Wendover, II
4. Voir dans les Rot, litt. pat. I, 134, 137, 138, 142, une série de ces lettres de sauf-conduits, délivrées les 23 avril, 10, 17, 18, 20, 25, 27 mai et 8 juin.
INTRODUCTION xxi
caractère, il fit écrire au Pape (29 mai) une lettre dans laquelle il exposait son différend avec les Barons et où il déclarait que leur hostilité l'empêchait d'accomplir son vœu de Croisade*. L'entrevue à laquelle il avait convié ceux qu'il dénonçait ainsi au chef spirituel de la chrétienté n'en eut pas moins lieu. On peut supposer que le roi était d'autant plus disposé à faire des concessions et à prêter des serments qu'il espérait davantage s'en faire bientôt relever. Il avait établi son camp entre Windsor et Stanes, dans un endroit où, semble-t-il, les Anglo-Saxons avaient, aux temps anciens, coutume de s'assembler pour délibérer sur les affaires de l'État, et qui, à cause de cela, portait le nom de « Prairie de la Conférence » (Runnymead) ^. Le roi accueillit gracieusement^ les barons, accepta la pétition qu'ils lui apportaient l'épée au poing, y fit apposer son sceau, et consentit enfin à jurer la Grande Charte qui fut revêtue à son tour du grand sceau de la royauté (15 juin).
Après avoir assisté aux origines de la Grande Charte, on se rend mieux compte de son caractère. Ce n'est pas une constitution nouvelle arrachée par les barons à la royauté ; ce sont les antiques libertés de la nation que le roi s'engage à respecter. Mais l'acte de 1215 {Textes, n** V) est plus explicite qu'aucun de ceux qui l'ont précédé et préparé. La charte