En joignant, écrivait récemment M. Lanson dans la Bemie
Il semble que le moment soit proche où réparation sera faite au poète du Génie du Christianisme. Quelques publications récentes, parmi lesquelles il faut signaler celles de M. Chédieu de Robethon* et surtout de M. Tabbé Pailhès', ont ramassé, ont groupé et commenté un 'grand nombre de lettres inédites. Enfin, plus récemment encore, M. Edmond Biré, Térudit breton auquel nous devions déjà une bonne édition des Mémoires d' Outre-Tombe, a composé tout un intéressant et gros volume' sur les Dernières années de Chateaubriand, rien qu'en recueillant, rapprochant et reliant les unes aux autres les lettres déjà imprimées, mais éparses un peu partout, et notamment dans les journaux du temps. M. Biré a fait plus : dans le premier chapitre de son livre, il a rassemblé un grand nombre de renseignements sur les « sources » actuellement connues de la correspon-
universitaive (1903, t. 1, p. l"i), en joignant à l'inventaire de M. Biré celui de M. Kerviler, on peut se faire une idée approximative de ce trésor épistolaire ; en ce genre encore, Chateaubriand serait au premier rang. »
\. Chédieu de Robethon, Chateaubriand et Mme de Custine^ épisodes et correspondance inédite, 1 vol. in-i6. Paris, Perrin,
2. G. Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, i vol. in-8% Paris, Champion, 1896.
3. Les dernières années de Chateaubriand : Sa correspondance de 1830 à 1848, 1 vol. in-8o, Paris, Garnier, 1902. — On aurait souhaité que M. Biré indiquât toujours l'exacte provenance des lettres qu'il publie, ou plutôt qu'il réimprime.
Plus récemment, M. Teodor de Wyzewa a publié à la librairie Perrin (Paris, 1903) sous ce titre : Un detmier amour de René, la Correspondance de Chateaubriand avecla marquise de F... — Voir sur ce livre le joli article de M. Emile Faguel dans la Revue latine iXw^^ juin 1903.
dam'e\ Ces indications, nous dit-il trop modestement, « ne seront peut-être pas cependant sans
I. II nio parait bon (Tindiquer au futur éditeur de la Correspondanve (jénévale de Chateaubriand, — et, en attendant, aux travailleurs, — diverses « sources » que M. BIré n*a pas signalées dans son Introduction^ soit qu*elles soient postérieures à son livre, soit qu'elles lui aient tout simplement échappé. Je n*y ai pas, — sauf une fois, — puisé ici moi-mOme, par discrétion d'abord, et puis aussi parce que les ouvrages ou recueils en question sont en général d'un accès assez facile. Dans les Portraits et souvenirs littéraires, d'Hippolyte Lucas, avec des Lettres inédites d'écrivains contemporains (Paris, Pion, 1S90), on trouvera (p. U, iO-U, 12, 13, 15) cinq lettres de Chateaubriand, on en trouvera une autre à Vitrolles dans la Correspondance inédile entre Lamennais et le baron de Vitrolles (Paris, Charpentier, 188(), p. 129). Dans la Revue des Deux-Mondes du 1" décembre 18U8 (p. 047-(i48), M. Louis Tiercelin (article sur la Jeunesse de Leconte de Lisle) a publié une lettre de Chateaubriand. M. Félix Chamhon, dans son article de la Revue d^histoire littéraire de la France, mai-juin 1901, A travers les autogi^apkes : les papiers de lioissunade, a publié <leux lettres de Chateaubriand (p. 469). La même Revue d'avril-juin 1902 a publié des fragments d*une autre lettre du ^'raud écrivain (p. 349). On trouvera une autre lettre de lui dans l'arlicle de M. Lardanchet : Les enfants perdus du romantisme : Jean-Pierre Veyrat {Quinzaine du 1" octobre 1902, p. 4U1). M. Saint-Quirin a publié dans le Correspondant du 2"» août 1901 Une correspondance inédite de Chateaubriand {OLVec Mme de Coltens), qui comprend 72 lettres. Dans le Temps du !) août 1832, il y a une lettre de Chateaubriand au journal qui a été réimf»rimée par {'Intermédiaire des curieux et des cher^ cheurs du 30 uiars 1900. Dans ses études sur Chateaubriand^ Mme de Duras et Mlle de Constant {Revue de Fribourg d'avril-mai, Juin-Juillet 1903), M. l'abbé Pailhès a publié, entre autres documents inédits, trente lettres de Chateaubriand. MM. Paul et Victor Glacliant, dans un article de la Nouvelle Revue du !•' décembre 1901, intitulé François Guizot : Lettres à Fauriel^ ont publié deux lettres de Chateaubriand (p. 343 et 344), et en ont signalé une autre (p. 3 '^9). Dans les Lettres de Sainte-Beuve à Collomhel, publiées par MM. Latreille et Roustan (Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1903), il y a (p. 189) un petit billet de Chateaubriand. M. Louis Thomas, dans le Mercure de France de décembre 1903, de février et juin 1904, a publié quatre lettres de Chateaubriand à Sainte-Beuve, et trente lettres à divers. M. G. Lanson, dans la Revue universitaire de 1903 (t. I,
