HAREM
A la question qui vient de se poser, et que chacun se pose devant l’œuvre interrompu de l’artiste, Paul Mantz a éloquemment répondu, dans la belle étude qu’il écrivit sur Chassériau, quelques jours après sa mort :
« Hélas, le semeur est parti avant la moisson... Avait-il atteint le but? Non. Il cherchait encore, il aurait cherché toujours. Élevé sous l’austère discipline de M. Ingres, il avait déserté ce premier enseignement; j’en suis sûr, il aurait de même abandonné Delacroix, et, dans son éternel voyage, il serait allé, je ne dit pas plus loin, mais ailleurs, car ce noble esprit qui savait si bien la théorie de l’art et qui jugeait si justement les œuvres des autres, ce sérieux artiste qu’il était si bon de consulter et qui donnait des conseils si sages, il était tourmenté pour lui-méme, et, bien qu’il ne l’ait pas dit, il a souffert dans la religion douteuse de son talent sans étoile. L’avenir verra dans Théodore