REGRETS— SOUVENIRS— VŒUX D'UN
Grand saint Hubert.
Orapro nobù (l) !
Oh ! qui me rendra mes dix-huit ans, mes joviales chasses d'automne, mon fidèle terreneuve, mon grand fusil à canards, qui ne rattait jamais; et pourtant, oncques je ne fus chasseur que de menu gibier !
Nemrod, Ismaël, Esaii, Chiron, Pollux, Castor, ces messieurs adoraient la chasse, les chiens, les chevaux. " Ulysse fut blessé par un sanglier qu'il chassait : Mithridate, dans
(t) Saint Hubert, d'une famille noble d'Aquitaine, était dans sa jeunesse au service de Pépin d'Héristal, père de Charles Martel. Il aima d'abord le monde et la chasse avec passion ; bientôt,-les conseils de saint Lambert, évêque de Maestricht, lui firent embrasser l'état ecclésiastique et quand saint Lambert mourut, il devint évêque à sa place, en 708.
Tout en détruisant le culte des idoles dans les Ardennes, le saint s'amusait a tuer les loups et les sangliers. Sa réputation s'étendit au loin; il faisait des miracles, entre autres, la pluie et le beau temps recette fort agréable pour un chasseur.
En 721, il transféra son siège épiscopal de Maestricht, à Liège, dans la cathédrale qu'il fit bâtir, et mourut en 727.
Son corps, déposé d'abord dans cette église, fut transporté, par ordre de l'empereur Louis-le-Débonnaire, à l'abbaye d'Andain, dans les Ardennes
sa jeuuesse, çjiassa pendant sept années consécutives, couchant toutes les nuits à la belle étoile ; Darius fit écrire sur son tombeau qu'il avait été chasseur. Sylla, Sertorius, Pompée, Jules-César, Cicéron, Marc-Antoine, etc., étaient bons Veneurs." N'en voilà-t-il pas plus qu'il en faut pour ceux qui prennent pour modèles, les grands chasseurs des temps antiques ? Venandi studium cole ! a dit Horace.
" Si Pépin* le-Bref fut élu roi des Français, dit Blaze, " s'il devint la souche des Carlovihgiens, il le dut encore plus à renommée de chasseur intrépide, qu'à l'honneur d'être fils de Charles-Martel. Pépin pourfendit un lion monstrueux et du même coup, entama le taureau que ce lion étranglait. Cet acte de force et de courage imprima le respect aux nobles qui l'accompagnaient ; dès ce moment, la déposition de Childeric fut résolue."
Par la chasse, on a de bons soldats, avec de bons soldats, on " conserve sa liberté " comme l'a dit Michel- Ange Blondus, dans son livre sur la chasse, dédié à François I.
La chasse au faucon, la fauconnerie, précéda la chasse au tir, laquelle ne s'affermit que vers 1630. La fauconnerie était surtout l'amusement des grands et dans l'ancienne monarchie française, le Grand Fauconnier du Eoi était
et dès ce moment, en Tannée 825, cette abbaye prit le nom de Saint- Hubert.
Cette translation, approuvée par le concile d'Aix-'a- Chapelle, se fit avec une grande pompe. L'empereur voulut y assister, tous les chasseurs l'accompagnèrent L'année suivante, on lit une procession coraraémorative de cette cérémonie ; et de là, les pèlerinages qui se font encore tous les ans.
La dévotion pour saint Hubert devint si grande, que tous les seigneurs des environs offraient à l'abbaye d'Andain, les prémices de leur chasse et ladixième partie du gibier quils tuaient chaque année : probablement saint Hubert ne les mangeait pas, mais les moines s'arrangeaient de manière que rien ne fût perdu.
—(Blaze.)