LES BATISSEURS DE CATHÉDRALES
La cathédrale de Chartres est la cinquième édifiée sur la grotte des Druides; son histoire est étrange.
La première, érigée du temps des Apôtres, par l'évêque Aventin, fut rasée jusqu'au niveau du sol. Rebâtie par un autre prélat du nom de Castor, elle fut brûlée, en partie, par Hunald duc d'Aquitaine, restaurée par Godessald, incendiée à nouveau par Hastings, chef des Normands, réparée, une fois de plus, par Gislebert et enfin complètement détruite par Richard, duc de Normandie, lors du siège de la ville qu'il mit à sac.
Nous ne détenons pas de bien véridiques documents sur ces deux basiliques; tout au plus, savons-nous que le gouverneur romain du pays de Chartres démolit de fond en comble la première, égorgea un grand nombre de chrétiens, au nombre desquels sa fille Modeste, et fit jeter leurs cadavres dans un puits creusé près de la grotte et qui a reçu le nom de puits des Saints-Forts.
Un troisième sanctuaire, construit par l'évêque Vulphard, fut consumé en 1020, sous l'épiscopat de saint Fulbert qui fonda une quatrième cathédrale; celle-ci fut calcinée, en 1194, par la foudre, qui ne laissa debout que les deux clochers et la crypte.
La cinquième enfin, élevée sous le règne de Philippe Auguste, alors que Régnault de Mouçon était évêque de Chartres, est celle que nous voyons aujourd'hui et qui fiit consacrée le 17 octobre 1260, en présence de saint Louis ; elle n'a cessé de passer par la fournaise. En 1 506, le tonnerre tombe sur la flèche du nord dont la carcasse était en bois revêtue de plomb; une épouvantable tempête, qui dure de six heures du soir jusqu'à quatre heures du matin, attise le feu dont la violence devient telle qu'il fond comme des pains de cire les six cloches. L'on parvient à limiter les ravages des flammes et l'on ravitaille l'église. Dès lors, le fléau ne cesse plus. En 1539, en 1573, en 1589, la foudre croule sur le clocher neuf. Plus d'un siècle s'écoule, et tout recommence; en 1701 et en 1740, la même flèche est encore atteinte.
Elle demeure indemne, jusqu'en 1825, urinée pendant laquelle le tonnerre la bat et l'ébranlé, le lundi de la Pentecôte, tandis que l'on chante le Magnificat, aux Vêpres.
Enfin, le 4 juin 1836, un formidable incendie, déterminé par l'imprudence de deux plombiers qui travaillent dans les faîtes, éclate. Il persiste pendant onze heures et ruine toute la charpente, la forêt entière de la toiture; c'est miracle que l'église n'ait pas complètement disparu dans cette tourmente.
Cette continuité de catastrophes est surprenante et ce qui est aussi bizarre, c'est l'acharnement que met à la renverser le feu du ciel.
L'auteur de Parthénie, Sébastien Rouillard, pense que c'est en expiation de certains péchés, que ces désastres furent permis et il insinue que la combustion de la troi-
sième cathédrale fut peut-être légitimée par l'inconduite de certains pèlerins, qui couchaient en ce temps, hommes et femmes, pêle-mêle, dans la nef. D'autres croient que le Démon, qui peut mésuser de la foudre, en certains cas, a voulu supprimer à tout prix ce sanctuaire.
La Vierge l'a, nombre de fois, empêché d'être intégralement réduit en cendres. Songez que Chartres est le premier oratoire que Notre-Dame ait eu en France. Il se relie aux temps messianiques, car bien avant que la fille de Joachim ne fût née, les Druides avaient instauré, dans la grotte qui est devenue notre crypte, un autel à la «Vierge qui devait enfanter, Virgini Paritur^e». Ils ont eu, par une sorte de grâce, l'intuition d'un Sauveur dont la Mère serait sans tache; il semble donc qu'à Chartres, plus que dans tout autre lieu, il y ait de très vieux liens d'amitié avec Marie; l'on comprend dès lors que Satan se soit entêté à les rompre.
