IV PREFACE
Ceci est le profit moral qu'un homme riche et gâté par la vie tire d'une telle excursion : 1res vite il apprend que si l'argent est nécessaire pour organiser une expédition qui ait chance de réussir, l'or tout seul ne suffit à rien. Ici, l'effort personnel devient nécessaire, l'effort moral et l'effort physique. On n'est pas le chef parce que l'on paie, mais seulement si on a mérité de l'être. L'indépendance des hommes que l'on commande est sans limites. Ils ne sont façonnés, ni retenus par aucune discipline. Pour la vie et pour la mort, on est dans la dépendance de leur bonne volonté.
Je ne crois pas nécessaire de dire qu'ils ne toléreraient point une défaillance dans le courage. Nous sommes dans un pays où la question ne se pose pas. Le premier venu supporte la souffrance, toutes les privations, avec des ressources d'énergie à peu près illimitées.
Ce fut l'erreur du cher et brillant Mores de croire que sa bravoure, son mépris de la mort, auraient, dans la route d'Afrique, le même prestige qu'à Paris. A Paris, il fait