‹ ChartresChapitre 12 sur 12 · SYMBOLIQUE INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

SYMBOLIQUE INTÉRIEURE

La croix dessine le transept et la nef.

Jésus est mort : son crâne est l'autel, ses bras étendus sont les deux allées du transept ; ses mains percées sont les portes; ses jambes sont la nef et ses pieds troués sont le porche par lequel on entre.

La déviation systématique de l'axe de l'église imite l'attitude du corps affaissé sur le bois du supplice. Et ce corps remue avec le déplacement voulu de l'axe dont la courbe commence dès la première travée, va, en se développant, au travers des nefs, du chœur, de l'abside, jusqu'au chevet dans lequel elle se fond, s'appropriant ainsi l'aspect ballant d'une tête.

La longueur d'une cathédrale promulgue la longanimité de l'Eglise dans ses revers; sa largeur, la charité qui dilate les âmes; sa hauteur, l'espoir de la récompense future.

Le chœur et le sanctuaire symbolisent le ciel, tandis que la nef est l'emblème de la terre et, comme l'on ne peut franchir le pas qui sépare ces deux mondes que par la croix, l'on avait jadis l'habitude, hélas ! perdue, de placer en haut de l'arcade grandiose qui réunit la nef au chœur

un immense crucifix; de là, le nom d'arcade triomphale attribué à la gigantesque baie qui s'ouvre devant l'autel.

Cet autel, image de Notre-Seigneur, est paré de linges blancs pour rappeler le linceul dans lequel Joseph d'Arimathie enveloppa son corps, et ces linges doivent être tissés avec les fils purs du chanvre ou du lin.

Les colonnes signifient les dogmes divins; les chapiteaux sont les paroles de l'Ecriture; le pavé de l'église est le fondement de la foi et l'humilité; l'ambon et le jubé, presque partout détruits, sont la chaire évangélique, la montagne sur laquelle prêche le Christ; les sept lampes allumées devant le Saint-Sacrement sont les sept dons de l'Esprit; les degrés de l'autel sont ceux de la perfection.

LES VERRIERES

Vraiment, les plus belles verrières du monde sont à Chartres.

Admirables sont la conception et la facture de ces verriers du treizième siècle, leur langage excessif, nécessité par les hauteurs, la lecture qu'ils avaient rendue facile à distance de leurs tableaux, en n'y introduisant, autant que possible, qu'une seule figure, en la peignant à traits massifs, à couleurs tranchées, de façon à pouvoir être comprise, vue d'en bas, d'un coup d'œil.

Mais la fête suprême de cet art n'est ni dans le chœur ni dans les bras de l'église, ni dans la nef; elle est à l'entrée même de la badlique, au revers du mur qui contient sur son endroit, au dehors, les statues anonymes des reines.

Par un temps de soleil, elles resplendissent, les trois fenêtres du douzième siècle, avec leurs lames d'épées courtes, leurs lames de braquemarts, à champ large et plat, tirées sous la rose qui domine le portail d'honneur.

C'est un pétillement de bluettes et d'étincelles, un tricot remué de feux bleus, d'un bleu plus clair que celui dans lequel Abraham brandissait son glaive ; cet azur pâle, limpide, rappelait les flammes des punchs, les poudres en ignition des soufres et aussi ces éclairs que

dardent les saphirs, mais alors des saphirs tout jeunes, encore ingénus et tremblants, si l'on peut dire; et, — dans l'ogive de verre, à droite, l'on distingue, délinéées par des lignes de braises, la tige de Jessé, et ses personnages montant en espalier, dans l'incendie bleu des nues.

Ce bleu du douzième siècle, comment les verriers de ce temps l'ont-ils acquis et comment, depuis si longtemps, les vitriers l'ont-ils, ainsi que le rouge, perdu ? — Au douzième siècle, les peintres du verre employaient surtout trois couleurs : d'abord le bleu, ce bleu ineffable de ciel irrésolu qui magnifie les carreaux de Chartres; puis le rouge, un rouge de pourpre sourde et puissante; enfin le vert, inférieur, en tant que qualité, aux deux autres tons. En guise de blanc, ils se servaient de la nuance verdâtre. Au siècle suivant, la palette s'élargit, mais se fonce; les verres sont plus épais; pourtant, quel azur rutilant de saphir mâle et pur les artistes du feu atteignirent et de quel admirable rouge de sang frais ils usèrent! Le jaune, moins prodigué, fut, si j'en juge par la robe d'un roi voisin d'Abraham, dans une croisée près du transept, d'une teinte effrontée de citron vif; mais, à part ces trois couleurs qui vibrent, qui éclatent, telles que des chants de joie, dans ces tableaux transparents, les autres s'assombrissent, les violets sont ceux des prunes de Monsieur et des aubergines, les bruns tournent au caramel, les verts de ciboule noircissent.

