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COLLECTION DES BATIMENTS DE L’ACADÉMIE

Cette collection ne comprend que des squelettes, des têtes et des ossements pouvant servir aux études paléontologiques. Elle fait partie du riche Musée zoologique placé sous la direction du professeur Siebold. Ce Musée appartient à l’Etat et se trouve dans le vieux bâtiment dit de l’Académie. La collection anatomique occupe une galerie spéciale, étroite, mais parfaitement éclairée. Les armoires sont d’un seul côté, l’autre est percé de nombreuses fenêtres, dans les em-

brasures desquelles sont des vitrines plates pour les têtes et les os isolés : ces pièces sont simplement placées dans des boîtes ou cuvettes de papier assez peu plaisantes à la vue. Chaque vitrine est recouverte d’une plaque de carton que chaque visiteur lève à sa volonté ; il protège les vitres et permet d’y poser momentanément des objets.

Les grandes armoires, en face, sont larges et spacieuses : elles mesurent près de 3 mètres de haut et environ 75 centimètres de profondeur, elles ne sont séparées par aucune cloison. Tous les rayons cependant sont mobiles dans chacune et peuvent être élevés ou abaissés au moyen de tasseaux appuyés sur des crémaillères. Les petits squelettes sont disposés sur des étagères en gradins, placées sur les rayons. Le fond, les planches, les rayons, les crémaillères, les étagères, tout l’intérieur des armoires en un mot, est peint à la colle d’une couleur brun-cramoisi foncé ; cette nuance nous paraît préférable à la couleur noire employée au même usage dans les galeries devienne (1) en Autriche, et de Rouen (2).

Cette nuance fait ressortir à merveille la blancheur remarquable des squelettes. M. Siebold a rigoureusement banni l’emploi du vernis qui a pour effet de jaunir à la longue et aussi de rendre extrêmement cassants les os délicats des petits vertébrés. Mais ce qui est surtout remarquable, c’est la rare perfection de ces squelettes ; elle laisse loin derrière

0) Voy. Hyrtl, Das vergleichen-anatomsche Muséum an der Wiener medicinischen Facultat. Wien, 4 865, p. 143, note 1.

(2) A Rouen, le fond seul des vitrines destinées à recevoir les squelettes est peint en noir, à la colle; les rayons sont blancs. L’expérience a prouvé depuis longtemps au directeur que la peinture blanche en pareil cas était remplacée avec toutes sortes d’avantages par un papier blanc glacé qui se trouve en rouleaux dans le commerce, et qui garde à la fois son éclat et une propreté inaltérable. Les rayons euxmêmes en sont recouverts : il se prête très-bien à la moulure très-simple mais partout uniforme qu’ils portent en avant.

elle ce que savent faire les plus habiles monteurs de Paris et ce que nous avons vu de mieux en ce genre à l’Exposition dernière. La plupart sont dus à la patience d’un préparateur aussi modeste qu’habile, M. Will, qui n’a pas ruiné le musée en outillage. « J’ai tout fait avec ce scalpel, nous disait-il en nous montrant un vieil instrument , depuis un squelette de girafe jusqu’à des squelettes d’épinoche. »

Tous les squelettes, quand cela a été possible, ont été montés sur des fils de fer passés dans les os longs des membres et même dans un des métatarsiens chez les animaux digitigrades. Les deux armatures antérieures montent sous les omoplates et vont rejoindre, vers la deuxième vertèbre dorsale, l’armature rachidienne. Les deux armatures des membres postérieurs chez les quadrupèdes, chez les oiseaux, passent par la tête du fémur, traversent le fond des cavités cotyloïdes et se joignent dans l’excavation du bassin. Ces fers passés dans les membres suffisent toujours amplement à soutenir le squelette , quelles que soient ses dimensions : nous n’avons guère vu qu’une girafe, soutenue en outre, dans la région de la deuxième vertèbre dorsale, sur une tige de fer de la grosseur du doigt (1). Les oiseaux sont montés de même, sans appareil visible, et nous n’exceptons pas les échassiers , les spatules , les flamants , les avocettes. L’armature rachidienne recourbée en boucle est engagée dans le trou occipital et retient la tête qui n’est pas autrement attachée. Cet artifice est suffisant à empêcher tout mouvement.

