‹ Chasses et gens d'AbyssinieChapitre 7 sur 21 · NOUVEL AN D AFRIQUE · texte numérisé non relu

NOUVEL AN D AFRIQUE

Ce matin, P'' janvier 1901, je me suis levé à la petite pointe de l'aurore. Au sortir des brûlures rougeoyantes du désert issa que nous venons de franchir, ce mot magique de Bioh-Cabauba, « eau froide », a hanté mon sommeil. Hier soir, lorsque déjà la nuit était tombée, nous sommes descendus dans le lit de ce torrent. Nous n'avions pas aperçu le miroir délicieux de l'eau. On avait deviné sa présence à cette odeur pernicieuse qui s'enveloppe de la fraîcheur des arbres, et, en pays tropical, dit la fièvre.

Je n'ai pas eu besoin de demander à la sentinelle, qui, au bord du camp, monte la dernière garde de nuit, de m'indiquer la place de l'eau. En se penchant, les arbres la désignent. 11 y a là des vieux barbus, chevelus de lianes, qui semblent des Rois Mages, agenouillés au-dessus du berceau où sanglote la vie.

Je fais comme eux. Je vais à la place magique. J'entre dans le frisson de l'eau avec un frisson pareil au leur. Quelle sensation délicieuse! C'est dans le grand ciel d'Afrique luimême que je plonge. Il suffit que je remue mes bras pour mêler, comme un peintre sur une palette de cristal, des nacres avec de l'azur. A cette flaque de clarté, l'ombre inclinée des arbres fait un écrin sombre. Je prends un bain d'aurore.

... Quatre heures du matin. Rentrée au camp. Il est en rumeur. Tous les dormeurs, qui, tout à l'heure, gisaient, enveloppés de couvertures dans un sommeil lourd comme la mort, sont dressés sur leurs pieds. On désentrave les animaux, que la garde de nuit avait rangés sur

une seule ligne. Les chameliers répandent des tas d'orge devant ragenouillement de leurs dromadaires. La fumée d'un feu clair s'accroche aux basses branches de l'arbre inconnu qui abrite notre tente. Il y a autour de son tronc des piles de selles qui s'escaladent et se chevauchent, des rangées de fusils Gras, disposés comme au râtelier; des ceintures à cartouches pendent aussi nombreuses que les lianes. Et c'est vraiment le champ de la confusion des langues. On parle issa, arabe, abyssin, somah, grec, français, italien. Le vocabulaire général est fait de tous ces mots mis en tas par des gens qui ne sont rien de moins que des philologues et qui s'en servent au petit bonheur. On s'entend tout de même, car la nécessité et le voyage ont précisé, simplifié les besoins de tous. Il suffit, ici, de savoir dire dans toutes ces langues : « l'eau, le feu, le chemin, la chasse, la vie et la mort. »

— Savez-vous, mes chers camarades, que c'est aujourd'hui le 1"' janvier 1901, et que l'aurore qui se lève là, c'est l'aurore du nouveau siècle?

Si Ton s'embrassait un peu, entre braves garçons, à Foccasion des étrennes? Histoire de n'en pas perdre tout à fait Thabitude....

Mes deux compagnons blancs sont plus jeunes que moi. Leurs vies, leurs espérances sont encore, devant eux, intactes. Tout de même, on a, là-bas, très loin, du côté de Paris, des tendresses en souffrance. Et c'est avec un petit coin d'émotion dissimulée, — les hommes ont leur pudeur, — que l'on frotte des barbes trop longues contre des joues qui piquent.

C'est décidé : on ne marchera pas aujourd'hui. Les dromadaires resteront à ruminer devant leurs tas d'orge; les chevaux et les mulets, à l'ombre des arbres chevelus, pourront tondre les places vertes; les hommes chasseront, flâneront, deviseront, couchés sur la banquette de sable, aussi douce à effleurer que du velours.