Cette grotte a été préfigurée dans une annexe, humaine, quasi officieuse, de l'Ancien Testament. Dans sa Vie de Notre- Seigneur^ l'admirable voyante que fut Catherine Emmerich nous signale, à proximité du mont Carmel, une grotte et un puits près desquels Elie aperçut une Vierge; c'est à cet endroit, dit-elle, que les juifs, qui attendaient l'arrivée d'un Rédempteur, se rendaient, plusieurs fois par an, en pèlerinage.
N'est-ce pas l'image de la grotte de Chartres et du puits des Saints-Forts ?
Remarquez, d'autre part, cette tendance du tonnerre à choir non sur le clocher vieux, mais sur le clocher neuf; aucune raison météorologique ne saurait justifier cette préférence; et si l'on considère attentivement les deux
flèches, on est frappé de la délicatesse des végétations courant sous des dentelles, de tout le côté gracile et coquet du clocher neuf. L'autre, au contraire, n'a ni un ornement, ni une guipure; il est simplement papelonné comme un homme d'armes d'écaillés; il est sobre et sévère, altier et robuste. L'on dirait vraiment que l'un est féminin et que l'autre appartient au sexe mâle. Ne peut-on, dès lors, leur faire symboliser au premier la Vierge et au second le Fils ? Dans ce cas, la conclusion ne diffère point de celle que l'on vient d'exposer; les incendies seraient attribuables à Satan qui s'acharnerait sur l'image de Celle qui a le pouvoir de lui écraser le chef.
En somme la cathédrale actuelle est du douzième et du treizième siècle, sauf, bien entendu, le clocher neuf et de nombreux détails.
Et l'on ignore le nom des architectes qui l'édifièrent, comme celui de presque tous les constructeurs de basiliques. L'on peut admettre cependant qu'au douzième et au treizième siècle, ce furent les bénédictins de l'abbave de Tiron qui dirigèrent les travaux de notre église; ce monastère avait, en effet, établi, en 1117, un couvent à Chartres; nous savons également que ce cloître contenait plus de cinq cents religieux de tous arts et que les sculpteurs et les imagiers, les maçons-carriers ou maîtres de pierre vive y abondaient. Il serait donc assez naturel de croire que ce furent ces moines, détachés à Chartres, qui tracèrent les plans de Notre-Dame et employèrent ces troupes d'artistes dont nous voyons l'image dans l'un des anciens vitraux de l'abside, des hommes au bonnet pelucheux, en forme de chausse à filtrer, qui taillent et rabotent des statues de rois.
Leur œuvre a été complétée, au commencement du seizième siècle, par Jehan Le Texier, dit Jehan de Beauce, qui est l'auteur du clocher Nord, dit clocher neuf, et de la partie décorative, abritant dans l'intérieur de l'église les groupes du pourtour cernant le chœur. Et jamais, en somme, l'on n'a découvert le nom de l'un des premiers architectes, de l'un des sculpteurs, de l'un des verriers de cette cathédrale.
L'on a entrepris bien des recherches mais cela en pure perte.
Voici ce que nous connaissons : en haut du clocher du Midi, dit clocher vieux, près de la baie qui s'ouvre en face de la flèche neuve, on a démêlé cette inscription : « Harman, 1164». Est-ce le nom d'un architecte, d'un ouvrier ou d'un guetteur de nuit posté, à cette époque, dans la tour? On erre. De son côté, Didron a déchiffré sur le pilastre du portail Occidental, au-dessus de la tête brisée d'un boucher assommant un bœuf, ce mot : « Rogerus », gravé en caractères du douzième siècle. Est-ce l'architecte, le statuaire, le bienfaiteur de cette façade ou le boucher ? Une autre signature : « Robir », est également incrustée sur le support d'une statue du porche Septentrional. Qu'est-ce que Robir? Personne ne peut répondre.