L’attitude de la plupart des squelettes est la station normale ou physiologique. Il y a toutefois à cette règle d’assez nombreuses exceptions. Nous les regardons comme fâcheuses.

0) Le squelette de girafe fait partie de la collection de l’Institut physiologique, mais il a été monté par le même préparateur chargé du soin des trois collections d’anatomie comparée de Munich.

Un des premiers soins dans une collection squelettologique doit être, en effet , de conserver l’attitude physiologique des animaux. Il ne faut s’écarter de cette règle que le moins possible , soit qu’il s’agisse de donner aux os une position qui permette de mieux étudier certains détails, soit qu’on veuille ramener le squelette à une espèce d’attitude théorique. L’attitude théorique d’un poission pleuronecte, par exemple, est celle qu’on lui donne en replaçant les névrapophyses et les hæmapophyses dans le plan qu’elles occupent chez les autres poissons osseux, et d’où elles ont été dérangées par un mode spécial de développement. Ce sont là de vraies préparations d’anatomie comparée. En peut-on dire autant de ces squelettes de chauve-souris étalées comme celles qui sont clouées sur les portes des campagnes? Sans doute on voit de la sorte un peu mieux le sternum et d’autres détails, et il y aurait même tout autant de raison de préparer ainsi des oiseaux , ce qu’on ne fait pas. De telles pièces sont bonnes au même titre que des os détachés , mais en principe les squelettes de chéiroptères devraient toujours être montés dans l’attitude quadrupède, qui est leur attitude normale , sinon habituelle, parce que c’est le seul moyen de montrer et de faire valoir les analogies anatomiques des bras et des mains chez ces animaux : c’est ainsi que Blainville les a figurés dans son Ostéographie. L’orang-outang, Yhomme des bois de la collection du Stathouder de Hollande, pouvait être pendu par le sinciput, droit sur ses pieds, si mal faits cependant pour appuyer par la plante sur le sol : Blainville , quand il fit monter des squelettes de singes authropomorphes , les plaça invariablement dans l’attitude quadrupède qui caractérise leur démarche.

Mais ce qui est surtout digne d’admiration dans la collection ostéologique des Bâtiments de l’Académie à Munich , c’est la minutieuse recherche , le rigorisme scientifique qui a

présidé à la confection des squelettes les plus délicats. Aucun os, si petit qu’il soit, n’a échappé, et tous sont entièrem ni nettoyés. Nous pouvons citer comme difficultés vaincues les dernières vertèbres de la queue d’un caloles cristatellus , Kuhl. ; les os de l’oreille conservés en place de Yameiva vulgaris, Licht. ; du platydactylus guttatus , Cuv., ou encore les membres rudimentaires de toute une série d’ophidiens, tels que : seps chalcides , Bon. ; tortrix scytale , Oppel. ; acontias meleagris , Cuv.; eryx jaculus , Daud. Les os des membres chez quelques-uns de ces reptiles ne sont pas de la grosseur de nos plus fines aiguilles, et, à la difficulté de leurs dimensions, ils joignent encore celle d’être perdus au milieu des chairs.

Pour les squelettes très-délicats et en particulier pour les poissons, voici comment on procède : L’animal est conservé dans l’alcool tant qu’on n’y travaille pas, mais la préparation est faite sous l’eau, dans une cuvette de verre placée sur un fond noir. L’animal est divisé ordinairement en trois morceaux, la tête, le thorax, la queue. Ces trois parties sont plus tard réunies par de la gomme et des chevilles de bois. Jamais on n’emploie de métal à cet usage. Le squelette achevé est soutenu dans l’attitude qu’on veut lui donner, par deux fils de laiton très-fins. Certaines têtes de poissons sont aussi articulées avec des fils métalliques (1).

