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DES NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Us ne peut assigner avec certitude l'origine deatfuns Les historiens ne sont pas d'accord à cet égard. Ce tic fut que lorsque ces peuples apparurent dans lîhisLi par une suite d'entreprises hardies, soutenues par grande valeur, par d'heureux succès qui les rendircui fameux et redoutables, que l'on chercha à connaître d'oi ils descendaient ; niais déjà ia nuit des temps avait voit leur origine , et l'on ne peut qu'imparfaitement la connaître à travers tant de siècles écoulés.

Les Turcs descendent , selon quelques auteurs , des Tartares du mont Caucase , ou des anciens Partîtes; selon d'autres, ils tirent leur origine des Scythes ou Tartares nomades, qui s'étaient rendus maîtres des pays situés entre le fleuve Tanaïs et la Sarmatie. Us n'étaient dans le principe que des pâtres errans qui, après avoir avoir parcouru toute l'Asie , se filèrent euiin dans la Turcomanie ou Turkestan , qu'ils avaient conquis et d'où ils prirent le nom de Turcs. Cette opinion estla plus généralement adoptée. Le mot Turc en langue ottomane

signifie un paysan , nn laboureur ; tandis ^ue dans la langue hébraïque il indique un vagabond , un homme . qui ne possède rien. (Test à cause de ces deux interprétations , dont l'une est injurieuse , que les Ottomans ne l'emploient jamais quand ils] parlent d'eux-mêmes, ils se servent du nom de musulmans , c est-à-drre vrais Jidèles , vrais croyans ; expression qui répond à celle de bons catholiques parmi nous.

Aucune puissance , après les Romains , n'a reculé aussi loin les bornes de sa domination. Si les Turcs n'ont pas occupé toutes les provinces qui appartinrent aux Romains , ils subjuguèrent des nations que ceux-ci ne conntffent jamais. Es conquirent l'empire grec , celui de Trébisonde , la célèbre Babylone, quarante royaumes et un nombre infini de provinces.

Cet empire s'étend sur trois parties du monde , en Europe, en Asie , en Afrique. L'énumération détaillée des pays et des peuples soumis à sa domination serait trop aride et trop longue pour trouver place ici ; je me borne donc à dire que cet empire domine sur presque tout le nord de l'Afrique , ayant pour tributaires Tunis, * Tripoli , Alger et autres petits royaumes, possédant aussi l'Egypte et les pays environnans.

En Asie sa puissance s'étend sur la Turquie asiatique, sur les trois Arabie» , sur l'Asie*Mineure , si célèbre dans l'histoire sacrée et profane.

En Europe se trouve le siège de son empire , qui lit aussi celui des empereurs d'Orient , que sa puissance fit écrouler. La Turquie commande également aux îles et contrées de l'ancienne Grèce , compte parmi ses tributaires la Petite Tartarie , la V akchie , la Moldavie , la

Servie, et porte enfin sa domination jusqu'aux i

de la Ru*

L'étendui

(le la Pologne et'de la Hongrie

I telle , que personne

n'apu lui assigner de homes précises. Les géographes les plus modernes lui donnent neuf cents lieues du couchant au levant , eu prenant depuis l'Albanie jusqu'à la Perse , et mille lieues du nord au midi , c'est-à-dire de l'Arabie à la Géorgie.

Cet empire prend aussi le nom d'Ottoman , d'un des plus grands fondateurs de sa puissance en Europe , dont. la dynastie a duré jusqu'à nos jours.

L'empire turc, ou plutôt son gouvernement, s'appelle ssi la Porte, ta Sublime Porte. L'acception de êètte nomination veut dire ouverture «ceowUrfe à tous ceux s sujets qui auraieiiL îles ivr la mations à faire etamt rangers qui veulent entrer pour traiter avec lYmpiri: t cours orientales du Mogol et de la Perse prennent quelquefois aussi cette dénomination.

emblème du croissant est adopté parles Turcs » cause de leur année divisée par remis lunaires.

(b) page 9.

Bysancc , aujourd'hui Cnmlanlinople , Tut bâtie par Pausanias , roi des Lacédémoniens. L'empereur Sévère forlifia cette ville, Constantin l'augmenta , l'enrichit et lui donna son nom, en h choisissant pour le siège dé

1 empire : elle cessa ainsi d'être appelée Bysa ne e et prit le nom qu'elle porte aujourd'hui. Les Turcs, depuis qu'ils en sont possesseurs, la nirmment Stumbn/, qui en leur langue signifie Constantinnple.

