‹ Chartes de communes et d'affranchissements en Bourgogne (volume 3)Chapitre 38 sur 106 · CCCXXXVII · texte numérisé non relu

CCCXXXVII

(lliai'le pa'^sée en présence de Guy, évêqiie d'Autun, par laquelle Nicolas, abb6, le prieur et les religieux de Fiavii^ny, vendent aux liabifants du lieu la mainmorte et le banvin qu'ils leur avaient déjà engagés, les prestations de bienvenue ou nouvel avènement, de voyage en cour de Rome, et la permission aux veuves de convoler en secondes noces (I).

1236 (mars).

Nos Guido, Dei gralia Ediiensis episcopus (2), notum facimus omnibus presentilnis et fuluris quod ciim Nicolaus abbas (3), Hugo prior, totus que conveu-

(1) L'original de cette charte a disparu des arcliives municipales de Flavigoy avec les anciens papiers de la commune, vraisemblablement par les mêmes causes que celles éuoncées plus haut pour Marigny. Le texte que nous reproduisons est lire d'une copie authentique faite au XVI» siècle, et provenant du fonds de l'Abbaye, déposé aux Archives du département.

(î) Guy de Vergy, oncle maternel du duc Eudes IV (voir I, 42, en note). La présence de l'évêque suzerain de l'abbaye était ici nécessaire pour la validation du contrat, parce que cette cession était considérée comme une diminution du fief.

(3) Nicolas, 'lA" abbé de Flavigny, succéda ii l'abbé Milon de Frolois vers 1234, et gouverna jusqu'en 1240. II. 22

tus Flavigniacensis vidèrent quod mouasterium suiim Flavigniacensis tantis esse oppressum debitis quod non posset resurgere iiisi aliquas possessionum suorum venderent, et homines eorum Flavigniacenses manum mortuam quam in ipsis liabebant et sex septimanias bannorum (1) pio tanta summa pecunie detinerent a suis predecessoribus pignori obligatas. Videlicet, pio tresdecim viginti marchis argenti et quateroeulum libris Pruvinensium (2) quas abbas Hajmo (3) recepit, et pro mille ducentis libris Divionensibiis (4) quas abbas Gallerus (o) habuit, et pru duabus mille libris Divionensibus quas abbas Herveius (6j habuit, prout in dictorum abbatum litteiis coutiuetur (7). Et taie jus haberent in villa Flavigniacensi quod homines sui Flavigniacenses teuebantur solvere abbati quotiens de novo instituebalur in monasterio Flavigniacensi, benevenutam suam semel tantuni, licet sub indeterminata quantitate ^8), et expensas quas faciebat abbas quociens ibat ad curiam Romanam (9). Nec mulieies vidue Flavigniacenses possent contrahere uuplias, nisi piius requisito et obtento abbatis consensu (10).

Dicti abbas, prier et conventus vacantes pro posse suo utilitati et liberationi monasterii memorati, vendideruut, quictaverunt et concesserunt sinipliciter predictis hominibus et viduis predictam manum mortuam et quindecim dies de preuominatis sex bannorum ebdomadis et dictum jus quod habebant in viduis.

(1) Banvin.

(2y De Provins.

(3) Lisez Agano, 3o« abbé, qui administra de 1130 à IHO.

(4) Livres rfijounaises. (Voir tome Ij page 2, annote,;

(5) L'abbé fiautbier, 38* abbé, succéda à Guy I de Saucy, 1173-11S3.

(6) L'abbé Hervé III, 41« abbé, 1214-1228.

(7) Ces lettres n'e.'Listeut plus; dans tous les cas, l'éuormité des sommes payées par les habitants, même en les supposant plus nombreux qu'ils ne furent dans les temps postérieurs, témoignent combien ces droits étaient écrasants, puisque, pour s'y soustraire, ils n'hésitaient point devant de tels sacrifices. Au reste, il faut croire que les dettes contractées par l'abbaye étaient bien considérables, puisque, uonobslant ces ressources, l'abbaye se trouva, en 121i, lellemeut pressée par ses créanciers pour une somme de 40,000 livres, qu'elle Implorale secours du duc Eudes III. Ce prince consentit bien à la prendre pour sou compte, mais, comme il exigeait le versement immédiat de 0,000 livres et l'engagement perpétuel de plusieurs terres, le marché n'eut pas lieu. Quinze ans plus tard, l'abhaye de Cluuy lui prêtait 1,000 livres pour un an, et l'année suivante le duc Hugues IV prenait plusieurs terres eu nantissement des 3,000 livres que l'abbaye lui empruntait.

