‹ Chasse et pêche en FranceChapitre 49 sur 64 · I. Loc. cit · texte numérisé non relu

I. Loc. cit

a. Brocchi, La Pisciculture dans les eaux douces. Paris, Quantin, 1897. 3. Brocchi, « Pisciculture dans la Somme • {Bulletin du ministère de Fagriculture, i4* année, iSq?),

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dotées sont: laDombe, avec 10,000 hectares ; la haute Somme, avec 1,600 hectares ; le Berry et le Bourbon-nais, avec i,4oo hectares; la Lorraine, qui, avec la partie annexée, compte pour plus de 2,000 hectares.

Si on excepte le Léman, en France, les eaux de lac ne couvrent pas plus de 8,000 à 10,000 hectares.

Malgré tout, si ces eaux étaient bien mises en valeur, elles pourraient fournir en poissons de luxe et autres des quantités bien plus considérables que celles qu'on en tire aujourd'hui. Constatons toutefois que depuis quelques années une grande amélioration s'est produite dans ce sens, surtout dans les eaux domaniales. D'ailleurs, les eaux de tous les lacs ne sont pas susceptibles d'être utilisées pour la pisciculture. Car, k partir de 1 ,800 mètres et au-dessus, les eaux sont couvertes d'une épaisse couche de glace pendant plus de moitié de l'année et ne peuvent nourrir que très peu de poissons.

Mais si la loi protège efficacement les eaux closes contre les braconniers, les propriétaires ne doivent s'en rapporter qu'à eux-mêmes pour défendre les poissons contre leurs ennemis. Ceux-ci sont nombreux et détruisent le gibier de pêche à tous les états.

Comme ravageurs du frai, ce sont principalement :

Les phryganes, les dytiques et les hydrophiles parmi les insectes ; la plupart des crustacés ; puis le's grenouilles, les crapauds, les tritons, les couleuvres à collier et les poissons eux-mêmes ; les palmipèdes sauvages et domestiques; et, parmi les mammifères, les musaraignes d'eau, les rats et les porcs.

Toutes les espèces sous forme d'alevin ou k l'état adulte sont avidement dévorées par les poissons voraces.

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eanÛTores ou ommroies ; par les oiseaux péchears comme le busard, le balbosard, le milan ; par nombre d'échasâersy le héron en tête ; parles martins-pêchears, les corneilles, etc.

Enfin, lesplos belles pièces sont victimes de la loutre, du putois, du chat, du rat d*eau, voire même de la grenouille, qu'on accuse non sans raison d*aveugler les grosses carpes dans des accès de délire erotique.

Le déchet moven dû à ces ravageurs des eaux est évalué en movenne à lo p. loo du réempoissonnement, et, si Ton n'v prend garde, ce chiflfre peut être assez fortement dépassé pour atteindre la proportion d'un véritable désastre. 11 n'est pas sans exemple qu'une famille de loutre ait détruit toute une pêche en une seule saison.

En outre, le poisson est sujet k de nombreuses maladies organiques ou parasitaires dont la gravité et le degré de contagion sont tels que l'espèce atteinte peut disparaître entièrement dans un temps très court. En rivière, le barbeau est souvent décimé par une affection de ce genre. La maladie qui a fait disparaître les écrevisses de la plupart de nos cours d'eau depuis 1878 semble a peine terminée.

Toutes ces choses, qui sont du domaine de l'industrie, ne peuvent être apprises que dans les traités spéciaux ou acquises que par une longue pratique.

§ 4- — ^SL pisciculture artificielle.

Sommaire. — Sa définition. — Ses origines. — Ses avantages. — Ce qa^on peut lui demander. — L'acclimatation d'espèces exotiques. — Description des espèces à l'étude.

La pisciculture artificielle, a dit M. Coste, est l'art de peupler les eaux, d'y multiplier, d*y perfectionner.

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d*y acclimater les espèces qui servent à la nourriture de r homme.

L'histoire rapporte que la fécondation artificielle était déjà mise en pratique, en 1 419, par don Pinchon, moine de Tabbaye de Réome, près de Montbard (Gôte-d'Or). D'autre part, il est certain que, vers le milieu du siècle dernier, un agriculteur du pays de Lippe-Detmold, nommé Jacobi, a obtenu d'une façon rationnelle la fécondation artificielle des poissons. Mais c'est seulement en i844> après que Remy, pêcheur à la Bresse (Vosges), eut redécouvert le procédé, qu'on a sérieusement songé à l'appliquer en France. Grâce au zèle et k l'activité convaincue de M. l'ingénieur Goste, qui en a été l'apôtre, le premier établissement de pisciculture a été fondé k Huningue. La régénération artificielle des poissons est entrée dès lors dans le domaine de la pratique et rapidement elle a été généralisée des eaux douces aux eaux de mer.

Les procédés ne sont pas k décrire ici ; on les trouvera partout. Ils sont d'ailleurs faciles k appliquer et d'une réussite k peu près certaine, quelle que soit la méthode employée : humide ou sèche.

L'avantage indiscutable de la pisciculture artificielle est de faciliter le transport des œufs fécondés,' de permettre l'introduction des espèces étrangères et les tentatives d'hybridation.

Mais il ne faudrait pas lui demander, et surtout en attendre le repeuplement immédiat de nos eaux appauvries ; car les essais tentés jusqu'alors n'pnt pas toujours

été heureux, surtout quand on a commis la faute de verser dans les eaux libres des alevins trop jeunes pour pourvoir k leur nourriture et se défendre contre leurs ennemis.

Il est bien démontré que, pour être efficace, le réempoissonnement doit se faire avec de jeunes sujets de i5 k i8 mois. De Ik, la nécessité de compléter les appareils de fécondation par des étangs k nourrains : ce qui augmente très considérablement les dépenses*.

D'ailleurs, il en est de la culture des poissons comme de celle des plants forestiers en pépinière. Mieux vaut multiplier sur le cours même des eaux k repeupler des petits établissements k outillage modeste, que centraliser les efforts dans les installations, grandioses et luxueuses, dont les produits doivent toujours subir des dépenses de transport et des déchets considérables avant de parvenir au lien d'emploi.

Quoi qu'il en soit, cette faculté de produire les poissons est bien faite pour stimuler le zèle de chacun et toutes les bonnes volontés de l'initiative privée. A défaut des propriétaires et des adjudicataires dont nous avons constaté ailleurs Tindifférence, n'avons-nous pas les pêcheurs k la ligne ? Ils sont légion et représentent une force sur laquelle on doit compter. A eux k travailler pour justifier les privilèges dont ils jouissent gratuitement. Leurs associations ont déjk réalisé de grands progrès qui donnent confiance dans l'avenir.

Quant k l'acclimatation d'espèces exotiques, il faut être bien persuadé, avant d'octroyer k l'une ou l'autre son

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