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{*) Le «ar^cbal ayait #f jmibaswdeur près la Porte.
i le promener
4l3 était bien; le roi lui tourna le dos, < ailleurs dans le bâtiment, m
Les mémoires rapportent ensuite que le roi ayant fait appeler le Nvtrc, bon arcbitccte de ce temps-là et fameux par le goût des jardins qu'il perfectionna en France , le consulta en présence de Louvois , sur la défectuosité de cette fenêtre, l'architecte en convint ; alors le roi, se tournant vers le ministre, qui était aussi surintendant des bâtimeus, lui dit qu'on ne pouvait tenir à ses opiniâtretés ; que, Bans sa propre remarque, on aurait bâti tout de travers et qu'il aurait fallu tout abattre, quand tout aurait été élevé ; en un mot , il lui lava la tète.
■ Louvoîs, outré de cette sortie et de ce que les courtisans, les ouvriers et les valets en avaient été les témoins, arrive chet lui furieux ; il y trouva Saint-Pouange, Filleneuf, le chevalier de Nogent , les deui Tilladets , quel ques autres féaux intimes qui furent bien alarmés de le voir en cet état.
■ C'en est fait, leur dit-il, je suis perdu auprès du roi. De la façon dont il vient de me traiterpour une fenêtre, je n'ai de ressource que dans une guerre qui le détournera de ses bâtiuiens , et qui me rendra nécessaire , et parbleu
il l'aura. »
* En effet, quelques grêle roi et les autres pu
malgré la prospé:
traire des é'
après , il tint parole ; et, mal-
, il la rendit générale. Elle dans , ne l 'étendit pas au dehors , le ses armes , et produisit au conbouteux. u
( Mémoires de M. le duc de Saint-Simon , tome i , p
Les ministres, dans les gouvernemens absolus, pe uven t «n effet, par des motifs semblables , compromettre rhoaneur , la prospérité de leur nation , et se jouer de som repos ; c'est -ce qu'on a vu et ce qu'on verra long-temps.
in) P a B e a 6&
Beaucoup d'autres ministres , on généraux turcs , t>nt montré un grand désintéressement. Parmi eux, l'histoire cite Tupeschi , grand visir d'Achmet IL H fut destitué ; mais, sortant de sa place sans bien propre , il demanda pour sa subsistance untimar d'un revenu modique, ayant &é seraskier , c'est-à-dire général eu chef.
L'empereur voulut lui accorder trois timars qui valaient ensemble quarante bourses , mais Tuposchi se contenta d'en accepter un seul, refusa constamment les deux autres, et supplia l'empereur de ne pas prodiguer
les revenus de l'état.
> Les ministres et généraux eu chef des pays civilisés
prennent leurs précautions pour ne pas introduire de pareils abus dans la carrière des dignitaires de la chrétienté.
Notre siècle reçoit la dénomination de siècle des lumières à juste tftre , puisqu'il brille des clartés que répandent le génie, la raison et le goût; mais, sous d'autres rapports , on pourrait appeler l'époque où nous vivons , sinon l'âge, dor , au moins l'âge de J argent ou. siècle de i' argent , non pas qu'il soit plus universellement répan-
du , mais par les prodiges qu'il produit. C'est une divinité dont le culte, toujours constant, s'est ranimé avec une nouvelle ferveur ; c'est par sa puissaoce irrésistible que tout s'agite, que tout change de place. Les guerrière vont au combat, les villes sont prises , les forteresses abattues, les cités soumises , et les esprits assouplis !.. .