(8) Bienvenue ou droit de nouvel avéuement. C'est la même coutume qui existait à Béze et que les religieux du lieu cédèrent aux habitants à beaux deniers comptants. (Voir 1, 520, ch. w CCXLIII, et 533, ch. n" CCCXLVIl., Par traité du M septembre 1371, qui a disparu des Archives, l'abbaye leur remit cette prestation moyennant uue somme de bOO livres une fois payée.

(9) En reconnaissance des privilèges octroyés par les Papes à l'abbaye de Flavigny, tout nouvel abbé devait, dans l'année de sou installation, visiter le Saint-Siège apostolique et acquitter une sorte de tribut. C'était une pre^latiou analogue a celle pour le voyage en Terre-Sainte, que les seigneurs laïcs exigeaient de leurs vassaux en vertu du droit d'indire.

(10) La même défense existait à Béze, où, comme à Flavignv, elle fut rachetée par les habitants. ;Voir I, 331, ch. u° CGXLVl.)

Concedentes eis ut possent conlrahere libère, non requisito abbatis consensu, et expensas que debebantur abbati Flavigniaeensi, quando ibal ad Sedem Apostolicam ab ipsis hominibus et eoriim heredibus quicte et pacifiée imperpetuum possidendo.

Taxaverunt itaque dicti abbas, prior et conventusitabenevemitam de voluntate sepedictorum hominum, et sua quod non poterit petere nomine benevenute abbas de novo institutus ultra centuni marchas argenti, et illas centum marchas abbati tenenlur reddere burgenses Flavigniacenses sine ahqua conlradictione, infra annum adventus, ahis libertatibus et bonis consuetudinibus ville uichilominus in suo robore duraturis.

Vendiderunt autem, quiclaverunt et concesserunt hec omnia sicut predicta sunt predictis hominibus pro quater raille libris (!) Divionensibus, de quibus eis pleniare est salisfactum. Quam pecuniam sepedicti abbas, prior et couventus in ulililatem et liberationem prefati monasterii converterunt, quittata pecunia pro qua erant manus mortua et banni in manu dictorum hominum obligati

Sepedicti autem abbas, prior et conventus juraverunt quod contrahere de cetero non vcnient nec per se vel per alios, nec auctoritate propria nec auctoritate superioris. Supponentes se juridiction! nostre specialiter in bac parte quod ad bas conventiones et constituliones firmiler et inviolabiliter observandas sicut in presenti pagina conlinenlur, nos vel successores nostri possimus eos compellere percensuram ecclesiaticam si forte, quod absit, abbas, vel prior, vel couventus, vel aliquis de conventu contra ista presumpserit aliquid attemptare.

Concesserunt etiam eisdem hominibus quod ipsi non teneantur solvere benevenilam abbati nec facere fidelitatem, donec abbas qui de novo instituetur hoc idem fecerit juramentum Ci), et concesserunt eis quod jurent inler se quod alterum aller deffendet si forle aliquis ipsorum contra ista contigerit aliquid attemptare (3).

De omnibus vero delictis et emendis pro quibus dicti homines eisdem abbati, priori vel conventui tenebantur vel illi sepedictis hominibus anfe datam litterarum isfarum se absolverunt ad invicem et penitus quittaverunt (4), reuun-

(1) Rcmarqiious en passant que cette somme de 4,000 livres représentait justement celle de 1,000 prêtée en 1229 par l'abliaye Je Cluuy sous la sarautie du duc Hugues, et celle de 3,000 livres engagée par lui-même à l'abbaye; comme elle devait être entièrement employée à l'acquit des dettes du couvent, le duc du même coup remplissait sa bourse et augmentait son influence.

(2) C'est l'obligation ordinaire imposée à tout nouveau seigneur de jurer la conservation de la charte octroyée par ses prédécesseurs.

(3) Imitation on plutôt souvenir des § 1 et 14 de la charte de Dijon. (Voir t. I, p. 5 et 8.)

(4) Cette abolition finale et réciproque des délits et des amendes antérieurs à cette charte témoigne des

ciantes oniui exceptioni vel juri tam scripto quam non scripto, tam statuto quani statuendo, et omni privilégie impetrato et impetrando, quod eis posset competere in hac parte.

In cujus rei lestimoniuni et munimen, ad instantiam sepedictorum abbatis, prions et conventus et dictorum biirgensiiim, presenfein paginam sigilli nostri mininiine dignum duximus roborandam. vVctum in anno Domini raillesimo diicentesimo tricesirno sexto, mense martio.

Archives de la Côte-d'Or. Fonds de l'abbaye de Flavigny. Pièces concernant la ville de Flavigny. Copie de l'année 1567, signée Bailly, clerc du greffe du Parlement, à Dijon.

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