On va dresser la table à une place ombreuse, avec un luxe inaccoutumé. Pendant que le boy Balainé déchire un beau carré d'» aboudgidide )> toute blanche, pour nous en faire une

CHASSKS ET GENS D ARYSSINIE 5

nappe, je vais, dans la tente du cuisinier Agoudcbo, examiner l'état d'un filet d'antilope que, dès hier soir, j'ai arrosé tout cru, avec de la « worcestershire sauce » afin de le mettre au point d'un honorable attendrissement. On parle aussi avec mystère de deux poules de prairie qui se présenteraient, rôties sur des baïonnettes, étoffées avec des farces de pâté d'alouettes.

... En attendant, Abdi place deux sentinelles aux deux bouts du terre-plein qui nous sert de salle à manger. Cet homme ne croit pas à la trêve des confiseurs! Il raconte qu'il faut parer à une surprise d'Issas. Ces mécréants pourraient profiter de la liesse du camp, afin d'enlever nos mulets, ou encore débaucher quelques dromadaires.

— Place tes sentinelles, mon bon Abdi! On leur donnera à finir les carcasses de poules de prairie, si le festin du Nouvel An s'achève sans encombre.

Maintenant, c'est la fulguration grandiose de midi. Il n'y a plus d'ombre au pied des eu-

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phorbes, qui, pâles, dans le lit du torrent, dressent au bout des hampes leurs gousses empoisonnées. Les oiseaux multicolores qui chantaient, dans les clairières de Bioh-Cabauba, ont plongé dans l'obscurité inextricable des plantes grasses. Les C3^nocéphales font la sieste. Dans l'universel silence, notre petit bouchon de Champagne part avec un jet de mousse et fait le bruit d'un coup de canon.

— Buvons, mes amis, au siècle qui commence. Qu'il voie les hommes plus unis, les races moins séparées par des fossés de préjugés et de meurtres... Buvons, chacun en silence, au cher secret de nos cœurs.

La fumée de nos cigarettes monte toute droite dans Tair brûlant. Personne, en ce moment, n'a envie de prendre un fusil et d'aller surprendre, dans leur torpeur de midi, les grands gibiers qui somnolent. C'est le moment de deviser.

— Je donne un paquet de cartouches à celui qui nous contera la plus belle histoire. Commence, Oualdé Mariam...

— Un jour, je suis allé à l'éléphant avec mon père. Il n'y avait pas encore de fusils clans les mains de tout le monde ; on se battait avec des lances et avec cela...

Oualdé Mariam montre le « gouradi » , le sabre recourbé comme une serpe, qui est enfilé dans sa ceinture, et qui sert, ici, à s'ouvrir un chemin à travers la forêt vierge, ou au travers des poitrines humaines.

— ... Mon père m'avait emmené à la chasse. J'étais un enfant, je ne pouvais que le regarder. Nous étions cachés derrière un buisson. Il a laissé passer l'éléphant ; puis, il est sorti dans le chemin. Il a frappé par derrière, dans ce pli qui est entre les grosses cuisses et que la petite queue fouette. La lance s'est enfoncée jusqu'au bois. Alors, l'éléphant a poussé un cri terrible. Il a voulu saisir celui qui l'avait blessé. Mais, mon père s'est caché entre les jambes de la bête. Il tournait autour comme font les enfants qui jouent entre des troncs d'arbres. Quand la trompe s'avançait du côté gauche, il se cachait derrière la jambe droite ;

quand la trompe venait du côté droit, il se cachait derrière la jambe gauche. Chaque fois qu'il passait sous le ventre, il faisait, avec son gouradi, une blessure profonde. Et moi, je battais des mains, je lui criais : « Père, prends garde à droite, prends garde à gauche ! » Et je riais et mon père riait aussi.