Despréaux vanta dans ses vers satiriques le pouvoir de l'argent,
n L'argent , dit-on , sans lui tout est itérîle , " La vertu sans argent oit un meuble inutile ; ■:■ L'argent en I iihe h ironie érige un scélérat. »
S'il est vrai que son pouvoir soit aussi étendu , son absence doit produire , par la raison inverse, un état de néant et de désastres. Or , pour l'excuse de ceux qui sacrifient à sa poursuite, principes, devoirs et repos, transcrivons la description originale d'un homme sans argent faite parun comte suédois proscrit, qui était, dit-on, au niveau de son sujet. Elle est d'une vérité piquante. Le spirituel M. Léon - Thiesié a , dans le Diable boiteux [ 3 août i8a3 ), rapporté ce passage eu ces termes :
< Un homme sans argent, dit-il , est un corps sans âme, un mort ambulant, un spectre à faire peur : sou abord est triste, sa conversation languissante esta charge ; s'il veut visiter quelqu'un, il ne le trouve jamais au logis; et s'il ouvre ta bouche pour parler, on l'interrompt à chaque instant , afin qu'il ne puisse achever un discours qu'on craint qu'il ne finisse en demandant de l'argent. On l'évite comme un pestiféré, il est considéré comme un poids inutile sur la terre ; s'il a de l'esprit.
il ne Saurait le faire paraître; s'il n'en a point, 6tt le regarde ' comme le pins affreux monstre à deux pieds , que la nature puisse produire , quand elle est dé mauvaise humeur. Ses ennemis disent qu'il n'est bon à rien , et les pins modérés sur ton chapitre commencent son éloge par hausser les épaules! La nécessité l'éveille le matin , et la misère raccompagne le soir au lit. Les femmes trouvent qu'il a mauvais air. . . . Ses hôtes veulent que > comme caméléon > il vive de l'air , et ses tailleurs , que, comme nos premiers parens , il s'habille de feuilles de figuier. S'il veut raisonner , on n'y fait aucune attention, et s'il éterntte, on ne s'en aperçoit point. S'il a besoin de quelque chose chez les marchands, on lui demande d'avance le paiement , et s'il a quelques dettes, il passe pour fripon. »
• U est à remarquer que plusieurs fois les Grecs , les
Italiens et les Français ont voulu introduire des imprimeries à Constantinople* Ub n'ont pu réussir : quelques imprimeurs ont failli être lapidés par les écrivains publics turcs , dont le nombre est immense dans l'empire, puisqu'on en compte jusqu'à douae mille , dans la seule ville de Constantinople. Ces légions de copistes n'ont d'autres moyens d'existence que leur plume ; ils perdraient cette ressource, si les livres s'imprimaient. Parmi eux , il en est d'assez instruits > qui écrivent avec pureté les langues turque , arabe , et persane.
On ctfnçoit en effet combien il faut de ces écrivains pour fournir en manuscrit les livres élémentaires des
écoles, des collèges publics de l'empire, ensuite pour multiplier les livres d'histoire , les romans et conte? , et les poésies en langues turque , arabe , et persane.
11 faut en outre des millions d'exemplaires du Coran , car il n'y a pas un musulman qui n'ait ce livre relié , et soigné. Uans les pelihs ménages du peuple , le Turc le lit le soir à sa femme et à ses enfans -, c'est la récréation après les travaux du jour , comme était la lecture de la bible pour nos bons aïeux. En outre on lit aussi des commentaires de ce livre qui se succèdent à Constant!' nople, comme i Paris nos ouvraifes Iitttri-.iiirs ; ils acquièrent de la célébrité en raison du talent des docteurs qui les écrivent , mais tout cela est manuscrit.
Ce n'est donc pas tout-k-fait la faute du gouvernement turc , si l'imprimerie ne s'est pas établie dans l'empire, des intérêts trop nombreux s'y sont opposés ; on peut supposer aussi qu'il convenait à sa politique de ne pas faciliter un moyen qui, amenant une multitude de livres à peu de frais , contribuerait à sortir la niasse des individus de son ignorance apal nique ; DMntut il s'en serait suivi l'altération des idées , des goûts , leur religion et leurs institutions eussent été ébranlées et détruites. Personne n'ignore l'influence que la découverte de l'imprimerie a eue sur les autres peuple» européens; et le divan peut bien se montrer partisan de V obscurantisme , lorsque des Français de nos jours s'en déclarent les approbateurs et même les zélés défenseurs
(80) page ijo.
Les Pênes ont beaucoup d'ouvrages sur la morale , et ils en placent des préceptes dans presque tous leurs écrits. La traduction de ces pensées ne serait pas inutile chez nous ; mais notre orgueil dédaigne les leçons de moralité, soit afin de paraître n'en pas avoir besoin , soit parce qu'elles nous rappellent combien ces leçons nous seraient nécessaires.
