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u a plus de part que la nature. Ou y voit quantité de c< de bassins de toute grandeur creusés dans le roc ; l'eau " de la marée s'y consume, le soleil l'échauffé et ces pe- " tites bêtes s'y baignent à leur plaisir. Quand elles " veulent peu d'eau, elles choisissent un petit bassin. " Quand elles en veulent davantage, elles vont à un plus " grand ; elles se couchant sur ces pierres chaudes. Il y " a aussi de la mousse où elles peuvent se rafratchir. Nous " y trouvâmes plusieurs outardes, malades ou blessées ; " elles nous reconnurent apparament pour des Hospita- " lières, car nous ne leur fîmes point de peur. Nous mon- " tâmes jusqu'au haut de cet Hôpital, et nous ne passâmes " ensuite aucune année de notre résidence en ce pays sans " y aller prendre quelques heures de récréation. "
Telle eët la brillante peinture faite par la boïme Mère Juchereau de St. Ignace, l'annaliste du monastère de l'Hôtel-Dieu, d'une des îles de ce groupe.
D'où vient le nom de l'Ile aux Grues ?
La grue, ce voyageur errant chanté par Horace, Gru&m advenam, la grue solitaire ayant trouvé l'île convenable pour un lieu de rendez- vous durant les migrations du printemps et de l'automne, lorsque'en s'en revenant de la Floride, elle dirigeait son vol jusqu'aux contrées de l'ouest les plus éloignées, la place fut nommée Ile-aux-Grues.
Sous le régime français, la loi donnait toute protection au gibier de cet île. (1) Des ordonnances spéciales de
(1) Gilles Hocquart.
" Sur les plaintes qui nous ont été portées par le sieur de Tou ville, aide-major des Troupes, Seigneur des Iles aux Grues, au Canot, Ste- Maguerite et la Grosse laie, que plusieurs particuliers tant de cette ville, que des dites isle et des côtes voisines s'ingèrent de chasser dung les dites isles, quoiqu'il n'y a que le Seigneur qui ait le privilège à lui accordé par tes titre*, à quoi il nous aurait requis de pourvoir, nous fusons très expresses défenses à toutes personnes de chasser dans l'étendue des
chasse furent ] ass *es à cet effet et quelques législations furent émanées } ar les premiers gouverneurs anglais pour protéger les canards, etc., pendant la période de l'incubation.
Il fut un temps où plusieurs variétés de gibier aquatique se réunissaient, pour manger ou pour couver, dans les grandes prairies tapissées d'un herbe luxuriante et rude> appelée la rouche — nourriture substantielle pour les bêtes à corne.
Les chasseurs s'étant mis à traquer pendant le mois de juillet les jeunes oiseaux alors qu'ils ne pouvaient voler, les parents des oiselets cherchèrent refuge, dans d'autres îles plus retirées, sur les côtes du Labrador ou dans le voisinage du Lac St-Jean.
Au nombre des premiers propriétaires de ces îles figurent les noms des officiers du brillant régiment de Carignan-Salières : plus tard, on y lit, dans une ordonnance de chasse, émanée du Château St-Louis, le 28 juillet 1769* et portant la signature du gouverneur Guy Carleton, le nom d'un descendant du Baron Charles Le Moyne de Longueil.
En 1775, le seigneur était M. de Beaujeu. (2)
dites iles et Seigueuiies sous quelque pietexte que ce soit sans la permission du sieur de Touville et à peine de dix livres d'amtnde contre les contrevenants, et de confiscation de leurs armes et canots au profit du dit seigneur : et sera la présente ordonnance lue, publiée et affichte en la manière accoutumée. Mandons etc.
(Se.) Hocquaet Fait à Québec, 20 mars, 17:51.
(•2) Histoire de l'HUel-Dieu \ ar Tablé H R Ca«grain, page 353 et suivantes.
(3) " Louis Liénard Villemomle de Beauji-u /tait le fière du héros de liMonongoheia et son digne émule. Enseigne de 17:51 à 1738, lieutenant en 1744, il fut nommé en 1751, capita.ne de la compagnie des Soldats de la Marine, en remplacement de M. de la Verendrye ; et par sa
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De Beaujeu à la tête de ses censitaires était un chef vigoureux. Il n'hésita pas, pendant l'hiver 1775-76, à traverser le fleuve et à se joindre à la colonne de seeours que de Gaspé, seigneur de St-Jean- Port-Joli, Couillard, seigneur de St-Thomas, et un vieil officier écossais, Thomas Eoss, de Beaumont, s'efforçaient de faire entrer dans Québec. La rencontre des Boutonnais et de leurs ailliés eut lieu à St- Pierre, rivière du Sud, et cette escarmouche est connue dans les annales canadiennes sous le nom de l'affaire de Michel Biais. Ce fut une déroute pour les loyalistes.
Il est curieux de suivre le belliqueux seigneur de Beaujeu tenant haut, en 1775-76, le drapeau anglais — ce même drapeau contre lequel il avait combattu avec tant de succès avant l'abandon de la colonie par la France.
Son expédition pendant l'hiver 1775-76, pour secourir Son Excellence, Guy Carleton, bloqué dans Québec, se termina par un désastre, et faillit lui coûter la vie.
De Beaujeu s'éteignit à l'Ile-aux-Grues, en 1802.
Pendant nos premières expéditions de chasse, nous avons
entendu raconter par les plus vieux habitants de ces îles,
de curieuses aneedotes sur leur vieux et martial seigneur
de Beaujeu.
