‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 140 sur 154 · Var. 180i : de V imprimer · texte numérisé non relu

Var. 180i : de V imprimer

2. 11 va sans dire que cette phrase entre crochets ne so trouve reproduite dans aucune des éditions même isolées ^'Atala. — Atala a donc paru non pas le 15 avril, comme l'écrivait M. Léon Séché dans la Revue bleue du 27 avril PJOl, mais bien le 3 avril 1801.

3. Le même numéro du Journal des Débals publiait comme inédile la célèbre pièce d'André Chénier : « Elle a vécu, Myrlo, etc. » La pièce avait été publiée quelques jours auparavant i)ar le Mercure de France, dans son numéro du 1" germinal an IX (22 mars 1801). C'est vers le même temps que Chateaubriand commençait au Mercure une série d'articles sur la littérature anglaise. Le premier, intitulé De C Angleterre et des Anglais, est daté du 10 messidor an IX (f» juillet 1801); le second, sur Young, est daté du lo germinal an X (5 avril 1802). Si J'insiste sur ces dates, c'est que M. Kerviler les a rapportées fort inexactement d'après Chateaubriand dans sa Bio-bibliographie, et (ju'ici, comme en tout, la chronologie a son importance. L'article sur Young était précédé de la lettre suivante :

Aux rédacteurs du Mercure.

• Citoyens, « Vous m'avez demandé quelques observations sur la littérature anglaise. Je commencerai par les Nuits d'Young, dont on

262 CHATEArHHIANI).

Dans le court billet qui va suivre, j'imagine qu'r doit s'agir des deux opuscules intitulés : Opinion de M. le ricomlf' de Chateaubriand sur te projet de loi relatif aux journaux^ imprimée par ordre des pairs (séance du 22 février 1817), Paris, P. Didot l'aîné, 1817, 8", et Opinion sur le projet de loi relatif aux finances (séance du 21 mars 1817), id., ibid.^ 8®.

J'ai riumncur (renvoyer ii M. de Folmont ma dernière opinion et la précédente, qu'il a paru désirer. Je le prie d'auréer tous mes compliments.

De Chateaubriand.

Ce m(îrcre«Ii 25 mrirs ISi7.

(liihliothrqw piihliquc ilc lioïKni, Collcction Duputcl^n^ i22.

()ri(/iual (iniofjraphe.)

La lettre que voici m'a été très aimablement communiquée par quelqu'un qui veut me dérober le plaisir do I(î remercier publiquement. Je pense que l'ouvrage dont il est ici question est lu Monarchie selon la Charte, ce virulent pamphlet contre le ministère. Dccazes qui avait fait tout son possible pour (Ml empéclier la publication, puis pour en entraver la libre circulation.

vii'iil «le donner une nouvelle édition. Je pourrai continuer ce travail dans la suite, si vous jugez qu'il en vaille la peine. " J'ai rhonneur d'être, etc.

- ClIATEAL'DlUAND. »

LETTRES INÉDITES OU J»EnDUES. 263

A Monsieur Monsieur Vabbé Serres

à Sainte- A /frique, Aoeyron,

Paris, ce 20 avril 1817.

H y a bien longtemps, Monsieur l'abbé, que j'aurais dû vous remercier de votre beau présent. Vous avez fait une bonne œuvre en réimprimant un mauvais ouvrage, mais dont les intentions au moins étaient dignes de l'intérêt des honnêtes gens. J'apprends par notre ami Glausel * qu'il vous reste un assez bon nombre d'exemplaires ; nous verrons à arranger cela, aussitôt que mes affaires me seront un peu mieux connues*. Veuillez, Monsieur l'abbé, agréer tous mes remercîments, toutes mes excuses. Pardonnez-moi un silence que rien ne pourrait justifier, si je n'avais pas été constamment sur le champ de bataille depuis la fatale époque du 5 septembre ^. Croyez que je suis reconnaissant comme un chrétien et comme un ultra : continuez-moi vos bontés ctiani cum..,.

De Chateaubriand.

Dans son livre sur Lamennais d'après des documents inédits (4*^ édition, Rennes, Caillicrc, 1893, t. I, p. 128), l'abbé Roussel a publié un billet de Chateaubriand à Lamennais, après la publication

1. On n'est pas très sur d'avoir bien lu le nom. Mais il est inlinimcnt probable qu'il s'agit ici de Glausel <lc Coussergues, l'un (les plus vieux amis de (Uiatcaubriand (voir sur ce person. na^e la noie de la page 199).