Pour donner une idée de ce genre de pensées et de sentences , je transcris un fragment d'une feuille périodique qui a rapporté quelques maximes , extraites d'un livre de morale, publié en Perse. Cet article est ainsi côdcù :
« Ce livre jouit d'une grande célébrité sous le titre de Gulistan ou le Jardin des Roses , il a été traduit en anglais et imprimé à Londres. L'auteur persan parle avec une indépendance qui étonnerait sans doute certains hommes de lettres , des devoirs des rois, des devoirs des derviches. En ce pays , on croit qu'une grande puissance impose de grandes obligations. »
Voici les pensées persanes :
— « Il y a toujours quelque chose au-dessus d'un pouvoir : le cadi obéit au visir qui l'a nommé ; le visir obéit au sultan , qui lui a donné sa dignité ; le sultan doit obéir aux lois , par lesquelles le peuple obéit à laimême. »
— « Homme ! imitez la poule d'eau, qui, a^rès avoir bu, lève sa tête au ciel pour lui témoigner sa reconnaissance. »
— «Le pouvoir de Dieu est sans bornes , sa bienfaisance est sans limite; plus le pouvoir d'un roi est étendu, plus il doit étendre ses bienfaits , s'il veut ressembler
à Dieu. »
— - « Jeune homme , contiens-toi devant les vieillards et devant les enfans ; tu dois aux ans le respect , aux autre* l'exemple. .»
— « On demandait à Lockman de qui il avait appris les règles de la politesse. Des hommes grossiers , répondit-il. »
— « On plie à son gré le bois vert ; mais quand il est sec, on ne peut le redresser qu'avec le feu. »
— « On peut arrêter avec un tampon une source qui, changée en fleuve, refuse le passage à un éléphant. »
— « Si l'œil de la chauve-souris ne voit pas la lumière du jour, est-ce la faute an soleil ? »
— « Voulez- vous un héritage assuré ? demandez à votre père de vous transmettre son savoir ; car pour la fortune , elle peut disparaître en un jour. »
— « Celui qui tire trop vite son épée dans sa colère rongera sa main de regret. »
— « Du vinaigre et quelques herbes , gagnés par le travail , valent mieux que le pain et l'agneau donnés par le chef du village. »
— « L'esclave favori de Daran III , quoique comblé de richesses, portait envie au pauvre Masa qui n'avait à lui , que sa volonté ; la liberté est plus précieuse que la fortune. »
(81) page ifî.
Deux grands-visirs du nom de Kiuperli méritent une note particulière pour leurs talens personnels , et parce qu'ils présentent une exception unique dans les promotions ministérielles de la Turquie.
Le premier Kiuperli ( Méhémet ) était né à Aci-Reale en Sicile ; fils d'un pauvre pêcheur , il fut pris à l'âge dé cinq ans par un corsaire algérien , étant sur le bord de la mer. Placé ensuite au collège du sérail , remarqué par son souverain, il devint grand visir y et réunit aune rare intégrité des talens militaires et administratifs ; il gouverna l'empire nombre d'années , apaisa une grande révolte de janissaires , et mourut à l'âge de quatre-vingtsix ans. Ce grand- visir avait obtenu que son fils Kiuperli (Achmet)fût élevé dans les collèges du sérail : le sultan Mahomet IV put ainsi remarquer le mérite naissant du fils , et il le nomma à l'âge de trente-deux ans seulement, grand visir pour succéder à son père ; chose extraordinaire et sans exemple dans les fastes ottomans,
qu'une transmission du père au fils dans cette importante dignité ; mais le sultan s'y décida non - seulement par reconnaissance pour les services de son premier grandvisir , mais aussi par estime pour les talens du fiU, qui d'ailleurs avait été instruit sous ses yeux dans les collèges du sérail.
Ces deux jji.11uls-vi-.i1-5 passent pour les plus éclairés et les plus justes qui soient cités dans l'histoire ottomane. Kiuperli Achmet a surpassé son père par une justice plus sévère , par ses exploits et ses conquêtes.
