The antient right of the Gommons of England asserted
3. A full and clear answer to a book written by William Petite esq, intituled « The rights of the Commons asserted ».
4. A complète history of England (1685). Le tome I ne dépasse pas l'année 1216.
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de barons normands désireux d'affaiblir la rigueur des obligations féodales, et de quelques prélats, aussi d'origine normande, empressés à secouer le joug du pouvoir séculier. Tyrrell * n'eut pas de peine à réfuter cet imprudent paradoxe.
Dans l'intervalle, un fait décisif s'était produit qui enlevait désormais presque toute importance pratique à ces querelles d'érudit : Jacques II avait été renversé et la Déclaration des droits^ imposée à l'usurpateur par le Parlement, confirmait implicitement les principes mêmes sur lesquels reposait la Grande Charte^. Cependant les événements de 1689 qui, à distance, nous paraissent un point tournant décisif dans l'histoire d'Angleterre, avaient besoin d'être justifiés aux yeux des contemporains. Burnet, l'ami, le conseiller intime des nouveaux souverains, y travailla résolument : pour prouver la légitimité de Guillaume III, il n'hésita pas à invoquer le droit à l'insurrection inscrit dans l'acte de Runnymead. Dans sa fameuse ce Lettre pastorale ^ » où il essayait de convertir les membres du clergé hostiles à la Révolution, et ils étaient nombreux, il déclara qu'il avait entre les mains l'original même des ce Articles de la Grande Charte » , scellé du grand sceau de Jean-
1. Dans General history of England, 5 vol. fol., 1697-1704; introduction au tome II, l*'*' partie, et tome III, appendice 1.
2. Voyez surtout les articles 1-13 du Bill of rights, dans Stubbs, Select charters y p. 524.
3. Datée du 15 mai 1689. Elle fut plus tard brûlée par ordre du Parlement qui trouva injurieux pour son autorité certains passages où Burnet, invoquant sans cesse le fait contre le droit, insistait trop vivement sur le a droit de conquête ».
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sans-Terre* ; déclaration qui souleva un grand émoi, car, à cette époque où Ton ne connaissait encore aucun exemplaire original de la Grande Charte de Jean 2, on pouvait refuser toute valeur légale aux transcriptions où se trouvait l'article 61 de cette charte; il n'était plus permis de douter maintenant qu'un roi d'Angleterre eût subi cette humiliation d'accorder à ses sujets le droit de s'insurger légalement contre lui. Les gens du xiii* siècle n'y avaient vu qu'une garantie contre un roi parjure, garantie qui disparut dès que Jean fut mort ; il paraissait aux yeux du trop subtil avocat de Guillaume et Marie comme une preuve des droits supérieurs de la nation. Les faibles arguments mis en œuvre par l'évèque de Salisbury pour prouver non la légitimité, mais la légalité d'un coup d'état illégal au premier chef, pouvaient être aisément réfutés et le furent, en effet, par un pasteur de campagne (M. Lawthorp)^; mais le bruit fait par ces pamphlets s'apaisa peu à peu^
1 . « That the original articles of the Magna Charta granted by king John 18 now in my hands, with his great seal with it. » Ce sont les « Capitula que Barones petunt... » publiés plus loin, Textes, n» V.
2. Brady n'en connaissait pas. L'auteur, À moitié anonyme, d'un pamphlet qu'il convient de rapprocher de la Lettre pastorale de Burnet et de la Réponse de Lawthorp (voy. la note suivante), le dit encore expressément. Voyez les Reflections upon the opinions ofsome modem divines concerning the nature of government in gênerai and that of England in particular, 1689. L'auteur est P. Allix.
3. A letter to the Bishop of Sarum; heingan answer to his Lordships Pastoral letter, 1690 (la lettre est datée du 30 août 1689).
4. n suffira de mentionner en note The confutation of the ballancing letter, dont la seconde partie (Londres 1700) contient an occasional discourse in ^indication of Magna Charta. Cette seconde partie a été aussi publiée à part : A ^indication of Magna Charta, as the summary of english rights and liberties. Londres, 1702.
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en présence du triomphe de la Révolution, que la défaite de la France, alliée aux Stuarts, rendit bientôt irrévocable.
Au xviii* siècle, sans nous laisser arrêter par les noms et les œuvres de Gare*, d'Acherley ^, de Carte ^, de Bolingbroke^, etc., il faut se rappeler que l'illustre philosophe, économiste et historien D. Hume a donné pour ainsi dire la formule selon laquelle les historiens postérieurs ont parlé de la Grande Gharte^; il faut surtout citer l'auteur des Commentaires sur la loi anglaise, qui sont demeurés classiques, sir William Blackstone. G'est à lui qu'on doit la première édition critique de la Grande Gharte^,
1. English liberties, or the free-born subjecfs inheritance ^ containing Magna Charta, Ckarta de foresta^ the statute De tallagio
non concedendo Quatrième édition continuée et augmentée par
W. N[elson], 1719. Care donne une traduction anglaise (incomplète) de la Grande Charte de 1225 avec quelques commentaires
2. Tke britannic constitution , 1717. Acherley publie le texte de la Grande Charte (sans doute d'après un original de la Cottonienne) et une traduction en regard, afin de prouver ce le contrat originel passé entre le roi et le peuple, contrat qui est la base même de la Constitution anglaise ». Page 214.
3. History of Englandy I (1747), p. 833. Carte reprend jusqu'à un certain point les idées de Brady.
4. Remarks on the history of England, by the R. H. Henry Saint- John, viscount Bolingbroke (1743) ; ces remarques sont données sous forme de lettres, qui sont au nombre de 24. Voir surtout la lettre 4.
