lettres autographes signées (cachets
Correspondance de Chartrâire de Montigny, trésorier des États de Bourgogne et maire de Dijon, pour les années 1790-
Ces lettres contiennent de très curieuses appréciations sur divers événements de la Bévolution. Elles mériteraient d'être publiées. Nous croyous utile d'en donner quelques courts extraits qui prouveront leur importance et l'intérêt qu'elles présentent pour notre province. L'absence de date ne nous a pas permis de les mettre toujours en ordre :
20 wat 1190. — « quelques désordres, à présent apaisés, survenus en dernier lieu à Dijon, m'ont décidé à ne pas
me rendre encore à Bierres Mme deJuigné m'a mandé
qu'elle avait été parfaitement reçue à Bierres, c'est à mon gré une femme charmante
8 juillet 1790. — ... j'ai trouvé la ville (Dijon) demi tranquille, demi agitée; au reste on n'y néglige rien pour exciter les esprits...
6 mai 1791. — Je suis bien aise que le calme soit rétabli à Semur
30 juin 1790. — Je passerai une huitaine de jours à Bierres c'est-à-dire jusqu'au 13, veille de la fédération de Paris, jour auquel je suis obligé de faire prêter serment à Dijon
29 avril 1790. — Mandez-moi en détail ce que vous aurez appris de l'horrible affaire qui concerne M. de Sainte-Colombe. A-t-on arrêté au moins celui qui l'a assassiné, et quel est-il?...
13 mai. — Maintenant que le beau temps est parfaitement rétabli, vient-il beaucoup de promeneurs de Semur et des environs dans les jardins de Bierres, ou bien est-on si préoccupé de toutes parts qu'on ne s'occupe guère de faire des parties de plaisir comme par le passé ...
20 novembre 1790. — Quand votre municipalité sera nommée, vous me direz qui est-ce qui a fixé le choix de Messieurs les Semuriens ; celai des Autunois est, dit-on, fort bon, mais il n'en sera pas de même du nôtre, à ce que je crois....
25 mai 1790. — M. de Buffon vient de m'apprendre qu'il a, à trois quarts de lieue de Montbard, un nombre fort considérable d'arpents semés jadis en arbres verds par Monsieur son père, et qui en contient de plusieurs espèces....
13 février 1790. — Il me paraît que la municipalité de Bierres est assez passablement composée, et j'ai été charmé d'apprendre que tout s'y est passé avec tranquillité : cela est du en grande partie à vos soins et à la manière avec laquelle vous avez scu obtenir des habitants une juste confiance, et j'espère que cette influence se fera également sentir dans le choix des municipalités des autres communautés. Dès que
cela sera fait, vous me ferez grand plaisir si vous m'en informez en détail ; vous avez raison de croire que je m'y intéresse beaucoup, et cet intérêt dans les circonstances présentes doit être plus vif que jamais
26 juin 1790. — J'ai grand désir de savoir si toutes les communautés ont été aussi modérées que celles de Bierres et de Rochefort....
20 janvier 1791. — Si vous arrivez samedi prochain à Dijon, vous vous trouverez pour la prestation de serment des ecclésiastiques
16 août. — Il y a déjà six cens volontaires nationaux partis pour Colmar, ou ils seront formés en compagnies et bataillons, et ce seulement du canton de Dijon; les autres cantons envoient aussi une grande quantité de monde, qui partira d'ici pour la même destination dans le cours de la semaine et de la suivante. Il faut croire qu'à l'aide de toute cette bonne volonté, le département de la Côte-d'Or ne sera pas mis en réquisition du sixième de ses gardes nationaux, comme l'ont été les départements voisins : le Doubs, le Jura, l'Ain et la Haute-Saône. On travaille à force à mettre bas la statue équestre de Louis XIV de la place royale appellée maintenant la place d'armes
P. S. La statue a été mise à bas, après avoir travaillé pendant toute la nuit. Le bourreau était un des porte-flambeaux
24 mai. — L'honnêteté soutenue de ma conduite sur laquelle il sera impossible à la plus indigne malveillance de prévaloir fait que j'éprouve dans ce moment cy beaucoup de
calme à travers les plus graves agitations mettez une
scrupuleuse attention à la moindre plaisanterie que vos lettres pourraient renfermer, car les correspondances sont dans le cas d'être examinées...
22 novembre 1791. — Les choses se sont passées à Avallon comme je l'avais imaginé ; 240 gardes nationaux, un peu de gendarmerie nationale et ça ira. J'ai installé hier nos municipaux, nos notables et l'aimable M. Maugin, procureur de la commune depuis l'arrêté du département; le 1er oflicier muni-
cipal M. Le Roux va présider le corps municipal jusqu'à ce que M. Minard ait accepté, ou jusques à nomination d'un
nouveau maire Vos choix valent les nôtres, et les nôtres
valent les vôtres, je croirais cependant que nous emportons la palme dans ce noble combat. Au reste jusques à présent M. Minard persiste dans ses refus. Je ne me soucie pas de me mêler en manière quelconque de l'achat des bleds pour la ville, je crois même que je ne serai pas obligé, non plus que MM. Frantin, Deluc et Ligeret, de réaliser les offres que nous avons faites, moi pour 600 livres et chacun de ces trois Messieurs pour 3,000. MM. Le Roux, Vaillant, etc., sentiront que cela contrasterait trop avec le silence absolu qu'a gardé leurs civisme à cet égard
16 septembre 1792. — Je ne m'inquiète pas de ce qu'on peut dire ou ne pas dire, et j'ai fait dans tous les temps des commérages le cas qu'on en doit faire : j'imagine que le département fera afficher le décret relatif au versement des fonds de ma caisse dans la caisse du receveur du district j'apprends avec plaisir la nomination de M. Finot, on a grand besoin de la nomination de gens estimables tels que lui.
