‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 104 sur 154 · LIVRE III (suite · texte numérisé non relu

LIVRE III (suite

Dans les vallons du Thabor...

(Éd. Ladvocat, 1. 1, p. 193; — éd. Didot, t. III, p. 383.)

Dans la )i" édition et suiv., après la phrase qui se termine par ces mots : « ... dans les vallons du Thabor », ligure le passage suivant, qui ne se trouve pas dans la i'*'' édition :

lin|)lort'' par le Dieu de mansuétude et de paix, en faveur (le rp^glise menacée, le Dieu fort et terrible fit connaître aux cieux ses desseins sur les fidèles. Il ne prononça qu'une parole, mais une de ces paroles qui fécondent le néant, qui font naître la lumière ou qui renferment la destinée des empires.

Cette parole dévoile soudain aux légions des Anges, aux clururs des Vierg(*s, dos Saints, des Rois, des Martyrs, le sentît do la Sagesse. Ils voient dans le mot du souverain Juge, ainsi que dans un rayon limpide du Jour, les conceptions (lu passé, les préparations du présent et les événements de l'avenir...

(F'î éd., t. l. p. 90; — cf. éd. Ladvocat, t. I, p. 193; — éd. Didot, t. III, 3S3.)

« Crcatrur du ))iond\ ditil, qui iwuri'd jamais contester la sagesse de vos dhnts et sonder la profondeur de vos roiesl Satan et r homme impie osent seuls s\Hever contre vos desseins. Que les cieux, ô Père tout-puissant, connaissent la suite entière de vos conseils!

Vous voulez un autre Pierre pour le peuple fidèle: les Païens auront aussi leur

Tandis que les Saints et les Anges pénètrent les desseins annoncés par la parole du Très-Haut, cette même parole découvre un autre miracle de la iirûce aux chœurs des femmes bienheureuses. Les Païens auront aussi leur hostie : car les chrétiens et les idolâtres vont se réunir à jamais au pied du Calvaire.

Cette victime sera dérobée

hostie : vous allez réunir à jamais au pied du Calvaire les chrétiens et les idolâtres.

Cette victime sera prise parmi les vierges, afin d'expier l'impureté des mœurs païennes. Épouse désignée du Martyr, et par lui arrachée aux temples des idoles, elle lui deviendra un aiguillon de gloire. Vous n'abandonnerez pas sans secours les victimes livrées aux fureurs des Esprits pervers. Vos légions vont se revêtir de leurs armes; elles voleront à la défense des chrétiens; moimême je soutiendrai le confesseur dévoué au salut de ses frères; et ma divine Mère prendra sous sa protection la vierge que les décrets éternels appellent dans nos tabernacles. »

(l'-e éd., t. I, p. 90.)

au troupeau innocent des Vierges, afin d'expier l'impureté des mœurs païennes.

Fille des beatix-arts qui séduisent les faibles mortels, elle fera passer sous le joug de la croix les charmes et le génie de la Grèce. Elle nest point immédiatement demandée par un décret irrévocable :

elle n'aura ni le mérite, ni V éclat du premier holocauste ; mais, épouse désignée du Martyr, et par lui arrachée aux temples des idoles, elle augmentera Vefficacité du principal sacrifice, en multipliant les épreuves. Dieu cependant n'abandonnera pas sans secours ses serviteurs à la rage de Satan ; il veut que les légions fidèles se revêtent de leurs armes, qu'elles soutiennent et consolent le Chrétien persécuté; il leur confie Vexercice de sa miséricorde, en se réservant celui d^ sa justice : le Christ lui-même soutiendra le confesseur dévoué au salut de tous; et Marie prendra sous sa protection la vierge timide qui doit accroître les douleurs, les joies et la gloire du Martyr.

(Éd. Ladvocat, 1. 1, p. 197; — éd. Didot, t. m,

LES VARIANTES DES « MARTYRS ». 227

Dans la 3"" édition et suiv., après la phrase qui se termine par ces mots : «... et la gloire du Martyr » , figure le passage suivant, qui ne se trouve pas dans la 1*^° édition, ou plutôt qui s'y trouve, un peu modifié, mais à un autre endroit (voir plus haut, p. 220, au livre III, le long passage qui commence par : « Ainsi parla celui qui s'appelle... », et les quelques lignes dont nous l'avons fait précéder) :

Ces destinées de l'Église, divulguées aux Élus par un seul mot du Tout-Puissant, interrompirent les concerts, et suspendirent les fonctions des anges; il se fit dans le ciel une demi-heure de silence, comme au moment redoutable oii Jean vit briser le septième sceau du livre mystérieux; les milices divines, frappées du son de la parole éternelle, restoient dans un muet étonnement : ainsi, lorsque la foudre commence à gronder sur de nombreux bataillons, près de se livrer un combat furieux, le signal est suspendu : moitié dans la lumière du soleil, moitié sous Tombre croissante, les cohortes demeurent immobiles; aucun souffle de Tair ne fait flotter les drapeaux, qui retombent affaissés sur la main qui les porte ; les mèches embrasées fument inutiles auprès du bronze muet ; et les guerriers, sillonnés du feu de l'éclair, écoutent en silence la voix des orages.

L'esprit qui garde l'étendard de la croix, élevant tout à coup la bannière triomphante, fit cesser Timmobilité des armées du Seigneur...

(l'-" éd., 1. 1, p. 90; — cf. éd. Ladvocat, t. I, p. 197; — éd. Didot, t. III, p. 384.)

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