‹ Chartes, Manuscrits autographes, documents historiques sur la Bourgogne, faisant partie d'une collection particulièreChapitre 213 sur 275 · lettres autogr. sign. (cachets · texte numérisé non relu

lettres autogr. sign. (cachets

Suite de la correspondance de Chartraire de Montigny, pour les années 1792-1793.

Voici encore quelques extraits de ce curieux dossier :

Paris, li janvier 1793. — « Les papiers publics vous ont sans doute appris que cette journée cy est une grande journée... »

16 janvier. — Il répond à une lettre de Madame Espiard qui lui demande une ferme pour M. Fenéon, qui quitte l'intendance de M. de Saulx, vu son émigration...

23 juillet, Paris, à M. Finot. — « Je suis enchanté que vous soyiés sorti avec les autres prisonniers. M. de Vergennes que j'ai rencontré hier, m'a dit qu'il ne serait rien décidé en particulier pour les prisonniers détenus à Dijon, et qu'il serait

rendu avant le dix août prochain un décret relatif à toutes les personnes détenues dans les divers départements... »

Paris, 18 décembre. — Je suis dans une même chambre avec MM. d'Espagnac et Malus, et nous mangeons tous ensemble. Je ne suis point au secret, aussi ai-je vu Cousin ces deux jours cy, et pourrai-je voir d'autres personnes, mais jusqu'à présent je ne m'en suis pas soudé, je puis recevoir toutes mes lettres comme de coutume, et M. Cousin qui vient ici chaque matin me les apportera exactement...

Mercredi 26. — Les défenseurs officieux du roi, MM. de Lamoignon, Malesherbes, Tronchet et de Seze, anciens avocats, paraîtront avec le roi à la barre de la Convention nationale...

26 septembre. — Il envoie une lettre de Madame de Montcalm-Damas y jointe.

11 mai 1792, Paris. — On m'a envoyé l'arrêté de la Côted'Or du l°r de ce mois sur la sûreté générale.

Art. 11. — Il sera fait par les Conseils généraux des communes du département une liste des cy devant nobles, cy devant seigneurs et prêtres, et tous ceux compris dans cette liste qui ne seront pas jugés dignes de mériter une attestation de civisme seront mis en arrestation.

Je suis bien persuadé que le certificat de civisme vous sera délivré, ou que si vous l'avez déjà, il vous sera confirmé...

Paris, 20 mai. — J'ai appris avec chagrin, mais sans nulle inquiétude qu'il est décidé que vous entrerez en prison le jour même où vous m'écrivez et je vois que vous avez la sécurité qui convient à l'homme de bien ; le ton simple de votre lettre me prouve de plus en plus que vous joignez à beaucoup de douceur beaucoup de caractère, et votre manière d'être en ce moment ne m'a pas du tout surpris... Je suis persuadé que le département lui-même apportera différentes modifications à l'exécution de son arrêté. Je crois par exemple dans la position où sont les choses à mon égard, qu'il est de l'intérêt public bien plus encore que du mien et du votre,que vous ne soyiez pas dans l'impossibilité de suivre mes affaires, tandis que je m'occupe ici avec la plus grande acti-

vité de la reddition de mes comptes par-devant le bureau de comptabilité...

Paris, 12 juillet. — J'ai reçu hier une lettre de Dijon qui annonçait que vous aviez été mis en liberté ainsi que Madame votre femme, je serai encore plus satisfait quand j'apprendrai de vous même cette nouvelle. J'ai cru convenable de ne vous point écrire tant que vous avez été détenu. Votre fils qui recevait souvent des lettres de vous adressées sans cachet, a toujours eu soin de m'en faire part, et j'ai vu avec grand plaisir que vous n'avez pas été incommodé... Avait-on quelque idée que M. Jullien dut prochainement recouvrer sa liberté ?...

Dijon, 3 novembre. — Le département a cru devoir, en vertu de l'article ix de la loi du 20 septembre, me faire mettredans la maison d'accusation. Vous pourrez m' écrire comme à l'ordinaire.

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