"Cette ville , placée à l'extrémité de l'Europe , est bâtie, ainsi que Rome , sur sept collines. L'univers n'offre pas un lieu qui soit dans une meilleure situation pour réunir tous les avantages du commerce : aussi fut-elle appelée le centre du monde. Les Grecs assuraient qu'un oracle indiqua à Pausanias le lieu où il devait la bâtir; c'était une fiction adroite que ce prince fit répandre , et , lorsque Constantin l'eut choisie pour le siège de l'empire d'Orient , on supposa pareillement qu'un pouvoir surnaturel, une inspiration divine lui en marqua le lieu par le prodige d'un aigle qui enleva des pierres de l'endroit où ce prince avait dessein de fonder une nouvelle* ville, et les transporta sur le sol où reposait Bysance. Constantin céda à cette indication , et plaça en ce lieu le siège de son empire.

La douce température de Constantin ople , la fertilité de son sol , ses immenses richesses sans cesse renouvelées par les deux mers qui baignent ses côtes, sa position unique > placée à l'extrémité de l'Europe et découvrant l'Asie , dont elle n'est séparée que par un canal , tout concourt à la décorer et à la rendre la plus belle ville du monde ; elle semble être formée pour être le siège des grands conquérans et la capitale de l'univers : cette place attire comme un aimant tout l'or du monde , elle est favorable aux expéditions de terre et de mer ; c'est la porte de l'Europe et le pont pour passer en Asie ; elle est baignée d'un côté par la mer Noire et de l'autre par la mer de Marmara , sa forme est triangulaire. Le concours des vaisseaux , la facilité de sa navigation lui amènent les approvisionnement qui lui sont nécessaires ; et si le vent vient à manquer à l'une des deux mers et

6 oppose à l'affluence des vaisseaux , les flots de l'antre mer font arriver d'autres navires qui la dédommagent amplement, en sorte que les eaux qui l'entourent peuvent tmi? comparées à une nourrice qui avec ses deux mamelles fournit tour à tour à ses besoins et soutient ainsi son existence»

La ville proprement dite a sept lieues de tour ; mais , en comprenant les faubourgs de Pera et de Galata et autres lieux , son étendue est presque double , elle renferme environ douze cent mille habita ns. Rien n'est comparable à la beauté des bains publics de cette ville ; ils rappellent ceux de l'antique Grèce et ceux des anciens Romains.

Les environs de Gonstantinople sont .ornés de^ superbes maisons de campagne; U faut admirer aussi celles qui embellissent les bourgs, et villages situés sur les deux rives du Bosphore de Thrace. Ge canal superbe , qui sépare l'Europe de l'Asie , a plus de six lieues d'étendue depuis Constantinople jusqu'à l'embouchure de la mer Noire, sa largeur varie en certains endroits.

Gette fameuse Gonstantinople succpmba sous le fer de Mehemet II , empereur des Turcs , qui déjà s'était rendu maître d'une grande partie de l'empire grec : il fit le siège de cette capitale , s'en empara sous Constantin Paléologue ,1121 ans après sa fondation. Gette ville subit la loi du vainqueur, sa population fut presque renouvelée , sa religion, ses lois changèrent , alors l'étendard de Mahomet et son Goran remplacèrent la croix et l'Évangile des chrétiens.

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(c) page i3.

L'ouvrage de M. d'Ohson sur l'empire ottoman estrccommandable par le mérite du style et l'exposition claire et précise des commentaires écrits sur le Coran par les docteurs turcs.

Toutefois nous ne pouvons nous dispenser d'entrer dans quelques explications sur les cinq codes dont il fait mention.

Le talent et les connaissances dont cet auteur fait preuve', ne permettent pas de penser qu'il ait cru ou voulu persuader qu'il y ait plusieurs" codes qui régissent les Turcs; car il est à la eontiassance du moins instruit dans rhistoire ottomane , qu'ils a*6nt d'autre code que le Coran, auquel on* ne peut oter ni ajouter un seul mot.