Un troisième grand-visir Kiuperli , sousSolimanlT, était Gis et petit-fils des deux célèbres grands-visirs qui seuls ont donnéà l'empire ottoman depuis sa fondation l'exemple d'une famille puissante et illustrée danspltisicurs races. Ils eurentencore un descendant, Kiuperli (Abdula) honore du rainistèresous Mustapha II; celui-ci fut Caïmacan de Constantinople : et enfin un Kiuperli (Numan), grandvîsir, qni fut déposé par Achmet III ; Voltaire dit de lui : " La rigide probité de ce visirfut la cause de sa chute. » { Histoire de Charles XII. )
Mais , je le répète , c'est l'exemple unique dans les annales turques, de* cinq individus descendant de la même famille , élevés aux premières dignités de l'empire ; il serait difficile qu'il se renouvelât souvent , en raison du système adopté pour le choix des hauts fonctionnaires
(il) page 273.
Sully se présente à la pensée dès qu'on cite un ministre intègre et vertueux ; on relit avec intérêt ce que nos annales rapportent sur la simplicité de ses mœurs , et sur la distribution de son temps 1 et an ne craint pas d'en rappeler quelques détails , consignés dans tous les mémoires des contemporains,
Élevé au ministère , il conserva In frugalité et l'acù-
à brc la , ce qu'il appelait a gn lq t gj Ze taper : à sept E se rendait aa conseil., etfiinnil le reste de la
le roi, qm lai douait «es ordres : âintiî, â dînait:
uner ù donnait «me imlimnr réglée ; tort k
y était adnus : les ecckmastaques 4e Inné et 4e
nue resmposi emrnl t«m ecxmmes ; les sens ce
9 et astres penoue
après ; et les expédiés les deniers, fl travaillait jusqu'à neuf heures , alors il swapast. A cette heure „ la prrte était fermée à toutes les aCaii e s ; il le» oubliait pour se livrer an plaisir de la société avec mm petit nombre d'assis : lorsque quelque événement imprévu avait dérangé le cours ordinaire de ses occmpatîoms , alors il prenait sur la nuit le temps qui Isa avait nu uu qu é dams le jour. Telle fut la vie qull ssema tomt le tesnps de som ministère. Henri IV savait apprécier et louer cette y inlr aptitude an travail. Etant allé chez Sully , sans être attendu ? dès sept heures du matin . il le trouva avec ses secrétaires occupé à travailler devant mue table toute couverte de papiers. Eh : depuis quand eUs-txms £x ? bi dit le roi. Des les quatre heures du matin . répondit Sully. Eh biat „ Jliiyilsan 9 dit Henri IV, se tournaat vers ce se i gn e ur , womdricrvoms mater cette rê-Zi ?
La table de ce ministre ne ressemblait guère à ceDe de nos ministres actuels : d'ordinaire elle ne se composait que d environ dix convives ; elle était si frugale , que souvent on mien faisait des reproches. Sully répondait :
Si les convivct sont sages , il y a suffisait
sont pas , je me passe sans peine de leur compagnie.
En se rappelant tout ceci , c'est bien le cas de s'écrier ; O tempora ! O mores '.
(85) page a 7 5.
Pour se convaincre que dans ce pays tout est religion , que, depuis le sultan et le grand visîr jusqu'au dernier esclave, on croit scrupuleusement et on exécute tout ce qui est prescrit parla charte turque, tout ce qui émane d'elle et se trouve conforme à se» décrets; pour s'en convaincre, dis-je, il ne faut que réfléchir comment il se pourrait faire autrement que dus grands visirs, des pachas, au faite des grandeurs, des richesses, des jouissances, reçussent non-seulement avec résignation, mais avec vénération , le cordon fatal qui doit les arracher à tout bonheur ici-bas. Comment arriverait-il, qu'en recelant cet ordre de mort, qu'un chiaou , messager funeste, leur remet , ces grands dignitaires baisassent avec respect le fatal lien , et le leslwa , ou jugement qui les condamne à mourir, et quelquefois !t laisser leur tète sanglante à la porte du sérail ?