Quels chefs-d'œuvre de coloris ils obtiennent avec le mariage et le heurt de ces tons, et quelle entente et quelle adresse à manier les filets des plombs, à accentuer certains détails, à ponctuer, à séparer, en quelque sorte par ces traits d'encre, leurs alinéas de flammes!

Ce qui est extraordinaire encore, c'est l'alliance consentie de ces industries différentes, travaillant côte à côte, traitant les mêmes sujets ou se complétant les unes les autres, chacun suivant son mode d'expression, arrivant à réaliser, sous une direction unique, cet ensemble; avec quelle logique, quelle habileté, les places étaient réparties, les espaces distribués à chacun, selon les moyens de son métier, les exigences de son art !

Ce système de verreries substituées aux bas-reliefs n'est pas sans inconvénient; aperçues du dehors, à leur envers, ces mitres diaphanes ressemblent à des toiles d'araignées pleines de poussière. Dans le contre-jour, les fenêtres sont, en effet, grises ou noires et il faut pénétrer dans l'église et se retourner pour voir sémiller le feu des vitres ; c'est l'extérieur sacrifié au dedans pourquoi ?

Peut-être, est-ce un symbole de l'âme éclairée dans ses parties intimes, une allégorie de la vie intérieure...

En enfilant d'un coup d'œil toutes les croisées de la nef on a l'impression qu'elles tiennent, comme aspect, de la prison et de la charmille, avec leurs charbons flambant derrière des grilles de fer, dont les unes se croisent ainsi que des barreaux de geôle et dont les autres se contournent en forme de ramilles noires, de branches. La Verrerie! n'est-elle pas l'art où Dieu intervient le plus, l'art que l'être humain ne peut jamais parachever, car seul, le Ciel peut animer par un rayon de soleil les couleurs et insuffler la vie aux lignes ; en somme, l'homme façonne l'enveloppe, prépare le corps et doit attendre que Dieu y mette l'âme!

On redescend dans la nef plus sombre coulant en pente, avec l'inclinaison de ses pavés qu'on lavait

après le départ des foules qui s'y annuitaient, au moyen âge; et on considère au milieu, tracé sur le sol avec des lignes de pierre blanche et des bandes de pierre bleue se contournant en spirale, ainsi qu'un ressort de montre, le labyrinthe, la lieue que nos pères parcouraient dévotement, récitant, pendant l'heure que durait ce voyage, des prières spéciales, accomplissant ainsi un illusoire pèlerinage en Terre Sainte, pour gagner des indulgences ; et revenu au parvis, se retournant, il embrassait, avant de partir, le radieux ensemble.

Et on se sent heureux et terrifié, jeté hors de soi par l'aspect formidable et charmant de Notre-Dame.

Est-elle assez grandiose et assez légère cette cathédrale, jaillie de l'effort d'une âme qui l'a faite à son image, racontant son ascension dans les voies mystiques, montant peu à peu dans la lumière, franchissant la vie contemplative du transept, planant, arrivée au chœur, dans la pleine clarté de la vie unitive, loin de la vie purgative, de la route obscure de la nef! Et cette assomption de l'âme est accompagnée, secondée par la troupe des anges, des apôtres, des prophètes, des justes, tous debout dans leurs corps glorieux de flammes, servant d'escorte d'honneur à la croix couchée sur les dalles, à l'image de la Mère installée à toutes les hauteurs de cette immense châsse dont ils entr'ouvent les parois pour lui présenter, en un éternel jour de fête, les bouquets de pierreries éclos dans les serres en feu des vitres.

Porte Ouest.

Entrée latérale.

Entrée Nord.

Déambulatoire.

Rose du portail Sud.

Rose du portail Nord offerte par saint Louis et Blanche de Castille.

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Rose du portail Royal.

Bas-côté.

Entrée du portail Sud.

Notre-Dame de la Belle Verrière.

Vitrail d'une chapelle latérale.

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Porte Nord,

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« Un bâtiment nu et glacé, laissé à F abandon. »

Près de la maison des Anges.

La grille de rEvêché.

Rue du Cloître Notre-Dame,

Ancien Hôtel des Postes ( XV^ siècle).

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BSÉSb.

Rue de la Cathédrale.

La maison du Saumon.

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Vieilles maisons.

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« Une religieuse, la coiffe retroussée, battant de l'aile. »

« Les deux tours se projettent dans le firmament. »

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