‹ Charte turqueChapitre 10 sur 34 · II · texte numérisé non relu

II

c'est la mort des zaïms et des timaris, dont quelques-uns ne tenant qtû in bien à vie seulement, et d'autres mourant sans enfans, leurs terres retournent à la couronne. Ces biens-là étant ordinairement augmentés de beaucoup par l'industrie de ceux qui les possédaient, le prince les donne à d'autres sur le pied de ce ['ils valent dans le moment, et qui est quelquefois le double de ce qu'ils avaient été estimés précédemment sur les registres de l'empire. Par ce moyen le grand seigneur aug- » mente le nombre de ses soldats; et il esta remarquer qu'au lieu que les autres princes perdent à la mort de leurs soldats, il est le seul qui en profite, car plus il y en a de tués en une bataille , et plus il lui on revient de bien , dans la disposition duquel il observe cette manière d'en gratifier plusieurs de la portion qui appartenait à un seul {"). »

On peut se demander maintenant s'il existe un

iritrc souverain qui puisse se vanter d'un pareil

ivantage , et qui voie augmenter sa troupe

proportion des pertes qu'elle éprouve?..

Mais, continuons le détail des impenses ressources de l'empire turc.

Il faut ajouter aux 385 mille zaînis, timorés et gebelus dont nous venons de parler, les gionulhus volontaires y dont nous avions précédemment fait mention , et , sans aucune exagération , ils peuvent être portés au moins à 3o mille ; ce qui , ajouté au nombre déjà désigné de 385 mille hommes provenans deszalmètj et des tîmarSy forme un total d'environ 4*5 mille cavaliers.

Il faut joindre à ces cavaliers les janissaires non soldés; on doit se rappeler que les bourgeois qui se font inscrire pour jouir en temps, de paix . des exemptions accordée* aux janissaires soldés , forment un corps de i »5 mille hommes r dont une partie préfère de servir à cheval (et ce son* les plus riches) , conséquent ment ils s'équipent et se montent à leurs frais : ainsi donc , en portait ces corps de cavalerie à.io mille, cç qui certainement est très-peu sur le nombre entier d$ ces janissaires non soldés, .qui est.de i $5 mille, on ajoutera ces io mille hommes au nombre déjà indiqué, et Ton aura un total plus qu'approximatif de 4^5 mille cavaliers.

Maintenant , que l'on désigne un état dans

le monde entier '(ni soit organisé île manièreà fournir 4a5 mille hommes de cavalerie, montés , équipés et armés à leur frais et prêts à marcher à la première réquisition ; que l'on considère de nouveau dans cette armée la direction des esprits qui rend ces hommes dévoués jusqu'au fanatisme, braves comme des fatalistes, et produisant par les calculs admirables de cette institution un nombre de soldats fixe ou renaissant, par le renouvellement des individus qui se présentent , se pressent et réalisent en quelque sorte le prodige cl 1 1 phénix qui renaît de ses cendres.

Dans ce dénombrement de 4'i5 mille hommes de troupes, nous ne faisons mention qui de la cavalerie non soldée, à laquelle il faut ajouter les ta mille spahis soldés par le trésor de l'état, ce qui l'orme un total de 4^7 mille cavaliers. >

Faisons maintenant le calcul de i'inlanlerie turque. D'abord le corps des janissaires soldés est, comme on sait, de 4° mille hommes; cens non soldés s'élèvent à ia5 mille, dont il tant déduire les to mille qui entrent dans la cavalerie, resle toujours en totalité i5T> mille biiUWua d'infanterie d'une part. '

finsMMon peut approximativemoitt etitimer

le nombre des autres volontaires qui marchent , dans le cas de dangers pressans , pour la patrie et la religion , dévouement qui est pour eux un devoir de conscience , et que les invitations des pachas ne manquent pas de rappeler aux musulmans dans chaque province qu'ils commandent. D'ailleurs, les bulles ou fèstwas du mufti condamnent aux flammes et privent à jamais du paradis ceux qui ne marchent pas à la défense de l'étendard du pro* phète, en sorte que ces moyens d'enthousiasme ont nécessairement leur effet; et, sur le nombre immense des sectateurs de Mahomet^ ils doivent déterminer plus de i oo mille hommes : en les ajoutant aux i55 mille fan tassios obligés de servir , on formera un total qui doit excéder 2 55 mille hommes d'infanterie.

Enfin , lorsque l'empire est menacé , le grand seigneur peut faire partir pour l'armée les bostangisqui sont les jardiniers, en- même temps que les gardes des jardins de tous les sérails ; leur nombre est de vingt mille. Quie la moitié seulement soit envoyé à l'armée, on ajoutera ces 10 mille bostangis aux a55 mille hommes qui viennent d'être désignés ; et se rappelant qu'il faut, y joindre en outre les 5 mille canonniers et . armuriers dont .nous

avons parlé plus haut y ainsi que les 5 mille soldats de marine soldés , nous trouverons enfin un total de 275 mille fantassins.

Pour être plus précis^ récapitulons ces divers corps qui composent la force militaire de l'empire ottoman , disponible en temps de guerre.

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