Tant de moyens pourraient soustraire beaucoup d'entre eux à leur jugement ! i°. Les pachas, dans leurs gouvernemens, sont des espèce» de rois ; a°. ce n'est pas la force armée qui vient les forcer à subir la mort , ce n'est qu'un seul homme, un çltiunu , qui leur eu apporte : fatal , et il» ont à leur disposition immédiate
l'ordre
des forces militaires et de:
iuormes ; 3°. beau-
coup d'entre eux , placés près de la mer, pourraient s'évader tons un déguisement étranger : pourquoi ne fuientils pas leur patrie , et le sort qui les menace? pourquoi se passent - ils eux - mêmes le fatal cordon ? Ces faits certains , opposés , il est vrai , à la nature de l'homme qui répugne à sa destruction et à la perte de ses jouissances, s'expliquent sans effort, par la croyance absolue et fanatique des Turcs à la foi musulmane , qui leur promet de plus grands biens célestes que ceux qu'ils perdent, en obéissant aux lois du Coran. Or, le cordon, expédié en vertu d'un chapitre de ce livre de la loi , qu'ils savent avoir transgressé , devient une expiation, et par-là un objet de vénération pour eux ; il est envoyé par un ordre du sultan , du muphti et du divan , autorités sacrées à leurs yeux. Ce lien funeste , qu'ils se passent eux-mêmes au cou , est une sorte d'honneur qu'ils reçoivent dans leur châtiment, c'est le feu mortel commandé par le militaire qui passe par les armes. Le grand dignitaire turc obéit sans murmure, et croît, par cette obéissance passive , racheter sa faute , et gagner infailliblement le ciel.
On objectera que plusieurs pachas se sont refusés à cet acte d'obéissance, qu'ils ont repoussé l'ordre de mort, levé l'étendard de la révolte, et qu'ils ont trouvé des défenseurs : cela est vrai ; rien n'est sans exception. Mais il n'y a eu, et il n'y aura jamais qu'un nombre restreint de ces rebelles , comparativement à ceux qui s'y sont soumis , parce que celui qui s'y refuse est déshonoré. Il est réputé mauvais musulman, et reste en horreur aux Turcs qui le méprisent.
Quand ces pachas ont trouvé des défenseurs , c'est que
e adroite politique ils m des habitans de leur pachalik, i vance que le sultan et le muphti sont des imr. s'éçartent du CoraQ , et violent les lois turques jugemens sont injustes. Or, comme les musuli mettent le principe d'obéissance passive qu'aul sultan, dans ses décisions , ne s' es' pas écai du Coran , il s'ensuit que les pachas qui s d'obéir aveuglément au sultan , ont souvenl un grand nombre de défenseurs, de sectateurs, qui, loin de les considérer comme des rebelles , les regardent au contraire comme les soutiens de la loi turque.
>s pachas européens, grands partisans .nce passive , et grands apôtres, en paroles, de i pousseraient-ils leur foi jusqu'à recevoir et Drdon fatal expédié par ordre d'un souverain légitime? Cela est douteus; mais en Turquie tout se rapporte à la religion, de bonne foi , et non par hypocrisie : elle est crue et généralement pratiquée.
de l'obéiss baiser le c
t déjà égaré l'opinion
é des lois refusent
(84) page 276.
Les califes étaient chefs du spirituel et du temporel de leurs états, c'est-à-dire qu'ils étaient en même temps rois et pontifes, de même que sont nos pontifes romains, sous une dénomination différente; mais aujourd'hui, lei muphtis ou pontifes turcs ne dirigent que le spirituel, et quand ils s'occupent du temporel comme membres du divan, ce n est que comme premiers interprètes delà loi , comme chefs suprêmes de la justice pour surveiller 1 in-
violabilité de la charte turque , l'exécution et l'application rigoureuse de ses lois.
