EURE
Puits DE MEAUPRÉ.
Lorsqu'on quitte la source de MEAUPRÉ et qu'on: remonte la pente Est du petit ravin, on trouve à quelques mètres au-dessus et un peu en aval une ferme installée dans les restes de l’ancienne châtellenie de MEAUPRÉ, qui a donné son nom à la source sise en contrebas. L'alimentation en eau potable est assurée par un puits creusé dans la cour de la ferme. Là encore nous nous trouvons sur le calcaire à entroques du bajocien. Nous avons donc affaire à une eau de même origine que celles étudiées précédemment.
Le puits profond d’environ 10 mètres est creusé dans la partie la plus basse de la cour. Lorsqu'on s’adosse à la margelle, on a devant soi, à droite, le bâtiment d’habitation, à gauche une pente douce monte aux écuries, entre les deux corps de bâtiments, la cour s’élève en pente assez rapide. Enfin un peu en contrebas, mais tout à côté du puits, un tas de fumier important. De sorte qu’en cas de pluie les eaux dévalent au long de la pente, et convergent vers le puits aprés avoir arrosé toute la cour et le seuil des écuries.
Aussi le résultat est-il très net, et l’analyse chimique comme l’analyse bactériologique, traduisentelles la défectuosité d’un tel état de choses.
Les degrés hydrotimétriques, total et permanent, sont beaucoup plus élevés que pour les sources que nous venons d'étudier. De même les chlorures, l'azote ammoniacal et albuminoïde, donnent des chiffres se:
rapprochant très sensiblement de ceux trouvés pour les deux sources précédentes, si on ne trouve pas de nitrites, par contre le chiffre des nitrates a augmenté dans d'énormes proportions. Nous trouvons 67,60, et 61 mmgr. alors que le chiffre maximum toléré par le Conseil Supérieur d'hygiène de France, n’est que 15 mmegr. Pour la chaux et la silice, les chiffres sont également plus élevés et naturellement, le poids du résidu total augmente et passe à 545 mmgr., 585 et même 730 dépassant le terme fixé aux eaux potables et qui est de 500 mmgr.
En résumé, cette analyse met donc suriout en relief une augmentation anormale de nitrates. Il semble qu’on se trouve en présence d’une eau appartenant à la même nappe que celles étudiées précédemment, mais influencée par une contamination. Le sol a pu remplir en partie son rôle filtrant en transformant un apport de matières organiques en un excès de nitrates par suite de l’action des microbes nitrifiants, mais combien précaire et insuffisante est une telle action, c’est ce que nous démontrera l’analyse bactériologique.
L'analyse bactériologique révèle la présence de 3.000, 5.000 et 2.000 microbes de contamination d’origine fécale au litre, et de 2.685, 1.727 et 1.875 bactéries au cm°. Qu’intervienne une cause nouvelle de contamination, comme, par exemple, la présence d’un typhique, et le puits infecté deviendra l’agent de distribution de la maladie à tous les usagers.
Ainsi donc, voici une eau qui, par son origine géographique et géologique, appartient au même groupe
VeiieS
que les trois eaux étudiées précédemment et déclarées bonnes, mais qui, par suite d’une protection inexistante, est devenue franchement impropre à la consommation.
Cet exemple doit éveiller lattention sur ce qui pourrait un jour se produire, si on laissait la source de Meaupré sans un périmètre de protection bien défini. La protection efficace de ces eaux, peut être facilement obtenue, à condition d’édicter les quelques mesures qui s’imposent.
FONTAINE DE MALESSART.
Les quatre points d’eau que nous venons d’étudier, sont situés au Nord de CHAROLLES et à une altitude de 290 m. à 300 m. La FonNTAINE DE MALESSART, se trouve séparée des points précédents par la vallée de VP'ARCONCE, et son altitude est de 320 m. environ.
L’Hôpital de CHAROLLES s’alimentait depuis sa construction à cette source. C’est pourquoi la municipälité songea à l’utiliser pour fournir d’eau tout le quartier de la MADELEINE. C'est en 1886 seulement, un procès l’ayant retardé, que ce projet fut réalisé. Mais le faible débit de la source faisait que, souvent au cours de l'été, l’un ou l’autre du quartier ou de l’'Hôpital, était souvent privé d’eau. Aussi pour remédier à cet état de choses, la municipalité, décida-t-elle enfin en 1926 de capter une petite source voisine, dont l'analyse que nous donnons au tableau III avait révélé la potabilité.
ASE
Nos analyses ont donc porté sur le mélange de ces deux sources, tel qu’il est réalisé dans les conduites du quartier de la MADELEINE.
Nous n’avons pu comparer cette source à aucun puits voisin, aucune habitation ne se trouvant dans un périmètre assez rapproché de la source. Une autre source se trouvait bien au voisinage non immédiat de la FONTAINE DE MALESSART, lieu dit : « BIRÉ » mais l’anaiyse qui en a été faite en 1913 au moment où la municipalité songeait à son captage a démontré qu’elle était souillée par des eaux de surface.
Malgré que la situation géographique l’éloigne du groupe d’eaux étudiées précédemment, la FONTAINE DE MArEssART appartient cependant à une nappe similaire, puisque c’est encore dans les calcaires à entroques du bajocien, qu’elle prend naissance, Elle jaiïllit au milieu des prés, presqu’au sommet d’un plateau qui domine la ville de CHAROLLES. Aucune habitation à l’entour. Rien en amont qui puisse provoquer la contamination, rien que les prés où paturent tranquillement quelques bêtes à robe blanche. Le périmètre de protection de ces sources peut donc être facilement étendu aussi loin que le géologue, le jugera nécessaire, avec l’interdiction formelle de l’épandage du fumier à l’intérieur du dit périmètre.
Dans l’état actuel des choses, la source semble bien à l’abri de toute contamination. L’analyse chimique donre pour tous les éléments des chiffres très faibles (pour les chlorures c’est le même chiffre, le plus faible que nous ayons trouvé); un seul manque à la règle, c’est le résultat du dosage des nitrates. Nous