X INTRODUCTION
de rendre la justice avec équité et miséricorde*. Puis il promulgua une charte, la première en date des Chartes des libertés anglaises (Textes^ n^ I), où il promit à TEglise la liberté des élections et la sécurité de ses biens; aux seigneurs, la paisible transmission de leurs fiefs ; à tous, une bonne monnaie et une législation plus modérée des dettes et des amendes ; enfin il leur rendit la « loi du roi Edouard avec les amendements faits par son père et le conseil de ses barons ». Cette loi avait été en effet « récitée » devant les grands du royaume, dans la quatrième année de la Conquête (1070). Non pas qu'Edouard-le- Confesseur ait jamais rédigé aucun code de lois ; il faut entendre qu'il s'agit ici des lois en vigueur au temps du dernier roi anglo-saxon, c'est-à-dire de la législation rédigée par le Danois Cnut-le-Grand d'après les « lois d'Edgar ».
Il n'est pas inutile de savoir en quoi consistait cette législation traditionnelle dont le xii® siècle faisait honneur au pieux Edouard et le xi® siècle au victorieux Edgar. En ce qui concerne ce dernier, nous avons le texte de ses lois dont l'authenticité n'a jamais été attaquée ^. On peut dire, en termes brefs, qu'elles s'efforcent d'organiser la paix de Dieu (privilèges de l'Eglise, dîme et jeûnes) et la paix du Roi (répression du vol, organisation des tribunaux de