utilité pour le futur éditeur de la Correspondance du grand écrivain » . Ce « futur éditeur » , on aurait pu croire que ce serait M. Biré lui-même. Par ses travaux antérieurs, par la précision et l'étendue de son information, par son culte pieux pour cette grande mémoire, il semblait tout désigné pour mener à bien ce travail. Il y a sans doute renoncé, s'il y a jamais songé, puisque, d'un autre côté, voici qu'on nous annonce qu'une édition de la Correspondance générale de Chateaubriand est en préparation. M. Louis Thomas, le futur auteur de cette édition, a droit à toutes les sympathies, à tous les encouragements*. Et il faut souhaiter que tous
p. 173-114), en a inséré une autre. Dans la Nouvelle Revue rétrospective du 1*" semestre 1003 (p. 359), on en trouvera une autre encore. M. Paul Gautier, dans la Revue des Deux-Mondes du 1"' octobre 1903, a publié les lettres de Chateaubriand à Madjime de Staël. M. E. Cartier, dans un article de la même Revue (15 avril 1904) sur Léonce de Lavergne, a publié huit lettres de Chateaubriand. Enfin, tout prochainement, M. P. de Labriolle et M. J. Girardin vont publier Tun dans la Hevue latinCy l'autre dans les Annales romantiques, deux lettres inédites ou perdues du grand écrivain. Au total, encore cent soixante-dix à cent quatre-vingts lettres imprimées qui n'ont été utilisées ni par M. Biré, ni par moi au cours des pages qui vont suivre.
1. M. Louis Thomas a fait paraître dans diverses Revues un af)pel qui mériterait bien d'être entendu, et auquel il faudrait donner le plus de publicité possible : « Aux amateurs qui, possédant des autographes de Chateaubriand, ne voudraient pas en faire connaître le texte eux-mêmes au public, il saurait gré de les lui communiquer, comme il remercie d'avance toutes les personnes qui pourront l'aider, soit à donner un texte meilleur ou plus complet des lettres ou fragments de lettres déjà connues, soit à éclairer ce texte de quelques détails nouveaux, soit à retrouver des lettres déjà imprimées, mais enfouies dans quelque ouvrage, recueil ou journal insoupçonné. Les communications ou demandes de renseignements devront être adressées à M. Louis Thomas, 26, rue Vital, Paris (xvi*). •
ceux qui détiennent ou connaissent quelque parcolle, imprimée ou inédite, de la Correspondance de René s'empressent de fournir leur apport au nouvel éditeur. Je vais essayer de prêcher d^exemple. En attendant cette publication, et pour mettre en goût les chercheurs, voici une quarantaine de lettres, dispersées un peu partout, et qui me paraissent avoir échappé à presque tous ceux qui se sont occupés de Chateaubriand, y compris M. Biré luimême. Un certain nombre sont très probablement inédites. J'ai retrouvé les unes au Département des manuscrits de la IJibliothèque Nationale. Je dois la communication des autres à MM. Charles Honin, Cabriel IJrunhes, Charles Binet et Augustin Léger, qui ont bien voulu m'en adresser une copie, et je les en remercie vivement, soigneusement collationnée sur l'original autographe. — Quant aux autres, elles sont extraites de divers livres ou recueils devenus assez rares, difficiles à trouver par conséquent, et où d'ailleurs on n'irait pas les chercher, si l'on n'était point prévenu.
La première est l'une des plus anciennes lettres connues de Chateaubriand *. Elle a été insérée dans
1. Les deux plus anciennes lettres que l'on connaisse de Chateaubriand sont datées de 1789, la seconde du 28 mars. Elles sont adressées à M. du Chàlenet, officier d'artillerie. Elles ont été pul»iiées par M. Maurice Albert dans Un homme de^iettret sous l'Empire et la Restauration (Edmond Géraud)y Paris* Flani'marion, 1893, p, 172-176. . .
Paris, le journal de Peltier. Elle est un peu postérieure, comme on verra, à la publication de VEssai sur les Révolutions, dont elle est inséparable.
Au rédacteur.
Monsieur,
En insérant le morceau suivant dans votre journal, vous donnerez une preuve de votre impartialité, et vous obligerez celui qui a l'honneur d'être.
Monsieur, votre, etc.