‹ Chasses dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 7 sur 79 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

qu'on nolisa de part et d'autre des chaloupes canonnières, à bord desquelles se trouvait une troupe de gens armés, avant mission d'empêcher toute infraction aux règlements. Si le gouvernement de Washington n’eût pas concilié les parties, il v aurait eu infaillhiblement du sang répandu.

On trouvera dans ce volume un chapitre tout entier consacré aux pigeons ramiers; mais je ne saurais oublier de mentionner ici les vols innombrables de grives de l'espèce des « draines »., qui aux États-Unis obscurcissent l'air pendant le mois d'octobre de chaque année. Jamais caquetage plus bruyant ne se fil entendre dans les bois où cette gent emplumée vient de s’abattre. Les robbins, — tel est le nom américain de ces grives babillardes. — s'évertuent à crier comme des sourds, et elles sont sourdes en effet, car la détonation d’un coup de fusil ne réussit même point à leur faire reprendre leur volée. Aussi le chasseur, sans sortir du bosquet où les grives ont fait élection de domicile, peut user sa poudre et son plomb à coup sûr et remplir facilement sa gibecière.

Si du nord des États de l'Union nous descendons vers l’ouest, dans la direction de la Louisiane, nous retrouverons des espèces d'oiseaux et d'animaux in-

connues dans les contrées froides du Massachusetts

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PRÉFACE XVII et de la Nouvelle-Angleterre, Il est vrai de dire que ce pays montagneux est boisé et pittoresquement découpé par des cours d'eau, des étangs et des lacs de toutes dimensions. Les forêts sont composées de pins. de bouleaux, de cèdres, de merisiers, d’aubépines, d'églantiers et de saules. Çà et là de beaux chènes, des noisetiers, des sumacs et des cannes complètent la richesse végétale dont le sol est recouvert. Dans les fourrés où le chasseur s’aventure, dans les hautes herbes des prairies, on trouve à chaque pas des empreintes récentes, et l’homme voit s'envoler devant lui, par milliers, des oiseaux au plumage éclatant, diapré de bleu, de rose, de jaune, de violet ou de blanc.

Voici, entre autres, le rice bird, le bec-figue américain, dont les ravages sont terribles dans toutes les rizières du pays : aussi lui fait-on aux États-Unis une guerre acharnée. Vers le coucher du soieil, au moment où les rice birds obscurcissent l'horizon et s’abattent sur les plantations en pleine maturité, on a du plaisir à assister aux feux de peloton que tous les chasseurs du canton dirigent sur les maudits pillards. Des millions d'oiseaux succombent chaque saison, grâce à cette guerre incessante, et cependant l'espèce, loin de diminuer, semble augmenter à mesure qu'on cherche à la détruire.

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