UNE ANCIENNE CONNAISSANCE
( 1 ) " On écrit de Portland, Me., qu'un nommé P. Leroyer, ci-devant de Shunlay, lac Mégantic, et possédant une jolie petite fortune en espèces sonnantes, vit dans les bois de Moosehead Lake, à quarante milles de toute habitation humaine, en compagnie d'une indienne qu'il a épousée, il y a quelques années. Leroyer est, dit-on le type le plus orignal , qu'on puisse imaginer et l'année dernière il a causé une véritable sensation en se montrant à la foire de l'Etat du Maine, dans une voiture traînée par un élan. Originaire d'Europe, Leroyer appartient à une bonne famille qui l'a élevé avec grand soin : mais l'enfant semblait être né un misanthrophe ; il avait horreur du monde civilisé et un bon jour, il s'en est venu en Amérique, et est allé s'établir aussitôt au milieu des forêts presque impénétrables du Maine. C'est là qu'il s'est conFtruit lui-même une mauvaise hutte où il demeure depuis des années avec sa squaw qu'il a épousée, vivant de chasse et de pêche, mais surtout de la chasse des animaux à fourrure. De temps à autre, il fait avec son élan une excursion dans les villes voisines, où son attelage étrange, son costume de peaux, sa longue chevelure et ses allures singu- * Hères ne manquent jamais de faire sensation.
Ayant appris, l'an dernier, qu'il avait hérité d'une certaine fortune dans son pays natal, Leroyer a mis son élan en gage pour une somme de $260 et, avec cet argent, il. est allé recueillir la succession qui luj était échue et qui ne s'élève guère à moins de $30,000. Mais il n'a pas été plus tôt mis en possession de sa fortune que le misanthrope par goût
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contre les mouches et la chaleur, et cela, la nuit aussi bien que le jour.
Pendant ces ablations, les femelles cachent soigneusement leurs faons dans les halliers impénétrables aux mâles, à cause de leurs longues cornes à cette saison ; autrement, les vieux mâles les détruiraient. En septembre, l'orignal mâle devient féroce et quitte les lacs et les plaines, pour les hauteurs. C'est le temps de l'accouplement qui duré deux semaines : lorsqu'il à lieu, sa crinière se dresse, se hérisse, comme celle d'un lion ; ses allures inspirent alors l'effroi. L'Orignal se trouve dans la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau- Brunswick, le Labrador, l'Etat du Maine, sur les deux rives du Saint-Laurent, plus bas que Québec, et à l'ouest de cette ville, sur les -rives nord du Saint-Laurent et de l'Ottawa, jusqu'au lac Témiscaming, au nord-ouest jusqu'à l'embouchure de la rivière MacKenzie, sur la mer glaciale, latitude 69°. Nos chasseurs de Québec aiment surtout à explorer, pour ce grand gibier, les hauteurs des terres, en aval de la Baie Saint- Paul, connues comme les Jardins.
est allé retroiiTcr sa hutte et son indienne et reprendre son genre de vie favori an milien des bois, ne s'étant donné d'antre luxe que celui d'un d'un nouveau vêtement en peau de bouc. Ou affirme que Leroyer s'endort chaque nuit sur un oreiller de $:!0.000 en or.
Nos lecteurs ont sans doute facilement reconnu dans le portrait cidessus, l'un des principaux témoins dans le procès au criminel de l'affaire àougraine. Tout Québec a pu voir alors Leroyer avec sa sympathique et éuergique figure de coureur des bois et salongue chevelure.— {Le Canadien, L mars, 11" 87.)