LIVRE XXIV
Au temple de Jupiter-Stator, aux Rostres, à Varc de Tifitô, partout....
(Éd. Ladvocat, t. III, p. 230; — éd. Didot, t. III, p. 530.)
Les gladiateurs, selon Tusage, voulurent revêtir le chrétien d'une robe des prêtres de Saturne..,.
(Éd. Ladvocat. t. III, p. 231; — éd. Didot, t. III, p. 531.)
11 lève la tête et voit ou II lève la tête et voit l'arcroit voir rarméc des Mar- mée des Martyrs.... tyrs.... (Éd. Ladvocat, t. III,
(1"' éd., t. II, i>. 387.) p. 235; — éd. Didot,
t. III, p. 533.)
Soit illusion, soit vérité, le Le martyr contemple la martyr contemple la vi- vision....
sien.... (Éd. Ladvocat, t. ÏII,
(K" éd., t. II, p. 387.) p. 235; — éd. Didot,
t. III, p. 532.)
Dans la 3"^ édition et suiv., après ces mots : «... Les dieux s'en vont », Chateaubriand a ajouté le passage suivant, qui ne figure pas dans la 1'"'' édition :
La foule éi)crdue ([uitte les jeux. Galérius, rentré dans son palais, s'abandonne aux plus noires fureurs; il ordonne qu'on livre au glaive les illustres compagnons d' Eudora. Constantin paraît aux portes de Rome. Galérius succombe aux horreurs do son mal : il expire en blasphémant TÉternel. En vain un nouveau tyran s'empare du pouvoir suprême : Dieu tonne du haut du Ciel, le signe du salut brille : Constantin frappe; Maxence est précipité dans le Tibre. Le vainqueur entre dans la cité reine du monde : es ennemis des chrétiens se dispersent. Le prince, ami d'Eudore, s'empresse alors de recueillir les derniers sou- I)irs de Démodocus, que la douleur enlève à la terre, et qui demande le baptême pour aller rejoindre sa fille bienaiméo. Constantin vole aux lieux où l'on avoit entassé les corps (les victimes : les deux époux conservoient toute leur beauté dans la mort. Par un miracle du ciel, leurs plaies se trouvoient fermées, et l'expression de la paix et du bonheur étoit empreinte sur leur front. Une fosse est creusée pour eux dans ce cimetière où le fils de Lasthénès fut autrefois retranché du nombre des Fidèles. Les légions des (iaules, jadis conduites à la victoire par Eudore, entourent le monument funèbre de leur ancien général. L'aigle guerrière de Romulus est décorée de la croix pacifique. Sur
LES VARIANTES DES « MARTYRS ». 247
la tombe des jeunes martyrs, Constantin reçoit la couronne d'Auguste, et sur cette même tombe il proclame la religion chrétienne religion de l'Empire.
(1'-'^ éd., t. II, p. 403; — 3« éd., t. III, p. 413; — cf.
éd. Ladvocat, t. III, p. 249; — éd. Didot, t. III,
Nous n'avons pas à étudier et à commenter les corrections et retouches que Chateaubriand a fait subir à son texte. Il s'est d'ailleurs lui-même très nettement expliqué dans son Examen sur les raisons qui l'ont guidé dans ses modifications. Et puisque Y Examen ne figure pas dans toutes les éditions courantes des Martyrs, on ne sera sans doute pas fâché de trouver ici cette page intéressante. La voici donc :
Dans le troisième livre, les discours des puissances divines sont retranchés : comme ces discours contiennent l'exposition complète du sujet et le mot du récit, j'ai été obligé d'en conserver la substance. M. de La Harpe, dans son chant du Cie/, avait commis la même faute que moi, et faisoit parler Dieu à l'exemple du Tasse et de Milton ; on lui fit remarquer que ces discours étoient trop longs, et (lu'on ne sauroit jamais prêter à Dieu un langage digne de lui. Il changea son plan, et par une heureuse idée, il mit ce qu'il vouloit dire dans la bouche du prophète Isaïe. Debout au milieu des saints et des anges, le fils d'Amos lit dans le Livre de Vie les destins de la terre. Je n'ai pu m'approprier cette belle fiction : j'ai eu recours à un autre moyen qu'on jugera.
Dans ce même livre du Ciel, Cymodocée n'est plus demandée comme une victime immédiate, mais elle est annoncée comme une victime secondaire, qui doit augmenter le mérite du sacrifice d'Eudore. Les passages de
VApocalypse qui avoient servi de prétexte aux plaisante'* ries bonnes ou mauvaises d'un journal ont disparu : tout ce qui pouvoit blesser la doctrine ou le dogme, dans le Puryatoire, V Enfer et le Ciel^ a été scinipuleusement effacé. Je ne m'en suis pas rapporté là-dessus à mes lumières, je me suis soumis à la censure de quelques savants ecclésiastiques.
J'ai insisté davantage sur la naissance d'Eudore et de Cymodocée, et sur ce qu'ils sont, l'un et l'autre, les représentants des grands hommes et des beaux-arts de la Grèce.
Dans le livre de l'esclavage d'Eudore chez les Franks, j'ai rétabli un morceau que j'avois supprimé sur l'épreuve, et que plusieurs personnes regrettoient.
Dans le livre de Velléda, on ne trouvera plus les imprécations d'Eurore ; les couleurs trop vives sont adoucies.
J'ai abrégé la scène de l'entrevue de Cymodocée et d'Hiéroclès : elle sentoit trop le roman.
J'ai annoncé plus fortement et plus clairement le triomphe de la religion. J'avois quelquefois parlé moi-même comme poète (qu'on me passe le mot) le langage de la mythologie : j'ai fait disparaître ces légères inadvertances; j'ai retranché plusieurs comparaisons, abrégé quelques détails de mœurs, et corrigé quelques fautes contre l'histoire et la géographie.
Enfin, j'ai ajouté des remarques à chaque livre.
On aura maintenant le moyen, nous respérons, de vérifier textes en mains les indications de Chateaubriand.
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