‹ Chartes des libertés anglaises (1100-1305)Chapitre 26 sur 141 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

nent et son règne a laissé des traces indélébiles dans l'administration anglaise. Il ne faut pas, cependant, avec quelques historiens modernes*, le considérer comme un modèle de sagesse et de vertu. C'était un politique, sincère quand il déclarait que nul n'aimait le peuple mieux que lui, peut-être sincère encore quand il s'excusait en pleurant des sacrifices qu'il lui

d'assez abondants détails sur le différend entre le roi et le clergé de 1294 jusqu'à la réconciliation d'Edouard I avec l'archevêque de Cantorbéry, en juillet 1297, la chronique de Nicolas Trevet, de Tordre des Prêcheurs (Annales sex regum Angliae qui a comitibus andegavensibus originem traxerunt 1136-1301 , édit. Hog, English histor. soc. 1845), où l'on retrouve des passages identiques à certains de Rishanger, et celle de Walter au Gautier de Hemingburgh (ou Hemingford), chanoine régulier au monastère de N.-D. de Guisborough (Chronicon de gestis regum Anglie, 1066-1315 ; édit. H. Cl. Hamilton. English histor. soc; 2 vol. 1848). Rien à signaler parmi les chroniques des règnes d'Edouard I et d'Edouard II publiées par M. Stubbs dans la collection du Maître des rôles : les Annales Londinenses ont une grande lacune aux années 1294-1301, et les Annales Paulini ne sont originales qu'à partir de 1307. — En outre, comme le Parlement s'organise définitivement sous Edouard I, et que de nouveaux fonds d'archives se rapportent à cet organisme perfectionné, il faut consulter : 1<» le recueil de brefs royaux relatifs à la convocation pour le Parlement et pour le service militaire des chevaliers, formé par sir* Francis Palgrave sous le titre : Parliamentary writs and writs of military summonSy dont le tome I (1827) se rapporte au règne d'Edouard I ; 2» le recueil des brefs royaux ordonnant la convocation du Parlement , annexé aux Rapports sur la dignité de pair d'Angleterre (Reports on the dignity of a Peer of the realiHy 5 vol. qui font partie des « livres bleus » du Parlement). Quant aux procès-verbaux officiels des séances transcrits sur les rôles du Parlement, ils commencent, il est vrai, en 1278, mais ils ne forment une série ininterrompue qu'à partir de 1340 : JRotuli parliamentorum, ut et petitiones in parliamento, 5 vol, fol. 1770 ; le tome VI, qui contient la Table des matières, a paru en 1832; il est des plus précieux. — Quant aux livres de seconde main, outre les histoires générales de l'Angleterre citées plus haut, il faut lire VEnglish constitutional history de W. Stubbs, et aussi son petit volume Early Plantagenets ; ce dernier est un ouvrage de vulgarisation, mais très substantiel.

1. Citons seulement M. Stubbs, qui paraît être allé un peu loin dans le panégyrique : Constitutional history of England^ II, 291.

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imposait, mais parfaitement conscient des droits de la royauté, opiniâtre à les défendre, et décidé à ne reculer devant aucun des moyens employés par son père et son aïeul pour les conserver intacts. À partir de 1295, lorsqu'après l'expulsion des Juifs et au début de la guerre avec la France, il dut faire face au soulèvement des Gallois et à la défection des Ecossais, ses besoins d'argent l'entraînèrent dans des difficultés où se révélèrent l'orgueil de son pouvoir et la duplicité de son caractère. Au parlement de Saint- Edmundsbury (3 novembre 1296), il obtint sans beaucoup de peine un subside des seigneurs laïques et des députés des villes ; mais le clergé qui, en 1295, avait consenti à donner de l'argent, se retrancha derrière la bulle Clericis laicos récemment promulguée, et, dans une assemblée tenue à Saint-Paul de Londres (15-19 janvier), il déclara, malgré la présence et les menaces de deux envoyés royaux, « qu'il ne pouvait en ce moment trouver aucun moyen de contribuer. » Une députation qui vint trouver le roi au château de Castelacre, fut accueillie avec une froideur menaçante : « Puisque vous ne tenez pas l'hommage et le serment que vous me devez pour vos baronnies, » répondit sèchement Edouard aux délégués, « je ne suis plus tenu de rien envers vous* ». Et en effet il fit saisir les biens des clercs et des religieux *, et défendit aux

1. Sur le Parlement de Saint-Edmundsbury» voir Gervais de Canlorbéry, II, 314, et surtout Barthélémy de Cotton, p. 318.

2. Le 12 février, suivant Cotton, p. 320. Voyez aussi ce qui se passa dans l'assemblée du clergé tenue à Londres le 26 mars, dans Cotton, p. 322, et dans les Flores historiarum^ III, 100.

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