Mais parmi tous les pontifes du monde , il n'en est pas ' de plus dégagé de tous soins temporels que le Dalaî lama qui est à la fois souverain , et pontife des Tartares idolâtres duThibet. Quoique les états de son pontificat lui appartiennent , le Dalaï lama ne se mêle pas du temporel de ces mêmes états : il les fait gouverner par des kans des Kalmouks ses tributaires qui sont obligés de lui fournir à lui , aux siens , etaux lamas ou prêtres, généralement tout ce qui lcfur est nécessaire. Le dalaï lama est regardé par son peuple comme une espèce de divinité qui connaît le fond des cœurs, qui sait tout et voit tout: on vient de la Tartarie et du nord des Indes lui apporter des présens et lui présenter ses hommages ; il les reçoit de dessus l'autel d'une pagode sur laquelle il se place , et qui est située sur le sommet de la montagne Pontala où il fait sa résidence. Le mot pagode est le nom que Ton donne aux temples de ces idolâtres ; il se donne pareillement aux idoles qu'on y révère.
(85) page 276.
Parmi les chrétiens renégats, élevés à la dignité de Pacha , on compte le fameux Claude Alexandre , comte de Bonneval. Ce Français, ayant mécontenté le ministre Ghamillard, fut condamné à avoir la tête tranchée, le a4 janvier 1707. Échappé , comme contumax, à l'exécution de la sentence , il passa du service de France à celui d'Autriche , et se distingua en Italie , et en Hongrie , à la bataille de Péterwaradin ; mais plus tard, s' étant permis des propos injurieux sur le compte de quelques
dames de Bruxelles , et surtout sur l'épouse (lu général en chef des Pays-Bas autrichiens, il fut arrêté à Bruxelles et. condamné en Moravie , à un an de prison , et à la perte de tous ses emplois ; remis en liberté , il passa en Turquie, embrassa la foi musulmane, et fut fait pacha. Dans le cours de sa vie, il fut souvent consulté par le ministère turc, à cause de ses connaissances politiques et militaires.
A sa mort, le grand-seigneur lui fît faire des funérailles aussi pompeuses que pour le pacha le plus en faveur. On plaça M>n tombeau dans un couvent de m ni nés turcs , lieu qu'il avait désigné pour sa demeure dernière. Le divan s'occupa de l'épilaphe qui devait le décorer ; elle fut inscrite en langue turque , en voici la traduc-
« Bonnevnl (Jrftmet) pachn , connu par tout l'u a abandonné sa femme et son pays, pour la foi musulmaue : jouissant d'une grande réputation dans sa patrie. il est venu chercher parmi les fidèles la gloire et 1 éternité. Il fui compté dans le petit nombre de sages sur la terre , où il éprouva la grandeur et la nullité des choses de ce monde. Il connut le bon et le mauvais , le beau et le laid. Convaincu de l'instabilité de la vie humaine , il saisit un inslant opportun , pour passer a l'éternité, en buvant dans la coupe de la mort, la nuit du vendredi, qui était celle de la naissance du plus glorieux des prophètes. 11 choisit ce moment heureux , pour recourir à la miséricorde divine, cl passa avec fermeté dans l'autre vie ; que le paradis suit à 1 endroit du repos de Bunnrval {Achmet,} pacha, mort leduuic de la lune, de Rehiev.e) i ifio ( le î3 mar» 1747 }
En 1781 , an de ses petits-fils, qui avait été Je rejoindre en Turquie, et s'était fait musulman , était encore inspecteur des canonniers à Gonstantinople.
(86) page 278.
Les Grecs , sujets de l'empire ottoman , reçoivent de la nomination du grand-seigneur , le patriarche , chef suprême de l'église grecque , et les archevêques et évêques qui doivent la gouverner ; en sorte que ces hautes dignités d'un culte chrétien sont conférées par un prince mahométan.
La martre zibeline est un petit animal sauvage dont la peau fournit la plus belle fourrure. Lorsqu'on passe la mais en sens contraire du poil , il s'incline aussi facilement que dans son sens ordinaire, ce qui n'arrive pas aux fourrures des autres animaux.
Parmi les présens que les empereurs turcs font à leurs ministres , soit à l'occasion de leur avènement au trône , soit chaque année aux fêtes du Baïram, on remarque des vestes fort riches de martre zibeline avec des agrafes en diamans on pierres précieuses.
