AVANT-PROPOS
Nous n'avons pas eu la pensée d'apporter sur Chateaubriand des vues nouvelles. Aucun écrivain n'est plus connu que lui ; aucun n'a plus été V objet d'enthousiasmes sincères et aussi quelquefois d'appréciations malignes. Nous n'avons d'autre tilïe, pour nous permettre de le juger après des maîtres èminents, qu'une admiration constante, que les années n'ont pu affaiblir (1).
Pour aider à le bien connaître, convenait-il de choisir une autre métlwde que la nôtre? Fallait-il diviser notre travail autrement que nous l'avons conçu, distinguer dans Chateaubriand le critique, le romancier , le voyageur, le polémiste, et grouper sous chacun de ces titres les ouvrages s'y rapportant ?
Nous connaissons des esprits, et des plus fins, qui ont ainsi procédé.
Il nous a semblé qu'une démarcation absolue entre
(1) I1dou8 suffit de rappeler les deux dernières Etudes sur Chateaubriand, celle de M. Faguet dans ses Etudes Littéraires et celle de M. des Essarts dans ses Portraits de Maîtres.