D'autre part, Langlois cite un verrier du treizième siècle. Clément de Chartres, dont il a relevé l'inscription, Clemens vitrearius Carnutensis, sur une verrière de la cathédrale de Rouen; bien, mais de là à admettre, ainsi que d'aucuns l'insinuent, que ce Clément, par ce seul fait qu'il est originaire de Chartres, ait peint un ou plusieurs des tableaux vitrés de Notre-Dame, il y a loin. En
tout cas, nous ne possédons aucun indice, ni sur sa vie, ni sur ses travaux, dans cette ville. Nous pouvons noter encore que, sur l'un des carreaux de l'église, on lit : Petrus Bal... Est-ce la désignation abrégée ou complète d'un donateur ou d'un peintre? Une fois de plus, nous devons attester notre ignorance.
Si nous ajoutons enfin que l'on a retrouvé deux des compagnons de Jehan de Beauce, Thomas Le Vasseur qui lui fiit adjoint pour la construction de la flèche neuve et un sieur Bernier dont le nom est écrit sur d'anciens comptes; si, par de vieux marchés que déterra M. Lecoq, nous savons que Jehan Soûlas, imagier de Paris, a sculpté les plus beaux des groupes qui magnifient la clôture du chœur; si nous remarquons encore, après cet admirable sculpteur, d'autres statuaires déjà moins intéressants, car avec eux l'art païen reparaît et la médiocrité commence : François Marchant, imagier d'Orléans, Nicolas Guybert de Chartres, nous avons à peu près tous les renseignements qui méritent d'être conservés sur les véritables artistes qui travaillèrent du douzième jusqu'à la fin de la première moitié du seizième siècle, à Chartres.
Quels sont donc les gens qui ont sculpté de telles œuvres ?
Et quelles âmes ils avaient, ces artistes! Car nous le savons, ils ne besognaient que lorsqu'ils étaient en état de grâce. Pour élever cette splendide basilique, la pureté fut requise, même des manœuvres.
Cela serait incroyable, si des documents authentiques, si des pièces certaines ne l'attestaient qui racontent comment, après la ruine des incendies, fiit rebâti le sanctuaire dédié à la Vierge noire.
Ce qui advint alors atteignit le sublime. Ce fiit une
Croisade, telle que jamais on n'en vit. Il ne s'agissait plus d'arracher le Saint-Sépulcre des mains des infidèles, de lutter sur un champ de bataille contre des armées, contre des hommes, il s'agissait de forcer Notre-Seigneur dans ses retranchements, de livrer assaut au ciel, de le vaincre par l'amour et la pénitence; et le ciel s'avoua battu; les anges, en souriant, se rendirent; Dieu capitula et, dans la joie de sa défaite, il ouvrit tout grand le trésor de ses grâces pour qu'on le pillât.
Ce fut encore, sous la conduite de l'Esprit Saint, le combat contre la matière, sur des chantiers, d'un peuple voulant, coûte que coûte, sauver la Vierge sans asile, de même qu'au jour où naquit son Fils.
La crèche de Bethléem n'était plus qu'un tertre de cendres. Marie allait être réduite à vagabonder, sous le fouet des bises, dans les plaines glacées de la Beauce. Le même fait se renouvellerait-il, à douze cents ans de distance, de familles sans pitié, d'auberges inhospitalières, de chambres pleines ?
L'on aimait alors, en France, la Madone, comme l'on aime sa génitrice naturelle, sa véritable mère. A cette nouvelle qu'Elle erre, chassée par l'incendie, à la recherche d'un gîte, tous, bouleversés, s'éplorent; et non seulement dans le pays chartrain, mais encore dans l'Orléanais, dans la Normandie, dans la Bretagne, dans l'Ile-de- France, dans le Nord, les populations interrompent leurs travaux, quittent leurs logis pour courir à son secours, les riches apportant leur argent et leurs bijoux, tirant avec les pauvres des charrettes, convoyant du blé, de l'huile, du vin, du bois, de la chaux, ce qui peut servir à la nourriture des ouvriers et à la bâtisse d'une église.
