Dossier de 30 à 40 lettres autogr
Députés de la Cote-d'Or. — Durande (Claude-Auguste), médecin à Dijon, député aux États généraux. — Demartinecourt, députéà la Législative de 1 79 1 . — Larché (Claude-M ichell , de la Législative sous le Consulat, an XII, ancien président du tribunal d'appel. — Gauthier (Charles), membre des Cinq- Cents puis député sous le Consulat. — Dezè (Bénigne), membre des Cinq-Cents, ancien accusateur public de Dijon. — Guiod, député aux États généraux, ancien avocat à Arnay-le-
Duc. — Guyot (Florent), député du bailliage de Semur aux Etats généraux, conventionnel, membre des Cinq-Cents. — Le marquis d'Argenteuil, député du bailliage de Semur aux Etats généraux. — Bazire (Claude), conventionnel. — Guillemot (Jean), député sous le Directoire, ancien membre du tribunal de Beaune. — Saunac (Jean), ancien député de Dijon. — Ligeret, avocat à Dijon, député sous le Directoire. — Amelot, intendant de Bourgogne. — Junot (avant qu'il fût lïAbraiitès). — Prieur (de la Côte-d'Or), conventionnel.
Lettre de Florent Guiot, ancien conventionnel, alors membre du conseil des anciens.
« Paris, 27 frimaire an 5 de la Bépublique.
« Au citoyen ministre de la guerre.
« Je ne vous recommande point, citoyen ministre, le citoyen Peullemeuse ex-adjudant capitaine de la place d'Hesdin. Ce brave militaire n'a pas besoin d'autre recommandation que les vingt deux blessures qu'il a reçues à Monnaie et à Trempleure, mais je dois vous instruire en détail de tous les traits de courage et de civisme qui l'honorent, bien convaincu que s'ils avaient été connus du gouvernement, il ne se trouverait pas exposé à réclamer contre la réforme qu'il vient d'essuyer.
« Le citoyen Peullemeuse étant simple volontaire au 10° bataillon du Pas-de-Calais fit partie d'un détachement envoyé à Monnaie, et le 17 août 1793, il y reçut quatorze coups de sabre, à la suite desquels on le transporta à l'hôpital de Landrecies, et de là il fut évacué à celui d'Arras.
« Se trouvant à ce dernier hôpital, il y apprit que son bataillon était à Lille et se battait tous les jours. Quoiqu'il ne fût pas encore guéri, il s'échappa de l'hôpital pour aller rejoindre ses camarades. Il se trouva le 3 prairial an II à l'affaire de Trempleure du' côté de Pont- à-Mark. A cette affaire, le général Noël, qui commandait une division de 5 à 6,000 hommes, fut fait prisonnier quelques instants par un
grand nombre de dragons de la Tour. Le brave Peullemeuse qui s'en aperçut se jetta au milieu des dragons qui emmenaient leur prisonier. Il réussit à le dégager, mais ce fut en recevant lui-même six coups de sabre et deux coups de feu. Le général Noël monta sur le cheval de l'un des dragons que Peullemeuse avait tués et préserva sa division d'une déroute complète.
« La Convention nationale ayant été instruite, quoiqu'un peu tard, de ce trait de bravoure et de dévouement, s'empressa de l'honorer par un décret spécial, dont l'une des dispositions chargea le Comité de Salut public de nommer le citoyen Peullemeuse à une place d'adjudant capitaine.
« Comme il ne s'en trouva point de vacante à cette époque le Comité de Salut public le nomma provisoirement adjudantlieutenant de la place d'Hesdin.
« Me trouvant postérieurement en mission près de l'armée du Nord, je pensai remplir le vœu de la Convention en prenant un arrêté pour faire jouir provisoirement ce citoyen du traitement d'adjudant-capitaine.
« La constitution ayant été mise en activité, et le Directoire exécutif étant entré en fonctions, je m'adressai à lui pour procurer une justice complète au citoyen Peullemeuse, et effectivement le Directoire le nomma capitaine-adjudant toujours attaché à la place d'Hesdin.
« Ce citoyen en a constamment rempli les devoirs avec exactitude, malgré ses blessures, et en a obtenu les certificats les plus honorables.
« Cependant il a été compris dans la réforme qui a suivi le dernier travail sur les états majors de places ; a la vérité on lui a continué le même traitement, mais, citoyen ministre, je n'ai pas besoin de vous observer la différence qui existe entre son état actuel et celui dont il jouissait, même en faisant abstraction des rations de vivres qu'il cesse de recevoir.
« Les Romains accordaient la couronne civique à celui qui avait sauvé un citoyen, et le brave Peullemeuse, qui a sauvé son général, et peut-être par là plusieurs milliers de Français, aurait pour couronne civique une réforme. Non, le
gouvernement est trop juste, et sent trop bien la nécessité d'encourager les vertus civiques pour ne pas rendre le citoyen Peullemeuse à son poste.
« Je nr adresse à vous, citoyen ministre, parce que j'ai personnellement l'expérience de tout l'intérêt que vous portez au sort des courageux défenseurs de la patrie, mais si vous pensez ne pouvoir pas rendre justice immédiatement au citoyen Peullemeuse, je vous prie de m'en instruire sans délai, parce que ce brave homme qui est marié et père de famille, et sans fortune, ne peut pas faire un long séjour à Paris; alors je m'adresserai directement au Directoire, et je suis persuadé qu'il me remerciera de l'avoir mis dans le cas de récompenser une seconde fois les bons services que Peullemeuse a rendus à la République.
« Salut et fraternité.
« Florent Gciot. »