ARTICLE PREMIER
LE GIBIER A POIL ET A PLUMES
§ l«^ — Définitions.
Souvent, dans la pratique, on réserve le nom de ^zbier aux animaux que Ton chasse et qui sont bons à manger. C'est dans ce sens qu'on dit^n gibier, bon gibier.
Mais, à ce compte, trop de bêtes sauvages ne seraient plus du gibier et on ne saurait plus sous quelle rubrique confondre tant d'animaux dont la chair n'est pas comestible que l'on poursuit et que l'on tue néanmoins, soit par pure distraction sportive, soit à cause des méfaits qu'ils commettent, ou bien encore pour tirer profit de leurs dépouilles.
Dalloz nomme gibier les animaux en liberté.
Nous adopterons cette définition de beaucoup la plus commode, puisqu'elle peut s'étendre à tous les animaux sauvages, même k ceux que l'on prend à la pêche. Nous dirons donc : gibier de chasse et gibier de pêche.
Par le mot venaison on entend la chair comestible du grand gibier: cerf, daim, chevreuil, sanglier; lièvres et lapins ne sont que basse venaison.
Tous les animaux compris dans le terme gibier de chasse appartiennent k la classe des mammifères ou a celle des oiseaux; on peut dès lors établir deux grandes
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divisions : celle du gibier à poil et celle du gibier à plumes ou, plus simplement : le poil et la plume.
Dans les tableaux qui vont suivre, ne sont portés que ceux des animaux indigènes ou naturalisés qui sont considérés comme utiles ou nuisibles, à la chasse, k la pêche, à Tagriculture et k la société.
§ 2. — Le gibier à poil.
Voici la liste des principales espèces utiles et nuisibles.
Tableaux.
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§ 3. — Le gibier à plumes.
Sommaire. — Les migrations et les passages. — Liste des principales
espèces utiles et nuisibles.
On dit que, pour Toiseau, le nid fait patrie ; cependant, parmi les trois cents et des espèces qui nichent en France, c'est à peine si on en peut compter une vingtaine qui soient franchement sédentaires au même titre que" la perdrix grise ou le moineau franc. Les autres, obéissant à la loi de la subsistance, sont astreintes k des déplacements périodiques dont l'amplitude et la direction varient avec le genre de leur alimentation ; ce sont : les voyageurs, les émigrants et les errants, vagabonds ou égarés.
Souvent, en simples voyageurs, les omnivores ne font que se replier devant la gelée qui leur coupe les vivres, pour revenir au gîte aussitôt le dégel. Ils suivent en quelque sorte les marées du frimas. Dès lors le même oiseau, hivernant dans le Midi, sera, de passage plus au nord.
En général, les oiseaux d'eau et les insectivores entreprennent en grand nombre des voyages au long cours à travers les continents et les mers. Ce sont les véritables émigrants, et on peut leur adjoindre les rapaces, ces pirates de l'air, qui harcèlent sans cesse les flancs et l'arrière-garde des troupes en marche.
Enfin, parmi les plus puissants voiliers, quelques vagabonds errent sans cesse k la quête d'une proie et peuvent être rencontrés accidentellement en tous lieux et en toute saison. On dit que ce sont des veufs et des célibataires que les devoirs de famille ne retiennent pas au logis.
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Les émigrants partent et reviennent chacun aux mômes époques et suivant une direction constante. Le chasseur peut compter sur leur visite au printemps et k Tautomne. Mais, au printemps, les passages sont moins réguliers, les troupes moins nombreuses ; dans leur hâte de regagner les régions de ponte, les bandes, pressées comme dans un voyage de noce, ne font que de courts séjours. Les espèces les plus succulentes, épuisées par les fatigues, les jeûnes et les intempéries, n'ont qu'une chair maigre et coriace.
En automne, au contraire, les émigrants reviennent augmentés de la reproduction de Tannée. Ils séjournent plus longtemps, retenus par l'abondance des victuailles ; ainsi chargé par les réserves de route, le gibier est gras et parfaitement k point. Ce sont les vrais passages pour les chasseurs et les gourmets.
On constate que, en dehors des inflexions nécessitées par les obstacles naturels et la recherche des greniers d'abondance, les migrations se font par trois voies différentes : 1° la direction nord-sud, la plus normale, est suivie par le plus grand nombre des insectivores et baccivores qui habitent les bois et les champs ; 2° les oiseaux de rivages et de marais viennent du Nord-Est, allant vers le Sud-Est suivant une ligne parallèle au plages de l'Atlantique ; 3° enfin certains frugivores se déplacent plutôt en latitude de l'occident vers l'orient k travers l'Europe centrale dans la direction de la Turquie et l'Asie Mineure. Ils suivent la zone des forêts k chênes au moment de la chute des glands.
Ces renseignements^ qui peuvent guider le chasseur dans sa recherche des gros bataillons sur leurs routes d'étapes, sont résumés dans les tableaux suivants.
la
îr
Oiseau repoussant qui déqaqe de toute part une odeur féûde. Vil
dav lénlt.
Trop mal armé et trop lâche pour s'emparer de proies vivanles, il ne sailaque qu'aux ceurs, aux couvées, aux petits ou animaux sansdélense.'^ Plus utile que nuisible.
Oiseau vorace et hardi, fail la
dt"ns se^yse^r" défaiilTe*giî bier, se nourri! des cadavres.
Le plus nuisible des rapac^s de la
Vit de gibier el de petit bétail.
1res nuisible à la chasse el au
Vit exclusivement de poissons et
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