U ART DE NOTRE TEMPS
Chassériau une des plus nobles victimes des hésitations des temps troublés où nous sommes... Il a voulu associer les contraires et concilier l’inconciliable... S’il rencontra, dans cette lutte avec l’impossible, sa fatalité et son supplice, qu’il y trouve aussi son honneur.» (L’Artiste, octobre 1856.)
Parmi les toiles que la mort prématurée de l’artiste laissait inachevées, il en est une qui nous semble apporter un témoignage plus décisif encore que celui de Paul Mantz. C’est une esquisse très poussée, que Gautier vit dans l’atelier du peintre en octobre 1857. (( L’Intérieur du Harem, dit-il, quoique resté à l’état d’ébauche dans quelques parties, n’est pas moins une toile délicieuse. Deux femmes, en brillants costumes, se renversent sur les coussins d’un divan, avec des poses fatiguées et languissantes et ces gestes d’ennui nerveux qu’inspirent la clôture du harem et la présence de l’eunuque noir; la tête de la femme rejetée en arriére, la plus finie du tableau, est charmante. »
Comme inspiration, il n’y a rien là qui ajoute sensiblement à ce que nous connaissons déjà. Mais l’élégante liberté du dessin, la tiède harmonie de la couleur surtout, nous semblent affirmer les ressources nouvelles que l’artiste tenait encore en réserve pour achever la tâche entreprise avec tant de noblesse et d’ardeur.
COLLECTION ARTHUR CHASSÉ.RIAIJ