Parmi les muphtis prévaricateurs on cite Fésula, favori de Mustapha II ; il fut dégradé pour ses injustices et ses prévarications , ensuite il fut étranglé et son corps
jeté i la mer par le peuple ; il était fils d'un meunier d'Ancône; il avait été pris en bas âge par les corsaires tunisiens, étant au bord de la mer avec deux petits frères et sa jeune sœur, âgée de quinze ans, qui, au lien de fuir , défendit de toutes ses forces la liberté de ses frères et la sienne , et fut emmenée avec eux succombant sous de vains efforts.
Il existe encore à Ancône plusieurs familles du nom de Fésula,
(89) page a88.
- Ils font profession dans leurs monastères d'une [jrande pauvreté , accompagnée d'Iiuinilité , et reçoivent également quiconque vient les visiter , grands et petits sans distinction, montrant à tous le même respect. Ils régalent d'abord de café la compagnie , et ni les pieds paraissent sales, ils les lavent, aussi-bien que les sandales; ils reconduisent avec les mêmes attentions leur monde jusqu'à la porte , et à peine disent-ils une parole sans y joindre ut\civallah; en sorte que leur langue aussi-bien que leurs manières expriment les plus sincères affection» de modestie et de complaisance. Les kadris mettent leur dévotion à se macérer le corps. »
( Histoire de fempire ottoman par Uémc'trius Cantimir, prince de Moldavie, traduitepar M de Jonquièrc, tome l",
Les sultans se rendaient souvent autrefois dans YOrtadjami, mosquée des janissaires, pour prouver an corps qu'ils étaient bons musulmans, bons janissaires ; maintenant ils se contentent d'y faire quelquefois des prières , et vont plus fréquemment dans les mosquées publiques.
Sainte-Sophie est la principale mosquée de Constantin ople. Avant la prise de cette ville par les Turcs , elle était aussi la principale église des chrétiens , dédiée a Jésus-Christ comme sapience éternelle de Dieu ,* car Sophie, en grec, signifie sapience, sagesse. Ce temple a conservé ce même nom.
Les voyageurs et. les auteurs «'accordent pour admirer ; ce superbe édifice ; ils en parlent comme d'une grande merveille, et comme d'un prodige d'architecture. •':....'.
" On voit à Constantinople plusieurs autres mosquées, qui sont pen inférieures à celle de Sainte-Sophie , telle est celle du sultan Soliman , et celle dite de la sultane validée ; elles sont toutes en marbre et ornées de colonnes de marbre d'une élégance extrême. Milady Montague, dans sa lettre XVI e . sur la Turquie dit : « Celle de la sultane validée est la plus grande, elle est entièrement en marbre, et, soit dit à l'honneur de notre sexe, c'est le plus bel édifice et le plus somptueux que j'aie vu. Elle fut
fondée par la mère de Mahomet IV ; entre nous, l'église de Saint-Paul ( à Londres ) ferait une pitoyable figure auprès de cette mosquée. »
(92) page 290.
Achmet I er . , pendant les loisirs de la paix s'occupa ^ faire construire une superbe mosquée, sur la place de Atmeïdan , tout près de Sainte-Sophie. Cet édifice , moins grand que ce dernier, le surpasse en magnificence ; Tintérieur, chargé d'ornemens, est décoré de 200 planches d'or sur lesquelles sont gravées les sentences du Coran et de la Sunna et plusieurs noms de différens prophètes ; chacune de ces planches est enrichie de soixante pierres précieuses. Les temples des musulmans ne peuvent être décorés de tableaux, qu'ils considèrent comme des idoles, parce que Mahomet défend de représenter aucune créature vivante , et il regardait comme un grand crime de figurer un corps parce qu'on ne pouvait lui donner une âme.
Des historiens turcs ont fait monter les frais de cette mosquée à des sommes énormes ; un d'entre eux , cité par Cantimir, assure que, lorsque cet édifice fut achevé , on calcula que chaque drâgme pesant de pierre coûtait à l'empereur trois àspres ; ce qui fait environ dix-huit centimes de notre monnaie ; il est possible qu'il y ait un peu d'exagération dans ce calcul , mais il n'en est pas moin'» vrai que c'est un des temples les plus riches dn monde; il peut être placé, à l'égard de la richesse du lieu , immédiatement après , et d'autres disent avant , le magnifique Vatican de Rome.