L'auteur eu a' 'été' tellement! cVmirainctt , qu'il a désigné chacun de ces cin^codés sous- 1er titré de Code' religieux, et non code des Turcs. Les cinq codes ne s'ont en èTfet que des Commentaires faite' $àr des théologiens turcs , '' et d'après lesquels ou n'administre pas l'état rii la' justice, mais qui, Védlgés d'après lé livre unique des lois, les relatent, les commentent 1 et' en développent l'application. On se règle quelquefois sur leur autorité ', comme aussi sur les jugem'eirs précédens, oxx fcstwas du muphtï; néanmoins on n'est pas astreint à lés suivre , ils servent' seulement de guides pour* éclairer la conscience des juges dans ta solution et l'application des chapitres du Coran.

Les commentaires turcs , renfermés dans l'ouvrage de M. d'Ohson , sur les lois civiles , religieuses et morales, sont écrits avec une clarté , une force de logique sur-

prenant», que les anciens docteurs en Sorlmnne et les Cujas ne pourraient surpasser La traduction en est élégante et précise , et donne i\ regretter que l'auteur n'ait pas extrait de son ouvrage en trois volumes in-folio, un abrégé plus à \a portée Je chacun, et qui

Ajoutons qu'il y a en Turquie un nombre immense de commentaires sur le Coran , par la raison que chaque professeur de collège , chaque homme de loi ou juge , et depuis l'écolier jusqu'aux cadileskers et au muphti, font eux-mêmes des commentaires du Coran. Ce sont des espèces de traités de morale ; c'est l'étude continuelle et presque exclusive de la généralité des Turcs , il n'y en a pas un d'eux , quelque obscur qu'il soit, qui n'ait chez lui une copie du Coran et quelque commentaire.

Turc,

; que dll Pufendorff à l'égard du n

« La plupart des hommes s'imaginent qne les Turcs sont des monstres d'inhumanité et de mauvaise fui, leur nom seul effraie quantité de gens parl'idée affreuse qu'ils t'en sont formée. Ceux qui les ont le plus pratiqués, et qui les connaissent le mieux, en font un portrait plus avantageux. Ils assurent que les vices , à quoi on ne peut pas nier que les Turcs ne soieut sujets, sont compensés par de grandes vertus II faut remarquer qu'on ne parle ici que des Turcs d'origine, et point du tout des renégats, qui , étant presque toujours l'écume de leur nation , dés-

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honorent également celle dont ils sont sortis et celle à laquelle ils se sont donnés.

» En général on accuse les Turcs d'être extrêmement fiers et de regarder du haut en bas tout ce qui n'est pas musulman , etc. , etc

» En récompense, dans les affaires particulières ils sont d'une bonne foi qui fait honte à beaucoup de peuples. D est rare qu'ils trompent dans le commerce ou qu'ils s'écartent de l'équité naturelle. IUse piquent d'une grande modération envers ceux qui leur témoignent de la civilité et de la modestie. Sobres dans le boire et le manger, ils se contentent de peu de chose, et il leur suffit de ce que la nature demande indispensahlement , ce qui leur est avantageux pour la guerre. Leur loi leur interdit l'usage du vin et des liqueurs fortes , «quoiqu'ils ne soient pas si exacts, que beaucoup d'entre eux ne transgressent cette loi. La dévotion et le zèle qu'ils ont pour les exercices de leur religion est capable de couvrir de confusion les chrétiens tièdes et indifférées. Rien n'est plus soumis que l'obéissance et le respect qu'ils rendent à leur souverain. Ils vivent entre eux paisiblement, et on n'y entend jamais parler de duels ; ils ne peuvent au contraire s'empêcher de rire quand on leur dit que les chrétiens sont sujets ï cette manie. Au commencement de leur Baïram , fête qui répond à notre Pâque, ceux qui ont quelque animosité , ne manquent pas de se réconcilier et croiraient

faner la fête s'ils y manquaient. Braves et courageni

-*-e, ils y combattent avec d'autant plus d'ardeur

t dès l'enfance que les jours de l'homme

sont comptés, sans qu'il soit au pouvoir humain d'en allonger ou d'en abréger le cours, et que les âmes de ceux qui meurent à la guerre entrent dès l'instant même de leur séparation dans la béatitude éternelle. Quoiqu'ils n'étudient presque jamais, ils ont naturellement de l'esprit et un discernement merveilleux pour distinguer ce qui est de leur intérêt. En un mot il s'en faut bien que les Turcs snient 3ussi grossiers et aussi barbares qu'on se le figure d'ordinaire. «

Introduction a l'kixlohe pnlit/'ijuc et m'ne'ra/c de l'Univers ; par M. le baron de Pufendorff, tom. 4, liv. 4 , chap. 8, page 483.

