‹ Chartes de communes et d'affranchissements en Bourgogne (volume 3)Chapitre 37 sur 106 · FLAVIGNY · texte numérisé non relu

FLAVIGNY

Flavigny, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Semur, est une petite ville d'origine gallo-romaine, qui, plus heureuse qu'Alise-Sainte-Reine, sa voisine, échappa à une complète destruction, lors de la chute de l'empire romain, et devint le centre ecclésiastique du pays d'Auxois. Au commencement du VIII» siècle, Widrad, un des leudes de Charles-Marlel, y fonda une alilfaye célèbre, que les rois, dès l'origine, mirent sous leur protection ; ce qui n'empêcha point les évêques d'Autun elles ducs do Bourgogne de contester à l'abbé la plénitude des droits qu'il avait sur cette ville. L'évêque d'Autun, fort d'un diplôme de Charles-le-Chauve (877), confirmé par un concile, regardait l'abbé comme son vassal et Flavigny comme mouvant de son fief. De son côté, le Duc, héritier des droits régaliens en Bourgogne, prétendait avoir la garde de l'abbaye, commander par conséquent dans la ville, et no laissait jamais échapper l'occasion d'affirmer son autorité. Ainsi, en 1157, Eudes II prit parti pour les habitants « ses amis, » dans leur querelle avec l'abbé, qui voulait les contraindre de contribuer aux fortifications de la ville. En dI8I, l'abbé ayant refusé de reconnaître sa suzeraineté, le duc Hugues III ravagea les possessions du monastère et le contraignit à implorer l'intervention du pape Lucius III. Mais bien que, par un accord ménagé entre les parties, le Duc eût renoncé h ses prétentions, son fils Eudes III, ayant obtenu du roi Philippe-Auguste (H98) la cession de tous ses droits sur Flavigny, les fit revivre de plus belle et les transmit à son fils Hugues IV. Celuici, fidèle ù la politique paternelle à l'endroit de l'émancipation des communes, et sympathique aux misères des habitants qui s'étaient toujours montrés dévoués h ses intérêts, usa de l'autorité que lui donnait auprès de l'abbé son titre de souverain, de gardien et aussi de créancier, pour le déterminer à les affranchir.

Constitués en corps de commune, les habitants ne tardèrent point à posséder aussi un échevinage, et ces divers privilèges valurent à Flavigny l'honneur de figurer parmi les villes qui députaient aux Etats de la province.

Page 1