Il parait que les jours de fêtes, le chevalier de saint
Louis prenait un plaisir particulier à porter à sa boutonnière le ruban rouge de l'ordre dont il avait été décoré par le roi de France, Louis XV.
conduite honorable, il obtint, en janvier 1754, la Croix de tSî-Louis. Les autorités lui concédèrent cette même année, sur les bords du lac Champlain, une terre de quatre lieues de profondeur sur quatre de front, et il se mit de suite à la défricher. Quelque temps plur tard il fut nommé commandant du tort de Michillimakinac où il resta plusieurs années. Il prit une part active à la défense du poste pendant laguerrede l'Indépendance Américaine. M. de Beaujeu mourut le 5 juin 180*2 à son manoif a l'Ile-aux-Grues, âgé de quatre-vingt ans et six mois, ('• Collections of the State Historical Society of Wisconsin ". Vol VII, pages 133.)
L'âge et les infirmités le décripitant, le vieux lion restait ordinairement dans son antre la plus grande partie du temps, et quand les vassaux apportaient les rentes et le chapon seigneurial, à la St-Michel, plus d'une fois ils eurent à allumer le feu sur le foyer de l'antique et grosse cheminée, qui, aujourd'hui, edt un objet de curiosité ^pour les visiteurs.
Récemment, il y avait sur le rivage de l'He-aux-Grues, près de l'église, un vieux canon rouillé, apporté du cap Brûlé. En 1859, un canon semblable, de cinq pieds huit pouces de long et douze pouces de diamètre, fut présenté au séminaire de Québec par un vieux citoyen 'de l'Ile-àux- Grues, le capitaine Lavoie.
L'histoire nous fournit des détails complets sur le transport français YElephant, naufragé sur le rocher du Cap BrtLlé, le 1er septembre 1729. V Eléphant avait à son bord, à destination de Québec, plusieurs des hommes les plus importants de la colonie : l'évéque Doaquet, l'intendant Hocquart et quelques autres. Le canon, dont nous venons de parler, fait partie du musée d'antiquités et de curiosités formé par M. Herbert Molesworth Priée, à la chute Montmorency, près de Québec ; M. Priée <esfc très fier de cette relique du passé.
 l'exception du manoir seigneurial De Beàùjeu, bâti au bout est de l'île, rebâti et agrandi par M. ~Me- Pherson LeMoyne, de Boston, le seigneur actuel qui l'occupe pendant la saison d'été, toutes les résidences sont sises sur le versant nord de l'île, cachées par use lisière de forêt et elles ne sont visibles que du pont des navires qui prennent le chenal du nord, l'ancienne route française.
L'Ile-aux-Gr ues fut érigée en paroisse sous le vocable de saintJAntoine, en 1683. A cette époque elle ne comp-
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tait que trois familles et quinze communiants. En 1678 r Pierre de Bécart, Sieur de Granville, en était le seigneur.
L'Ile-aux-Grues a six milles de long; elle est remarquable pour sa salubrité et sa beauté, pendant l'été. Un grand chemin, aussi planche qu'un boulingrin, la traverse d'un bout à l'autre, et des bocages ombreux s'avançant jusqu'au riyage entrecoupent la lisière de terre qui n'est pas <en culture. Un beau parc d'érables et de chênes, d'une trentaine d'arpents de long, occupe toute la pointe-ouest, faisant face au mouillage bien connu de tous les marins : la Pointe-aux-Pins.
Le département de la Marine et des Pêcheries, a fait ériger en cet endroit, en 1866, un phare sur un pillier, et des sémaphores sur la berge ; il a fait placer récemment des bouées au ga&xfons le .rtoal, pris .de la battu re, 4e DeBeaujeu.
En arrière du phare s'Élèvent des terrasses successives, parsepnées de pins naios d'une singulière beauté. On arrive par (tes avettyes rj^uaœflea au plateau déjà mentionné > denomé " Le Domaine d,u Seigneur, " séjour frais et charmant pour les piquas-niques au fêtes djampêtres, et dont les Québec {uoifi raffolent.
Le vieux m4n?©ir, ses bocages, ses vergers, ,sa véranda, son ixm et ses nombreuses dépendances sont visibles des vapeurs qm rernontent et. descendent le fleuve par le chenal du sud. Il y $, un peu en arrière du nianoir, deux vieux im^liii8-à«*vejDt qui, autrefois, servaient à moudre le blé des habitants de l'île ; au nord s'élève, en détendant jusqu'à f o«£3t de {'île un ruban de gentilles maisonnettes, au milieu desquelles trône l'église paroissiale.
Bien ne peut surpasser en magnificence le panorama qu'offre cet île par une journée ensoleillée d'été, quand, avec la marée montante une flotte de navires marchands, émerge de la Traverse de St-Boch des Aulnets : d'abord, comme
d'imperceptibles petites taches blanches à l'horizon, graduellement grossissant sur la surface des eaux jusqu'à ce qu'enfin, ils passent assez près du rivage pour que l'on entende les commandements du bord. Il fut question, un jour, de diviser le bout ouest de Ile en petits lopins pour que des chasseurs pussent y bâtir des loges a proximité des places de chasse et de pêche, tellesque : l'Ile Ste-Marguérite, les battures aux loups-marins, les battures plates et St-Joachîm.
Telle est la réserve de chasse, en 1646, du gouverneur de Montmagny.