On remarque, parmi les préparations rares ou intéressantes de cette galerie, des squelettes de cheirogaleus olivaceus , Lin.; stenops gracilis , 111. ; chlamydophorus truncatus , 111. ; dasypus setosus , Lin.; siren lacertina, Lin. ; un squelette de pelecus cristatus avec ses innombrables arêtes replacées après coup (il a été impossible faire autrement) ; une anguilla fluviatilis avec toutes les pièces osseuses

(f) Le fil d’argent, dans ce cas, doit toujours être préféré.

des nageoires dorsale et ventrale; des gasterosteus acu • leatus avec les plaques de leurs cuirasses conservées en place (1); un acipenser sturio (jeune) préparé de même et montrant à la fois le squelette profond et le dermatosquelette ; un ostracion , dont une moitié de la carapace enlevée laisse également voir le squelette interne en place.

Tous ces squelettes sont sur des pieds noirs. Les plus rares et aussi parfois les plus délicats sont sous des cages de verre, toujours proportionnées à leur dimension. Le grand éclairage des vitrines fait que la vue ne souffre pas trop de cette addition d’un nouveau verre. Les angles de ces cages sont peints en noir comme le pied. Celui-ci est toujours parfaitement verni et poli. On y place les pièces qui ont dû être détachées du squelette et qu’il a paru important de conserver, comme l’appareil hyoïdien des poissons (2), des hyoïdes de reptiles, des otolithes de poissons, les membranes terminales avec les ongles des pattes de l’ornithorhynque, etc.

L’ordre zoologique n’est suivi que dans la mesure de la convenance, ce qui n’a aucun inconvénient pour une collection d’anatomie. Il importe peu, en définitive, que des squelettes soient rangés dans un ordre biotaxique absolument rigoureux. Il suffit de les réunir en groupes aussi naturels qu’on le peut faire. Agir autrement c’est s’exposer à des pertes de place énormes par la présence de grands animaux au milieu de petits, mais c’est s'exposer surtout à un autre inconvénient plus grave, celui d’éloigner du regard

(O Dans la galerie de l’Institut physiologique, un squelette de turbot, recouvert de sa peau, laisse voir les boucles osseuses qui la garnissent.

(2) Il en est de même dans la collection de Vienne : « Bei allen Ske- « leten ist das Zungebein-Kiemengerüste aus dem Kopfe herausgenom- « men und mit besonderer Schutz aufgestellt, zur genaueren Besichti- « gung dieses complicirten Apparates, dessen verbleiben in Kopfe ihn « der Untersuchung vollends entzogen haben wurde. » Hyrtl. Loc . cit.y p. 143, note 1.

les objets les plus précieux, les plus rares ou les mieux préparés, quand la rigueur de la classification exigera qu’ils soient placés ou très-haut , ou très-bas. Dans la collection qui nous occupe, on a toujours eu soin de mettre en bonne vue et en grande lumière les pièces les plus délicates et les plus belles.

L’étiquetage manque d’uniformité; les étiquettes sont petites, toutes écrites à la main, et ne portent que le nom zoologique de l’animal.

Il paraît que la collection des Bâtiments de l’Académie est peu visitée du public de Munich. Le même préparateur qui fait les squelettes, est seul à la soigner et seul à l’entretenir dans une propreté parfaite ; cependant le sol de la galerie est en dalles.

Chose à noter : quoique des cours se fassent dans le même établissement, jamais les pièces ne sortent pour les leçons. Il y a dans les combles des Bâtiments de l’Académie une autre collection beaucoup moins soignée, non publique, où les pièces anatomiques qui servent aux cours sont disposées dans un ordre simplement suffisant pour les retrouver. C’est là qu’est aussi la collection particulière de vers intestinaux de M. Siebold. Chaque professeur, dans ses leçons, renvoie les auditeurs aux préparations de la galerie. — L’accès des armoires est seulement réservé aux travailleurs et aux hommes spéciaux.

COLLECTION DE L’iNSTITUT ANATOMIQUE.

La collection de l’Institut anatomique (anatomische Anstalt) est sous la direction de M. le professeur Bischoff, secondé par son assistant le docteur Rüdinger. Celui-ci partage

avec M. Bischofï le soin de l’enseignement, et a déjà publié de nombreux travaux qui ont toujours paru sous son nom seul.

