INTRODUCTION IX
venait d'être tué (2 août 1400), de piquer droit sur Winchester et de se faire livrer les clés du trésor royal; une ébauche d'émeute fomentée par les gens de la ville, des Anglais par conséquent, qui préféraient un prince né dans leur pays à un (( étranger », réprima la tentative d'opposition faite par certains seigneurs normands, comme Guillaume de Breteuil, qui rappelaient en vain les serments prêtés par Beauclerc, et Henri fut élu roi; puis, comme on craignait le retour prochain du duc de Normandie, Henri s'empressa de se faire consacrer par l'évêque de Londres (dimanche 5 août). Cette seconde cérémonie fut aussi lestement expédiée que l'avait été l'élection; quelques prélats seulement y prirent part ^ Ainsi l'avènement de Henri I présente tous les caractères d'une usurpation et il est aisé de comprendre que le roi ait cru devoir faire spontanément des concessions pour affermir sur sa tête la couronne ravie à l'héritier désigné. Le jour de son couronnement, il prêta le triple serment, renouvelé d'Ethelred, de servir l'Eglise et de lui assurer la paix, de réprimer les « rapacités et les iniquités » à tous les degrés, enfin
très consciencieuse élude de miss Kate Norgate : England under the angevin kings (2 vol. 1887). Les préfaces de M. W. Stubbs aux diverses éditions de chroniques citées plus haut seront lues avec grand profit. 1. Sur ces événements, voyez Florent de W. II, 46; Guillaume de Malmesbury, dans Migne, 179, col. 1352 ; O. Vital, IV, 87-88, 91 ; Henri de Huntingdon, p. 233. M. Freeman fait dire aux textes beaucoup plus qu ils ne veulent ; par exemple, quand il imagine une réunion régulière des witan, le 3 août au matin, pour procéder à l'élection. Le discours qu'Augustin Thierry met dans la bouche de Henri I au moment de l'élection doit être placé six ans plus tard, s'il faut croire, sur la foi de Wendover, qu'il est authentique.