‹ Chartes des libertés anglaises (1100-1305)Chapitre 29 sur 141 · Flores historiarunij III, 101. Cf. nos Textes, n° XI · texte numérisé non relu

Flores historiarunij III, 101. Cf. nos Textes, n° XI

2. Voyez ce bref dans les Parliamentary vcrits, I, 53. Cf. Wilkins, Concilia, p. 226, cité par Blackstone, p. lx. « Articulus arduus, videlicet de Magnis Cartis libertatum et foreste. salubriter innovandis, et de juribus ac libertatibus ecclesie anglicane, que hactenus déciderunt et adhuc continue decidunt in abusum, recuperandis a principe.. »

3. Cette assemblée fut convoquée à Londres « in festo S. Pétri in vincula » (l®' août), selon Trevet, p. 354. Cette date ne doit pas être prise dans un sens trop précis, car nous avons une lettre circulaire du roi, datée de Westminster, le 30 juillet, où il annonce le subside que viennent de voter les seigneurs laïques et les députés des villes « pro confirmatione Magne Carte celebris memorie domini Henrici patris nostri de libertatibus Anglie et eciam pro confirmacione carte ejusdem patris nostri de Foresta a nobis habenda ». Pari, wriis., I, 53. Le Parlement s'était donc réuni au plus tard le 30 juillet.

4. Le 14 juillet, s'il faut en croire les Flores hisioriarum, III, p. 101.

5. Il n'est pas sûr que ce huitième ait été concédé, ou du moins qu'il l'ait été régulièrement, car les comtes et leurs partisans déclaraient à quelques jours de là, devant l'Echiquier, que le dit huitième « par eux ne par la dite comounauté unques ne feut graunté ». Yoy. les Transactions de la R. histor. society, nouv. série, vol. III (1885), p. 284.

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meubles. Le jour de son départ, Edouard, monté sur une estrade devant la grande salle de son palais, avec son fils, Tarchevêque de Cantorbéry et le comte de Warwick, demanda pardon au peuple debout autour de lui, avouant, avec des larmes dans les yeux, qu'il l'avait gouverné avec moins de douceur qu'il ne convenait à un roi, s'excusant sur les nécessités de la guerre et ajoutant : « Je vais m'exposer au péril pour vous. Si je reviens, accueillez-moi comme vous le faites aujourd'hui, et je vous rendrai tout ce que je vous ai pris. Si je ne reviens pas, donnez la couronne à mon fils. » L'archevêque, fondant en larmes, jura de lui être fidèle, serment que tout le peuple répéta, les mains étendues ^

Pendant que le roi attendait près de Winchelsea le moment de mettre à la voile, on répandit dans le public un factum rédigé par les membres du Parlement et que les chroniqueurs du temps ont soigneument recueilli^. Ils se plaignaient d'avoir été convo-

1. Cette scène est contée par un des auteurs des Flores historiarum, celui qui écrivait à Merton, III, 295. Les autres récits moins circonstanciés concordent quant au fond. Voyez Flores historiarum^ III, p. 101, 102; Trevet, p. 358, et Rishanger, ChronicOy p. 172 : « de exactionibusin regno factis per nécessitâtes diversarum guerrarum » ; Hemingburgh, II, 123, copié par Cnitthon, I, 366.

2. Ces doléances sont seulement analysées dans les Flores, III, 102. Elles sont rapportées en latin par Trevet, p. 320, Rishanger et Walsingham ; elles sont en français dans Cotton, p. 325, moins le préambule, et dans Hemingburgh, II, p. 124, qui a été copié par Cnitthon. On ne saurait dire si l'une des deux rédactions a été traduite sur l'autre. Si nous en avons exactement compris le caractère, si c'est bien un factum destiné à émouvoir le public, il ne peut être douteux que cette pièce n'ait été mise aussitôt en français, tandis que, sans doute, on la publiait en latin pour les clercs.

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qués à Tarmée dans des formes insolites ; ils affirmaient d'ailleurs qu'ils ne devaient pas le service militaire en Flandre et qu'ils seraient en outre fort empêchés de le faire, parceque les exactions royales avaient épuisé leurs ressources ; enfin ils réclamaient l'observation des Chartes « dont tous les articles avaient été violés au grand dommage du peuple » [Textes^ n® X). Soit que ces doléances aient été présentées au roi lui-même, soit, comme il le prétendit, qu'il n'en ait eu connaissance que par le bruit public*, il y répondit, le 12 août, par une circulaire adressée à tous les shérilfs, où il exposait à son tour les origines de son différend avec les comtes, la nécessité où la guerre l'avait mis, bien malgré lui, d'imposer de pesants sacrifices à son peuple, « qu'il était tenu d'aimer plus que personne, » la promesse qu'il avait faite de confirmer et d'observer les Chartes ; il rappelait les désordres dont le royaume avait souffert au temps de la guerre des barons et la sentence d'excommunication lancée contre « tous ceux qui en troublent la

1. Hemingburgh dît formellement, II, 124, que ces doléances ont été portées au roi : « mîssis ad regem nunciis, rogavcrunt eum ut subscrîptos articulos... emendare juberet... ». Le roi était alors « in suo itinere apud Portesmew, quasi ad transfretandum paratus ». Il répondit aux envoyés : « Mon Conseil n*est pas ici tout entier, et je ne puis TOUS répondre sans avoir pris son avis. » D'autre part, dans sa circulaire, il affirme que, des articles rédigés par les comtes, il « ne sait rien, car rien ne lui montrèrent ni ne firent montrer ». Si ces articles sont bien les « Articuli quos comités petierunt nomine Gommunitatis » publiés plus loin, il faut admettre ou que le roi dissimule, ou que le chroniqueur a fait quelque confusion. Une chose du moins est certaine : ces articles, comme on va le voir, furent déposés à la barre de l'Echiquier le 22 août au matin, et à ce moment le roi les avait probablement déjà.

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