Depuis longtemps on avait senti à Munich , comme dans beaucoup d’autres Universités allemandes, le besoin d’avoir un établissement spécial pour l’enseignement de l’anatomie. C’est un bâtiment assez vaste, si l’on tient compte du petit nombre d’étudiants en médecine de l’Université. Là sont réunis les salles de dissection, les collections, l’amphithéâtre très-bien disposé, une cuisine dans le sous-sol, un vaste cabinet pour le chef, un autre , presque aussi vaste, pour l’assistant , enfin un coin de jardin sur lequel ne donnent les fenêtres d’aucune maison particulière. Au-dessus de la porte un groupe représente un homme à demi terrassé se débattant entre deux Sphynx : cette allégorie est l’œuvre du sculpteur bavarois Schwanthaler.

Les salles de collection occupent le premier étage. Elles sont au nombre de trois et répètent la disposition de l’Institut anatomique de Greifswald (1). A Greifswald elles sont consacrées :

La première, à l’Anatomie pathologique ;

La deuxième, à l’Anatomie normale;

La troisième, à l’Anatomie comparée.

Les trois salles de l’Institut anatomique de Munich répondent à peu près aux mêmes divisions.

Avant de les parcourir, nous devons citer une collection de monstres placée, sans doute provisoirement, dans un lieu de passage où elle est à peine éclairée; cet inconvénient est plus grave avec des pièces dans l’alcool qu’avec toutes autres.

(1) Voy. Schultze. Die anatomischen Sammlungen und das neue Amtomie-Gebaude zu Greifswald . 4° Greifswald, 1856.

Première Salle. Cette salle, au milieu de laquelle se trouve le buste de Dœllinger, est reservée à l’anatomie pathologique. Elle renferme un peu plus d’un millier de préparations. Nous n avons pas à nous on occuper.

Toutefois nous remarquerons qu’un très-grand nombre de bocaux avec des pièces humides ne sont pas enfermés dans les armoires ; ils sont simplement placés sur deux grandes tables hautes, avec un rebord, qui occupent la longueur de la salle, en sorte que les étudiants peuvent à volonté déplacer et faire tourner les bocaux pour étudier les préparations sous toutes leurs faces. Ceci est important et quelquefois presque nécessaire pour des pièces pathologiques bien plus que pour les préparations normales , qu’il est souvent possible de multiplier et de montrer sous autant d’aspects qu on le désire. C’est le lieu de rappeler que dans la collection hunterienne de Londres, le plus grand nombre des préparations humides ne sont pas non plus défendues par des vitrines contre la curiosité du visiteur et de l’étudiant.

Les étiquettes de tous les bocaux de la collection pathologique sont vertes. P

Deuxième ' Salle. — Cette salle est consacrée à l’anatomie normale de 1 homme. Elle est large, mais basse. Les fenêtres percées sur un seul côté , sont étroites : il s’ensuit que l’éclairage est insuffisant. Les armoires, qui ne vont pas toutà-fait jusqu’au plafond , descendent en bas à 50 centimètres du parquet. C’est une hauteur convenable : des préparations placées plus bas que 50 centimètres sont toujours sacrifiées, au moins autant que quand on les relègue trop haut. Les armoires ont environ 35 à 40 centimètres de profondeur, elles sont tapissées de papier bleu commun , qui contribue encore à diminuer la lumière dans la salle ; ces

armoires sont pleines , pour la plupart , de pièces humides. Beaucoup sont dans des vases plats affectant le profil d’une coupe ou d’un verre à pied. Le pied tient une place qui pourrait être plus utilement employée, et l’élégance de ces bocaux est en somme d’un goût assez douteux. Les préparations sont disposées sur de la cire rouge et quelquefois noire. Elles sont fixées avec des piquants de hérisson. Le seul liquide conservateur employé est l’alcool. Quelques pièces sont dans de grands bocaux ou de grandes coupes , simplement fermés par un large bouchon à l’émeri : il suffit qu’ils soient surveillés et que l’alcool soit renouvelé de temps à autre, pour que les préparations se conservent. Les pièces sont souvent soutenues par des boules de verre; des pierres sont employées comme contre-poids.

