‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 13 sur 154 · XVIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVIII AVANT-PROPOS

du xvii*. Or, si l'on cherche la raison de ce fait, on n'en trouvera pas d'autre que l'influence souveraine de Chateaubriand et le succès prestigieux du Génie du Christianisme. Comment cette influence s'est-elle exercée, sur quels esprits, et dans quelles circonstances? Par quoi a-t-elle été préparée? N'a-t-elle duré qu'un temps, oii au contraire ne s'est-elle pas comme imposée à toute la pensée du siècle qui vient de flnir? Ne serait-il pas possible d'en décrire avec précision les vicissitudes et d'en retracer l'histoire? N'est-ce pas elle que l'on retrouve au fond de ce qu'on était convenu il y a quelques années d'appeler le néo-christianisme contemporain? En un mot, de Chateaubriand aux romantiques, à Lamartine, à Lamennais, à Lacordaire, des romantiques à Renan, et de Renan à M. de Vogué, n'y a-t-il pas comme une filiation d'idées et d'aspirations qu'il serait bon de mettre nettement en lumière et d'apprécier avec indépendance?...

L'auteur du livre qu'on va lire a consacré bien des années déjà à l'étude de cette dernière question. Il commence à savoir combien elle est complexe et délicate, à combien de recherches elle entraîne. Ces recherches ne sont pas achevées, et il s'écoulera sans doute plusieurs années encore avant que cette étude historique et critique sur le Christianisme de Chateaubriand ne voie le jour. Quand on se préoccupe, non pas assurément d' « épuiser » les questions, mais de les étudier avec conscience, de les prendre dans leur dernier état, et de les faire, si possible, avancer un peu, on est aisément exposé à ces retards involontaires. Sur mon chemin, j'ai rencontré nombre de problèmes dont les uns rentraient directement dans le champ de mes études, et dont les autres s'y rattachaient d'une façon un peu plus lointaine. Ce sont quelques-uns de ces problèmes qui sont posés et discutés aucours des pages qui vont

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