(e) page 16.

Il n'est que trop vrai que les guerres de religion ont chez tous les peuples un caractère de férocité qui leur est particulier ; et, pour se convaincre que le fanatisme égara pareillement les nations les plus généreuses et les plus civilisées , il ne faut que lire certaines époques de nos propres annales. On cite, dans le Ptatarque français ( éloge du maréchal Villars ), plusieurs faits dont les seraskiers ottomans ne peuvent guère avoir surpassé la rigueur, et qui pourtant n'ont pas été l'estime publique » ceux de qui ils émanèrent ■ tant les idées fanatiques d'alors faisaient taire toute modération et jusqu'au cri de l'humanité !

Voici quelque:

remarque :

« Villa!

cueilli à 1;

i de ces faits qui justifieront cette

>ire, fut honorablement acen désiré lui donner des té-

noignaget de ta satisfaction , mais il lui fallait des emplois proportionnés à ses services ; pn voulait le mettre dans l'exercice de ses talens pour le rendre plus utile. Il n'y avait qu'avec les dépouilles de Montluc qu'on pût dignement le récompenser. Ce fameux maréchal, fléau des calvinistes , fut un mélange de grandeur et de férocité : fidèle à ses amis , savant dans l'art des combats, magnifique envers le soldat, mais inexorable après la victoire , il fit la guerre en barbare et n'ambitionna l'honneur de vaincre que pour se livrer au plaisir brutal d'exterminer les vaincus. Quoiqu'il eût remporté plusieurs victoires , il fit périr plus de calvinistes par la. potence et la roue que par l'épée ; il marchait toujours suivi de deux boureaux , qu'on appelait ses laquais ; on ne pouvait prononcer devant lui le nom de huguenot, qu'il ne tombât dans des transports qui tenaient du délire ; et , comme il Voulait transmettre à ses enfans son caractère féroce , il les obligeait de ne se baigner que

dans des cuves de sang ; son fils aîné fit connaître à la journée de la Saint-Barthélemi qu'il avait bien profité

de pareilles leçons. ,

Plus loin, il est dit encore sur ce maréchal

« Montluc , pour l'arrêter ( Coligni ) dans sa marche , voulut s'emparer de Rabusten-en-Bîgorre. La fière contenance des assiégés ne rebuta pas son courage ; il ordonne plusieurs assauts , qui tous sont aussi meurtriers qu'inutiles; furieux de tant de résistance, il marche lui-même à la brèche , suivi des plus braves de son armée ; dès le commencement de l'attaque il reçoit un coup d'arquebuse qui lui faisait sortir le sang par le nez et par la bouche; on s'empresse autour de lui pour le plaindre et pour

panser s» blessure ■ Amis , dit-il . ne songez à moi que pour venger ma mari , le dernier ordre que je vous donne est de nefiîrc quartier à personne.

u Ses soldats , qui étaient autant de bourreaux, exécutèrent fidèlement sa volonté. Dès que la ville fut prise , la garnison fut passée au fil de l'épëe avec tous les habitans, conformément à Tordre héroïque et chrétien donné par leur chef. ■

L'auteur du Plutarque français ajoute encore : w Jb ne puis trop relever le mérite de sa modération ( de l'amiral Villars ), puisque les hommes les plus respecté» de la nation se plongèrent dans l'ivresse turbulente qui égara l'esprit du vulgaire. Les guéries de ce temps ont un caractère de férocité qui ternit l'éclat des actions les plus héroïques. •> On ne peut bien apprécier les hommes, )nnaît pas les mœurs du siècle. Voici avec quelles couleurs lirantôme, ce peintre des moeurs, a tracé le portrait d'Anne de Montmorenci , qui, malgré «es. défauts, fut respecté comme tin homme de bien, jugement qui a été ratifié par la postérité ; ses vices n'étaient pas les siens, c'étaient ceux de son siècle.