Quelques préparations placées dans cette salie se rapportent à l’anatomie comparée. Il y a aussi dans les armoires, au milieu des bocaux, un certain nombre de pièces sèches ou même de modèles artificiels.

Parmi les préparations humides les plus intéressantes, on remarque celles qui ont servi au traité d’anatomie photographique des nerfs périphériques, par M. le docteur Rü» dinger; les pièces montrant les corpuscules de Pacini des articulations ; un certain nombre de préparations de l’oreille également dues à M. Rüdinger. Sur quelques-unes de cellesci, on a tiré habilement très-bon parti de la méthode « des imbibitions partielles : » on a teint au carmin les muscles de l’oreille moyenne, qui gardent ainsi dans l’alcool une couleur rouge éclatante et se détachent sur le fond jaunâtre uniforme de la préparation. Notons encore que dans toutes les pièces relatives à l’anatomie de l’oreille , on a toujours eu soin de laisser la plus grande partie possible du crâne et surtout de la face, afin que les étudiants se pénètrent plus aisément

de la situation vraie et de la direction absolue de tous ces

petits organes profondément cachés dans les anfractuosités du rocher.

Aucune indication écrite ne montre l’ordre dans lequel sont rangées les préparations de cette salle. Cependant on le découvre aisément , le voici :

Il y a dix-huit vitrines en tout : les trois premières sont consacrées à l’anatomie générale : tissu des os, des cartilages, des muscles, des tendons, de la peau, des vaisseaux, des nerfs, des glandes. Ensuite commence l’étude des appareils dans l’ordre suivant :

L’appareil digestif;

Les glandes qui s’y rapportent;

L’appareil urinaire ;

L’appareil génital mâle et femelle ;

L’appareil respiratoire;

L’appareil circulatoire;

Le système nerveux périphérique;

Le système nerveux central;

Les organes des sens.

Les étiquettes sont très-simples, faites à la main, en écriture cursive, et collées sur les pièces ; elles sont de couleur brune.

Le milieu de la salle est occupé par des vitrines plates, garnies de papier bleu comme les armoires. Elles renferment des pièces sèches montrant dans tous ses détails et par

un grand nombre d’exemples, la distribution du système artériel.

Troisième Salle . — Cette salle est moins grande que la précédente, mais très-bien éclairée. Elle est l’objet des soins particuliers de M. BischofF, elle est entretenue avec un certain luxe et presque une sorte de coquetterie. Elle est consa-

crée principalement à l’anatomie comparée. La disposition générale des armoires , la manière dont les pièces humides sont placées, rappellent la seconde salle ; l’étiquetage est le même, sur papier de couleur jaune, brun ou vert.

On trouve d’abord une collection de crânes et de moules de crânes. Nous y avons remarqué les moulages authentiques (avec pièces à l’appui) des crânes de Schubert et de Beethoven, ce dernier remarquable par une dolichocéphalie et un prognathisme des plus prononcés.

Ensuite viennent des bustes artistiques représentant différents types humains; des pièces osseuses montées à Paris; un squelette d’orang-outang et un squelette de chimpanzé ; des modèles grossis de différentes parties du squelette, tels que le pied, la main, l’oreille, l’atlas et l’axis.

Une nombreuse collection de préparations dans l’alcool montre l’histoire du développement embryogénique de l’homme et des mammifères placentaires. Vient ensuite une collection de monstres beaucoup moins importante que celles dont nous avons déjà parlé.

Au milieu de la salle, sur des meubles à hauteur d’appui, on voit des modèles de cire se rapportant à l’anatomie de l’homme et de la femme gravide , au développement de l’homme et des animaux , à l’ovulation , à l’anatomie du fœtus , aux circulations primitives , au développement de l’ovule dans les végétaux et dans les animaux. Toutes ces cires, tantôt de grandeur naturelle, tantôt amplifiées, sont l’ouvrage du docteur Ziegler, de Fribourg en Brisgau; elles ont été exposées à Paris.

