PRÉFACE
Vos lecteurs! l'Algérie! — C'est tout simplement magique, ces mots-là.… De cette réflexion à la tentation de se faire imprimer vif, il n’y a qu'un pas... et le voilà franchi! |
Si vos prédictions ne se réalisent pas, chers conseilleurs qui m'aurez amené là, — vous aurez cet insuccès sur la conscience, car j'entends vous rendre solidaires de ma détermination.
Allez donc, chers souvenirs, où votre destinée vous conduira. Dites surtout à ceux qui s’arrêteront à vous lire que l'Algérie serait plus intimement populaire si elle était mieux connue. -— Dites-leur qu'elle possède un grand attrait d'originalité, un charme tout particulier qui agit infailliblement sur ceux qui s’y intéressent et savent la comprendre.
Insistez surtout près des disciples de saint Hubert, à quelque nationalité qu'ils appartiennent... Montrezleur dans un alléchant lointain ces rares et grandes bêtes à poursuivre... de bonnes émotions à glaner, lors même que le succès ne répondrait pas toujours aux espérances. — Et enfin, par anticipation, souhaitez à tous bienvenue et bonne chance!
Avril 1869.
Carcassonne, mars { 862.
sieurs fois déjà, depuis des unnées, j ai été mis reure d'écrire les chasses au lion et à la panque j'ai faites pendant mon long séjour dans le de Téniet-el-Häd.
m'en suis toujours défendu, par paresse d'abord, ssi je crois par une sorte d'indifférence à narrer tits et des impressions dont je pouvais à ma voinuer la série.
int une période de vingt-cinq années, j'ai dû à née, qui m'a toujours placé aux avant-postes que nous avancions dans l'intérieur du pays
arabe, d'avoir la primeur de toutes les grandes chasses | de l'Algérie (?).
Qu'avais-je besoin d'écrire, quand en tous temps, à. pied et à cheval, à la plaine et à la montagnes je pou-
vais faire plus de bourriches que je n'avais de gens à | qui les envoyer?
On réserve cela pour les temps malheureux, quand
tout gibier fait défaut. Hélas! ce n’est pas toujours
fête, selon le vieux dicton!
Après les grands festins, viennent les jours maigres | et de pénitence ; longtemps j'ai refusé d'y croire, mais depuis ma rentrée sur le sol francais, j'ai dû me sou-*
mettre à l'évidence, c'est-à-dire au régime du chou- .
blanc et du buisson creux.
Je sais à l'heure présente ce que veut dire bredouille !
les naturels du pays, excellentes gens du reste, ne
parviesnent à tirer un perdreau de loin en loin qu ’en faisant une neuvaine à saint Hubert.
Ma qualité d'hôte passager ne m'a pas mieux servi: : quoique j'aie mis une grande persévérance à battre les. guérets autour de notre bonne garnison de Carcas-.
sonne, je n'y ai vu qu'une seule fois l'ombre d'un lièvre
C'est ainsi qu'après de nombreuses déceptions et
n'avoir brûlé un peu de poudre qu'à la chasse aux
alouettes, j'ai vu venir la saison prohibée, toute héris-, sée de gendarmes, de gardes champêtres et autres!
{*) C'est ainsi que j'ai pu chasser, dans les meilleures conditions, le
lion, la panthère, le sanglier, l'hyène, le chacal, l’antilope bubale, le mou= “ flon, la gazelle, le Lynx, l’autruche, etc. ; que j'ai pu, avec d'excellents équi= pages de faucons, voler l’outarde, le lièvre, dans les plaines du Sud, et enfin chasser au marais des quantités considérables de sauvagine à n'oser en dire à
les chiffres.