IV
Edouard I, qui lui succéda, fut sans contredit un des souverains les plus remarquables que l'Angleterre ait possédés; comme Henri II, il fut un législateur émi-
1. La chronique de Mathieu de Paris a été continuée, soit à Saint- Albau même, soit à Westminster et ailleurs. Ces continuateurs se résument en deux noms, celui de Guillaume de Rishanger et celui de Mathieu de Westminster. Le premier, né en 1250, fut moine à Saint- Alban (1271) ; il y était encore en 1302 ; H. Th. Riiey a publié sous son nom une chronique, ou Continuatio Chronicorum Mathei Parisiensis (1259-1306), àes. Annales regni Scotiae^ des Annales Angliae et Scotiae^ des Gesta Edwardi I et trois fragments d'annales relatives au même prince (dans les Chronica monasterii S.-Alhani, Rolls séries) ; on lui attribue en outre un Opus ou Liber Chronicorum (1259-1296), publié par le même éditeur dans un autre volume qui contient encore les Chroniques et Annales de John de Trokelowe ; mais il est impossible que ce Liber soit du même auteur que la Continuation de M. de Paris. Les deux textes présentent de grandes ressemblances et de graves divergences ; ils se complètent l'un l'autre. Quant à Mathieu de Westminster, c'est un nom de rencontre derrière lequel se dissimulent plusieurs continuateurs anonymes des Grandes Chroniques. Mais ces continuateurs paraissent avoir vu de près les événements qui se sont produits à Londres en 1295-1300. Leur témoignage doit être recueilli .avec soin, maintenant surtout que l'on a une excellente édition des Flores historiarum (par H. R. Luard, Rolls séries, 3 vol. 1890). Cette édition devra être seule consultée. Très importante encore, au point de vue particulier qui nous occupe, est VHistoria Anglicana de Barthélémy de Cotton, moine de Norwich (publ. p. H. R. Luard, Rolls séries, 1859) ; cette chronique s'arrête brusquement en 1298, aussitôt après le récit de la bataille de Falkirk, sans doute à cause de la mort de l'auteur qui est, par conséquent, un témoin immédiatement contemporain. C'est d'ailleurs moins un historien qu'un bon archiviste; dans sa chronique, assez incolore en elle-même, il a inséré de précieux documents qui lui donnent une grande valeur. Il faudra consulter en outre la continuation de Florent de Worcester par Jean de Tayster et Jean d'Everisden (publiée à la suite de Florent dans l'édit. de Thorpe) et celle de Gervais de Cantorbéry (Historical works of Ger. of C. 2 vol.; édit. Stubbs. Rolls séries, 1879-1880), qui donne
G. Bbmoitt. — Chartes des libertés anglaises, c