‹ Chasses dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 51 sur 79 · FERRER · texte numérisé non relu

FERRER

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sant 4 l'obscurité, donnaient à chaque détail de cette merveille de

la nature une teinte dorée et scintillante, Bien plus, la glace

nat à qui entourait la cascade était si transparente, que leil pou- î à f vait apercevoir le sable doré du fond de l'eau et distinguer j

alez- Ë la rapidité du courant. | ui:

gui- : A dix pieds en amont du demi- VOUS k cercle formé par la cascade, sur Man ja ; un rocher isolé qui s'élevait au n'esl L milieu des eaux, le caribou que ma à j'avais blessé avait cherché un longe c4 refuge. Tout autour de lui le cou-

rant était si rapide, que si le pied lants lui avait glissé, il eût été entrainé plus ‘4 el serait tombé par-dessus la casétait ‘4 cade. Jack, mon fidèle chien, inté- Fa n'avait pas cru prudent d'aller rd el Ë attaquer l'animal blessé dans son > tou ‘1 retranchement dangereux; ceiel la pendant mon arrivée et lexci- à #6 du lation dans laquelle il se trouvait “hs in à | l'auraient peut-être engagé à LATE nents ; braver le danger : je le mis en VE

laisse, et l'atlachai au pied d'un à il A L ses ! arbre. EU à aienl ; Le caribou avait véritablement fi !

cent À choisi un refuge inabordable où Que racte 1 aucun être vivant n'aurait pu l'at- ‘1 ; ords , laquer : de chaque côté de len- ‘Le ace, È droit où il se trouvait s'élevaient 4", 1 ir les des palissades perpendiculaires l'en- entre lesquelles le ruisseau se :

étail fravait un passage, et, devant lui, le précipiee béant semjail- blait attendre une victime.

épais Lorsque j'eus assez admiré ce spectacle romantique, bien il re- lait pour émouvoir un Européen, je m'approchaï aussi près

rçant que le terrain anfractueux me le permettait. Aussitôt que le

caribou m'aperçut, il leva la tête, ornée d'un bois admirable, la secoua avec rage, et parut me défier au combat, Ainsi placé, il présentait à ma vue sa poitrine, aussi large que celle d’un bœuf, Je le dis sans fausse honte, je me sentais à ‘4 l'aise en me voyant ainsi séparé de mon redoutable ennemi par des obstacles infranchissables; car je n’hésite pas à croire “à que, s’il avait été en son pouvoir de franchir la distance qui 4 nous séparait, il se fût précipité sur moi avec une rage désespérée. En outre, comme mes lecteurs l'ont vu dans le cours de mon récit, je n'étais pas assez habile patineur pou: éviter sa poursuite à l’aide des raquettes maudites, qui arrètaient plus qu’elles n'accéléraient ma marche.

I s'agissait donc de mettre un terme prompt aux velléités d'attaque du caribou et à la crainte qu’il m'inspirait : j'armai donc ma carabine, et, après avoir visé avec précision, je lächai la détente. Ma balle l’atteignit entre les deux veux: le caribou était mort. Dans un dernier effort il bondit en avant, et, tombant dans le vide, il disparut dans le courant, qui l’entraina par-dessus la cascade.

Un moment après, je voyais le corps énorme de mon caribou revenir au-dessus de l’eau et lourbillonner au milieu des glaçons qui environnaient les rebords de l’abime. à

« Bien touché! s'écria M. Howard, qui était arrivé à Lemps 4 pour voir le résultat de mon coup de carabine ; dépèchonsnous de descendre et d'aller « arrimer » notre gibier. »

Après avoir fait un assez long circuit, nous arrivänes 1 dans la vallée, au pied de la cascade; mais, à notre grand 1 étonnement, l’animal avait disparu.

« En avant! en avant! exclama encore mon hôte : voyez! le chien nous sert de guide ; il s'est mis en quête le long du r'uissCau. »

Cinq minutes après, nous apercevions le caribou doucement entraîné par le courant, e Jack qui s'était jeté à la nage , faisant des efforts inouïs pour amener à terre sa proie. qu'il tenait mordue par une oreille, M. Howard, sans perdre un moment, courut en aval, el, au moyen.de sa hache.

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abattit le tronc d'un arbre qui s'élevait le long du bord, de manière à le faire tomber en travers du ruisseau. Ce fut à l'aide de cet obstacle que nous pûmes nous emparer du caribou.

[se fait lard, mon ami, me dit M. Howard; et comme il nous est impossible d'emporter notre gibier ce soir, il s'agit de faire en sorte que les loups ne le mangent pas. A l'œuvre! arrachons-lui les entrailles, et pendons-le à cette haute branche, hors de portée des animaux carnassiers.

Ce qui fut dit fut fait; et, laissant le caribou à l'abri de toute atteinte, nous reprimes le chemin de la log-cabin, éclairés par une lune et par la lueur des étoiles, brillantes comme des diamants.

Monaï nous avait devancés : à l’aide d'un traineau faconné pareillement à celui de la veille, il avait traîné le caribou tué par M. Ioward, et le crâne de l'animal, orné de son bois, parait le haut de la porte de notre hutte, trophée glorieux d’une chasse magnifique.

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