Taër conte :

— Je suis allé à Madagascar quand les Français se sont battus. Nous étions trois Issas. On nous a incorporés avec les Kabyles. Tous les prisonniers qui essayaient de s'échapper, quand on les reprenait, on leur coupait la tête. C'était très amusant. Alors nous, quand nous gardions des Sakalaves, nous les laissions échapper exprès. Mais c'étaient toujours les Kabyles qui voulaient couper. Il y en avait un grand qui abattait les têtes d'un seul coup. Ensuite, il nous les donnait à planter, au bord du camp, sur des pieux. Nous autres, les Issas, nous avions envie de couper, nous aussi. Nous avons réclamé, et l'adjudant a dit : « Vous couperez à votre tour... » Mais moi, j'étais le plus jeune,

et jamais on ne m'a laissé faire. Alors, quand la campagne a été finie, j'ai quitté le régiment. J'ai voulu revenir ici.

L'histoire de Taër enchante la compagnie. Tout le monde crie :

— C'est lui qui a gagné les cartouches I

Je lui donne le paquet de douilles en cuivre pour obéir à la volonté générale. Ne dit-on pas que la voix du peuple, c'est la Voix de Dieu?

Et Oualdé-Mariam n'a pas le temps de réclamer, car le camp entier est debout. Ce sont nos chasseurs qui reviennent de leur battue. Ils rapportent trois antilopes, neuf dig-digs, deux outardes, un renard, un sanglier, trois lièvres. En une seconde, les alentours du camp sont souillés par l'énorme égorgement de toutes ces bêtes que l'on é ventre, que l'on étripe. Les mulets et les chevaux, ramenés de la pâture au premier allongement des ombres, flairent avec inquiétude du côté de ce champ de carnage. Une fois de plus, le sable de Bioh- Gabauba boit avec volupté le sang qui ruisselle.

MON PREMIER LEOPARD

Sur le ruban de piste, à une centaine de mètres de notre troupe, l'Abyssin qui marchait en tête du convoi signale un petit parti de gens armés. Ils semblaient se glisser au travers du chemin avec précaution. Le soleil de sept heures était gai sur nos têtes ; tout le paysage illuminé de clarté matinale. Ce n'étaient point là des coupeurs de route; des chasseurs sans doute qui traquaient quelque gros gibier. Je fis donc arrêter les mulets pour ne point déranger ces gens dans la battue, et je mis pied à terre pour demander une place à leurs côtés.

L'homme qui menait la compagnie était un petit propriétaire des environs. Des favoris de coupe diplomatique encadraient sa figure régulière et dure de paysan et faisaient le plus singulier effet autour de son visage noir.

En deux mots il m'expliqua la chose.

La nuit précédente, un léopard avait sauté l'enceinte de broussailles qui cerclait sa ferme. Devant la porte de sa propre case, ce bandit avait dévoré le chien de garde. On voulait venger une telle injure. Les traces fraîches du fauve se perdaient à un kilomètre des huttes, dans une jungle qui séparait la piste de la forêt. On avait des raisons de penser que le léopard était encore caché dans ces herbes. Le plan consistait à le rabattre du côté d'une clairière. On espérait le tirer à découvert tandis qu'il passerait de la jungle aux premiers buissons de mimosas.

Dans ce dessein, l'homme aux favoris diplomatiques avait mobilisé tout son entourage : sept ou huit serviteurs gallas, munis de lances

OU de gourdins, quelques voisins porteurs du fusil de guerre italien qui s'est répandu en Abyssinie après Adoua. Lui-même, mon fermier, était armé d'une carabine Gras, et autour de sa ceinture, il étalait deux rangs de cartouches serrées. Il lança sur mon ^vinchester un coup d'œil expert et il m'offrit à sa droite, au centre de la battue, une place d'honneur.

Cette jungle ab3'ssine est formée d'une herbe folle que les indigènes nomment « simbalette » . Elle porte fréquemment ses vains épis à trois mètres de hauteur. Du sommet d'une montagne elle apparaît, ondulant à la surface des plaines infinies, comme du blé beauceron. C'est le repaire favori du léopard. Il se fait là un nid douillet. Il sait que le murmure des légers épis, foulés par les sabots d'un cheval ou écartés par l'approche d'un chasseur, l'avertira à temps. S'il veut fuir, il a l'art de se couler entre ces fétus mouvants sans seulement faire trembler leurs crêtes. S'il est en humeur d'attaquer, il sait qu'il entendra l'ennemi avant que l'ennemi le voie lui-même et qu'il pourra

régler son bond d'attaque avant qu'un fusil le couche en joue.