5. History of England, I (1762), p. 387-389. Goldsmith, comme on sait, procède directement de Hume, tout en se donnant des airs d'indépendance ; ce qu'il dit de la Grande Charte [The history of England, I [1771], p. 332) est presque littéralement emprunté à Hume. Cf. Robert Henry : The history of great Britain, III (1777), p. 370-385; IV (1781), 351-377. En appendice à ce vol., Henry donne d'après Blackstone, le texte de la Grande Charte de 1215 avec une traduction en anglais ; l'analyse qu'il en donne est faite avec un soin méritoire.
6. The great Charter and charter ofthe forest, Oxford, 1759, in-4o.
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édition qui est un modèle de conscience et de précision ; on n'a pas fait mieux depuis, et il serait difficile de mieux faire.
Depuis, on peut dire que la paix a régné dans un domaine où s'étaient élevées de si ardentes controverses. Sans doute, les Anglais ont cru bon, de temps à autre, de rappeler à leurs compatriotes l'existence de l'acte qui était le fondement de leurs libertés écrites, leur « bible politique » *, de leur en raconter l'histoire, ou la légende, sur les tons parfois les moins attendus. On ne s'est pas contenté, en effet, d'en donner quelques éditions nouvelles, dont une seule, celle qui se trouve parmi les « Statuts du royaume d'Angleterre », possède un mérite vraiment scientifique; on a encore transporté sur la scène l'épisode de Runnymead^; on l'a chanté sur le mode lyrique^; on a été jusqu'à le mettre en
Cette édition a été reproduite avec moins de luxe dans ses TractSy chiefly relating to tke antiquities and laws of England. Oxford, 3« édit., 1771, 5e et 6« parties.
1. Voyez par exemple les discours de lord Chatham à la Chambre des lords, en janv. 1770 (v. st.), sur l'élection de Wilkes et sur la situation intérieure de la monarchie : « the constitution has its political bible... Magna Charta, the Pétition of rights and the Bill of rights form that Code, which I call the Bible of the english constitution. » Anecdotes ofthe life of W. Pitt (par Almon), 1792, II, 16, 18, 30.
2. Runnamede, a tragedy (par le Rev. John Logan). Edimbourg, 1783. — Runnymede^ or the Magna Charta; an historical tragedy (en cinq actes et envers), par A. B. Richards, Londres, 1846.
3. The plaints of Runnymed; a poem in honor of those gallant spirits who opposed the tyranny of king John^ York [1775], C'est une imprécation lancée par la « nymphe de Runny-mead » contre les Bretons dégénérés qui, oubliant les vertus de leurs ancêtres, et qu'ils avaient autrefois conquis la liberté, consentent maintenant à vivre en esclavage sous la tyrannie de Jean-sans-Terre. On était, en 1775, sous le ministère North qui représentait la politique personnelle de Georges III.
musique M Du moins les passions se sont amorties et la Grande Charte est^ depuis un siècle, entrée dans la sérénité de Thistoire.
Il serait intéressant de suivre la Grande Charte à l'étranger et de rechercher, non sans doute Tinfluence qu'elle a pu exercer sur la législation des peuples continentaux, mais les jugements auxquels elle a donné lieu ; on apprendrait ainsi à connaître ce qu'on a pensé des institutions anglaises hors de l'Angleterre; mais ce serait élargir à l'excès les limites de cette étude qui doit se borner à noter les points essentiels à l'histoire de la Charte. Cependant il n'est pas inutile de constater qu'en France on parait s'en être occupé très tardivement. A. Duchesne, dans son Histoire générale d^ Angleterre (1614), n'en cite même pas le nom. Le P. d'Orléans parait être le premier à parler chez nous de « cet acte qu'on appelle la Grande Charte, célèbre écueil de l'autorité royale et source des mouvements populaires qui agitent si souvent l'Angleterre ^ ». Son ouvrage et celui de Paul Rapin de Thoyras ^ sont les sources où nos Philosophes ont puisé ce qu'ils ont dit des révolutions anglaises au xiii® siècle; encore
1. An eniirefy new and original old english opéra in three acts entitled : Magna Charta or a romance of Runnymede. Written by M. A. Oxon ; composed by Fred. Dean. Laacastre [1887]. La « signature » de la charte occupe une place très importante dans le 3* acte. On nous excusera de ne rien dire de la musique.
2. Histoire des révolutions d'Angleterre depuis le commencement de la monarchie^ 3 vol. Paris, Cl. Barbin, 1693. Voy. I, 332.
3. Histoire d* Angleterre, 5 vol. La Haye, 1726. Voy. II, 281. Rapin publie à la fin du règne de Jean (II, 293-304) une traduction française de la Grande Charte et de celle de la forêt.
INTRODUCTION m
sont-ils peu nombreux. Ni Montesquieu, ni Diderot, ni Rousseau ne s'inquiètent de l'acte de Runnymead. Voltaire le mentionne, mais en passante Le reste ne vaut pas l'honneur d'être cité. C'est seulement au XIX® siècle, sous la puissante et féconde impulsion donnée aux études d'histoire parlementaire par Guizot, que l'on s'occupa sérieusement chez nous de$ institutions anglaises ; cependant, sauf un seul ouvrage peut-être (encore est-ce un ouvrage de pure vulgarisation), qu'on trouvera indiqué plus loin, la Grande Charte n'a pas été l'objet d'études particulières. La présente publication a pour but d'attirer l'attention sur elle et d'en faciliter l'intelligence par le rapprochement des textes les plus importants qui la concernent.