Enfin nous ne devons pas omettre de signaler une collection de moules de cerveaux en cire, commencée par M. Bischoff. Cette collection n’a guère donné aucun résultat comparatif digne d’être signalé, mais le célèbre professeur a cette ferme conviction qu’elle conduira tôt ou tard à d’importantes

vérifications. Ces modèles proviennent de personnes dont on a connu les aptitudes et le degré d’intelligence. Le modèle du cerveau de Tiedemann, beau-père de M. Bischoff, est là; le modèle du cerveau du père de M. Bischoff également et ceux de plusieurs professeurs d’Université. Ces moulages sont faits par un procédé qu’il est bon de faire connaître : après avoir extrait avec soin le cerveau , on moule à la cire la cavité cérébrale ; sur l’épreuve ainsi obtenue on sculpte à l’ébouchoir les circonvolutions d’après le cerveau lui-même. Ce procédé évite les déformations qui se font toujours dans l’encéphale extrait du crâne. C’est la seule manière qui ait paru à M. Bischoff vraiment satisfaisante; il est certain que l’on arrive ainsi à constater des différences considérables entre des cerveaux qu’on aurait pu croire identiques. On fait de même pour les animaux ; pour les grands singes en particulier, quand M. Bischoff n’a pas eu le cerveau, il a sculpté les circonvolutions d’après des dessins inédits de Tiedemann ou ceux de Gratiolet et d’autres.

L’Institut physiologique est un établissement distinct et séparé de l’Institut anatomique. C’est là que sont ces vastes appareils avec lesquels on a pu étudier longuement la respiration de l’homme et des animaux domestiques en les mettant vivre plusieurs jours dans une chambre de tôle qui sert de récipient.

Il y a là également une collection d’anatomie créée et rangée en vue de l’enseignement de la physiologie. On conçoit, en effet , qu’à la suite des opérations ou des vivisections exécutées sur les animaux, à la suite des altérations organi-

ques résultant des mutilations ou des traitements toxiques qu’on leur fait subir, on pourrait réunir et grouper un grand nombre de pièces anatomiques qui seraient d’un extrême intérêt. Tel n’est pas toutefois le caractère de la collection physiologique de Munich : c’est simplement une collection d’anatomie comparée rangée , en partie , d’après l’ordre fonctionnel des appareils et des organes , et où cet ordre lui-même est dominé par la classification zoologique. D’abord les radiés, puis les mollusques, les insectes, les poissons, les oiseaux, les mammifères. Les préparations appartenant à chacune de ces classes sont, à leur tour, rangées suivant les fonctions qu’elles doivent éclairer. Pour les poissons elles se suivent dans cet ordre :

Le système nerveux;

Le système musculaire;

L’appareil tégumentaire ;

L’appareil circulatoire ;

Les organes de sécrétion;

L’appareil génital;

L’appareil de la respiration ;

Les organes des sens ;

L’appareil de la digestion.

Pour les mammifères, l’ordre est celui-ci :

Les organes des sens ;

Le système nerveux;

Le système musculaire;

Les organes de sécrétion ;

L’appareil respiratoire;

Le système vasculaire;

Les organes génitaux.

La collection de l’Institut physiologique est de création récente et la place ne fait pas défaut pour les accroisse-

ments qu’elle pourra recevoir. Elle occupe deux vastes salles , dont l’une est très-haute ; mais on n’y retrouve nulle part les soigneux aménagements de la troisième salle de l’Institut anatomique. Le fond des armoires est rougebrun comme dans la collection des Bâtiments de l’Académie. Les préparations sont de toutes sortes, humides, sèches, osseuses. Elles semblent, pour la plupart, assez peu soignées et manquer d’entretien. Nous devons citer cependant un certain nombre de beaux squelettes, dus à M. Will , et entre autres le squelette de girafe dont nous avons parlé plus haut.

Rouen. — lmp. Ch, -F. Lapierre et O , rue Saint-Etienne-des-Tonneliers, 1,

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