Ce fut une migration ininterrompue, un exode spontané de peuple. Toutes les routes étaient encombrées de pèlerins, traînant, hommes, femmes, pêle-mêle, des arbres entiers, charriant des faisceaux de poutres, poussant de gémissantes carrioles de malades et d'infirmes qui constituaient la phalange sacrée, les vétérans de la souffrance, les légionnaires invincibles de la douleur, ceux qui devaient aider au blocus de la Jérusalem céleste, en formant l'arrière-garde, en soutenant, avec le renfort de leurs prières, les assaillants.
Rien, ni les fondrières, ni les marécages, ni les forêts sans chemins, ni les rivières sans gués, ne purent enrayer l'impulsion de ces foules en marche, et, un matin, par tous les points de l'horizon, elles débouchèrent en vue de Chartres.
Et l'investissement commença; tandis que les malades traçaient les premières parallèles des oraisons, les gens valides dressèrent les tentes; le camp s'étendit à des lieues à la ronde; l'on alluma sur des chariots des cierges et ce fut, chaque soir, un champ d'étoiles dans la Beauce.
Ce qui demeure invraisemblable et ce qui est pourtant certifié par tous les documents de l'époque, c'est que ces hordes de vieillards et d'enfants, de femmes et d'hommes, se disciplinèrent en un clin d'œil; et pourtant ils appartenaient à toutes les classes de la société, car il y avait parmi eux des chevaliers et de grandes dames; mais l'amour divin fut si fort qu'il supprima les distances et abolit les castes; les seigneurs s'attelèrent avec les roturiers dans les brancards, accomplirent pieusement leur tâche de bêtes de somme; les patriciennes aidèrent les paysannes à préparer le mortier et cuisi-
nèrent avec elles; tous vécurent dans un abandon de préjugés unique; tous consentirent à n'être que des manœuvres, que des machines, que des reins et des bras, à s'employer sans murmurer, sous les ordres des architectes sortis de leurs couvents pour mener l'œuvre.
Jamais il n'y eut organisation plus savante et plus simple; les celleriers des cloîtres devenus, en quelque sorte, les intendants de cette armée, veillèrent à la distribution des vivres, assurèrent l'hygiène des bivacs, la santé du camp. Hommes, femmes n'étaient plus que de dociles instruments entre les mains de chefs qu'ils avaient eux-mêmes élus et qui obéissaient à des équipes de moines, subordonnés, à leur tour, à l'être prodigieux, à l'inconnu de génie qui, après avoir conçu le plan de la cathédrale, dirigeait les travaux d'ensemble.
Pour obtenir un tel résultat, il fallut vraiment que l'âme de ces multitudes fût admirable, car ce labeur si pénible, si humble, de gâcheur de plâtre et de charretier, fut considéré par chacun, noble ou vilain, ainsi qu'un acte d'abnégation et de pénitence, et aussi comme un honneur; et personne ne fut assez téméraire pour toucher aux matériaux de la Vierge, avant de s'être réconcilié avec ses ennemis et confessé. Ceux qui hésitèrent à réparer leurs torts, à s'approcher des sacrements, furent enlevés des traits, chassés tels que des êtres immondes, par leurs compagnons, par leur famille même.
Dès l'aube, chaque jour, la besogne indiquée par les contremaîtres s'opère. Les uns creusent les fondations, déblaient les ruines, dispersent les décombres, les autres se transportent en masse aux carrières de Berchèrel'Evêque, à huit kilomètres de Chartres, et là, ils des-
cellent des blocs énormes de pierre, si lourds que parfois un millier d'ouvriers ne suffisaient pas pour les extraire de leurs lits et les hisser jusqu'au sommet de la colline sur laquelle devait planer la future église.
Et quand, éreintés, moulus, ces troupeaux silencieux s'arrêtent, alors on entend monter les prières et le chant des psaumes; d'aucuns gémissent sur leurs péchés, implorent la compassion de Notre-Dame, se frappent la poitrine, sanglotent dans les bras des prêtres qui les consolent.