1. Pour se venger de Chateaubriand, Dccazes l'avait fait rayer (le la liste des ministres d'Etat; et le grand écrivain en fut réduit à vendre sa bibliothèque (29 avril 1817) et sa chère maison d.) campagne de la Vallée-aux-Loups.

3. L'ordonnance royale du 5 septembre 181 C qui dissolvait la Chambre de isio.

du premier volume de VEssai sur V indifférence^ qu'il est bon de ne pas laisser perdre. Le voici :

Mon illustre compatriote, votre talent aurait donné Timmortalité à cet ouvrage; moi, je la reçois de mon sujet. Combien je regrette de ne vous voir jamais I Mille tendres amitiés et admiration sincère.

Il mai [1818].

Dans les Souvenirs de V Orient^ par le vicomte de Marcellus (Bruxelles, Hauman, 1840, t. II, p. 167- 169), on trouve deux lettres de Chateaubriand. La première est adressée au père Munoz, un religieux de la Terre-Sainte dont Chateaubriand a parlé dans Vltimh^aire, et qui, sur le point de mourir, la remit cl M. de Marcellus : « (iC sera toute ma réponse, dit-il ; M. de Chateaubriand apprendra ainsi à la fois que je l'ai reçue et que je n'existe plus. » La voici :

Paris, ce 13 septembre 1818.

J'espèro, mon rcvt'rond père, que vous vous souvenez encore d'un pMerin auquel vous avez donné si généreusemont l'hospitalité. Pour moi, je conserverai un éternel souvenir (lu bon accueil (juo m'ont fait les vénérables pères de Tcrrc-Sainto. J'ai appris par M. le comte de Forbin tous vos malheurs, et les nouvelles persécutions que vous éprouvez. Vous otes, mon révérend père, accoutumés au martyre ; et Dieu vous fera à la fin triompher de vos ennemis.

Le voyageur qui vous remettra cette lettre est M. Rae Wilson, gentilhomme anglais qui va visiter les saints lieux ; il a rendu dans son pays de grands services aux catholi-

ques : je sais d'avance que vous voudrez bien être pour lui comme vous avez été pour moi. Voire charité s'étend à tous les hommes.

Veuillez, mon révérend père, me rappeler au souvenir de tous les religieux que j'ai eu le bonheur de voir à Jafîa ou à Jérusalem, et croire que je serai heureux quand j'aurai pu reconnaître toutes vos bontés. Si jamais vous veniez en France, j'espère qu'aucun de vous ne chercherait une autre maison que la mienne.

Je suis, avec un cœur limpidoe biaiico, mon très révérend père, votre très humble, très obéissant, et très affectionné serviteur.

Le vicomte de Chateaubriand, Pair de France, chevalier du Saint-Sépulcre.

Rentré en France, M. de Marcellus envoya à Chateaubriand cette lettre autographe, avec le récit de son entrevue avec le père Munoz. Chateaubriand lui répondit ainsi :

Paris, ce 13 décembre 1820.

Vous m'avez écrit une lettre charmante. Monsieur, et vous étiez bien digne de visiter la terre des miracles. L'extrait de votre journal me donne un grand désir de voir le reste ; malheureusement je suis obligé de reprendre le bâton du voyageur; je vais à Berlin, et les embarras de mon départ ne me laissent pas un moment à moi.

Gardez soigneusement, monsieur, l'héritage du bon père Munoz, un cœur limpido e bianco] ce cœur-là est de votre âge ; et vous avez vu, par l'exemple de mon vieil hôte de Jérusalem, que la religion peut le conserver tel, au milieu de toutes les peines et dans l'Age le plus avancé de la vie.

Pardonnez-moi, monsieur; je vous écris ces deux mots à la hâte, et ayant h peine le temps de me dire votre très humble et bien dévoué serviteur.

2G0 CHATEAUIIHIAND.

Voici inaiiiicnant deux lettres sans destinataire <[ui, communiquées par j\I. Brunetière au maire de Saint-j\Ialo, ont été lues au banquet des fêtes de Saint-Malo en 1899, et publiées dans le Cinquantenaire des funérailles de Chateaubriand célébré à Saint-Malo et à Coynbonrg (Nantes, Société des bibliophiles bretons, 1899, in-8", p. 93 et 96). Ne seraient-elles pas adressées à Lamennais? Je me Tétais du moins demandé un moment; mais je hasarde cette hypothèse sous toutes réserves : la simple appellation « Monsieur» m'inspire quelques doutes.

