier, et une f()is par roois^ Té jour au choix de chaque associé, pourvu qu'il ait récita tous les jours de ce mois !es prières indiquées. Pour gfigner cette iiidulgence, il faut, étant vraiment pénitent et çonfesa^^ et ayant reçu la Sainte Cotnmunion, visiter dévotement Téglise ou l'oratoire de TOEuvre, si elle en a, sinon sa propre église paroissiale, et y adresser à Dieu de ferventes prières pour la prospérité de TÉglise et selon les intentions du Souverain Pontife. Les personnes qui sont en voyage ou qui habitent des lieux où TOEuvre n'est pas établie, sont autorisées à substituer à leur propre église paroissiale toute autre église ou chapelle approuvée. Les personnes clottrées, les malades ou infirmes, les prisonniers, les navigateurs et les individus empêchés par une cause* quelconque de visiter, soit l'égUse paroissiale, soit même une autre église ou chapelle approuvée, peuvent gagner ladite indulgence en priant une demiheure aux intentions du souverain Pontife, et en remplissant d'ailleurs selon leur pouvoir et l'avis prudent de leur confesseur, les autres conditions requises.

L'indulgence accordée aux deux fêtes de l'Invention de la Sainte Croix et de Saint François Xavier, peut, au choix de chaque associé, se gagner en accomplissant les conditions prescrites, ou dan» ces fêtes mêmes, ou l'un des jours de leur octave, ou enfin soit le jour auquel les ordinaires de chaque diocèse en auront fixé la célébration, soit un des jours de Toctave de la fête ainsi transférée.

2" Une indulgence de cent jours, chaque fois qu'on récitera, étant au moins contrit de cœur, les prières prescrites, qu'on doui.era quelque aimiôia* en laveur des Missfous, ou

qu'on exerœra toute autre œuvre quelconque de {Hété ou de charité.

t: Ces indulgences pouiTont être appliquées, par voie de suffrages, aux âmes du purgatoire.

Ceux qui voudraient connaître les résultats de ces légers sacrifices, n'ont qu'à se procurer les Jnnaleê de la Propagation de la Foiy qui font suite aux Lettrée Édifiantet ; les récits quelles contiennent les intéresseront au plus haut degré, elles sont curieuses même pour ceux qui n'y voudraient chercher que des distractions variées; il en paratt un cahier tous les deux mois qui forment un volume au bout de Tannée. —Le 16* tome commence à paraître.

FIN DE« JVOTSi.

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