La battue avançait donc avec ces précautions qu'ici j'ai vu prendre partout contre les bêtes, par ces gens d'un courage éblouissant. D'expérience ou de tradition, ils connaissent toutes les roueries du fauve. Ils prétendent ajouter la ruse à la bravoure pour ne pas changer de rôle dans la lutte et, de chasseurs, devenir gibiers. Seuls, les colibris, qui se balancent sur les épis de la simbalette, sans les faire plier, trahissent la marche de notre ligne déployée. Ils s'envolent sans peur afin de se reposer à quelques mètres en avant de nous — écume irisée de cette mer d'épis que la lumière du matin fait miroiter au-dessus de nos têtes.

Un signal des rabatteurs nous arrête court.

— Ils ont retrouvé la piste ?

Les favoris diplomatiques semblent redoubler encore la satisfaction du chasseur noir.

— Le léopard n'est pas sorti de la jungle... Avançons . . .

J'avance en effet sur la pointe de mes sou-

liers, ressemelés, pour étouffer le bruit des pas, avec des cordes d'espadrille. Vraiment, dans ce feu de la bataille, on n'a qu'une crainte : on ne songe pas que la bête, rasée comme un chat, tapie comme un lièvre, est là, peut-être à un mètre de vous, invisible, prête à vous sauter sur les épaules quand vous l'aurez maladroiment dépassée.

On pense seulement :

— Si le léopard allait s'échapper sur les flancs de la battue!... Si un autre que moi l'arrêtait de son coup de fusil ! . . .

Cette émotion, je devais la connaître dans toute son angoisse. Brusquement, une clameur s'allume sur toute la ligne. Les gens qui marchaient courent; les bras s'élèvent au-dessus de la simbalette, brandissant les lances et les fusils. Le léopard est levé. Il a vu qu'il n'était pas le plus fort, il fuit devant la battue, du côté de la forêt.

— Mais où est-il, mon Dieu ! où est-il ? L'homme aux favoris a autre chose à faire

que de m'instruire. Je prends le parti de cou-

rir après lui. J'arrache avec une vigueur inconnue mes souliers aux pernicieuses simbalettes qui les lient, qui s'accrochent aux œillères du brodequin, et, pour protéger la batterie armée de mon \Adnchester, je l'élève, moi aussi, audessus de ma tète, comme un nageur en pleine eau.

— Où est-il?... Là-bas I

Un cri de joie me répond.

Sûrement, c'est le fauve qui, dans une série de bonds successifs dont la jungle est culbutée, précipite sa fuite habile. Pas une fois, pourtant, son dos tacheté n'apparaît à la surface des épis. Nous sommes à une centaine de mètres de la clairière où il va déboucher. Je . m'arrête. Je ne veux pas que l'essoufflement fasse dévier le coup. A cette distance, je suis sûr de ma carabine. J'épaule... du bout du canon je suis le remous d'herbes. J'attends... Maintenant...

Presque en même temps que le mien, quatre coups de feu roulent. Le léopard, qui, une seconde, vient de paraître sur le tapis d'herbes.

s'arrête. Il creuse les reins. Il lève sa tête, dont nous devinons la grimace féroce ; puis, comme s'il avait repris des forces, il fait un bond, il entre dans la brousse.

A cette minute, j'ai eu de nouveau la gorge serrée. J'en ai tant perdu de bêtes percées de part en part, d'antilopes qui traînaient leurs cuisses cassées et qui, sous nos yeux, entraient dans la brousse inextricable, pour aller agoniser, loin du chasseur, sous la dent de la hyène, du chacal ou des chiens sauvages. Si celui-là allait faire comme les autres ! Si je n'allais pas pouvoir toucher son corps tiède et me dire :

— Bien sur, je l'ai tué!