Paris, 20 août 1825.

Votre sulTraf^'o, Monsieur, (^st d'un prix inexprimable, dans un siècle où la conscience est si rarement unie au talent, .fai exprimé tant bien que mal ce que je pensais de votre ouvrage dans les bornes et dans la mesure où j'étais obligé de nie renfermer. Vous m'avez, Monsieur, magnifi- (|uement récompensé en me faisant l'honneur de me désigner* d'une laron beaucoup plus llatteuse. Je ne suis qu'un vicîux soldat, Monsieur, dans l'armée que vous ralliez sous les drapeaux de la vraie religion et des libertés publiques. Mais je mourrais volontiers le sac sur le dos pour une si noble cause. Quand on est Breton, comme nous. Monsieur, bîs sacriliciîs coûtent [)eu.

Lausanne, 12 juillet 1826.

Je vous dois sans doute. Monsieur, les articles qui ont I)aru dans le Courrier. Vous m'avez accoutumé à votre bonté et à votre indulgence. Je vous en remercie au nom de la

Religion et de la Liberté, deux choses que vous et moi nous défendrons toujours comme chrétiens et comme Bretons. Je suis bien loin de vous, mais je dois m'en rapprocher. Je reviens, s'il le faut, pour combattre; bien que je ne sois plus qu'un soldat vaincu du temps, je puis encore servir la cause de l'humanité et de la monarchie constitutionnelle de ma vieille expérience. Agréez...

Au poète breton Edouard Turquety, qui lui avait envoyé des vers, Chateaubriand répondit par la lettre suivante, que M. Frédéric Saulnier a publiée dans son livre sur Edouard Turqiietij (Nantes, Grimaud, 1885, p. 42). Elle est datée de Paris, 5 juillet 1827:

Je vous remercie infiniment, Monsieur, de la lettre et des beaux vers que vous avez bien voulu m'adresser. Sans mériliT vos éloges, j'y suis sensible comme les autres hommes. H y a de l'élégance et de l'harmonie dans votre ode : peut-être, en la revoyant, ferez-vous disparaître l'irrégularité des strophes et quelques rimes douteuses. Permettez-moi, Monsieur, de me féliciter de compter parmi mes compatriotes un homme qui ne dément ni le caractère ni les Sentiments d'un Breton.

Le destinataire de la lettre qu'on va lire est un certain M. Stephen Arnoult, auteur du Comte de Charnu, Il résulte d'une note communiquée par lui-même au bibliothécaire d'alors de la ville de Dijon, M. Toussaint, et qui a été conservée, qu'ayant lu dans les journaux du temps des stances

f>68 CHATEAUBRIAND.

(le Chateaubriand, alors ambassadeur à Rome (ce sont r<»ll('s <[ui sont intitulées le Départ, et qui ont (Hé recuoillios dans les Poésies du grand écrivain), « saisi (Kun enthousiasme douloureux à la lecture do ces nobles plaintes, il improvisa immédiatement leur (*onlrc-partie », et adressa de suite à Chateaubriand, « dont il était déjà connu par correspondance », l'improvisation qu'il nous a naturellement gardée, et dont nous faisons grâce au lecteur. Voici la réponse de Chateaubriand :

Ilumo, le 16 octobre 1828.

Vous avez fait, Monsit'iir, do mes méchants vers, des st.inci's t(nicliîinl«*s rt harnioiiieust's. Malgré vos obligeants iTi^pcls, jo no vous on écris pas moins des bords du Tibre. .lo rovois dos ruines (jue j'avais vues; elles me font souvonii' soulonient d(^ nios années «lui ne dureront pas autant (ju'«'ll(îs. J'aurais niioux aimé mourir en France, mais enfin qu importe le Uni ' ?

•le vous roniorcie, Monsieur, et de vos vers et de votre souvenir, et vous prie d'aj^roer avec la nouvelle assurance do mon dovouoniont colle do ma considération très distiniiuoo.

(liihliothèque jmbliq^ie de Dijon, n° 443. Original auto-

qraphe.)

\a\ hîtlro ([ui va suivre est extraite du manuscrit de la Hil)liothé(iuc nationale auquel j'ai déjà fait plus d'un emprunt -. Elle n'est pas autographe : c'est

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