Âtmtidan (ou Place-aux-Chevaux). C'est l'endroit que l'on appelait Hippodrome du temps de empereurs grecs. Cette place est une des plus vastes de l'Europe ; elle égale celle de Navona , à Rome : elles peuvent être considérées comme les deux plus grandes places du monde.
Le gouvernement turc , dans sa sévérité à l'égard des gens en place , agit selon le principe de Solon , législateur d'Athènes , qui voulait que les fautes ou les crimes des magistrats fussent punis sans délai, mais que les peines dues aux gens du peuple fussent tardives. « On est toujours maître, disait-il, de punir ceux-ci , et le retardement peut rendre impossible la punition, des premiers. >»
Voici les remarques de l'auteur des Lettres sur la Turquie , sur l'administration de la justice dons le pays.
« Un autre article auquel je ne puis in empêcher d'applaudir, c'est l'administration de lia justice en Turquie. Il y a là de quoi nous faire rougir \ il s'en faut bien que nous allions si rudement en besogne. Un homme chez nous a beau être reconnu menteur , et fourbe avéré , il n'en marchera pas moins la tête levée. Ici , tonte per-
-sonne convaincue de quelque fausseté insigne, est si pitié marquée au front d'un fer rouge. Si pareillemode allait s'introduire parmi nous, que de fronts superbes humiliés ! que de petits -ma! Ire s réduits a porter la perruque à la hauteur du sourcil 1 ■
( Lettre XXXytIP. de milady Montague. )
Le faux témoignage, en Turquie , est puni extrême rigueur. Le gouvernement veille à ce que personne ne soit victime du mensonge , de La calomnie et de la corruption ; beaucoup de faits le prouvent; en
Sons Achmet IJI , le divan soupçonna , par 1* multiplicité des témoignages rendus par les mêmes individus, qu'ils pouvaient en faire métier, c'est-à-dire, un produit. Pour s'assurer du fait, le grand visir fit présenter au divan une cause imaginaire, mais d'une nature grave , et pour laquelle il fallait des témoins. Les prétendus plaideurs s'adressèrent & ceux que l'on soupçonnait de vendre leur témoignage , et leur proposèrent d'affirmer des faits importans, qui , quoique fani , seraient utiles au procès. Ils y consentirent pour de l'urgent. Quand le témoignage fut rendu , il ne fut pas difficile de les convaincre du crime qu'ils venaient de c mettre, et de ceux précédons. Ils furent jugé», et tous exécutés dans le même jour
Les vols sont très-rares en Turquie ; jamais il ne s'en commît dans le sérail , cependant il n'y a pas d'hommes armés pour le garder , et il y a des milliers d'hommes qui l'habitent. On ne peut en dire autant de nos châteaux royaux , où il s'en est fait de si extraordinaires par leur nature et leur importance , qu'il faut leur authenticité pour ne pouvoir les mettre en doute.
Les Mémoires du duc de Saint-Simon rapportent ainsi un de ces faits. « Dans la nuit du 3 au 4 juin > I e roi étant à Versailles , toutes les housses et caparaçons furent emportés ; il y en avait pour cinquante mille écus. Les mesures furent si bien prises , que qui que ce fût ne s'en aperçut. Dans une maison si habitée, et dans une nuit aussi courte , tout fut emporté sans que jamais on en pût avoir 'des nouvelles : on dépêcha sur tous les chemins , on fouilla Paris et Versailles , le tout inutilement. »
Ces Mémoires consignent encore le fait suivant :
« Le grand appartement, c'est-à-dire, depuis les galeries jusqu'à la tribune» était meublé de velours cramoisi, avec des crépines e£ des franges d'or, un beau matin elles se trouvèrent toutes enlevées. Gela parut un prodige dans un lieu si passant, si fermé la nuit, et si gardé de jour à toute heure , etc. »
Ces prodiges de vols et d'escamotages sont incoftnus en Turquie j les vols qui s'y commettent sont ordinairement faits par des étrangers, encore ont-ils lieu rarement, et ils sont loin d'approcher de la hardiesse et du talent d'exécution de ceux qui viennent d'être cités.