Derrière le fu3^ard, les serviteurs gallas se sont jetés avec leurs lances et avec leurs bâtons. Ils bondissent presque aussi vite que la bête blessée. Il y en a un qui, déjà, atteint la clairière. Il arrache son couteau de sa ceinture et, par le trou de fourré où le léopard s'est glissé, il disparait dans les épines de mimosas.

Toute la ligne des chasseurs s'est arrêtée. Les

poitrines sont haletantes d'émotion et de la vivacité de notre course.

Dans le silence, la voix impérative du maître fermier s'élève :

— Motoual? (Est-il mort?)

Il y a une minute de silence ; puis, au lointain, le Galla répond ;

— Tamtoual! (Il est tué!)

On a une dignité de chasseur. Elle empêche, en pareil cas, de manifester bruyamment la joie. Chacuti jette son fusil à l'épaule et l'on avance vers la clairière, comme des gendarmes qui viennent d'assister à une exécution et rentrent, très graves, à la caserne. Pourtant, chacun est curieux de savoir s'il retrouvera le trou de sa balle dans la peau tachetée. Et les amours-propres, masqués d'indifférence, sont en éveil.

Le léopard est lourd. Troie G allas, qui sont venus à l'aide de leur camarade, le traînent péniblement hors du buisson où il vient d'agoniser. Le voici sur le flanc, sa longue queue molle, ses griffes rentrées, ses pattes allongées

l'une sur l'autre, dans cette pose de douceur que la détente du sommeil apporte à la nervosité des félins. Je ne me trompais point : elle est bien voluptueuse, la sensation de la caresse sur cette peau ocellée qui glisse sous la main, fraîche — le vieux Thésaurus disait : « lubrique » — comme de l'eau.

— Où a-t-il été touché?

Au côté droit, près de l'épine dorsale, à quelques centimètres de la nuque, le léopard a deux entrées de balle. Il me semble que je reconnais mon coup, derrière l'épaule, à cette déchirure atroce des balles explosibles qui désarticulent, qui éventrent. Au contraire, la blessure près de la nuque a l'aspect régulier d'une trouée de balle pleine.

J'aurais voulu faire transporter l'animal au camp pour le peser avant qu'on le dépeçât. Mais il n'y a pas un mulet ou un cheval qui accepterait sur son échine le poids de ce cadavre fauve. D'autre part, les rabatteurs ne se soucient point de porter le léopard jusqu'à la ferme ou jusqu'à mes tentes, au travers de l'océan

de simbalette. On va donc déponiller le cadavre sur place. Déjà, le Galla qui, le premier, s'est jeté dans le buisson a sorti son couteau :

— Qu'est-ce que tu fais, imbécile?

Au lieu de suivre avec précaution la ligne médiane du ventre, à cette place où la fourrure d'or se fait d'argent, s'étoile de taches noires, plus espacées, plus larges, le Galla vient d'enfoncer le couteau derrière l'épaule, dans le flanc droit de la bête, et, avec une rapidité déconcertante, il a rayé cette belle fourrure d'une balafre horizontale. De cette façon, la peau du ventre se détache tout entière et pend d'un seul côté. Ce simple n'a jamais entendu parler des belles peaux « naturalisées », où l'œil se rouvre, où la gueule bâille et mord. Il s'imagine que, comme un Abyssin, je vais m 'habiller de ce trophée de chasse, draper le ventre sur ma poitrine, faire pendre les pattes sur mes épaules, traîner la queue derrière moi.

Du moins, ai-je eu la joie de retrouver, dans l'écrasement de l'épaule, au bout de la pointe

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du couteau, la balle blindée de mon winchester. L'autre morceau de plomb, le briseur de l'échiné, sortait du fusil Gras. Les deux blessures étaient mortelles. '

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