4 décembre, Dijon. — M. Sauvageot a été nommé maire, hier, à une très grande pluralité
3 novembre. — Je joins copie de l'arrêté du département, que M. Pinard, huissier, est venu me signifier à huit heures du soir, je me suis rendu à dix heures seul avec lui à la conciergerie
(L'arrêté est du 2 novembre).
20 octobre 1792. — La mortdeMme de Juigné n'est malheureusement que trop certaine ; il y a longtemps que j'en suis instruit
Paiis, 9 janvier 1793... — .... La Convention a fermé la discussion sur le procès de Louis XVI; elle prononcera un jugement lundi prochain Ceux qui étaient inscrits pour la parole et qui n'avaient pas pu encore parler à la tribune, ont été autorisés à faire imprimer leur opinion....
Dijon, 3 décembre 1792. — Comme on pourrait raconter cent choses exagérées de ce qui s'est passé à Dijon samedi
dernier, jour de votre départ, je veux vous écrire un mot pour vous assurer que je puis recevoir vos lettres, comme de coutume. Les élections sont commencées, et il est à présumer que M. Sauvageot sera promptement nommé maire ; il y a, dit-on, cependant une partie qui porte encore M. Ligeret. Je suis à la prison près de l'hôtel de ville, au lieu de la conciergerie ou vous m'avez vu établi. Les marchés de bled de Semur et des environs sont-ils tranquilles ?...
17 février 1792. — Jl pourrait, avant peu de temps, arriver de telles choses qu'il y aurait à peine moyen de trouver son loisir: la position intérieure du pays devient à chaque instant plus précaire, et il est impossible à mon gré qu'il n'y ait pas dans le cours du mois ou nous allons entrer quelque crise majeure d'une sorte ou d'une autre....
21 juin 1792. — On a arrêté dans la journée de lundi et de mardi des prêtres au nombre d'environ 140; comme il y en a tout autant de la ville que du département à peu près cinq cents, je ne sais pas trop comment tout cela marchera. Les 140 sont au séminaire, place Saint-Jean. Les religieuses du Bon-Pasteur, de Saint-Julien, Carmélites et Refuge avaient été conduites aux Ursulines et Bernardines par des troupes de gens qui avaient pénétré dans les couvents et avaient ainsi disposé d'elles ; la municipalité les a ramenées le même jour dans leurs propres communautés. Le curé de Corcelles, entre Bierres et Semur était venu me voir la veille de cet enlèvement, je ne sais s'il est au séminaire, l'abbé Piron y est. On était venu deux fois le chercher et il s'est rendu de lui-même. M. Champagne ne voulait pas le recevoir et lui demandait ce qu'il venait faire, il a répondu que la maison ayant été visitée deux fois, il avait préféré de venir plutôt que d'être amené, mais qu'il se retirait chez lui, et qu'on l'y trouverait quand on le souhaiterait. Les gardes nationales qui étaient là ont dit à M. Champagne que ce n'était point à lui à faire sortir du séminaire ceux qui y étaientamenés ou qui y venaient d'euxmêmes, que la garde des prêtres leur était confiée et qu'ils ne pourraient en laisser sortir aucun sans un ordre de l'étatmajor. Vous voyez que les anciens proverbes éprouvent des
variantes, et que cédant togœ armis. Jusques à présent les prêtres se nourrissent à leurs frais ; ils se sont arrangés avec un traiteur à tanfpar tête, par table de huit; c'est Langres qui a donné l'exemple qu'on a suivi. Il y a eu, dit-on, soixante prêtres arrêtés dans la ville.... Dijon, 4 août. — On a brûlé avant hier une fort grande
quantité de titres tirés de la chambre des comptes Nous
avons ici depuis deux jours M. et Mme de Grey (M"ede Mont-
béliard) qui viennent de Lorraine, et qui vont à Lyon
L'aigle, les deux ducs, les deux biches, tous les vilains commensaux mangeans sont-ils encore en vie? Si quelque chose venait à périr parmi ces goulus, vous me l'enverriez voire même le chameau s'il mourait, parceque je les ferais empailler par M. Chaussier, curé de Curtil, qui empaille assez bien, et qui m'a prié de lui envoyer tout ce que je pourrais en ce
genre.. je connaissais l'aimable réplique de M. Florent
Guyot; Gorsas n'a pas négligé de l'insérer dans son journal ; je suis bien aise que Mlle Menassier ait fait un meilleur choix ; j'encouragerai de plus en plus M1Ie Jaunot à suivre l'affaire de son mariage avec M. Pin