nnétable , dit cet écrivain, ne manquait jamais à ses dévotions et à ses prières , car tous les malins il ne laissait de dire ses patenôtres par les champs , aux ari lesquelles on disait : qu'il fallait bien se garder des patenôtres du connétable ; eaf , en les disant et marmottant, lorsqu'il se présentait les occasions de punir les excès qui arrivent , il disait ■. a Allez-moi prend te 'I , attachez celui-là à un arbre, faites passer celuilà par les piques ou les arquebuses tout devant moi ; taillez-moi en pièces tous ces marauts qui ont osé te nie

ce docker contre le roi, brûlez-moi ce village , boutez le feu à un quart de lieue à la ronde,. » et ainsi tels et semblables propos professait-il sans se déboucher nullement de ses patenôtres , pensant faire une grande faute s'il eût différé ces punitions . tant il était consciencieux.» Ailleurs Brantôme , en parlant de Louis de Bourbon , duc de Montpensier, qui , pour venger la religion , violait sans remords les maximes de l'humanité, rapporte le passage suivant :

« Quand on lui amenait un homme, il lui disait : «Vous êtes huguenot, mon ami, je vous recommande à M. Barbelot;» c'était un cordelier, homme fort savant auquel on menait aussitôt le prisonnier qui, après avoir été interrogé , était aussitôt condamné à mort et exécuté ; û c'était femme ou une fille un peu jolie , il ne leur disait non plus autre chose, sinon : « Je vous recommande àmon guidon; » ce guidon était M. de Montoison, de l'ancienne maison de l'archevêque Turpin , très-bon gentilhomme > grand et de haute taille, et ce M. deMontoison aussitôt, etc.» Les historiens ont aussi reproché à La Valette., grandmaître de l'ordre de Malte , d'avoir, au mépris des lois de la guerre et de l'humanité, lors <}e l'attaque de l'île de Malte par l'armée navale de Soliman II , - fait empoisonner toutes les fontaines au dehors de la place afin de faire mourir tous les Turcs > Voilà comme Sagredo s'exprime sur ce fait : « // empoisonna les fontaines au dehors et distribua les postes au dedans. » Le moyen n'était pal généreux, il était indigne de ces nobles et preux chevaliers religieux.

Sans entrer dans aucun détail sur l'odieux tribunal de l'inquisition (l'Espagne , on peut rappeler à ses partisans que les anathèmcsqu'il lançait nienaraii'ul aussi les rois, en sorte, que ceux qui le rétablissent maintenant pourraient bien subir un jour son inexorable censure.

On sait ce qui arriva à Philippe II , roi d'Espagne , que l'histoire dépeint pourtant comme un prince superstitieux , cruel , et qui souvent repaissait ses v<!iix du spectacle des autodafés -, un jour qui! regardait passer la procession du Sainl-Office et voyait dénier devant lui les malheureux qui allaient être brûlés, l'un d'eux, malgré l'effroyable habillement dont il était revêtu, se fit remarquer par sa taille et sa ligure inléressanle. Le prince, touché de compassion, ne put s'empêcher de s'écrier, d'un ton assez élevé, c' est dommage ; ces paroles furent entendues par un officier et reportées au yrand inquisiteur , qui ne manqua pas de venir dès le lendemain au lever du roi : ce prince l'interrogeant sur le motif qui l'amenait à cette heure, l'inquisiteur lui répondit : » Sire, un sujet important m'amène; votre majesté, en voyant passer la procession du Saint-Office, causa hier un horrible scandale par uue pitié sacrilège : vous plaignîtes un misérable que le Saint-Office venait de condamner aux flammes , cela peut produire un mauvais effet et diminuer le respect qu'on doit avoir pour nos arrêts, qui 6ont toujours justes. »

•i Je suis fâché , reprit le discrètement ma compassion

i, d'avoir fait éclater inuiais la faute est faite. »

« Sire 9 vous pouvez la réparer , **epartit le grand inquisiteur , vous n'avez qu'à souffrir qu'on vous tire deux ou trois onces de sang , et qu'on les fasse brûler par l'exécuteur du Saint- Office. » Philippe , après avoir entendu cette haï die proposition , délibéra en lui-même et n'osa pas f'v réfuter, et se laissa faijjner sans rien dire.

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