A legall vindication ofthe liberties of England
2. On peut signaler également une sorte de parodie satirique de la Grande Charte, parue en 1648 sous ce titre, que nous reproduisons en entier, car il suffit à caractériser Touvrage : A new Magna Charta^ enacted and confirmed hy the kigk and mighty States^ the remainder of the Lords and Commons now sitting at Westminster in empty Parliament, under the command and wardship of sir Thomas Fairfax, lieutenant-général Cromwell {our présent soveraigne lord the kingy now residing at his royall pallace at White hait) and prince Ireton his sonne y and the army under their command. Containing the many new^ large and ample liberties, customes and franchises oflate freely gran^ ted and confirmed to our soveraigne lord King Charles, his heirs and successorSy the Church and State of England and Ireland and ail the freemen and free borne people ofthe same. Et comme épigraphe, cette citation : « New Charta, cap. 29 : Omni vendemus, omni negabimus aut differemus justitiam vel rectum. » Comparez l'art. 29 de la Grande Charte de 1225, in fine.
3. Voyez dans L. Echard : History of England, 3« édit., p. 718 (la 1'* édition est de 1707) l'anecdote, si elle est bien authentique, de cet ami de Cromwell, Cony, qui refusa de payer, comme étant illégale, une taxe imposée à la cité par l'unique autorité de Cromwell, et qui, pour ce fait, fut envoyé en prison et détenu illégalement. Quand les juges alléguèrent « humblement )» la Grande Charte et la Pétition des droits, il a tourna ces lois en ridicule en termes trop grossiers et scandaleux pour que l'histoire les rapporte d. — Voyez aussi dans le tome V des Rapports de la Commission on historical mss., p. 163, une lettre du 12 avril 1657 où l'on raconte une séance de la Chambre, et où se trouve résumé un discours du maître des rôles, Lenthall, opposant la Grande Charte aux prétentions de Cromwell à la couroime.
INTRODUCTION lv
ticles de la Grande Charte, mais sans toucher à ceux qui présentaient le plus d^ntérêt politique; aussi, quand les seconds Stuarts eurent montré qu'ils voulaient gouverner dans le même esprit que les premiers, les discussions sur cette charte reprirent-elles passionnément, mais avec un caractère historique plutôt que juridique. Inutile de s'arrêter à certains écrits de circonstance où Ton essaya de populariser les commentaires de Coke*. Dans le même temps, William Pettyt ayant publié un pamphlet sur « l'Ancien droit des Communes d'Angleterre ^ » , le docteur Robert Brady, garde des archives de la Tour de Londres et royaliste déclaré, lui décocha une véhémente réplique (1683)^, qui devint la 1" partie de l'introduction au tome I (et unique) de sa grande Histoire d'Angleterre^. Il s'efForça de prouver que toutes les libertés dont jouissait le peuple anglais étaient un pur don de la royauté, que la Grande Charte ne saurait, comme l'avait avancé Coke, passer pour être « le fondement principal des lois d'Angleterre », car ce n'était pas pour les Anglais qu'elle avait été faite, mais seulement pour un petit nombre
1. Magna Ckarta... with some shorty but necessary^ observations front the lord Chief-Justice Coke* s comments upon it ; faithfully trans^ lated for the benefit of those who do not understand the latine ; par Edw. Coke, 1680. L'auteur dit qu'on parle beaucoup de la Grande Charte sans la connaître ; c'est pourquoi il en donne une traduction anglaise avec un commentaire, qui est sobre, mais non inutile.