Le dimanche, des processions se déroulent, bannière en tête, et le hourra des cantiques souffle dans les rues de feu que tracent, au loin, les cierges; les heures canoniales sont écoutées à genoux, par tout un peuple, les reliques sont présentées en grande pompe aux malades...
Pendant ce temps, des béliers d'oraisons, des catapultes de prières ébranlent les remparts de la cité divine; les forces vives de l'armée se réunissent pour foncer sur le même point, pour enlever d'assaut la place.
Et c'est alors que, vaincu par tant d'humilité et par tant d'obéissance, écrasé par tant d'amour, Jésus se rend à merci, remet ses pouvoirs à sa Mère et, de toute part, les miracles éclatent. Bientôt, le clan des malades et des infirmes est debout; les aveugles voient, les hydropiques désenflent, les perclus se promènent, les cardiaques courent.
Le récit de ces miracles qui, quotidiennement, se répètent, qui précèdent même parfois l'arrivée des pèlerins à Chartres, nous a été conservé par le manuscrit latin du Vatican.
Ici, ce sont les habitants de Château-Landon qui remorquent une voiture de froment. Arrivés à Chan-
tereine, ils s'aperçoivent que leurs provisions de bouche sont épuisées et ils demandent du pain à des malheureux qui se trouvent eux-mêmes dans une extrême gêne. La Vierge intercède et le pain de la misère se multiphe. Là, ce sont des gens partis du Gâtinais, avec un haquet de pierres. N'en pouvant plus, ils font halte près du Puiset; et des villageois, venus à leur rencontre, les invitent à se reposer, tandis qu'eux tireront le fardier, mais ils refusent. Alors, les paysans du Puiset leur offrent une pièce de vin, la transvasent dans un tonneau qu'ils juchent sur le camion. Cette fois, les pèlerins acceptent, et, se sentant moins las, ils continuent leur route. Mais ils sont rappelés pour constater que le muid vide s'est rempli de lui-même d'un délicieux vin. Tous en boivent et les malades guérissent.
D'autre part, un habitant de Corbeville-sur-Eure, qui s'employait à charger une voiture de bois de construction, a trois doigts coupés par une hache et il pousse des cris affreux. Les compagnons lui conseillent de trancher complètement les doigts qui ne tiennent plus que par un fîl à la chair, mais le prêtre qui les conduit à Chartres s'y oppose. On implore Marie et la blessure disparaît, la main devient intacte.
Ce sont encore des Bretons égarés, la nuit, dans les plaines de la Beauce et qui sont subitement guidés par des brandons de feu; c'est la Vierge, en personne, qui un samedi soir, après complies, descend dans son église quand elle est presque terminée et l'illumine d'éblouissantes lueurs...
Et il y en a comme cela des pages et des pages... Ah! l'on comprend pourquoi ce sanctuaire est si plein d'Elle;
sa reconnaissance pour l'affection de nos pères s'y sent encore... puis Elle veut bien, maintenant, ne pas se montrer trop dégoûtée, ne pas regarder de trop près... C'est égal, aujourd'hui l'on érige d'une autre façon les temples ! Quand je songe au Sacré-Cœur de Paris, à cette morne et pesante bâtisse édifiée par des gens qui ont inscrit leur nom en rouge sur chaque pierre ! Comment Dieu s'accommode-t-il d'une église dont les murs sont des moellons de vanité, scellés par un ciment d'orgueil, des murs où l'on voit des noms de commerçants connus, affichés en bonne place, tels que des réclames! Il était si simple de construire une église moins somptueuse et moins laide et de ne pas loger ainsi Notre-Seigneur dans un monument de péchés! Ah! les bonnes foules qui les charriaient, autrefois, en priant, ces pierres, l'idée ne leur serait pas venue d'exploiter l'amour, de l'affilier à leurs besoins de superbe, à leur faim de lucre !